INTRODUCTION XXVII
avait exposée dans son livre sur le socialisme intégral, dont le second volume parut en 1891.
Des réformes de ce genre, au surplus, ne sont que la réalisation, au moins partielle, du programme d'action immédiate que Marx et Engels développaient déjà en 1848.
Mais les auteurs du Manifeste ne voyaient dans ce programme que le point de départ pour des transformations plus profondes : « Des mesures devront être prises, disaient-ils {Manifeste, p. 53), qui, sans doute, paraîtront insuffisantes et auxquelles on ne pourrait se tenir, mais qui, une fois le mouvement commencé, mèneront à des mesures nouvelles et seront indispensables à titre de moyens pour révolutionner tout le régime de la production. »
Pour Malon et Millerand, au contraire, la transformation des monopoles privés en services publics productifs ne constitue pas un moyen, mais une fin. Ils n'y voient rien moins que l'aboutissement de l'effort socialiste au point de vue de la propriété.
2 Conquête des pouvoirs publics.
Pour Engels et Marx, les mesures dont nous venons de parler doivent être prises par le prolétariat, devenu classe régnante, après avoir conquis le pouvoir politique (Manifeste, p. 53).
Pour Malon et Millerand, au contraire, la socialisation des monopoles peut et doit se faire dès à