XXXII INTRODUCTION
quier, ce grand électeur de la démocratie bourgeoise; ce n'est pas un mince résultat » (p. a3).
Seulement, c'est aux syndicats qu'il appartient, d'après Sorel, de conserver aux coopératives l'esprit prolétarien, de les empêcher de se transformer en simples économats, de faire disparaître tout ce qui rappelle l'association capitaliste. Et, de même, c'est encore sur les syndicats, sur l'action directe des syndicats, qu'il compte pour obtenir du législateur, non pas des lois de protection et de tutelle, mais* des facilités pour procéder à la transformation du peuple par lui-même.
Ainsi par exemple :
i° Beaucoup de personnes estiment que les bureaux de placement devraient être municipalisés, mais les syndicats ont très bien compris que, s'ils pouvaient obtenir l'administration des placements, cette conquête serait pour eux d'une grande importance, non seulement par l'autorité qu'ils auraient sur les travailleurs du métier, mais surtout parce qu'ils auraient arraché à l'autorité traditionnelle un lambeau de son pouvoir.
2° Il y a quelques années, on a créé des délégués mineurs pour suppléer à l'insuffisance de la surveillance administrative ; on a suivi pour leur désignation la vieille tradition démocratique; on a laissé de côté les syndicats. Il en a été de même quand il a fallu organiser les caisses de retraite et de secours. En fait, les syndicats s'efforcent de conquérir indirectement ce pouvoir de surveillance