‹ Le socialisme contre lE̓tatChapitre 28 sur 64 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

plus en plus hostile soit à l'égard du ministre, soit à Tégard des socialistes qui soutiennent le ministre.

Mais peu à peu cette méfiance à l'endroit d'une politique déterminée prend un caractère d'hostilité ou tout au moins d'indifférence pour toute politique en général, et, en 1906, au Congrès syndical d'Amiens, une énorme majorité se prononce en faveur d'une motion qui proclame la séparation absolue du mouvement politique et du mouvement syndical. ,

Certes, le Congrès affirme pour le syndiqué 1' « entière liberté de participer, en dehors du groupement coopératif, à telles formes de lutte correspondant à sa condition philosophique et politique », mais on lui demande de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe en dehors. On proclame que les organisations confédérées n'ont pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes. Et d'autre part, on adopte un point de vue nettement anti-capitaliste. Ort se place sur le terrain de la lutte des classes, on proclame que le syndicalisme a pour mission de 'préparer l'émancipation intégrale du prolétariat qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste ; on préconise comme moyen d'action la grève générale et on considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera à l'avenir le groupe de production et de répartition, base de la réorganisation sociale.

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