INTRODUCTION XXXIX
i° Les partis démocratiques, en effet, s'efforcent de conquérir la majorité. La C. G. T., au contraire, compte avant tout sur Faction de la minorité :
Si le mécanisme démocratique était pratiqué dans les organisations ouvrières, le non-vouloir de Ja majorité inconsciente et non syndiquée paralyserait toute action. Mais la minorité n'est pas disposée à abdiquer ses revendications et ses aspirations devant l'inertie d'une masse que l'esprit de révolte n'a pas animée et vivifiée encore. Par conséquent, il y a, pour la minorité consciente, obligation d'agir sans tenir compte de la masse retardataire et sous peine d'être forcé a plier l'échiné tout comme les inconscients (p. 35).
2 Les partis démocratiques comptent sur leurs mandataires dans les assemblées politiques. La G. G. T., au contraire, fait de Faction directe, c'està-dire de Faction syndicale, indemne de tout alliage, sans compromission capitaliste ou gouvernementale, §ans intrusion dans le débat de « personnes interposées » (p. $7).
Cette action directe, au surplus, n'est pas nécessairement violente : elle peut se manifester sous des allures bénévoles et pacifiques ou très vigoureuses et fort violentes, sans cesser d'être, dans un cas commç dans l'autre, de l'action directe.
Elle est en outre variée en ses modalités, suivant que l'attaque est plus expressément dirigée contre les capitalistes ou Gontre l'État. Contre celui-ci, l'action directe Se matérialise sous forme de pression extérieure, tandis que, contre le patronat, les