XL INTRODUCTION
moyens communs sont la grève, le boycottage, le sabotage.
3° Les partis démocratiques enfin, y compris les partis socialistes, veulent s'femparer du pouvoir politique et, parmi les moyens d'arriver à cette solution, comptent Faction parlementaire. La C. G. T., au contraire, ne mène pas sur le terrain parlementaire sa lutte contre les Pouvoirs publics :
Et cela parce que le syndicalisme ne vise pas à une simple modification du personnel gouvernemental, mais bien à une réduction de l'État à zéro, en transportant dans les organes syndicaux les quelques fonctions utiles qui font illusion sur la valeur et en supprimant les autres purement et simplement (p. 45).
Et le moyen d'action qui permettra à la classe ouvrière de mener à bien cette œuvre — qui est celle de l'émancipation générale — est l'aboutissement logique de son groupement sur le terrain économique et des conceptions qui s'en dégagent. Il a son expression dans l'idée de grève générale :
La grève générale est la cassure matérielle entre le prolétariat et la bourgeoisie qu'a précédée la cassure morale et idéologique, par l'affirmation de l'autonomie de la classe ouvrière. Celle-ci, après avoir proclamé qu'elle porte en elle tous les éléments réels de vie sociale, ayant acquis la vigueur et la conscience nécessaires pour imposer ses volontés, passera à l'acte, se refusant à produire pour la classe bourgeoise, et cette révolte décisive sera la grève générale.
INTRODUCTION XU
Ce refus de continuer la production dans le plan capitaliste ne sera pas purement négatif: il sera concomitant à la prise de possession de l'outillage social et à une réorganisation sur le plan communiste effectué par les assemblées sociales que sont les syndicats. Les organismes corporatifs, devenus les foyers de la vie nouvelle, disloqueront et remplaceront les foyers de l'ancienne société que sont l'État et les municipalités :
Désormais, les centres de cohésion seront dans les fédérations corporatives, dans les unions syndicales, et c'est à ces organismes que reviendront les quelques fonctions utiles aujourd'hui dévolues aux Pouvoirs publics et aux communes (p. 48).
Ainsi que nous le disions tout à l'heure, il n'y a rien dans cette brochure de Pouget, qui ne se déduise logiquement des prémisses de Sorel dans L'Avenir socialiste des Syndicats.
Mais tandis que Sorel, en 1898, soutenait encore que son syndicalisme révolutionnaire n'était pas autre chose que le développement des conceptions anti-étatistes du marxisme, Pouget, ancien anarchiste, s'attache au contraire à différencier aussi nettement que possible le syndicalisme révolutionnaire du socialisme démocratique.
Peut-être chez Griffuelhes, qui a passé par le socialisme, ou chez Lagardelle, qui n'a jamais cessé d'être membre du parti socialiste, la cassure n'est-elle pas aussi nette. Néanmoins, la conception