‹ Le socialisme contre lE̓tatChapitre 34 sur 64 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

fondamentale reste la même, Griffuelhes, comme Pouget, vpit dans le syndicalisme la « réaction des syndicats contre la démocratie ». Et, de son côté, Lagardelle, au Congrès socialiste de Nancy (ni5 août 1907), critique en termes très vifs la conception marxiste, reprise par Guesde, de la conquête du pouvoir politique :

Hubert Lagardelle. — Il y a deux façons de concevoir cette mainmise sur l'Etat. La première, qui est celle des socialistes réformistes, est la méthode fragmentaire et progressive. Elle consiste k dire : Le jour où nous serons la moitié plus un au Parlement, où la majorité du pays sera représentée par une majorité de députés socialistes; ou encore le jour où, après avoir participé aux divers gouvernements, nous pourrons être à nous seuls tout le gouvernement, ce jour-lk nous opérerons, par voie législative, la transformation sociale.

Jules Guesde. — Ce n'est pas ma théorie.

Hubert Lagardelle. — Puis il y a votre théorie, votre méthode globale et révolutionnaire, qui dit : Conquérons d'emblée, par coup de force, l'Etat, et, une fois maîtres du pouvoir, nous imposerons la « dictature impersonnelle du prolétariat », nous socialiserons les moyens de production et d'échange, nous décréterons la révolution sociale.

Je dis que ces deux conceptions sont également utopicjues parce qu'elles donnent à la force coercitive de l'État une valeur créatrice qu'elle n'a pas. Que vous opériez selon le mode réformiste ou selon le mode révolutionnaire, que vous soyez la moitié plus uq à la Chambre ou que vous ayez pris le gouvernement d'assaut, vous ne ferez pas surgir, du jour au lendemain, une société toute faite. De quelque autorité que vous disposiez, vous ne donnerez pas aux ouvriers qui

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