‹ Le socialisme contre lE̓tatChapitre 36 sur 64 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

conquête du pouvoir politique — fût-ce avec trop d'exclusivisme — sur l'éminente valeur de l'action syndicale, en mettant la classe ouvrière en garde contre la tentation de n'agir que par personnes interposées, il a certainement fait œuvre utile et contribué dans une large mesure, non pas à la décomposition du marxisme, mais au contraire à une compréhension plus exacte des idées fondamentales du marxisme.

Seulement, les syndicalistes seraient les premiers à protester si nous prétendions ne voir dans leur doctrine qu'un retour à Marx, ou même une simple revision — une revision dans le sens révolutionnaire — du marxisme.

Lorsque Sorel, dans L'Avenir socialiste des Syndicats, écrit que vis-à-vis de l'État l'action du prolétariat doit être double : lutter pour obtenir une législation sociale favorable à son développement; user de l'influence qu'il acquiert pour « arracher à la commune, à l'État, une à une toutes leurs attributions, afin d'enrichir les organismes prolétariens en voie de formation, c'est-à-dire les syndicats », son syndicalisme ne fait en somme que répéter ou à peu près ce qu'avaient dit, depuis longtemps, Marx et Engels.

Mais déjà il s'éloigne d'eux quand il soutient que « tout l'avenir du socialisme réside dans le développement autonome des syndicats ouvriers. Et bientôt, nous serons très loin du marxisme, lorsque Pouget, Griffuelhes, Merrheim, les diri-

Page 1