‹ Le socialisme contre lE̓tatChapitre 37 sur 64 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

géants de la C. G. T., prétendront ramener toute Faction prolétarienne à la seule action syndicale, afficheront en toutes circonstances leur mépris pour les parlementaires et les politiciens des partis socialistes, affirmeront leur confiance exclusive dans l'action des minorités conscientes, feront fi des gros effectifs et des fortes cotisations, opposeront à Tidée de la conquête réformiste ou révolutionnaire du pouvoir politique l'idée de la grève générale, comme seul moyen d'accomplir l'expropriation capitaliste et de procéder à la réorganisation sociale sur le plan communiste.

A ce stade de développement, la doctrine syndicaliste n'a pour ainsi dire plus rien de commun avec les conceptions de Marx et d'Engels. Elle emprunte ses principaux éléments à d'autres sources. Elle subit profondément l'influence des théories libertaires. Elle .voit dans l'abolition de l'État, non plus un but final, mais un but prochain. Elle repousse ou relègue à l'arrière-plan l'action du prolétariat en vue de conquérir le pouvoir politique.

Et par le fait, elle se met en opposition avec une des idées maîtresses de la démocratie socialiste.

§ 3 — La démocratie socialiste

Le socialisme réformiste, ne retenant du manifeste communiste que son programme de réalisa-

XI,Vl INTRODUCTION

tion immédiate, tend à dégénérer en un socialisme d'État, dominé par des préoccupations parlementaires et électorales.

Le syndicalisme révolutionnaire, par contre, poussant à l'extrême l'anti-étatisme de Marx et d'Engels, ne retient que leur objectif final, l'abolition de l'État, et ne voit dans l'action politique des partis ouvriers qu'un accessoire ou même une nuisance.

C'est à la fois contre cet exclusivisme syndicaliste et cet exclusivisme réformiste que la démocratie socialiste s'efforce de réagir, en assignant aux travailleurs un double objectif : i° la conquête de l'État par le prolétariat organisé en partis politiques ; 2° cette conquête étant accomplie, l'abolition de l'État en tant qu'organe de domination d'une classe sur une autre, ou, pour reprendre les expressions déjà citées de Kautsky, « la transformation de la société actuelle en une grande coopérative économique par la centralisation des moyens de production » .

Mais au sein même de la démocratie socialiste, on peut relever des divergences notables quant à la manière de concevoir la conquête de l'État, de la prise du pouvoir politique.

Parmi les membres de l'Internationale et des partis affiliés à l'Internationale, il en est, à droite, dont la conception ne s'éloigne pas beaucoup de celle des socialistes indépendants ou réformistes ; d'autres, à gauche, qui sont au contraire plus o\\

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