INTRODUCTION LUI
D'abord il n'est pas vrai qu'une propriété publique résulte des industries privées annexées par l'État bourgeois. En rentrant à l'État actuel, les industries ne perdent pas leur caractère de propriété capitaliste, c'est-à-dire de propriété dont la classe ouvrière est exclue. De propriété de tel ou tel capitaliste, elles deviennent propriété de la classe capi* taliste tout entière.
En second lieu, l'extension des services publics ajoute un accroissement direct aux forces bourgeoises. Plus l'État bourgeois englobe d'industries, plus il rattache, il intéresse d'individus à sa conservation, ne serait-ce que ceux qui, favorisés d'une paie plus farte ou d'un jgrade plus élevé, doivent redouter tout changement comme un saut dans l'inconnu.
De plus, les progrès de l'étatisation fortifient indirectement l'ennemi, en affaiblissant la classe ouvrière, dont ils paralysent les mouvements :
Quoi de moins libre que L'ouvrier |de l'État ? Contre l'État, pas de lutte, je ne dis pas possible a faire triompher, mais possible à engager. La grève n'est sans doute que la petite guerre. Ce n'est pas elle qui peut conduire à l'affranchissement, parce que, ne touchant pas au principe du salariat, elle ne peut — même victorieuse — qu'améliorer la condition des salariés, disons le mot : rendre les chaînes moins lourdes.
Mais là grève est un excellent champ de manœuvres : en même temps que la solidarité ouvrière, elle crée l'organisation ouvrière. Elle est une véritable école de guerre. Et de cette école de guerre est exclue toute la