LIV INTRODUCTION
partie du prolétariat que l'État immobilise dans ses ateliers. L'État patron, c'est l'ouvrier doublement esclave, parce que, tenu par le ventre, il est également tenu par le collet. L'atelier fermé se double de la prison ouverte, sans compter que, couvert du côté de la faillite, l'État, en cas de revendications ouvrières persistantes, n'a aucune raison économique de céder.
Dans ces conditions, bien loin de pousser à la constitution de nouveaux services publics, le prolétariat doit poursuivre la suppression des services publics existants. C'est ce qu'ont décidé les Congrès du Havre et de Roanne, en inscrivant au programme du parti ouvrier l'article suivant : Exploitation des ateliers de l'État confiée aux ouvriers qui y travaillent.
Que les Bismarck, les SchaefQe, les républicains bourgeois, s'efforcent au contraire de multiplier ce qu'ils appellent les services publics, ils sont dans leur rôle, comme sont dans leur rôle les meneurs possibilistes qui, dans le mouvement socialiste à exploiter, n'ont jamais vu qu'un moyen détourné de s'imposer à la bourgeoisie et de se faire faire une place au pouvoir; mais le parti ouvrier, lui, c'est-àdire la partie consciente de notre prolétariat, restera fidèle à son mot d'ordre :
« La révolution d'abord, c'est-à-dire l'expropriation politique et économique de la classe capitaliste ; les services publics après, parce que, seulement après la fusion des classes en une seule — celle