‹ Le socialisme contre lE̓tatChapitre 45 sur 64 · INTRODUCTION LV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LV

des producteurs — des services véritablement publics seront possibles. »

Il est de toute évidence que le socialisme ainsi présenté se distingue nettement de l'étatisme.

Bien loin de pousser au développement des organes et des fonctions de l'État, sous sa forme actuelle, il s'oppose à toute transformation des monopoles privés en monopoles d'État, à toute extension des services publics dans les cadres de la société capitaliste; et, aujourd'hui encore, nous voyons les guesdistes, et d'une manière générale, les marxistes de stricte observance, rester plus ou moins fidèles à cette ligne de conduite.

C'est ainsi par exemple qu'en France, les socialistes qui suivent Jules Guesde se sont prononcés formellement, en 1909, contre le rachat de l'Ouest- État.

Mais, dans les pays démocratiques tout au moins, les partis socialistes, dans leur majorité, se sont départis, ou tendent à se départir, de leur ancienne intransigeance.

Ds admettent, dès à présent, la monopolisation ou la nationalisation de certaines industries. Ils poussent à la reprise d&s chemins de fer, des mines, des raffineries de sucre ou de pétrole. Ils ont renoncé à attendre que la révolution soit préalablement faite, pour procéder à des extensions partielles du domaine collectif; et, dès lors, on doit se demander s'il peut être question encore de parler de socialisme contre FÉtat, si l'on ne doit

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