‹ Le socialisme d'état et la réforme sociale;Chapitre 3 sur 36 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

les intérêts des classes actuellement en possession du pouvoir. Un monde de systèmes de réorganisation sociale s'est produit sous celte impulsion. Socialisme de la Chaire ^ Socialisme d'État^ Socialisme chrétien^ tels sont leurs noms aussi divers que les tendances et les arrière-pensées de leurs auteurs. Leur trait commun à tous est de réclamer l'intervention de l'État dans le régime du travail plus qu'on ne l'avait jamais fait et de prétendre changer, par cette intervention, la répartition naturelle de la richesse. Ces systèmes ont déjà inspiré en Allemagne certains essais législatifs et ils commencent à trouver en France de$ adeptes ou au. moins des traducteurs.

II. — n importe de se rendre un compte exact de ce mouvement d'idées et de suivre au fur et à mesure de leur manifestation les faits sociaux nouveaux qui se produisent chez nous ainsi que dans les pays voisins ; car de plus en plus les peuples civilisés échangent leurs idées et influent les uns sur les autres.

Parmi ces faits nouveaux, quelques-uns résultent de l'action législative; d'autres, et ce sont les plus importants, émanent de l'initiative spontanée des particuliers et des associations. La multiplicité de nos révolutions politiques contraste étrangement avec notre stérilité sur la terrain économique.

Vi INTRODUCTION

Il semble que la force intime de renouvellement qui existe dans Tordre social ainsi que dans les corps physiques soit épuisée par Tétat de fièvre politique dans lequel nous vivons depuis un siècle, morbus comitialiSy comme Ta appelé un grand évéque !

Les œuvres relevant directement et exclusivement du zèle religieux montrent seules de la vitalité en France. C'est un honneur pour le caractère national et un trait de la vocation historique de notre pays. La France semble avoir toujours eu le ministère de la charité et elle a su, à toutes les époques, en approprier les formes aux besoins nouveaux. Au treizième siècle, Guy de Montpellier fondait l'ordre du Saint- Esprit, qui couvrit l'Europe de ses hospices et qui, par ses confréries, eut une part importante dans le développement des libertés communales. Au dix-septième siècle, quand la crise économique du siècle précédent et le Protestantisme avaient ruiné les fondations anciennes, saint Vincent de Paul établit les prêtres de la Mission, les filles de la Charité, les associations paroissiales de Dames de charité, et il donna, pour plus de deux cents ans, à toutes les œuvres d'assistance et d'enseignement, populaire une impulsion qui se propagea bien au-delà de nos frontières. La Révolution fait de nouvelles ruines, et dès

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