‹ Le socialisme des ProphètesChapitre 16 sur 41 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

JUSTICE SOCIALE Jéhovah a révélé la justice à Israël

Israël doit réaliser la justice

« C'est de la Judée qu'émanent la protestation la plus persistante contre l'inégalité et l'aspiration la plus ardente vers la justice qui aient jamais soulevé l'humanité au dessus du réel. Nous en vivons encore. C'est de là qu'est sorti ce ferment révolutionnaire qui travaille le monde, » E. pE LAVELEYE.

L. — Siècles de crise. Rôle social des prophètes.

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Les siècles où prophétisèrent Amos, Esaïe, Jérémie, furent des temps de crise intense pour les petits peuples palestiniens. Israël évoluait assez péniblement de l’état semi-patriareal à l’état de nation civilisée. En même temps se levaient à l'horizon les grands empires orientaux avec les guerres exterminatrices et les barbares déportations. Ajoutez à cela une angoisse étrange, une inquiétude vague, fsraël cherchait son Dieu et demandait en vain aux idoles impuissantes de Ja religion nationale ou aux pratiques niaises el atroces des Chananéens, des Moabites, des Philistins la paix de son âme troublée.

La cruauté, la sottise, l'iniquité de ces temps sont

presque imaginables. Partout l’immolation du faible au fort et de l’innocent au coupable. Immolation de la plèbe à Ja classe dirigeante dans ces drames sanglants qui s'appellent le meurtre d'Uri le Hétien, la spoliation de Naboth, l'emprisonnement de Jérémie. [mmolation des petits peuples aux grands empires dans ces boucheries humaines qui s'appellent le siège de Samarie, le désastre de Meguiddo, la ruine de Jérusalem.

Difficile était la vie des tribus israëlites en des temps aussi rudes. Les petits Etats s’entre-déchiraient avec acharnement. Edom, Moab, Philistie, Tyr, Damas, Israël, Juda, C’étaient des luttes continuelles, guerres de pillage avec de nombreuses razzias qui alimentaient les marchés grecs et Phéniciens. Ces petites monarchies de quelques kilomètres carrés de superficie s’obstinaient dans une guerre éternelle sans trêve et sans but. On mangeait le voisin, on était mangé par lui, on usait ses forces dans de petites escarmouches et dans de petites intrigues. Mais voici, «aux complications de la politique locale viennent se mêler celles de la grande politique égypto-assyrienne. A toutes les époques les petits peuples sont brisés lorsque s'entrechoquent les grands. L'Egypte, l’Assyrie, la Babylonie sont en lutte. Et dans ces conflits colossaux, contre ces grands conquérants conducteurs d’avalanches humaines qui mettaient en mouvement tant d’armées et ébranlaient tant de peuples, que pouvaient faire Ephraïm et Juda? Se tourner vers l'Egypte, roseau brisé qui perce la main de celui qui s’y appuie ?...Se tourner vers Babylone et se faire battre par les armées de Néchao ?... Uoqueter entre l'Egypte et la Babylonie et devenir la proie de toutes les deux !...0n essaya de tous les moyens et l'on ne sût éviter la chute.

Ge n'est pas tout ; quand le prophète de Jéhovah, détournant ses regards des guerres étrangères se tournait vers son propre peuple que voyait-il ? L’anarchie politique et la guerre civile, Israël faisant et défaisant ses rois : le sort des dynasties entre les mains de la soldatesque des révolutions militaires installant sur le trône des rois couverts de sang.

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