‹ Le socialisme des ProphètesChapitre 29 sur 41 · RS · texte numérisé non relu

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d'agent de la justice céleste. Sédékhiah est un parjure. Il a promis fidélité à l’Assyrie, et ilne cesse d'intriguer et d'armer. Aussi sera-t-il emmené captif à Babylone où il expiera son crime. Jérusalem et Juda seront défruits avec - lui et dispersés parmi les nations. |

Gette fois encore les malheurs de Juda accomplirent la prophétie. L'armée des Chaldéens s’avança de nouveau vers Ja Syrie ; Tyr, Sidon, Jérusalem furent assiégées, L'Egypte abandonua prudemment ses alliés. C'était l’agonie de Juda qui commençait. Jérémie ne se faisait pas illusion sur l'issue du siège. IL resta jusqu'au bout fidèle à sa conduite, et continua à annonçer avec une logique inflexible qu'il était nécessaire que Jérusalem, la ville infidèle, tombâét aux mains des Chaldéens. Cette prédication était plus dangereuse que toutes les machines de siège de l'ennemi; «elle débilitait les mains des gens de guerre. » Sédékhiah qui ne paraît pas avoir été un trop mauvais prince, perdit la tète devan£ ces effrayants anatbèmes. I fit appeler Jérémie et lui demanda : As-tu quelque chose à me dire de la part de Jéhovah ? — Oui, lui répondit le prophète, tu seras livré au roi de Babylone. Jeté en prison, Jérémie n’en continua pas moins avec une frénésie nouvelle de répandre des prédictions sinistres, et d'exhorter le peuple à se rendre aux Chaldéens. Son aadace grandissail avec les pérsécutions. Appelé secrètement auprès du roi, on ne put en tirer que cel oracle: « Rendez-vous et vous aurez la vie sauve ; sans cela la mort et le feu! » |

* Les critiques modernes ont très sévèrement jugé cette attitude. [ls ont dépeint le grand prophète comme unsectaire qui veut toujours avoir raison et qui met la réalisation de ses sombres prévisions au dessus du salut de la patrie. Pour nous, nous voyons plutôt en Jérémie l’homme de Dieu qui à soif de justice etqui sacrifie à l'idéalses rêves d'indépendance et de gloire nationale. Il faut s’incliner, c’est iéi une des srandes victoires de la conscience religieuse. Le prophète de Jéhovah au milieu des orages qu'il amassait sur sa tête, lorsque l'édifice social craquait de toutes parts, lorsque la

patrie sombrait dans l’abîme, a osé proclamer que la justice divine venait de s’accomplir et que Juda était châtié pour

son iniquité.

| Fiat justitia, pereat patria !

Israël avait un idéai plus élevé que les boucheries du champ de bataille, que les ruses de la diplomatie, qu’une vaine indépendance achetée avec des flots de sang. Cet idéal c'était de réaliser la justice d'accomplir la volonté de Jéhovah. La justice voilà pour un peuple la vraie victoire. Les souffrances du pauvre, les privilèges du riche sont plus funestes

à la patrie que les plus sanglantes défaites. Voilà ce que le

prophète eut le courage de proclamer devant les politiciens vaniteux et les prophètes charlatans. Et c'est pour cela que ses contemporains l’ont maudit, abreuvé d’outrages. Et c’est

pour cela aussi que nous saluons en lui notre maître, le pre-

mier et le plus grand de ces héros de la conscience religieuse qui ont appelé le jour où les pauvres membres épars du grand corps social, cessant de s’entre-déchirer, ne formeront plus qu'un seul corps et qu'uneseule âme vivante, qu'une seule nation dont Jéhovah sera le Roi,

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