‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 13 sur 60 · ATTRAYANT · texte numérisé non relu

ATTRAYANT

Pas de liberté donc, pas d'affranchissement social des nuUaisés et des pauvres, pas de dignité^ d'égalité, de bonheur collectif; et toujours le mécontentement, la gêne, Vagitaiion, les ferments de révolutioni et toujours les révolutions, tant que vous n'aurez pas su stU^tituer librement, pour l'agriculture, pour l'industrie, pour tous Us travaux pénibles, à votre forme industrielle de morceUement, d'antagonisme perpétuel, de concurrence anarchique et meurtrière, de commerce mensonger et parasite, une organis<Uion capable de produire beaucoup de richesses, la sécurité pour tous, raisance^ Véducation, la dignité pour tous et le teatail attratakt.

Et cela, Fourier vous le disait déjà en 4808, sous le sceptre de l'Empereur Napoléon. U disait les choses cruement ; écoutez comme il parle :

« Cette tendance universelle des salariés /amène tous les

» calculs de la politique à un seul problème : Trouver un nou- » vel ordre social qui assure aux moindres des industrieux > assez de bien-être pour quHls préfèrent constamment et pasa sionnément leurs travaux à FétcU d'inertie et de brigandage » auquel ils aspirent aujourd'hui. » Il ajoutait : « Tant que 9 vous n'aurez pas résolu ce problème, la nature vous livrera » des assauts perpétuels. Vous n'élevez des empires que pour » servir de jouets à cette nature qui se plaît à les abîmer dans 9 les révolutions. Vous n'êtes qu'un fardeau pour elle, qu'une » proie dévouée à ses vengeances. Vos prodiges scientifiques n'a- » boutissent toi^ours qu'à l'indigence et aux bouleversements. « Vos héros, vos législateurs ne bâtiront que sur le sable ». Et, s'adressent directement à l'Empereur, il lui taiait ce fier langage : » Toute la prévoyance d'un FnÉDERic ne peut empêcher que de » faibles successeurs ne laissent ravir son épéesurson tombeau. » La Civilisation n'enfante les héros présents que pour hnmi- » lier les héros passés ; elle déprime l'un par l'autre ceux à qui 9 elle dut tout son éclat. Quel sujet d'inquiétude pour les grdnds

9 homnaes qui auront à leur tour de MbHeA successeurs I Ne » doivent ils pas souffrir des réuoluticns à venir plus qu'ils ne 9 jouissent des triomphes présents ? Ne doivent-ils pas 9i>horrer » cette perfide Civilisation » (forme sociale actuelle, comprenez bien) <c qui n'attend que leur trépas pour ébranler et renverser 9 leur ouvrage? Oui, TOrdre civilisé est de plus en plus chan* )) celant. Le volcan ouvert en 4789 par la philosophie n*est qu'à » sa première éruption; d'autres succéderont dès qu'im règne » faible favorisera les agitateurs. La guerre du pauvre oonferele D riche » (spoliation delà noblesse et du clergé) » a si bien réussi » que les intrigants de tout pays n'aspirent qu'à la renouveler. En » vain cherche-t-on à la prévenir, la nature se joue de nos lumiè- » res et de notre prévoyance. Elle saura faire naUre les révolu- » lions des mesures que nous prenons pour assurer le calme; » et si la Civilisation se prolonge seulement un demi-siècle, i> combien d'enfants mendieront à la porte des hôtels habités » par leurs pères ! Je n'oserais présenter cette affreuse perspeo- » tive si je n'apportais le calcul qui va guider la politique dans » le dédale des passions et délivrer le monde, de la Civilisatioii, » plus révolutionnaire et plus odieuse que jamais.

» Nations civilisées ! tandis que les barbares, privés de vos )» lum îères, savent maintenir pendant plusieurs mille ans leuis 9 sociétés et leurs institutions, pourquoi les vôtres sont-elles » anéanties si promptement, et souvent dans le même siècle qoi » les a vu naître? Toujours on vous entendit déplorer la fragi- » lité de vos œuvi^et la cruauté de la nature qui fait écrouler » si rapidement vos merveilles. Cesssez d'attribuer au temps » et au hazard ces bouleversements ; ils sont l'effet de la ven- » geaaoe divine contre vos criminelles sociétés, qui n'assurent » point à Vindigent des wjoyens de travail et de subsistance. » C'est pour vous amener à l'aveu de votre ignorance, que la na- » ture promène le glaive sur vos empires et se plait sur leurs dé- » combres. » (Voyez la suite, Th. des Quatre Mouv.j p. 389, l'e édition, 1808.)

Comment trouvez-vous le style, hein? Et pensez-vous qu'il ne fût qu'un bonhomme absurde, qu'un cerveau félé^ un ridicule utopiste, celui qui parlait dans ce goût-là à l'Empereur Napoléon et lui prédisait ainsi les choses en 4808? Le style, c'est l'homme, voyez-vous. Mettez-en donc un peu du vôtre à côté de celui là, que l'on compare.

Quoiqu'il en soit, vous connaissez maintenant le problème : Tirez-vous-en.

S i. RECEPTION PEU AIMABLE DE L'ASSEMBLÉE A UHE PREMIÈRE VISITE

REiNDUE.

y ai proposé, pour ma part, à l'Assemblée nationalej l'examen sérieux des moyens d'en sortir.

En réponse à ime sommatîoii de l'honorable citoyen Thîers, adressée à tous les Socialistes présents à TÂssemblée, d'avoir à déguerpir da domaine des généralités (c'est-â-dire du genre des diMOurs de tribune), de produire des moyens positif, des procédés pratiques^ capables de résoudre les problèmes de la ciaestion industrielle, de la misère générale, de la guerre du capital et du travail et des classes, le problème de la réforme sociale enfin, j'ai accepté pour mon compte la mise en demeure.

J'ai annoncé très simplement, mais très sérieusement à la tribune, < Que je croyais, en mon âme et conscience, dans toute la

> sincérité de mon esprit, dans toute la maturité de ma raison, » le déclarant devant l'Assemblée, devant le pays et devant » rhumanité ; que je croyais connaitre les moyens de résoudre

> le problème social,» Taidit que je croyais possible, « sanspor- 9 ter atteinte aux trois principes sur lesquels, d'après M. Thiers,

> repose toutesociété humaine, lapropriéléy la libertéethconcur^ » rence émuloHve ; mais, au contraire, en les développant beau- » coup plus et beaucoup mieux qu'ils ne le sont aujourd'hui , et » en y ajoutant le principe de l'Association (volontaire) repoussé » par M. Thiers; que je croyais possible d'entrer dans les voies » d'une organisation sociale qui remédierait à toutes les misè- » res, qui satisferait à tous les droits nouveaux, sans blesser au- » cun des droits anciens, qui respecterait tous les droits acquis 9 et améliorerait la condition de ceax-Ià mêmes qui jouissent au- » jourd'hui , en améliorant dans une proportion beauroup B plus considérable le sort de ceux qui portent tout le poids du » travail et qui souffrent. »

J*ai ajouté :

oc Que la transition à cet Ordre nouveau peut se faire sans » apporter .le moindre trouble dans la société ; qu'elle est si » peu attentatoire aux lois qui nous ' régissent, que je ne de-

> mande, pour prouver la possibilité de cette transition et » mettre la première main à l'œuvre, pas le moindre change- )> ment dans les lois civiles, dans les lois industrielles et dans » les lois religieuses qui régissent aujourd'hui la société. » {Moniteur du 44 septembre.^

Et, pour prouver que je parlais sérieusement et que je n'étais pas un sot, prêt à donner tète baissée daus un piège, j'ai proposé les conditions d'un débat loyal, d'un examen sérieux. Je n'ai pas topé dans une joute de tribune où l'on ne vous écoute pas ; où Ton vous interrompt systématiquement ; où deux cents amateurs au moins sur sept à huit cents, tous plu^ spirituels et plus charmants les uns que les autres, vous criblent de questions, ne vous laissent pas finir une phrase sans pousser des exclamations inimaginables à qui n'a pas vu cette singulière arène de législation, couvrent votre voix sous le roulement des couteaux de bois,

écrivent lear correspondance, causent, rient, jasent, font des cocotes en papier, ne vous suivent pas du tout et vous jugent après. Pas si bête!

Allez donc exposer, dans un discours de tribune, les voies et moyens pratiques d'une réforme complète de l'agriculture, des manufactures, du commerce, des finances, de Téducation, etc, etc.? essayez. d'y dérouler, en deux heures, dix mille fois plus d'idées neuves qu'on ne compte y en discuter en deux ans, la Constitution comprise? d'y décrire toute une organisation sociale, que je n'ai jamais pu, moi qui la connais un peu, réduire à moins de 8 ou 4 heures de développement, parlant vite, sans phrases et sans tarti* nés? essayez done cela à la tribune de l'Assemblée nationale de France, telle qu'elle se tient et se comporte en 4 848, devant des gens aussi favorablement prévenus, aussi aimables pour les socialistes en général et d'une patience si angélique toutes les fois qu'on ne flatte pas leurs idées, qu'on ne se constitue pas l'écho de leurs propres opinions, en faisant dûment ronfler, mousser et valoir icelles.Essayez cela, vous m'en direz des nouvelles.Etje me serais fourré dans ce guêpier 1 Adressez-vous à d'autres... Je sais un peu trop bien ma pratique des hommes et des choses, moi, utopiste et théoricien rêveur, comme vous dites, pour me prendre à ces filets. Proposez la chose aux allouettes qui vont se faire fusiller pour le plaisir de planer trois minutes devant le miroir. Je ne suis pas précisément une allouette : et je connais le panneau et ceux qui tiennent les ficelles...

Donc, j'ai proposé quatre séances libres^ quatre séances du soir, avec publicité^ débat et concurrence^ comme le demandait le citoyen Larochejacquelein, dans lelocal de l'ancienne chambre. C'était sensë, c'était raisonnable. Je prouvais par là : 4® que je n'étais pas aussi sot qu'on l'aurait voulu ; %^ que je demandais un examen sérieux, une bataille et non une vaine passe d'armes; 3^ enfin je mettais catégoriquement en demeure ceux mômes qui avaient voulu m'y mattre; et j'ai constaté, quand j'ai vu refuser, que l'on i estait en demeure, en prenant acte que i'entenoais y rester moi-même

Qui a reculé? Estce moi ? A ceux qui seraient tentés de dire oni, je ne répondrai qu'un mot : Nous verrons cela un peu plus tard. Il y a vingt ans et plus que je travaille et que j'attends. Je saurai bien attendre encore, s'il le faut, vingt jours

Donc j*ai demandé à ceux qui prétendaient vouloir vider à fond le sac du Socialisme^ offrant de retourner le mien, quatre séances en dehors des séances ordinaires. Voilà qui était bien énorme 1 On a beaucoup ri à l'Assemblée. La presse toute entière en a fait des gorges chaudes. Si l'on eût été sage, on m'en eût donné huit, de séances, et Ton m'eût sommé de tenir pfr> rôle. Ce n'est pas une chose déjà si commune de rencontrer dans

ime Assemblée de légUlateo» civilisés un hornoie doat, après looty vingt années de travaux sur la plupart des questions contemporaines prouvent qu*il a Tesprit aussi sain qu'un autre, et qu'il n'est pas plus béte que la moyenne de ses collègues, oftrîmt le remède à toutes les plaies du corps social dont ils sont ' les médecins officiels, et qu'ils sont contraint d'avouer tenir pour inguérissables.

Quand les médecins de la Faculté confessent eux-mêmes leur ignorance et leur impuissance, ils n*ont pas bonne grâce à réfuter l'avis des empiriques. Et reste à savoir où sont les empiriques.

Je m'attendais, je l'avoue bonnement, à voir l'honorable citoyen Thiers appuyer ma demande. Il n'y avait pas même à enfreindre le Règlement, comme on Ta dit. Oa pouvait se dispenser de voter sur ma proposition. On n'avait qu'i me réponire : c Nous suivrons vos séances, entendez vous avec la Questure et prenez jour. » On s'est abrité derrière le Règlement ; on a voulu me faire parler Ulieo, entre deux parenthèses ouvertes dans une discussion ardente sur le droit au travaily et qu'on aurait fermées i coups de couteau de bois quand on aurait voulu. Merci. Les dix minutes que j'ai tenu à la tribune contre la tempête des holà ! là, làl quoi donc? parlezl vos moyensl prene;: en six l etc., m'ont valu deux jours d'extinction de voix at>solue et une luflammation de poitrine qui dure encore. Mais puisqu'on veut de la tribune, c'est bien. Me voici autorisé à y monter : j'y monterai en temps utile.

Oa trouvera des moyens de s'arranger avec le Règlement. Et fmis, heureusement , il y a à l'Assemblée, malgré tout et quoi <pi'on en dise, une grande majorité d'hommes sincères et d'intentions droites et excellentes, qui ne seront pas fâchés d'aller un peu au fond du Socialisme, et qui ne sont même pas trop madisposés pour le Socialisme pacifique et organisateur. Ceux-là fininiront bien par faire taire les autres.

C'était cependant une assez belle occasion, pour les adversaires systématiques du Socialisme, d'en confondre l'élément le plus ancien et le plue robaste. Couler le système phalanst^ien, dans l'occurrence cela avait son prix. Mais je me suis engagea rouvrir régulièrement la porte à cette exécution. J'invite donc les fossoyeurs à préparer un trou pour enterrer la bête, ** et à en vendre d'ores et déjà la peau s'ils trouvent acquéreur.

En attendant je maintiens ceci :

Pas de tranqailllté, de sécurité, de paix, ni d'ordre stable, en France et en Europe, tant que les travailleurs et tous les industrieux n'auront pas conquis le bien-être matériel et la dignité morale ;

Si

Pas de bien-être général saas un énorme accroissemenf de richesse nationale ;

Pas de bien-être, ni de liberté, ni de dignité, sans la garantie, à tous, d'un minimum raisonnab'e ;

Pas de garantie de minimum sans le travail attrayant.

S j- CE QU'OFFRE AU MONDE LE SOCIALISME PHALANST^RIEN.

Pour résomer sur les caractères généraux du Socialisme phaianstériea, je. dis que Fourier a fait uae Découverte, constitué une Science niturelle et positive : la Découverte et la Science de la forme sociale normale, convenante avec la nature humaine et destinée préétablie de Thumaaité. Il n*a pas fait une création cérébrale, imaginé un système arbitraire.

Cette Science reconnais pour objet V Association ; pour procédé d^orgaiiisatioQ la Série ; pour force motrice V Attraction,

L'idée de V Association est Tidée môme de la sociabilité la plas perfectionnée ; elle exprime le concours convergent de forces individuelles, libres et volontairement unies pour la création des moyens du bien-être et du perfectionnement commun, pour la production des avantages sociaux, et la répartition de ces avantages à chaque force proportionnellement à son droit, c'est-à-dire à son concours dans leur création. — C'est Tidée philosophique de la Variété dans rUaité, c'est la conjonction indivisible des trois Principes, Ordre, Liberté et Justice, lesquels sont eux-mêmes les conditions sine qidbus non de la FratbbnrrÉ. — Rien d'arbitraire daas cette donnée. Elle est en dehors de la volonté et du caprice de Fourier.

La Série, c'est le procédé de classification des œuvres de Dieu, des choses et des êtres, et de toutes les sciences qui les étudient ; la formation, par affinités^ des familles, des genres, des espèces, des variétés, c'e^t-à-dire des séries et des groupes naturels. — Rien d'arbitraire dans ce moyen. Le procédé Sériaire est en dehors du caprice et de la volonté de Fourier.

U Attraction, c'est l'attrait, la spontanéité, la liberté. — Rien d'arbitraire dans cette force. C'est la nature même des êtres. Elle est en dehors du caprice et de la volonté de Fourier.

J'observe ici :

Qa'Ovren et les Communistes qui l'ont copié ont cru avoir résolu le problème social, dès qu'à Tidée du morcellement actuel ils ont pu

' opposer, dans leur esprit , la notion générale de l'action unitaire, de la coopération, de la communauté qui bloque les individus et fait masse en escamotant tous les problèmes de l'individualité, toutes les difficultés de la conciliation entre la personnalité et la collectivité;

Qae l'esprit de Fourier, au contraire, ne s'est pas même arrêté un instant à cette idée grossière et aux solutions puériles qu'on essaie

4>n donner parles dtpothèsesou à'nûeégàlUé impossible et contre nature; on d'un dévouement permanent, supposé chez tous et qui est précisément la question m^me ; ou d'une répartition proportionnelle aux besoins qui ne tient pas contre cette interrogation -. « qui déterminera la limite de mes besoins ? • ou bien qui y répond par le plus intolérable despotisme, par l'autorité suprêmeici du prêtre saint -simonien , là, du gouvernement communiste, intervenant Tnn et l'autre dans la sphère intime de ma personnalité et s'y établissant en mon lieu et place ;

Que, saisi déjà de l'idée claire de l'Association libre etrolontaire, qui réserve complètement la personnalité, l'individualité, la propriété; qui accepte les inégalités naturelles et sociales telles qu'elles sont, tous les faits, toutes les positions, tous les intérêts tels que la société actuelle les donne, et qui part de la réalité sans supposer nul sacrifice, en créant pour tous au contraire des avantages nouveaux : Qu'ayant m^me déterminé déjà la localisation de cette grande idée dans sa première application naturelle, la Commune, alvéole de toute société, Fourier, pour autant, ne se croyait nullement nanti de la solution du Problème; mais que, loin delà, son esprit éminemment pratique et positif en sentait si bien les énormes difficultés, que, de prime abord, il le croyait insoluble ;

Qu'enfin, il nesereconilut en possession d'une solution sérieuse, rationnelle, pratique, qu'après avoir découvert le Système de Torga' NisATioN NATURELLE de la mos^c associée^ei tous les emplois libres, tous les équilibres des facultés, des goûts, des passions, des caractères et des tempéraments les plus opposés, du plus fougueux et du plus violent au plus doux et au plus tranquille, du plus raisonnable au plus maniaque, du plus variable au plus monotone, du plus avare au plus dissipateur , du plus conciliant au plus disputcur, etc., etc. : et tous ces emplois, tous ces équilibrais résultant, non de la loi, non de l'autorité, non do règlement, non du dévouement supposé, mais découlant naturellement du libre jeu des spontanéités et du fait de rORGAXISATION MEME.

Voici donc les formules principales du Socialisme phalanstérien :

Association volontaire du Capital, du Travail et du Ta--

lent, y compris la liberté de se retirer de rAssociation,

à chaque instant avec tout son avoir ; Libre accès de tous à toutes les fonctions , c*e8t-à-dlre

réalisation absolue du droit au travail ; Rehabilitation injailliblc de tous les travaux utiles, et glo-

riQcation en fait, comme en principe, des travaux les

plus avilis aujourd'hui ; Désencombrement des grandes villes; retour volontaire à

Tagriculture, des masses prolétaires qui les obstruent ; Emploi utile et libre de tous les caractères ; Direction spontanée de chrxun dans la voie de ses véritables aptitudes ;

Classement de chacun dans toutes les hiérarchies, à sa place et à sa hauteur, sans intervention d'aucune autorité, Gouvernement, Etat, prêtre saint-simonien ou tout autre Pouvoir arbitraire, mais par la loi de la gravitation spécifique et spontanée de chaque individualité dans chaque hiérarchie; (c'est-à-dire * par une loi sociale aussi naturelle que la loi physique en vertu de laquelle les vapeurs s'élèvent, les nuages se soutiennent à leur hauteur propre , la neige ou la pluie tombent; en vertu de laquelle vous auriez beau agiter et remuer un mélange d'eau, d'huile, de mercure et de différents solides de poids spécifiques divers, vous n'en verriez pas moins, dès que vous ne contrariez plus les attractions de ces corps, le mercure se porter de lui-même au fond, l'eau au milieu , Thuile au-dessus, et, chacun des solides prenant la place légitiole que lui assignent sa nature et sa pesanteur, le liège surnager, le platine se précipiter, et les autres gagner les zones intermédiaires.

Détermination rigoureuse des droits de chacun (par la même loi naturelle) , estimés en raison de son concours en Capital, en Travail et en Talent àlaProduction collective;

Bépartition à chacun^ sans mécontentement et sans discussion possible, des bénéfices communs de cette Pro* duction, diM prorata de ces droits individuels et de ces concours mathématiquement déterminés ;

Rivalités émulatives ardentes, en toutes fonctions , et en même temps, accord libre, fraternel et harmonique de la masse associée, aveé tous ses membres et avec elle-même ;

Accroissement indéfini de la richesse générale, et retour volontaire de tous les improductifs, oisifs, parasites, scissîonnaires et autres, aux travaux producteurs ;

Développement sans limite des arts, des sciences, de Tindustrie et de tous les moyens du perfectionnement de rhumanité ;

Accession progressive de tous à la Propriété ;

Disparution complète de la misère et de son vieux et fatal cortège de vices et de crimes ;

Fusion des classes, anéantissement des hostilités séculaires qui les animent encore ;

Si

ÉdueatiM aitrat/Mte produisant réelosion naturelle de. toutes les vocations et aptitudijs spécifiques de chaq[ue enfant, développant pleinement toutes ses facultés physiques, morales et intellectuelles ;

Développement rapide de la farce^ de la santé et de Tintelligenœ, destruction graduelle des germes de maladie dans les populations ;

Enterrement définitif des Révolutions^ des guerres civiles et des guerres étrangères ; régularisation ginérale des rapports industriels, scientifiques et commerciaux des peuples ; ouvertures de toutes les barrières ; abolition sans inconvéuients de toutes les entraves qui s'opposent aux échanges, et de tous les genres d'esclavages des hommes et des choses

Tous ces biens, et mille autres que je ne spécifie pas, 8*introduisant et s'incamant promptement dans la société, librement, volontairement, sans trouble, par la création d'une ssule commune sagement et inielllgemment organisée, et par L'imitation spoNTàNÉE de cette Commune modèle, dont les riches et les aristocrates eux-mêmes voudront prendre l'initiative en tout pays, pourquoi? — Eh bon dieu! parce que le nouveau régime accroîtra le revenu de leur Capital au lieu de le détruire comme d'autres le demandent, et donnera, aux riches et aux aristocrates, aussi bien qu'à leurs frères les prolétaires, un bonheur qu ils sont, les uns et les autres, loin de goûter, de connaître et même de soupçonner aujourd'hui.

Je maintiens, dans lapleise possession de mon boo sens dont je n'ai encore été convaincu par personne de manquer; sans vanité, parce que je n'ai rien inventé, et que je ne sais que ce que chacun, en travaillant comme je Tai fait ou en m'écoutant, peut savoir : Je maintiens que tels sont les caractères du Socialisme phalanstérien, que tous ces résultats sont possibles et mé* me faciles à obtenir.

Ce n'est pas tout : J'offre de présenter à rAssemblée Nationale les voies et moyens PRATIQUES de l'obtention de ces résultats ; de lui soumettredes avant-projets sérieux d'exécution, accompagnés de plans et devis, et de répondre à toutes les objections qu'on voudra me faire, après qu*on aura pris connaissance de ce que je propose. Enfin, pour le cas où les projets présentés ne paraîtraient pas absolumentextravagants quand on saura en quoi ils consistent,

SE

eisi l'on reconnaît qu'il n'y a nui danger à en essayer, mais qu'il 'est utile, au contraire, de faire l'expérience juge de la théorie, j'offre de prendre moi-même la responsabilité de Tepreuve, de I'exécution, sous les yeux de l'Assemblée, du pays et du monde, sur une lieue carrée de terrain inhabité, prêtée par l'Ëtat, et dont j'indiquerai l'emplacement , au voisinage de Paris.

A l'adresse de ceux dont ma demande de qtiatre séances a excité la gaieté, j'ajoute : Si vous pensez que ce soit trop de quatre séances pour exposer , développer et discuter les voies et moyens pratiques des résultats que j'annonce, hé bien ! que M. Thiers, M. de Tocqueville, M. Cousin, M. Schmit (ouvrier), tous les plus forts enfin , essayent un peu, pour voir, avec le bagage de science financière, économique et politique dont ils disposent, de nous offrir la solution positive de la millième partie des problèmes dont il vient d'être fait mention ici...

Je leur concède, moi, cinquante séances, et je les écoute.

Et si l'un d'eux se charge de faire cela dans un discours de tribune, je l'écoute encore. Et s'il réussit je lui donne la lune.

Eu somme, le Socialisme phalanstérien de Fourier et de l'Ecole sociétaire, est un Socialisme intégral, affirmât'/, anti-révolutionnaire, et tout ce qu'il y a do plus volontaire et fcunUiatif.

Nota, Je m'étais promis de n'en pas dire plus long sur ce Socialisme-ci que sur les autres. Serment d'ivrogne. Ma plume qui n'avait pas mal à la gorge m'a emporté. C'est fait : tant pis.

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