S C. PRINCIPES DE LA RÉFORME INDVSTIELLE ET INTÉGRALE
Maître à 25 ou 26 ans du principe de la Réforme commerciale et de l'organisatioB économique et véi idique de la Distribution, dont je ne donne ici qu'une idée sommaire et bienfdible, Fuurier reconnut que le problème qu'il venait de résoudre avait sa baâe dans la Commune^ et n'était autre chose qu'une sorte d'union d intérêt des familles qui la composent, pour organiser la fonction diatribulive en constituant une Jgence commerciale unitaire remplaçant le morcellement du négoce actael et toutes ses complications misérables.
Dms un cerveau au^si actif,, aussi audacieux, aussi puissant, cette idée ne pouvait en rester là. D'antres se fussent contentés du vaste domaine qu'elle leur avait livré. Ses travaux, sur ce seul domaine de la réforme commerciale, partagés en vingt lots, défrayeraient et illustreraient vingt personnages, auxquels on ne refuserait pas le titre de Maîtres de la science. Fourier bo dit : « L'Association des intérêts commerciaux de la Commune m'a ji livré la clef du système écomomique et vérid>que de la Dis- » iributioD. Voyons ce que me donnera l'Âsseciation de ses élé- ^ mente dooiestiquesi agriooks, indiifitrietoi etc., c*eatrar4ii»
» l'Association comminiale sur le terrain de la Production et de » la CoDsoir.mation. » Le Problème aodal tout entier était posé Bar sa vraie base.
J'ai dit qu'un des caractères les plus remarquables du génie de Fourter, c'était cette faculté, cette puissance énor'me d'abstraction et d'isolement, qui eu faisait comme un esprit solitaire au milieu du choc des idées dans l'histoire et dans l'Age con* temporain. La Théorie des quatre Mouvements, son premier ouvrage (qui est en même temps, dans l'ordre méthodique le dernier à lire^ par suite d'une autre disposition propre de sa nature), porte l'empreinte de ce caractère. Dès le discours préliminaire qui en fait la préface, en décrivant sous le nom de Doute absolu et fT Écart absolu^ les formes de sa méthode, il révèle, sas» y penser, ce caractère si fortement réfractaire, de son génie. Fourier convient cependant que, quand il s'était posé le problème de l'Association intégrale de la commune, il en avait regardé l'étude comme un pur jeu d'esprit, partageant k ce sujet le préjugé commun d impossibilité , tiré des obstacles invincibles que présenterait infailliblement, à l'accord de la masse associée, l'essor divergent et incompressible des passions humaines.
Néanmoins, avec cette logique qui entratne Tidée irrésistiblement comme la barre de fer rouge engagée sous le laminoir, il prend corps à corps son problème. Il suppose que toutes les familles habitant une Commune rurale, ayant passé entre elles un Acte de Société, ont mis en Assodation, dans les formes légales, terres, bestiaux, instruments de travail, etc. pour cultiver et exploiter leur domaine entier unitairement, comme cUh maine dHun seul homme. Cette base posée, il recherche les lois naturelles des relations qui pourraient s'établir librement entre les sociétaires dans l'intérêt commun, et construit, par la pensée, l'organisation du travail convenant au régime d'une telle Association.
Bientôt, il eut séparé les fonctions par ordre de catégories ; divisé et subdivisé les travaux ; poussé jusqu à ses détails extrêmes l'organisation de l'agriculture dans toutes ses branch^^s, des ateliers, de la comptabilité, du commerce extérieur, de l'éducation, etc., etc....
Quel no furent pas sa surprise et son enthousiasme, lorsqu'il reconnut que ces intraitables passions, dont il avait considéré luiiréme l'incompressibilité comme 'la pierre d'achoppement de tout accord dans une masse humaine associée, devenaient, dès qu'on les transportait dans un milieu sociétairement préparé, non plus des obstacles, mais d'admirables et tout puissants ressorts d'harmonie ! D(9 quel ravissement ne fût-il pas saisi quand, son ensemble sociétaire et unitaire construit, il yit clii-
rement qne l'homme avait été crée et prédestiné pour cet étaf et non pour l'état morcelé I que riadéchilrable clavier des facultés, des passions et des caractères, réservé pour cet ordre de pleine sociabilité, n'avait pu et dû produire que cacophonie et discordance dans tous les ordres sociaux antérieurs, élevés sur des bases plus ou moins étroites et anti- sociales l quand il dût confesser qu'en doutant de la nature de l'homme et de ses passions natives il avait douté de Dieu leur auteur, et qu'enfin, illuminé par ridée la plus religieuse et la plus radieuse qu'aucun homme a^antlui eût encore aperçue, il poussa V Eurêka d'Archimède et s'écria : les attractions sont proportionnelles aux
DESTINÉES l
Le monde, positif et scientifiqtie, de THarmonie sociale, et le grand livre des Destinées Universelles^ étaient ouverts devant lui.
Je ne dirai rien ici de toutes les découvertes transcendantes sur l'homme, sur l'univers et sur Dieu, qui découlaient à flots lumineux de cette première conception, fécondée par ungéaie de cette trempe. Ces vues sont lellement £u-delà de la portée de nos sciences matérielles, analytiques et terre-à-terre, de nos intelligences noueuses, de nos esprits rouilles et encrassés, des opinions lourdes et vulgaires d'une époque sans foi religieuse, sans élan intellectuel et sans grande aspiration synthétique, qu'une exploration rapide de ces merveilles de la Science de l'harmonie universelle, dépourvue de longues déductions et de preuves, serait comprise, de la plupart des lecteurs, comme un discours d'Arago sur les découvertes de l'Astronomie moderne, adressé à des Osages ou des Iroquois.
S d. CARACTÈRES ÉGOMOMIQUES KT SOCIAITX DU STSTiaiE PHALANSTÉRISN.
Me bornant à la partie purement économique de la conception de Fourier, je la caractérise en peu de mots.
Armé de la clef de la loi du mouvement universel (la loi sé-^ riairé), Fourier démontre l'histoire à la main :
Que les sociétés humaines, au delà de la société primitive, se sont produites sous quatre formes ou périodes successives. Sauvagerie j Patriarcat, Barbarie et Civilisation, dont il donne les lois particulières de développement ;
Que la Civilisation, cinquième échelon du mouvement social ascendant, appartient encore aux périodes de fourberie, d'oppression, de carnage, d'indigence, de perversité etd'égoïsme; toutes quatre basées sur le morcellement. — Il donne la formule complète des développements de la Civilisation ; et tous ceux qui en ont étudié le tableau, publié en 4 808, ont reconnu l'étonnante concordance de tous les faits sociaux survenus depuis
iotle époque, a?iol68 teniM préoit deœll» aémiraMe fo nimi e > EftQn il proëuît ai décrit, de toutes pièees, les voies et moyens 4eooik4ructioD des sneiétés tut érieures ou harmoniques, fondée» lur le pri leipe de rAstocialioii.
La Commene rurale est réfément aWéoIaîre de la socîët4. Touto doctrine 80ci«iliste de réorgantsatron qni ne présente pas un plan applicable à la commune et n*(*ffre pas de nrofver sa valeur par une expéf îence sur une lieue canée de terrain, ayant peur élément eapîlal PagricuUare, est une doctrine vague ou incomplète, qui ne saurait avoir sérieusement aucune prétention pMtique.
La Comn^une associée prend le nom Phalange, pour se distior guerdt^ la Con^mnnemo: celée pauvre et divergente des Barbares ou des CiviHsés. De là le non de Phalanstère donné à Thabitation, tout à la fuis économique et somptueuse, de la population sociétaire.
La propriété indiviiuelle est parfaitement respectif et maintenue dans la Commune associée. Les valeurs mobilières et fmmobilières, formant Tupport social, sont représentées par des Actions qui laissent aux mains de chaque sociétaire habitant ou non, la va'eur de ses apports {personnels en instruments de travail, en immeubles ou en capital financier. La constitution de la Propriété dans une Phalange est celle-là môme que règlent les contrats ou actes de société, sous la forme civile, anonyme, commerciale ou autre', tels que nous les connaissons et qu'ils se pratiquent Ctiaque jour.
Les travailleurs étant associés aux bénéfices de la Commune, en rais m de leur Travail, comme les actionnaires en raison de leur Capital, tous ont désormais un intérêt i lentique à la prospérité collective. Plus de procès, de contestations de vicinal ité et deboniâjiçe; plus de haies, de murs de clôture, de terrains perdus entre les héiitages; plusde vols, ni de tromperions; plus de ruines provoq lés par les collidons d'intérêt et les lutles dépréciatires de la concurrence, anarchique. Plein accord de i'intéièt individuel avec l'intérêt géné^-al ; harmonie du Capital et du Travail ; fusion des clauses.
La Phalange poss()de un système complet et très varié d'édu* cation ihtioriquo et professionnelle, crèches, sall«s d'asilQ, écoles," ateliers, cultures, dont l'objet est d^ fortifier l'âne et le corps, ded "VeloppiT chaque enfant dans la voie de ses vocations nat.ves et do l'atiirer et l'attacher librement aux fonctions où ses aptitudes lo rendront le plus utile à lui-même et à la société.
Les instruments de travail, tarros, cheptel, outils, etc., ne sont plus détenus par une classe oligarchique dont les travailleurà dépendent.
La Pbalan^ en est la fermière générale, el la valeur seule de ces instruments est personnellement appropriée.
Chacun travaille librement, suivant ses 6;oûts et se^ aptitudes , se loge comme il Tentend; a son chez soi; vit comme il veut; est ju.^é par ses pairs en chaque (onction, et rétMbuf^ dans la proportion de son concours, estimé au prorata du Capital et du Travail qu'il a fournis, du Talent dont il a fait preuve.
Quand une branche de fonctiofis attire trop, une autre pas assez, on rétablit promptement Téq^nlibre en ré*iuisant, au biidgel, les avanti^es attachés à la première, en aueimentant oem de la seconde. Cesi un moyen ; il y en a d'autres.
Je ne décris point ici les voies et moyens, — il faut nour cela un livre entier que Ton consente à étulier ou mes quatre séan-' ces et des auditeurs qui consentent à écoutr^r. Je ne me charge d'enseigner à personne, en un article de j ournal ou en un discours accompagné d'interruptions par'ementaires, TAstronomie, TAIgèbre ou la Science sociale, quoique j'aie passé mes examens sur les deux premières et pris mes grades dans la troisième; — je ne décris point l'organisation du travail sociétaire, les admirables stimulants qui développent incessamment l'activité, l'ardeur et la passion de tous en toutes fonctions ; le jeu des émulations, des ambitions, des récompenses ; le plaisir, la gaieté, Tentrain que la liberté, la vocation, le concours des masses, les grades et les distinctions â conquérir , l'accord des individus et des groupes, leurs prétentions rivales, leurs concurrences ému^ lathes, leurs esprits corporatifs, leurs migrations, leurs en^renaii ges et leiirs contrastes, leur communion et leur ralliement supérieur enfin dans le sentiment de la prospérité commune et de l'honneur commun; répandent sur tous les travaux de la Pha« lange.
Les œ Jvres productives de l'art, de la science, de l'agricul» ture, des diverses industries, dont la plupart sont aujourd'hui si répugnantes qu'il faut le besom, la nécessité, la. faim pour que nos troupeaux d'esclaves souverains consentent à s'y soumettre, deviennent bien autrement actives, ardentes et passionnées, que nos œuvres de destrucition et do guerre, auxîuelles jamais cependant l'ardeur et la pa sion n'ont manqué. Njs plaisirs et nos fêtes sei aient bien insipides à côté des travaux et des manœuvres, agricoles et autres, d'une seule petite Phalange bien équipée, bien montée et bien organisée. Qae sera-ce quand des masses de Phalanges et leurs armées industrier.es multiplieront le charme et l'attrait par le nombre et l'énergie de leurs soncours ?
L'OiiSUiîsaiioii du tsavail ATTaATAKTl Toute la questm sa*
daleeet li, n'en déplaise aox gens de trop d'esprit que le Travail Attrayant fait tant rire.
S e. LES PARTISANS DU TRATAIL R^UCIfAMT.
Vous riez, grands hommes, youb riez^ savants politiques, hommes d*Etat de première force I Si savaDts, que vous savez parfaitement laisser vos producteurs et vos commerçants s'assassiner incessamment les uns les autres dans Tarène de votre concurrence anarchique, et couvrir le terrain industriel de ruines, de fortunes brisées, de faillites et de banqueroutes, pour la plus grande gloire de votre science et le plus grand hxeik du corps social ! Si savants, que vous savez parfaitement laisser subsister dans la société et les haines aveugles des partie, et les antagonismes acharnés des classes; et la guerre sans trêve du capital contre le travail, du travail contre le capital, du capital et du travail chacun contre lui-même; et les causes des crises commerciales qui bouleversent périodi4uementrindustrie, et celles des révolutions po'iliques qui bouleversent périodiquement l'Etat! Si savants, qu'avec votre suffisance, votre impertinence de langage, votre outrecuidance pointue et vos discours gonflés, vous n'avez su que laisser accumuler toutes les difficultés les plus pressantes, tous les problèmes les plus urgents ; que vous n'avez rien su comprendre à votre temps, rien appris de ses besoins, rien pu guérir de ses plaies ! Si savants qu'ai'jourd'hui, aujourd'hui encore, en f?ce des épouvantables réalités de la misère publique, de l'imminence d'une banqueroute et de la guerre civile et sociale ; en face de la débâcle de tout votre ancien régime de crédit parasite, de commerce mensonger, d'industrie ruinée, de propriété obérée, de féodalité financière éventrée ; en présence de populations prêtes à s'ontre-dévorerles unes les autres comme les naufragés de la Méduse, vous n'avez au fond de votre sac de science, 6 Savants ! que des intrigues coupables ou des espérances contre-révolutionnaires, et puis ce grand, ce savant, ce profond remède : « il faut attendre le retour de la confiance I » »
Hé bien I ô savants si capables, ô grands hommes d'Etat consommés, qui en savez si long, qui avez une telle portée de vue, de si grandes et si démocratiques espérances pour le peuple : le meilleur et le plus honorable d'entre vous , un qui , tout sonore qu'il soit, n*est cependant ni plus vide ni plus creux que pas un de vous; celui-là, je l'ai entendu s'écrier, avec ce regard olympien et ce ton de Jupiter tonnant, qu'il conserve, il est vrai, soavent, pour vous dire : Bonjour, comment vous portezvous : « Oui! et il ne faut pas craindre de le dire, il n'y a pas » d'autre moyen pour que la nécessité da travail a'accomplissa
ff dans le société, il'nY a pas d'autre moyen QUE LA FAIM 1 » la PRESSION DU BESOIN ! »
Au moins il est franc, celui-là ! et nous vous défions de pousser votre cynisme jusqu'où il pousse ainsi la franchise.
Or, écoutez-moi et tâchez de démolir ceci :
L'homme qui subit un sort et un travail que la FAIM seule le contraint de subir, auquel, seule, la pression du besoin le rive, celui-là est-il librb?
Que parlez-vous donc de LIBERTÉ, charlatans, qui repoussez du pied les hommes sérieux, vos égaux en intelligence, vos sup<^rieur8 en dévouement et en science, qui vous parlent de résoudre, pour le peuple et sa liberté, le problème du Travail Attrayant? Et que dis-je, n'avez- vous pas poussé contre des adirersaires, que vous n'avez pas même la bonne foi d'étudier un peu ou d'étudier assez pour les comprendre, jusqu'à venir dénoncer à la Tribune nationale la pensée d'affranchir le peuple, deTesclava* ge du Travail Répugnant, comme une pensée immorale et anti-sociale 1 Ah! il est bien vrai, vous n'avez pas d'autre air à jouer, pour le peuple, que celui de votre rival, de ce M. Guizot, qui disaitaus- 81^ du haut de la Tribune, de son ion hautain , impitoyable, de doctrinaire calviniste, le travail e.^t un frein I Et cet air vous n'êtes même pas, malgré vos prétentions, capables de le jouer mieux. Arrière donc 1 arrière I et ne parlez plus dd la Révolution française. Vous n'êtes pas de son école et vous n'avez rien de ses traditions ; car son école est démocratique. et ses traditions sont chrétiennes. Vous ôtes imprégnés jusqu'à la moële des os d'aristocratisme et d'ignorance sociale ; et quand votre bouche fait l'éloge de cette Révolution, glorieuse malgré ses crimes, elle la blasphème... Arrière! le Peuple, le Peuple qui souffre ne veut pas de vous, et il a raison ; car vous n'êtes pas ses hommes.
S f . LE TRAVAHi ATTRAYANT 00 L'ESCLAVAGE DES MASSES.
Essayez donc de démolir ceci, pour voir? Et tâchez de suivre :
Le Travail est la nécessité sociale, la condition de l'existence et du progrès de l'humanité.
Tant que la plus grande masse des travaux nécessaires, continue à s'exécuter sous des ccmditions fatales d'abrutissemett, de salaire exigu, de grossièreté, d'insalubrité, en un mot de répugnance, il faudra, pour que la nécessité s'accomplisse, ou le fouet du contre-maître sur des esclaves, ou le fouet de la faim sur des besoigneux et des prolétaires.
Or, si vous n'avez plus d'esclaves esclaves^ d'esclaves personnels et au fouet f il vous faut des esclaves collectifs eik la faim 1 — Vous en convenez vous-mêmes.
Et quand vous dites au prolétaire, à l'artisan, au laboureur,
A VfncliiBtrieY, m cooimerçant gêné» aa fermier barrasse, a« propriétaire obéré, que noua vivons dans un ordre social ou cbflcuTi d'eux peut parvenir à la fortune par l'économie, la sobriété et le travail, vous g^sconnez.
Vous gasconiaez, d'abord, parce que cela n'wt pas vrai; parce <iu'ii y a des millions et des millions dliommes qui trava. lient comme des forçats dans les plus durs IdMurs et qui ne s'enricbissent pas, pui>que les spéculateurs, les intermédiaires^ les parasites d'une part, et ceux qui sont nantis des capitaux et instruments de travail, ceux qui gagnent sur le travail des travuilleurs, cbef» d'industrie, maîtres, contremaîtres, marchandeurs, confectionneurs, d'autre part, ont seuls chance de s'enridiir, et eiii eore se ruinent souvent.
Et vous gasconnez, ensuite, paroo qu'il est faux, archi-fauz que votre soc été industrielle soit compatible avec l'enrichisse^ ment des travailleurs. Et, en effet, s'il était possible que tous les travailleurs devinssent riches, qui eiéciiterait, le cas échéant, vos travaux grossiers, abrutis^aats, malsains, répugnants? Répondez à cela, 6 grands maîtres.
La pression du la FAIM, Taiguillon faul, incessant du BESOIN peuvent seuls déterminer, forcer l'exécution de la plus grande partie de voe travaux dans votre régime d'industrie répugnante* Vous le dites, et vous ne le diriez pas que cela ne changerait rien à l'affaire. Qui donc les exécuterait, ces travaux, si tous de* venaient, par Texercice des vertus que vous imposez au peuple et que vous ne pratiquez pas, aisés ou riches? Répondez donc, sophistes endurcis, doctrinaires immoraux, qui voulez nous faire passer, nous autres partisans du Travail Attrayant, pour des apôtres d'immoralité sociale, des ennemis de Dieu et des hommes? Essayez donc au nooins de répondre, puisque vous accusez, puisque vous jugez, puisque vous condamnez.
Le Travail Attrayant, une IMMORALITÉ 1 U est LMMORAL de chercher à rendre attrayant le Travail!! On a entendu cette abominable absurde, cette iniaiaginable sottise à la tnbune de la République démocratique françaiso 1 C'est fabuleux*
Vous reconnaissez donc que la coiNTRÀiNra est la loi suprême de votre ordre social; qve vos travailleurs sont coo traiats, torcés, tyrannisés par la misère, et que c'est une nécessité fatale de TO^ société qu'il en soit ainsi. Ils ne sont donc pas libres, ils se peuvent pas être libres vos travailleurs, puisque, s'ils devenaient libres en devenant riches, ils ne travailleraieiit plus, et que, cependant, il faut que des raas-es travaillent, et que la loi famélique du besoin seiHe peut les faire travailler. Tirez-vous delà.
// faut à votre régime industriel, de toute nécessité, des masses de fwn4ibraj oomme il en fallait, nous une autre toriue d'es-
eiavdge, à fa soeîétô antique, qm, dn moins, assurait la ?ie dt ses esclaves.
Vous avez donc des classes affranchies, libres, qui ne tra- Tail^nt pas où qui ne travaillent qu'à ce qui est attrayant pour elles (car il y a déjà aujourd'hui des fonctions, des placeSi des occupations sufi&sanunent attrayantes pour être recherchées par des libres.)
Bt vous avez, négessàibevient, de par Tabsence d'un régime d'industrie attrayante , des classes serves , fatalement serves, serves de nécessité, contraintes en masse aux travaux répugnants 1
Les libp>8, c'est la petite, très petite Oligarchie des riches;
Les non-libres, ce sont les innombrables légions des demi-aisés, des malaisés, des besogneux et des pauvres.
Et IL vous LES FAUT, ces pauvres, ces masses de pauvres, ces iégîon^f de besogneux ! Et vous le savez si bien, qae vous dites : U nous faut des paicvres ; car, s'il n'y avait pas de pavvreB ni de besoi^neux, qui décrotterait nos botte»? qui s'enterrerait dans nos manufactures? qui consentirait à exécuter la plusgraiidè partie des travaux nécessa res à notre existence, à notre société? Et vous trouvez cet argument vainqueur I
Commencez-vous à comprendre <|ue vous n'avez' encore rien compris au problème de la liaerté?
Commencez-vous à comprendre qu'il ne suffit pas à un penple .d'avoir conquis la liberté d'écrire un journal en payant un cau« tionuement, d'aller au club quand on n'est pas femme, et de professer sa religion, pour être au bout des conquêtes de la Liberté?
Commencez-vous à comprenire qu'après la conquête des libertés politiques^ commence forcémefù, fatalement^ celle des libertés sociales, qui sont bien une autre affaire? Et coi «prenezliions que celte dernière conquête est la tâche du Socialisme ? et que cela prouve qu'aujourd'hui l'avènement du Socialisme est marqué au cadran de l'histoire ?
Et vous, qui croyiez que tout était faiti que vous n'aviez plus qu à dominer, à gourerner, à jouir, et que le peuple se tiendrait pour content et satisfait 1
Assvhérus! Assvhérus! mon pauvre Juif Errant, tu avais cru aonnée l'heure du repos, et voilà qu'il faut te remettre en route de plus belle... Marche, marche ! Avance et marche donc ! comme dit la complainte.
Tant que le Travail AitrayaM n*e sera pas une réalité^ tant que la rédemption sociale du peuple, de la masse des industrieux, ne sera pas accomplie, 6 mes doux maîtres, il faudra mardier ou subir les implacat>les coups du grand fouet popufôire, du fouet des révolutions. C'est votre sort. C'est votre Travail RépU' §Mmt^ à vouS| 6 classes qui digérez, qui dirigez et qui gouver-
nez. Chacun sa part. TraTaillM aa progrès, oa gare le grand
fouet I
Pas de liberté sociale, pas d'égalité sociale; des classes, toujours des classf s; toujours des dominateurs et des dominés, des forlb et des faibles, des exploiteurs et des exploités, des oisifs libres et des travailleurs contraints, des parias faméliques portant seuls le poids des durs labeurs : et toujours aussi l'invincible besoin de raffianchissement, Tinvincible aspiration des mas- 'Ses à la liberté, à la dignité, à l'égalité 1 toujours, toujours, par conséquent, des chances d'explosions terribles et rien de stable, rien, entendez vous, rien, tant que vous n'aurez pas résolu, é docteurs, la grande énigme sociale du Travail Attrayant — ^Permettez-moi une petite digression.
S g. VIEILLE HISTOIRE D'UNE BÊTE QUI VIT TOUJOURS.
Vous êtes ëradits, par conséquent, vous connaissez rbistoire de ce Sphinx de Thèbes qui proposait une énigme aux rois, aux princes, aux puissants, qui les dévorait chacun, les uns après les autres, quand ils ne devinaient
i)es rénigme, et jetait les débris de leurs ossements dans a mer.
Cette histoire est un mythe.
Ce mythe est celui du progrès. «
Le Sphinx, c'est le Peuple;
L'Enigme terrible, c'est le Problème du temps;
Le Problème du temps, c'est l'affranchissement posé à chaque époque palyngénésîque, par les besoins nouveaux du Peuple, par les besoins et les droits dont l'idée et le sentiment s'éveillent dans sa conscience;
Aujourd'hui, le Problème du temps posé par le Sphinx populaire, c'est le Problème social, le problème du Socialisme.
Les rois qui seront dévorés et dont les restes seront jetés dans la mer, ce sera vous, Influences et Puissances du jour, si vous ne résolvez pas le Problème. Voyez dans la mer les os de vos prédécesseurs. Le Sphinx a beaucoup mangé depuis soixante ans, et il est toujours d'une maigreur affreuse, ce qui fait qu'il a toujours une faim dévorante...
Et rOEdipe vainqueur du Sphinx, ce serait vous si voua saviez résoudre le Problème, ou ceux qui le résoudront à défaut de vous.
Vous voyez bien qu'il ne s'agit plus seulement de dire aujourd'hui : Droit au Travail et Organisation du Travail. C'estdéjàvieuxquoiquevousn'enayez point voulu dans la Constitution. 11 s'agit aujourd'hui de mieux que cela, il s'a-
git de, r Organisation du Travail LIBRE ET ATThAYANT !
Et ici permettez-moi de vous faire observer que vous êtes bien sots. Vous êtes si aveugles, si incapables, si sots, qu'il y a un moyen de retourner le Sphinx contre lui-même, de le forcer lui-même à deviner son Enigme. Ce moyen nous vous l'avons donné mille fois, et vous n'avez pu encore le comprendre et vous en servir , ô polititiques consommés que vous êtes ! Vous pouvez forcer le ;Sphmx à se couper les dents et «'arractier les griffes, et vous lui laissez ses dents et ses griffes ! Décidément vous n'êtes pas forts.
Ce moyen, pour que vous n'en puissiez plus prétexter ignorance, je le proclamerai à la Tribune nationale. Si on n'en veut pas, et si le Socialisme continue à être méchant, il sera bien prouvé alors que l'on n'aura pas voulu abriter la société contre les dangers du Socialisme , ôter au Socialisme son venin et essayer de sa graisse. Revenons à Fourier, et bien des excuses pour la digression mythique.
S h. LE TRAYAIL ATTRAYANT, OU LA RÉVOLUTION EN PERMANENCE.
La société actuelle, morcolée, iacohérente, anarchiquo, est encore très pauvre.
Prendre aux riches pour donner aux pauvres ne résoudrait rien. Il n*y a qu*un très petit nombre de riches à côté de légions inombrabieà de malaisés et de pauvres. Nous l'avons prouvé cent mille fois; nous le prouvons plus positivemement que jamais dans un bon travail statistique de Perreymond , que la Phalange publié en ce moment, et que vous allez avoir en broehure, pour votre édification, sous le titre de Bilan de la France, La fortune des riches pour combler le gouffre de la pauvreté générale, cela ferait Teâdt d'une goutte d'eau dans un incendie, d'une fraise dans la gueule d'un loup. Il faut, pour se tirer d'affaire, savoir quadrupler au moins la richesse publique.
Multiplier considérablement la richesse ; répartir équitablement raccroissement de la richesse sur toutes les tètes, sans rien prendre à personne, et au contraire en améliorant même la position des riches, afin que que chacun, sans exception, ait à gagner à la réforme du vieux monde : tel est le Problème.
Et ce n'est même là que le matériel de la besogne. Pour que le Problème social soit résolu et bien résolu, il ne suffit pas de donner au peuple Taisance, de lui garantir un minimum satisfaisant en logement, vêtement et nourriture, nutritum, vestitum, tectum. Un accroissement considérable de la richesse générale permettrait bien l'avance du minimum^ sans laquelle il n'y apa^
povr todtôyen, souverain politiquement, mais tieeogneux, fiuuèlique et socialement esclave, de liberté réelle. Maïs, si la garantie sociale du minimum donne au peuple la liberté sociale, l'avance du mitUmumy dans le régime de l'industrie répugnante, fait déserter le travail répugnant, et nous voici de recbef tombés dans la misère...
Donc il en faut toujours revenir au Travail Attrayant; car h Ihtvail Attrayant est le seul Travail des Libres. Voici la formule :
Pas de MINIMUM 50115 un En orme ACcnoissEMEin' de la richesse publique ; Pas de LIBERTÉ 5an5 la garantie du minimum ; Pan de garantie possible du minimum 5an5 le travail