CONSEILS DE GUERRE
Et VOUS que nous ne confondons pas avec ceux-ci, vous qni n'êtes pas des artisans de fiel, de haine et de mensonge, mais qui, par ignorance du caractère primiif et véritable du Christianisme, croyez devoir tenir en abomination tout ce qui, de près ou de loin, touche au Socialisme, lisez ! vérifiez les citations ! et dites-nous quelles im- Sressions font sur vous ces paroles? Ce sont des Saints, es Docteurs, des Pères, des Apôtres qui parlent le langage des Socialistes, un langage souvent plus violent que celui des plus radicaux parmi ceux-ci?
Et vous, Prêtres !
Etvous,Evêques !
Et vous, notre Saint Père Pie IX, qui avez, au début de votre pontificat, lancé une Encyclique contre le Socialisme !
Ah! certes, quand le Socialisn^e ne tirait ses propositions que de lui-même, vous pouviez passer dédaigneusement et garder le silence.
Mais aujourd'hui, 6 Clergé I c'est avec vos propres textes, les textes sacrés, les textes des écritures que le Soeialisme marche à la conquête des âmes !
Vos plus grands Saints étaient de grands, de terribles socialistes !
Il n*y a plus moyen de se taire ! il faut parler. Les fidèles attendent ce que vous direz devant ces textes redoutables.
Et ceci n'est pas tout, hélas ! c'est une affaire qui ne fait que commencer. Le Socialisme, ayant mis la main à l'étude des premiers siècles, vous en réserve bien d'autres...
Pour moi, Je ne crains pas de dire que les Apôtres et les premiers chrétiens se sont trompés en faisant du Communisme ; que les Docteurs et les grands Saints des premiers siècles se sont trompés en soutenant qu'il était criminel de tirer dn capital un revenu, quelque mena fdt-41.
S^fls avaient rAHOCR dn peuple, ils n'avaient pas en* core la sciengb sociale.
Je ne me crois nullement obligé de partager leur manière de voir, leurs exagérations sur ces objets. Mais vous! voy<ms ? vous voici forcés de parler. 11 faut vous taire au-
jourd*hui devant les communistes, reconnaître même leur orthodoxie ou bien il vous faut foudroyer plusieurs Apôtres , damner yos plus grands Saints et brûler l'Evangile....
Que voulez-vous qae pensent les fidèles en voyant vos anatbèmes anti-socialistes tombant tout droit sur la tète des plus grands Docteurs de l'Eglise? .
Et que doivent-ils croire en présence de ces citations redoutables qui pulvérisent les bases légales et économiques de la société d'iniquité qu'ils ont maudite et dont vous vous êtes faits les plus acharnés souteneurs ?
Il fdut pourtant prendre un parti !
11 faut qu'on sache avec qui vous êtes I
Etes-vous pour ou contre Tintérèt du capital?
Reniez-vous les décisions de vos Pères, des Docteurs et des Conciles contre le rendement de l'argent, et par conséquent de la terre et de toute valeur?
Etes-vous avec les Pères, avec les Apôtres, avec les Docteurs, avec les Conciles du côté de Proudhon?
Ou bien contre les Pères, contre les Docteurs, contre les Apôtres, contre les Conciles du côté des Economistes !
Parlez ! vous ne pouvez plus vous taire, Docteurs de l'Eglise, Prédicateurs, Evoques, Archevêques, Cardinaux, PAPE!
Il faut enfin que le vrai sens du Christianisme éclate. Il faut qu'on sache où sont les vrais chrétiens, et où sont les hérétiques, les traîtres à l'Evangile.
Le Socialisme s'élève du sein des peuples ;
C'est un mouvement bien autrement fort et profond que celui de la Philosophie du dix-huitième siècle;
Le Socialisme revendique pour lui l'Evangile et les pures traditions de la Religion des faibles et des opprimés. Il expose ses titres et ses témoignages.
Qu'ont à dire ceux qui se prétendent les gardiens des témoignages, les conservateurs de la parole? Qu'ils parlent donc?
Mais ils ne parleront pas ! ils ne parleront pas, car ils comprennent que le temps est venu où la lumière si longtemps mise sous le boisseau, va briller de tout son édat, illuminer les peuples et couvrir de confusion ceux qui ont voulu faire du Christianisme une religion d'oppression et d'exploitation.
Vous vous tairez devant ces textes.
Vous vous tairez, c'est moi qui vous le dis.
Vous laisserez le venin extrait des écritures, des livres des Pires et des docteurs^ couler dans le peuple, trou-
bl«rles consdiencea timorées et propager rapidement le So« cialisme; mais bientôt, à mesure que la liberté pénétrera dans le monde et que le véritable sens de l'Evangile et du Christianisme se révélera aux populations, le clergé secondaire, le clergé démocratique, le clergé prolétaire, opprimé, esclave, se lèvera comme un seul homme et proclamera lui-même avec nous le sens libérateur.
Scribes, Pharisiens, Princes des prôtxes, votre heure est proche.
Pourquoi?
Parce que voici l'heure d« la Démocratie, c'est-à-dire de l'Evangile dans le Monde et dans l'Eglise. Régénération de l'Eglise et rénovation du Monde. •
Et vous sceptiques, athées, mécréants, fils de Voltaire, gens habiles qui venez de cimenter votre édifiante union avec l'autel du Christianisme paganisé, dites-nous donc un peu aussi votre opinion sur la doctrine des grands Saints, des Pères et des Apôtres touchant l'intérêt du Capital et les objets de Socialisme !
m A5. Aux journalistes honnêtes, aox écrivains religieux et vertueux
vous que j^estime entre tous, parce que les vertus que je chéris par-dessus toutes sont l'hypocrisie, le charlatanisme moral et la mauvaise foi, j'ai eu Tidée de vous préparer, avant de finir, votre besogne pour parler de ce livre, si toutefois vous ne préférez vous en taire.
Au lieu de faire connaître l'esprit d'un écrit socialiste, vous avez pour habitude et règle d'en fausser le caractère par des citations convenablement choisies de çà, de là, et commentées en conséquence.
Vous dépecez comme des harpies, et, comme des harpies, vous empoisonnez et vous empuantez les lambeaux.
Je voulais donc vous indiquer une série de petits passages, même des pages entières de cet écrit, que vous n aurez qu'à accompagner d'un peu de votre texte pour prouver que c'est un livre abominable et que je m'y suis proposé:
La destructioB c'e la propriété, Id. de la famille,
Id. de la morale et de la vertu,
Id. de la religion,
Id. de la société,
L'excitation à la haine des classes, la guerre civile... enfin, tout ce qu'il vous plaira.
Mais j*ai réfléchi que tous étiez tellement expérimentés, tellement habiles dans cette honorable manière de travailler qu'une préparation de besogne vous serait one iqjure. Donc je m'abstiens.