‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 7 sur 60 · DÉVELOPPEMENTS DU SOCIALISME · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENTS DU SOCIALISME

S 6. La Boyrgeoisie opère son émancipation.

Ëcoutez-moî, car en ce jour où tant de timbres fêlés, tant de cloches vides, tant de vases retentissants vous assourdissent de leurs vains bruits, ceux qui rendent, de la Vérité , un témoignage austère et désintéressé, ceux-là doivent être entendus. Ecoutez donc:

Avant 89, il y avait, d'une part, un Clergé bien do^é, de Nobles très bien apanages^ des Seigneurs et des Princes, avec un Rot ;

Et, d'autre part, le Tiers, Bourgeoisie et Peuple.

Les premiers formaient les deux grands ordres : ils étaient encore tout ; LcA derniers formûent le troiaièoie ordre : ils ii*étaient

•Bceie El».

Et il y avait des Pbilofiopbes, c'eat-à^dire à«l bommes de la pensée» de Tidée, du verbe^ bourgeois oa prolétaires^ et nobles quelques-uns. Ceui-^ci^pleins derentbousia^mede' ]a justice, de la liberté, du droit, ri^pandaient sous mille formes, €riti()ues, didactiques ou do^atiques , graves w légères, suaves ouamères, encyclopédies, livres, brocbures, pamphlets, romans, chansons, drames, comédies, — sous toutes les formes de la parole enfin, ils répandaient les flots brûlants de la Pensée du temps, de l'Idée du dix-huitième Siècle.

Or, la Société officielle, les hommes de ces deux premiers Ordres qui étaient tout, ne comprenaient généralement rien . à toutes ces a extravagances » de la Pensée et de la Philosophie. Telle qu*eiie était, la société leur paraissait fort bien. Cette société, n'était-ce pas le résultat du passé? Tordre naturel des choses? la donnée de la tradition et de l'histoire? Ils ne doutaient pas delà légitimité de leurs droits. Ils ne comprenaient pas qu'on mit ces droits en question. Les droits nouveaux, les droits des roturiers leur paraissaii^nt, sineèrenient,des énigmes, des' rêveries, des chimères. . .

C'était absolument comme vous aajourd'h ai .

Ils ne concevaient d<Mie pas d'autre ordre social , d'autre régime que Tordre existant, l'ancien ordre, l'ancien régime. Â leurs yeux, les philosophes étaient de plaisants, d'absurdes ou d'odieux utopistes. Qael(iae&-uns en lisaient les romans et lesbellespaçes,au (lointde vue de la curiosité ou dustyle. D'autres en faisaient brûler parla main du bourreau les livres, — des livres que vous ne comprenez plus, puisque vous les réimprimez aujourd'hui pour détourner le peuple -du Socialisme. . où ils mènent tout droit. — La plupart n'ont commencéà voir du sérieux dans ce mouvcmentque le lendemain de la prise de la Bastille.

Ainsi, la bourgeoisie française s'était universellement imprégnée de Tldée rénovatrice. Elle avait embrassé la foi noiwelle, la pensée d'affrancbissemeat, Tidéal d'une société juste et bonne |KNir tous.

Mais les privilégiés ne s'étaient pa^; ouverts à cette pensée du dix-huiiième siècle, lis l'avaient dédaignée ou repoussée Loin d'employer leur pouvoir à la faire passer dans la pratique poittiqÎBe et sociale, ils s'efforçaient d'en comprimer Texpansion croissante, de la faire rentrer en terre*

Cependant le volcan était chargé, la lave mentait, et la ermite supérieure, brisée e» mille pièces» sombra dins to

vagaes ardentes.— C^ètait la première Révolation. — C'est de Thisto re. C*est Thistoire que vos pères ont faite, 6 fils dégénérés des grands, des généreux, des héroïques Bourgeois de 89 et 92. C est de l'histoire que vous avez vousmêmes comprise et écrite, et dont vous avez expliqué la philosophie, comme nous Texpliquons ici.

Jusqu'ici, n'est-ce pas, nous sommes bien d'accord.

Mais maintenant nous n'allons plus être d'accord.

Pourquoi ?

Ah ! pourquoi? — Parce que vous avez cru que, vos droits politiques conquis, tout était fait;

Et vous le souteniez bien, que tout était fait, même quand le Peuple tout entier, moins deux cent mille censitaires, était encore exclu de ces droits ;

Parce que vous pensiez que, une fois détruits les privilèges de titres et de naissance qui avaient longtemps pesé sur ^os pcres, une fois les avantages sociaux, l'influence, le pouvoir, la richesse, tous les privilèges DU FAIT enfin, concentrés en vos mains sous le pavillon de Végalilé métaphysique et illusoire de la loi, le Peuple devait être content et la Révolution accomplie;

Parce que, en un mot, votre affaire faite, vous avez cru que r histoire s'était arrêtée. . .

Or, nous savons, nous, que l'histoire a toujours marché.

Et nous allons vous dire comment elle a marché jusqu'à ce jour : et, en sus, comment elle marchera demain. Ecoutez-moi donc, car, au fond, c'est aussi, sachez-le bien, dans vos intérêts que je parle. —11 vous importe de voir clair.

S 7. La Bourgeoisie assure son Emancipation.

Pendant la seconde moitié du dernier siècle, la Bourgeoisie avait fait cause commune avec le Peuple. Riches et pauvres, Tarmée tout entière de la roture, rangs serrés, marchaientà l'assaut des vieilles citadelles de l'Ordre féodal.

L'alliance était sincère et sans arrière- pensées. C'était un beau mouvement de foi, d'espérance commune et d'accord. Le Peuple, la Bourgeoisie et la partie jeune et généreuse de la Noblesse de France, proclamaient avec enthousiasme, sans réserve et dans toute leur intégralité philosophique et sociale, les principes émancipateurs , les grandes formules de cette glorieuse époque. Ils croyaient , très naïvement sans doute mais sincèrement, que le Régime féodal renversé dans l'ordre religieux, dans l'ordre politique et dans

fordre économiqoe, tout serait fait, et que la jostice, Ift liberté, l'égalité fleuriraient sor la terre.

L'Empire passionna le peuple pour un travail de gloire militaire et de conauètes. Il laboura pour le compte des idées nouvelles, le sol de l'Europe. Déchirant le vieil arbre monarchique, jonchant la terre de sceptres et de couronnes , il conscocra par ses lois civiles Témancipation réelle de la Bourgeoisie^ et l'émancipation abstraite du Peuple.

£n 18t5, la lutte recommença: non plus la grande lutte, non plus la lutte au nom des principes de 89, de 91, de 92; mais une lutte mesquine dans ses éléments, quoique vigoureuse et bien conduite. Cette campagne des linéraux,

3u on a appelée la Comédie de quinze ans, avait pour objet e conserver à la Bourgeoisie, contre les entreprises rétrospectives du parti de rEmigr^tion, l'influence et les droits conquis paria Révolution. Dans toute cette campagne, li* vrée sur le terrain de la charte, le Peuple n'était pas direc* tement en cause. Il marcha néanmoins encore avec la Bout-

feoisie, et lui donna, sur l'ennemi commun, une victoire éfinitive en i 830.

S 8. Le Problème Soeiat se pose.

Dès le commencement du Siècle cependant, et déjà même sur la fin du Siècle précédent, des Précurseurs annonçaient l'avenir. Les uns, avec le pressentiment des choses ou avec l'instinct logique de l'histoire, l'un d'entre eux, avec cet œil perçant du génie supérieur qui plane à la hauteur de l'aigle et dont la vue s'étend par delà les limites de l'horizon vulgaire, ces quelques hommes avaient compris leur temns.

Ils annonçaient que l'époque était venue d'un complet renouvellement des choses et des rapports sociaux du vieux monde.

. ils comprenaient que, l'ordre féodal ruiné et l'égalité des droits écrite dans la loi , rien n'était fait encore pour l'oRGANiSATiON dc I'Ordrb Nouveau dout la Révolution, en renversant les iniquité? politiques et légales de l'ancien régime, n'avait été qu'un terrible et douloureux préambule. — Ecoutez -moi et suivez bien ceci :

La première Féodalité, issue de la conquête militaire, avait donné le sol aux chefs militaires, aux nobles, et attaché les populations conquises à la personne des conquérants par le servage et la glèbe.

La guerre mdustrielle et commerciale ; succédant à la

(terre militaire sous les formes de cette Goneurrenee «m» le Capital et la Spéculatioa sont forcément m^ittres du Tra- Taii pauvre, tendait à constituer et chaaue jour constituait ^fait, par ses conquêtes, on nouveaci bervage: non r»lus Je Serrage personnel et direct^ mais le Servage ind»rect êi collectifs la domination, en masse, de la classe dos posaesseors du capital , des machines et ides instruments de tntyail, sur les classes déshéritées.

Les Prolétaires des viltes et des campagnes, en effet, priscollectivement, sont dans la dépendance al)solue de la classe * qui fietient les instruments de travail.

Ce grand fait économique et politique se traduit par cette ibnnule de la vie pratioue : Pour avoir de quoi manger^ tout PROLÉTAIRE est omgé de trouver UN MAITRE... — te sais bien que vous diies aujourd'hui patron ; mais dans sa naTveté crue, la langue s*ohstine à dire maitre, et elle aura raison juscju au Nouvel Ordre , c*est-à-dîre jus<)u'à ce rjue les (-onditions: économicpes de la Vèouautè financière, industrielle et commerctale, sous laquelle nous vivons, aient lait place à d'autres.

D('s le commencement du siècle , donc , il s'était trouvé des penseurs qui avaient compris que la Rôvoluti n n'était pas accomplie par ralTranchissement politique des (ils atnés du travail, de la science et de Tindustrie, par ie dogme métaphysique de l'égalité devant la loi, et par la liberté pure et simple, c'est-à-dire par la concurrence, par la lutte entre les classes armées et les classes désarmées, entre le Capital, maître absotu de tout, et le Travail nu et esclave du oesoiR quotidien.

Ils avaient plus ou moins nettement compris et formulé, ce» grands penseurs, les vérités suivantes :

L'ancieiine société féodale était organisée par la guerre et pour la guerre.

La nouvelle société doit être organisée par le travail et par la paix, pour leti-avail et pour la paix.

La guerre industrielle , en permanence sur ie champ de bataille de la production et de la distribution, n'y peut produire que les résultats delà guerre, c'est-à-dire 4" Economiquement, la permanence des choi's, des déperditions . des désastres; Tabsorption de la plus grande somme des forces vives et productives dans une lutte acharnée . ince.'isante , démoralisatrice et ruineuse ; (Résultat : progrèsde la Fourberie industrielle et commerciale, mamitieade llndigenee); i<* Politiquement ; Des vainqueurs et des vaincus, des seigneurs et des serfSy dea n^tre» •t dea proiélaires ; (RéaiAttat : O^^ra^wm des faibles,)

En conséquence , le problème moderne consiste à affranchir les serfs de rindttstrie comme ont été affranchis les serfs de la conquête ; à donner à tout homme venant au monde et voulant vivre en travaiUant, droit a l'instrument de travail; à le aoustraireau despotisme fatal , à l'exploitation, souvent involontaire, des détenteurs de ces instruments; à le rendre piTopriétaire des fruits de son travail ; à créer l'ordre, la eoo* çération, la convergence sur le terrain de Tindustrie ; enfin, ~ a organiser le Travail et V Association des forces proditelives.

La solution de ce problème, qui n'est autre chose que la transformation du Saliriat^ cette dernière forme de Tescla* vage, constitue racoompUssement logique de la Révolutioa doAt les |N*incipes , déposés par le Christianisme primitif dans ta conscience huma'ne, ont fa t, au dix-huitième siècle, une irrésistible et décisive explosîoa dans la société ci- Tile.

Ce problème, c'est le PROBLÈME SOCIAL.

% •. L'aveuglement,

Aot yew de la société officielle (te Fantiquité, XEscla-wsffê était d'ordre naturel et légitime. Les plus grands pb losophes de Rome et d'Athènes ne concevaient pas une société sans Esclaves. La première évolution émancipatrice de 1 histoire depuis ravènement du Christianisme, a aboli TEsdavage et transfojri»éles Esctams ^ Serfs.

Aux yeux de la société oRicielle du moyea-àge, le Ser^ vage étadt d'ordre naturel et légitime. Les penseurs de ce temps, aussi bien que les seigneurs, n'imaginaient pas une société sans Serfs, La deuxième évolution émaocipatrice de l'histoire a aboli le Servage et transformé les Serfs en Salariés.

Aux yeux de la société officiere moderne, le Prolétariat est d'ordre naturel et légitime. Les plus savants économistes de la vieille Ecole ne comprennent pas encore aujourd'hui une sociét:^ sans Salariés, ijà troisième et dernière évolution émancipatrice de l'histoire consiste dans I'adolition 00 proUtarut et la transformation dos Sorlariés en Associés.

Tel est, nous le réfétoos, le vMeLiou SOCIAL, te problème de ce temps-ci.

$ 10. L'01igarchi« bourgeoise k TcBuvre.

Dès le jour de la victoire définitive de la Bourgeoisie , c'est-à-dire depuis le S9 juillet 4830, date historique de la radiation des aernières traces du Régime féodal nobiliaire dans la société française , ce problème était naturellement , logiquement, irrésistiblement posé parla loi de Thistoire.

Politiquement émancipée, la Bourgeoisie voyait, concentrées en ses mains , toutes les puissances sociales de la propriété , de rinstruction, des positions industrielles et com^ merciales, et le Pouvoir gouvernemental tout entier.

Quelle grande, quelle noble et magnifique tâche la Providenee, l'histoire si vous voulez, vous avait faite, ABoprgeoisie française de 4 830 1

Vous aviez la tutelle du Peuple. Les frères atnés de la grande famille des vaincus, des anciens Serfs, étaient chargés de l'éducation des frères putnés, de leur émancipation, de leur avenir...

Quelle noble mission, quelle grande et religieuse mission, si cette Bourgeoisie de 4 830 se fût souvenue ! si elle eût gardé le culte des principes de 89, la mémoire de sa communion avec le Peuple, au concours dévoué que le Peuple lui avait prêté aux temps de Tenthousiasme des idées et jusque dans les luttes de la Restauration contre les dernières entreprises de TËmigration et de Tancien Régime !

Pour nous , Phalanstériens , nous voulûmes avoir foi en elle. La voie était si belle, si lumineusement tracée à ces émancipés de la veille ! Gomment admettre que FaBranchissement allait faire oublier si vite aux nouveaux libres , aux fils des héroïques affranchis, devenus patriciens à leur tour, les grandes revendications de la philosophie , du droit humain, le culte delà liberté? comment croire que Tinitiateur deviendrait si vite apostat?

$ 1 1 . Dlyision politique de la Bourgeoisie.

Cependant , la Bourgeoisie victorieuse , sans comprendre encore que la question sociale, la question de Fémancipation dconomtgîie des prolétaires était posée, se divisa immédiatement en deux camps sur le terrain purement politique.

Les uns voulaient , à Fintérieur, borner à une oligarchie bourgeoise les droits politiques; à Fextérieur, ils voulaient la paix.

Les autres voulaient sur-le-champ , pour le peuple , les

droits politiques, et à l'extérieur la propagande et la guerre.

Ces derniers , je le dis hautement aujourd'hui comme je l'ai soutenu alors, ces derners se trompaient d'époque.

Le mouvement de 4815 à 4830 était a un trop faible élan pour être capable de cette conquête. La lutte s'était exclusivement poseesur le terrain de la charte. La victoire ne pouvait produire que ce (]u' avait contenu la donnée de cette lutte, c'est-à-dire le triomphe définitif de la Bourgeoisie sur Tancien Régime.

Historiquement, il fallait que l'Oligarchie bourgeoise eût son temps de suprématie politique, qu'elle fût mise au pouvoir et à l'œuvre, qu'elle fit seule et librement son expérience de gouvernement.

Historiquement encore la paix était nécessaire au développement de ridée nouvelle. L'établissement monarchicobourgeois de 4830 était une h*ansition naturelle, logique, légitime pour son temps, et qui se fût conservé en se transformant, s'il se fût fait, comme c'était son devoir, sa ixiission et son intérêt, l'instrument du progrès ()olitique et social de la nation initiatrice dont la direction lui était légitimement remise par le cours des choses»

Les Socialistes en général, restés jusqu'alors dans le domaine en quelque sorte privé de la pensée pure, à l'état de Précurseurs, et dont l'avènement comme élément actif ne date que de 1830 ; les Socialistes en général et nous Phalanstériens en particulier, nous acceptâmes, sans arrièrepensée, cet établissement et son épreuve. Nous concourûmes énergiquement à le consolider. Nous le défendîmes très vigoureusement contre ses adversaires, les démocrates révolutionnaires et purement politiques. Le parti républicain violent, conspirateur, provocateur de la guerre civile à Paris, constituait à nos yeux une faction de l'avenir, comme le légitimisme conspirateur et provocateur de la g^uerre civile en Bretagne et en Vendée, constituait une faction du passé.

Loin de déguiser, aujourd'hui que la République nous est tombée du ciel, le concours que nous avons donné à la consolidation de l'établissement monarchique et bourgeois de 4830 durant toiite sa phase de fondation, tant qu'il eût à se défendre contre des ennemis factieux et avant que, maître du terrain politique, on pût le voir à l'œuvre et savoir s'il apportait, oui ou non, avec lui, le progrès ou au moins la bonne et ferme volonté du progrès ; loin de chercher à cacher ce concours énergique, loyal, slactee.

f«e BOUS avons donné à cet établissement, nous tenons à 1% rappeler hautement. C*est un de nos titres de raison et d*iBtelli)(ence des lois qui président au développement de la destinée progressive de notre pays et de T humanité.

S n. Le Sodaltnne se produit.

Entretemps, les doctrines sociales se produisaient. Elles avssi se mettaient à 1 œuvre. Leur œuvre était un travail siir les intelligcnees.

Le Socialisme, qui ne portait pas encore de nom colleetif et général parce qu il ne pouvait ^tre encore aperçu comme l'évolution légitime et a tuelle de Thistoire, comme b seconde phase naturelli' de la période d'affranchissement inaugurée en 89, le Socialisme était éclos. Il existait. II s'ouvrait aux p tl^'s ardeurs de ce soleil do juillet, qui avait éclairé la victoire définitive de la Bourgeoisie française sur l'ancien droit féodal.

Or, nous le voyions clairement, et nous Timprimions dés cette date; et nous n'avons cessé depuis de le crier sur les toits : Nous proclamions que l'avenir appartenait à I'iinKe 80CIAUS, et que rien — rien — ne pouvait désormais en arrêter la marche!

Eh bien ! la société officielle, — qui ne nous écoutait pas ou qui se moquait de nous et riait beaucoup quand elle entendait par hasard nos paroles prophétiques, — cette socicte est aujourd'hui face k face avec le Socialisme et France et daiis toute. l'Europe. 11 est bien évident que la première phase de la Révolution est terminée, complètement ter.in'née en France; que toutes les querelles de l'ordre purement politique qui nous ont as;ttés de|>uis soixante ans, sont vidées par la conquête du suiïrage universel et de la Republique, et que le gouvernement, l'Assemblée nationale, les classes pensantes et influentes sont maintenant, sans intermédiaire, sans diversion possible, en présence du grand problème du Prolétariat. Qui donc avait raison? Allons, reconnaissez que nous vovioasun peu plus clair que les grandes lumières du temps, nous autres pauvres Sociali>tes si peu iV^iubieux, si pen é€04Atés« si peu pris au sérieux en 4830.

En 4830, !c Socîalisme n'était RIEN.

(hivrez ks yeux ; votée ce qai reste debout ; demandez* vous compte de vos propres efiorts ; deaaMlez^voiis ee qui «i là, devant vous; demandez-voys si voos concevez un INitre bot sérieux, ai^ourd'hai, à l'œuvre des Pouvoirs mi

Kront à n^otiverncf la France^ un antre aliment coHecttr à Milité delà pflnaèftir«içaise> i|iic ce but«l cette oQMTi&ci :

L'émancipation réelle des elasses Ie$ plus BomlM*e«scftct les ptus pauvres; ramélioration progresMTe du i)rt de œs masses qui supportent tout le poids du travail iodifcstrtel et agricole, qui produisent les richesses, qui soat restées sè^ eutairoment et restent encore courbées sous le joug de fer de Pignorance et de la misiTe?

Et quand vous aurez fait cet examen de votre conscience et des choses do dehors, réi)OfKkz vous-m^me â cette question: Qu'est^ aujourd'hui, le Socialisme qui n*ètait HIBN «4830?

Et vous serez bien forcés de répondre arec nous : Âujon*

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