VII
Mais les malheureux n ' se contentent pas de contracter alliance avec M. Proudhon, on les trouve mêlés à toutes les idées subversives de ce temps.
iN 'est-ce point au Luxembourg qu'ont dû être recueillies les idées monstrueuses dont les citations suivantes portent l'empreinte ?
r^ PIÈCE. — Leur Maître Mais, en si grave matière,
il convient de citer textuellement. Je recours donc au livre qui continue de se vendre, en dépit des décrets de l'Assemblée nationale, et, ouvrant l'Evangile selon Saint Matthieu, je transcrivis ce qui suit :
Le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui sortit dès la pointe du jour, afin de louer des ouvriers pour travailler à sa vigne.
Et, ayant accordé avec les ouvriers à un denier par jour, il. les envoya à sa vigne.
Il sortit environ vers la troisième heure du jour, et il en vit d'autres qui étaient dans la place sans rien faire.
Auxquels il dit : Allez vous-en aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est raisonnable.
Et ils y allèrent. Il sortit encore environ la sixième et la neuvième heure, et fil la même chose.
Et, vers l'onzième heure, il sortit et il en trouva d'autres qui étaient sans rien faire, auxquels il dit : Pourquoi vous tenezvous ici tout le jour sans rien faire?
Et ils répondirent : Parce que personne ne nous a loués. Et il leur dit : Allez vous-en aussi à ma vigne, et vous recevrez ce qui sera raisonnable.
Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à celui qui avait le soin de ses affaires ; Appelle les ouvriers et leur paie leur salaire, en commençant depuis les derniers jusqu'aux premiers.
Et ceux qui avaient été loués sur l'onzième heure étant venus, ils reçurent chacun un denier.
Or, quand les premiers furent venus, ils s'attendaient à recevoir davantage; mais ils reçurent chacun un denier.
Et, l'ayant reçu, ils murmuraient contre le père de famille,
Disant : Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, et tu les a égalés à nous, qui avons supporté la fatigue de tout le jour et la chaleur.
Mais il répondit à l'un d'eux et lui dit : Mon ami, je ne te fais point de tort ,* n'as-tu pas accordé avec moi à un denier par jour?
Prends ce qui est à toi et t'en va ; mais je veux donner à ce, dernier autant qu'à toi.
Ne m'e=l-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est à moi? Ton œil est-il malin de ce que je su's bon. (Matth. XX, 1 à 15.)
/Ainsi, quelle que soit la durée de leur travail, tous les ouvriers reçoivent le même salaire.
Résumons : ci Égalité de salaire.
2« PIÈCE. — Parlant par parabole, l'un d'eux (Saul, dit Paul) , s'exprime ainsi :
Celui qui avait recueilli beaucoup de manne n'en profitait pas davantage, et celui qui en avait recueilli peu n'en manquait pas, ci. , . . Encouragement A LA PARESSE, COMME AU LUXEMBOURG.
La paresse est conseillée d'une façon bien plus directe par le maître lui-même ; j'ose dire même qu'elle est commandée, bien plus, exaltée à l'égal d'une verta dans le passage suivant. Vous y verrez, en outre, une fois de plus, s'il est un seul de ces bons sentiments prêches aux masses par les économistes que ces fauteurs d'anarchie ne cherchent à étouffer. Ainsi, loin de se joindre à l'honorable M. Charles Dupin, pour convier les travailleurs aux jouissances cachées de la caisse d'épargne, voici comment Jésus-Christ les excite à cette fatale imprévoyance à laquelle ils ne sont déjà que trop encleins,
La scène se passait sui* une montagne, Jésus-Christ était assis, ses disciples l'entouraient et le peuple avait la simplicité de l'écouter.
Nul ne peut servir deux maîtres, leur disait-il... Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.
C'est pourquoi je vous dis : Ne soyez point en souci pour votre vie de ce qus vous mangerez ou que vous boirez; ni pour votTô corps, de ce que vous serez vêtus. La \ ie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
Regardez les oiseaux de l'air; car ils ne sèment ni ne moissonnent, ni n'amassent rien dans les greniers, et notre Père céleste les nourrit. N'êtes-vous pas beaucoup plus excellents qu'eux?
Et qui est-ce d'entre vous qui par son souci puisse ajouter une coudée à sa taille?
Et pour ce qui est du vêtement, pourquoi en êtes-vous en SOUCI? Apprenez comment les lys des champs croissent; ils ne travaillent ni ne filent.
Cependant je vous dis que Saloraon même, dans toute sa gloire, n'a point été vêtu comme l'un d'eux.
Si doac Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et qui demain sera jetée dans le four, ne vous revêtira-t il pas beaucoup plutôt, à gens de petite foi?
Ne soyez donc point en souci, disant : Que mangerons-nous? que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ?
Car ce sont les paù'os qui recherchent toutes ces choses, et
VOTRE PKRP, CÉLESTE SAIT QUE VOUS AYEZ BESOIN DR TOUTES CES caOSES-LA.
Faites bien attention qu'en même temps qu'il prêche l'insouciance à ces pauvres gens, cet homme ne les engage pas à se résigner au dénuement qu'ils auroLit si bien mérité : « Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses-là! » Et par quel moyen avouable se les procureront-ils donc?
Mais cherchez preraièreraent le royaume Je Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par dessus.
A bon entendeur, salut ! nous voilà en plein commif nisme.
Ne soyez donc point en souci pour le lendemain ; car le lendemain aura soin de ce qui le regarde. A chaque jour suffit sa peine. (S. Matth. VI, 24 à 34.)
II paraît que d'honnêtes gens, éblouis par les beautés littéraires qu'ils croient reconnaître dans ce factum, en fout leur lecture favorite. Pour moi, je le confesse, tout gouvernement me paraît inconciliable avec l'existence de pareils livres.
Et comme si ce n'était pas suffisamment clair, voici que saint Ambroise commente le détestable pamphlet :
Le Seigneur nous offre dans ce passage un exemple d'un remarquable à propos, que nous devrions suivre avec une entière confiance. Si les oiseaux du cie', qui ne se livrent à aucun travail de culture, qui ne font aucune provision de récolte, reçoivent cependaat de la divine Providence une nourriture qui ne leur fait jamais défaut, il est vrai de dire que notre disette n'a d'autres causes que l'avarice. En effet, ceux-là trouvent l'abondance dans le champ même qu'ils ont laissé inculte, parce od'ii>s