‹ Le socialisme en AngleterreChapitre 56 sur 63 · Webb, Ilistory ofthe Trade Unionism, p · texte numérisé non relu

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3. Une résolution dans ce sens avait été présentée pour la première fois au congrès de 1879.

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Tannée précédente apparaissaient pour la première fois et sur soixante résolutions proposées, quarante-cinq étaient socialistes. Le vœu en faveur de l'établissement légal de la journée de huit heures, présenté et repoussé chaque année depuis 1883, était adopté. Enfin une résolution invitant le comité parlementaire à présenter à la Chambre un projet de loi dans le sens « de la nationalisation du sol et de tous les moyens de production, de distribution et d'échange », rejetée au congrès de Liverpool et aux deux congrès suivants triomphait définitivement au congrès de Norwich (1894) par 219 votes contre 6.

L*adhésion collective des trades unions au socialisme paraissait un fait acquis.

En même temps, les syndicats anglais adhéraient au nouveau mouvement ouvrier et socialiste international qui avait recommencé avec le congrès de Paris (1889)*. Le congrès socialiste international de Londres (1896) était organisé par six délégués des groupes socialistes anglais et six membres (c'est-à-dire la moitié) du comité parlementaire des trade unions. Le président de ce comité, M. Gowey (de la fédération des mineurs), présidait la première séance du congrès 2.

1. Depuis 1890, les trade unions de Londres prennent part en corps à la manifestation du 1*' mai votée par le congrès socialiste international de Paris en 1889. Le premier jour de mai, les socialistes font une réunion en plein air à Hyde Park. Le premier dimanche de mai, profitant du repos dominical que les mœurs ont rendu presque absolu, les syndicats, musique en tête et bannières au vent, se rendent au Parc, en procession et y tiennent un mass meeting où se réunissent jusqu'à 30.000 manifestants et presque autant de curieux. Voir un article de M. Aveling dans le « Devenir Social » n» de mai 1896.

2. Avaient refusé de prendre part au congrès de Londres, parce qu'il était socialiste et non exclusivement ouvrier, les groupes de syndicats anglais suivants : Union nationale des Mineurs; Mineurs

Ce triomphe de la doctrine et de Finternationalisine socialistes amena une réaction de la part des unionistes qui étaient restés radicaux et « insulaires ». Après le congrès de Norwich, le comité parlementaire où se trouvaient seulement deux socialistes, Will Thorne et Ben Tillett, résolut de faire un coup d'état contre les chefs de Topinion nouvelle. Il décida : 1° que personne ne pourrait être délégué s'il n'était pas ouvrier dans la corporation qui l'élisait ou employé avec un traitement fixe par cette corporation * ; 2** que chaque union aurait une voix par mille ou fraction de mille syndiqués et qu'un seul délégué pourrait réunir un nombre indéfini de voix^.

La première mesure excluait plusieurs militants socialistes, entre autres Tom Mann et Keir Hardie. La deuxième avait pour effet de donner aux antisocialistes qui dirigeaient les mineurs et les tisseurs un très grand nombre de voix et de leur permettre de faire écarter les délégués dont ils n'étaient pas sûrs. Ce règlement, mis en application pour la réunion du congrès de 1895, fut confirmé par ce congrès après un débat très vif^. Les élections au comité

du Sud-Galles; Tisseurs de coton; Ouvriers des chemins de fer; Amalgamation des mécaniciens, représentant ensemble environ 200.000 ouvriers, le 1/7 ou le 1/8 du total des syndiqués anglais.

1. Les Trades' Councils (Bourses du Travail), généralement occupés, comme on l'a vu, par des nouveaux unionistes perdaient le droit de se faire représenter aux congrès des trade unions.

2. John Burns, alors membre du comité parlementaire, a été un des promoteurs les plus énergiques de la résolution qui l'excluait du comité, mais en chassait avec lui ses anciens amis, les socialistes du Parti ouvrier indépendant. De là une caricature répandue par ceux-ci au moment du congrès socialiste de Londres et représentant « Judas Burns livrant le Christ du Travail ».

3. Voir, à ce sujet, l'article de M. Aveling, déjà cité, et une série de correspondances nettes et pleines de faits et de statistiques signées de Joseph Burgess, favorable à la minorité socialiste de GardifT, dans le Clarion des 31 août, 7 et 14 sept, et 23 nov. 1895. Voir

parlementaire et aux différentes fonctions payées par les trade unions se trouvèrent dirigées par les auteurs du coup d'état. En tête de chaque liste de scrutin, les mineurs et les tisseurs non socialistes arrivèrent avec de grosses majorités. En 1895-96, le comité parlementaire ne comprit plus qu'un seul collectiviste déclaré, M. William Thorne. Il faut dire qu'en dehors des victoires et des défaites personnelles, rien ne fut changé. On interdit au comité parlementaire de faire de nouveaux règlements. La résolution sur la socialisation des moyens de production et de consommation ne fut pas mise en question. Le congrès se montra unanime à réclamer la journée de 8 heures. Il a proclamé le droit au travail.

On voit que le succès personnel des vieux libéraux à Cardiff n'avait pas eu pour conséquence un arrêt dans la pénétration des unions par le socialisme.

La lutte devait recommencer au congrès d'Edimbourg (7 au 14 septembre 1896) ^. A ce congrès assistaient 343 délégués représentant 172 syndicats et un million d'ouA^riers syndiqués. Les socialistes, presque tous des membres de YIndependent Labour Parti/ ^ y étaient nombreux, mais ils ne formaient qu'une forte minorité. La majorité appartenait aux vieux unionistes, à la tête desquels figuraient les députés ouvriers, T. Burt, J. Wilson, G. Fenwick, de l'union nationale des mineurs, et B. Pickard, de la fédération nationale des mineurs. Un parti moyen était formé par les nouveaux unionistes qui ne sont pas devenus socialistes, mais qui sont restés plus ardents que les vieux unionistes. Ce parti avait comme leader le membre du

encore un article de J. Bailhache dans la Science sociale (nov. 1895) favorable à la majorité.

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