‹ Le socialisme en AngleterreChapitre 57 sur 63 · Musée Social^ Circulaire n" 8, série A · texte numérisé non relu

Musée Social^ Circulaire n" 8, série A

Parlement Joseph Havelock Wilson. Les anarchistes n'avaient qu'un seul représentant, L. Elstein, de l'Union des tailleurs israélites de Leeds. Un autre, Levenson, des ouvriers en tabacs de GlasgOAv, n'a pas été admis, non à cause de ses opinions, mais parce qu'il n'avait pas fait parvenir en temps utile les pièces nécessaires au comité parlementaire.

Dans ces conditions, et avec un comité parlementaire qui ne comptait qu'un socialiste*, il semblait que l'esprit libéral d'autrefois dût triompher dans le congrès. La bataille s'engagea sur les deux grands avantages qu'avaient acquis les socialistes; i® participation aux congrès internationaux ; 2** résolution de Norwich. Sur le premier point, le comité parlementaire présenta et fit voter un rapport défavorable au congrès tenu à Londres le mois précédent et concluant ainsi :

Votre comité n'a fait qu'exécuter les instructions des congrès précédents et remplir le mandat qu'il en avait reçu. Mais on est naturellement amené à se demander s'il serait d'une politique prudente et sage, après tout ce qui s'est passé au congrès, après les expériences antérieures, d'identifier à l'avenir le congrès des trade unions avec des congrès de ce genre.

Le comité et les députés ouvriers se plaignaient surtout de la façon désavantageuse dont les trade unions avaient été représentées à Londres 2. M. Ben Tillett, du Parti

1. Le comité parlementaire manifesta sa manière de penser à l'égard du socialisme, en refusant à un membre du parti ouvrier socialiste belge l'autorisation d'apporter à la tribune le salut de son parti aux ouvriers anglais. Il fît accorder l'entrée au congrès à un membre de la fraction socialiste démocratique du Reichstag, M. von Elm, de Hambourg; mais M. von Ëlma été admis seulement à titre de délégué des ouvriers en tabacs d'Allemagne.

2. Elles avaient en moyenne 1 délégué p. 5.500 représentés, tandis que le Parti ouvrier indépendant en avait 1 p. 70, la Fédéra-

Mttiti. 16.

ouvrier indépendant, eut l'habileté de maintenir la discussion sur ce terrain et il fit voter par 172 voix contre 11 Tamendement suivant :

A Tavenir, les congrès internationaux devront être composés de représentants réguliers {bona fide) des organisations ouvrières et on devra suivre la procédure des congrès des trade unions britanniques pour apprécier la validité des délégations.

Par cette décision qui se prêle à de nombreuses interprétations, M. Ben Tillett avait obtenu que le trade unionisme ne se séparât point du mouvement ouvrier international.

Quant à la résolution de Norwich, tendant à la nationalisation du sol et des moyens de production, de distribution et d'échange, elle fut remplacée par le texte suivant :

Dans Topinion de ce congrès, il est essentiel au maintien des industries britanniques de nationaliser la terre, les mines, minerais, redevances minières, loyers et chemins de fer, et de municipaliser toutes les entreprises d'alimentation, d'eau, d'éclairage et de tramways, afin que ces entreprises soient désormais dirigées par les municipalités respectives ; le comité Parlementaire est invité à poursuivre et à appuyer toute disposition légale dans ce sens.

Cette nouvelle résolution fut votée par 172 voix contre 47 ^ Elle changeait la forme mais non Tesprit de l'ancienne ; c'était le socialisme municipal substitué en partie au socialisme d'Etat, mais c'était toujours le socialisme.

tion socialiste démocratique 1 p. 90. Chaque délégué n'avait qu'une voix.

1. Pour les votes des deux résolutions que nous reproduisons, on remarquera le grand nombre des abstentions, 160 dans le premier cas, 124 dans le second. Elles sont, en général, le fait de délégués indifférents aux doctrines politiques ou sociales et exclusivement attachés aux réformes ouvrières.

On ne doit pas considérer comme une défaite pour les socialistes le rejet par 135 voix contre 62 d'une proposition tendant à verser un penny par trimestre et par syndiqué pour soutenir aux élections législatives des candidats ouvriers qui ne seraient ni conservateurs ni libéraux. En effet, les délégués socialistes ont voté contre par crainte de voir se former un nouveau parti qui ferait concurrence au leur.

Le congrès a adopté toutes les propositions déjà votées ou nouvelles tendant à faire garantir par l'Etat la journée de 8 heures, un salaire convenable [fair wage), la responsabilité des patrons en cas d'accidents, des pensions de retraites aux ouvriers, l'éducation des enfants, la protection des femmes et des enfants employées dans l'industrie. Fait significatif, il a repoussé un vœu en faveur des comités de conciliations formés de patrons et d'ouvriers, en sous-entendant que la conciliation était l'affaire de l'Etat. On voit donc que si les congrès des unions sont loin d'être dominés par les partis socialistes qui existent en Angleterre, ils semblent pourtant se détacher de plus en plus du radicalisme manchestérien pour faire appel à l'intervention des pouvoirs publics.

VIII. Le Parti Ouvrier Indépendant. — Le Parti Ouvrier Indépendant est sorti d'un mouvement de classe un peu antérieur au nouvel unionisme et issu des mêmes causes. Dès 1887, le congrès des trade unions à Swansea avait formé une Labour Electoral Association destinée à assurer l'élection au Parlement de députés ouvriers. En 1888, un Labour Party spécial se formait à Glasgow sur l'initiative de M. J. Adam Anderson à la fois disciple de Henry George et chrétien socialiste. Dans les congrès des trade unions à Newcastle (1891) et à Glasgow (1892) on réclamait la

formation en Angleterre d'un parti ouvrier indépendant.

Une soixantaine des délégués de Glasgow en prirent rinitiative et réunirent, le 13 et le 14 janvier 1893, à Brad- "ford, la conférence qui fonda V Independent Labour Parti/ ^ ou, par abréviation, lY. L, P, dans lequel. le Scottish Labour Parti/ se fondit par la volonté de ses chefs. A partir de cette date, le Parti ouvrier indépendant a tenu un Congrès chaque année. Depuis 1894, il a conservé comme président M. Keir Hardie et comme secrétaire (jusqu'en 1896) M. Tom Mann<.

M. Keir Hardie, né en 1856 dans le comté écossais de Lanarck, a commencé par être ouvrier mineur dans le district houiller de Lanarck. Il aime à rappeler ses débuts, il se plaît à porter un costume simple et à garder la petite casquette qui rappelle qu'il est sorti du peuple, chose assez rare parmi les leaders socialistes anglais ^,

M. Keir Hardie s'est formé dans les syndicats. Il a commencé sa carrière d'agitateur en se faisant congédier par le directeur de la mine (1879) pour avoir poussé ses camarades de travail à former une association ; élu secrétaire de ce premier groupe, il devint, à partir de 1886, président de l'union des mineurs du comté d'Ayr. Libéral au début,

1. Report ofthe 4 th. Annual Conférence ofthe I. L. P. held in the Mechanics'Hall^ Nottingham (avril 1896), broch. de 36 p. — Le compte rendu du deuxième Congrès (1894) renferme une esquisse du mouvement par Keir Hardie. — A lire également deux brochures de Tom Mann, secrétaire de l'I. L. P., intitulées : What the I. L. P, is driving at (septembre 189 i) et The Programme ofthe I. L. P. and the Unemployed^ dans la collect. des « Clarion Pamphlets »> (juin 1895). Ces brochures se trouvent au Bureau de l'I. L. P. où est établie aussi la rédaction du Labour Leader, organe hebdomadaire du parti, 53, Fleet St., London E. G. Voirenfîn un article de Keir Hardie dans le n» de décembre 1896 de la Progressive Review.

2. Est-ce à cause de ses origines que M. de Pressensé l'a appelé « TAllemane du Royaume-Uni » ?

comme la majorité des Ecossais, il inclinait de plus en plus au socialisme sous des influences très particulières aux pays anglais. Le socialisme chrétien trouvait en lui un adhérent dont l'enthousiasme ne s'est pas refroidi. Comme beaucoup d'autres socialistes anglais, et contrairement à ceux du continent. M. Hardie a de profondes convictions religieuses. Comme beaucoup d'autres socialistes anglais, il s'abstient rigoureusement de boissons alcooliques. Ce moraliste est devenu un révolutionnaire à la lecture de Henry George. Il était déjà nationalisateur du sol quand il parut pour la première fois à un congrès des trade unions (1887) : il était devenu socialiste quand il fut élu membre du Parlement par la circonscription de West Ham près de Londres (1892). A la Chambre il s'est occupé particulièrement de la question des sans-travail et s'est fait considérer comme indigne de siéger à Westminster, en votant seul, contre l'augmentation des rentes allouées aux membres de la famille royale. Le renouvellement de 1895 lui a été défavorable. Mais la situation prépondérante qu'il occupe dans son parti n'a pas été ébranlée. Il en reste le président. Il demeure le rédacteur en chef de l'organe du Parti, le Labour Leader édité chaque semaine à Londres et à Glasgow. Très actif, toujours en voyage, il est un des conférenciers socialistes les plus écoutés d'Angleterre.

Quant à M. Tom Mann, sa popularité parmi les socialistes de son pays est vraiment extraordinaire. Mann est un homme de 40 ans : moyen, la figure bronzée, les yeux vifs et la moustache noire, il ressemble à un Français du midi plutôt qu'à un Anglais. Son éloquence émouvante, enthousiaste, soutenue par le geste, est voisine de celle que nous aimons, beaucoup plus que l'humour incisif, mais sec, habituel aux orateurs d'Outre-Manche. Tom

Mann, ainsi que Keir Hardie, sort de la classe ouvrière et a débuté par l'agitation syndicale. Né en 1856 dans le comté de Coventry au centre des Midlands industriels, il fut mineur, puis ouvrier métallurgiste dans une usine de Birmingham, enfin mécanicien à Londres à partir de 1877. Adhérent à Tamalgamation des mécaniciens, la plus riche et jadis la plus conservatrice des trade unions, il en sortit pour collaborer activement à la formation du nouvel unionisme. Nous avons vu le rôle qu'il avait joué dans la grande grève des dockers en 1889. Les dockers, à peine syndiqués, relisaient comme leur président. T. Mann alors était devenu socialiste en lisant Henry George et surtout sous l'influence du mouvement chrétien : il fut même si touché du sentiment chrétien de fraternité qu'il songea à se faire prêtre. L'idée lui passa, mais sa conviction religieuse est restée profonde et ses ennemis ont gardé l'habitude de l'appeler souvent le Rév. Tom Mann.

Du reste beaucoup des membres de l'I. L. P. sont déistes et même chrétiens orthodoxes. Plusieurs positivistes sont entrés dans l'organisation mais ils ne forment pas la majorité. Le parti n'a aucune doctrine sur ce point. Il n'est pas exclusif non plus sur la question du recrutement. Quoique formé en grande partie de syndiqués, il n'est pas exclusivement « manueliste » comme certains groupes ouvriers du continent. L'I. L. P. réunit des trade unionistes militants comme M. Ben Tillett, collaborateur de Mann dans la grève de 1889, M. Pete Curran des ouvriers du gaz, etc.. ; à des middle class-men gradués des universités, tels que le D"" Pankhurst de Manchester, juriste éminenl, MM. Fred. Brocklehurst, et MM">^^ Pankhurst, Bruce Glasier, Enid Stacy, etc..

Le parti se compose (d'après le rapport de 1896) de 381

groupes qui se répartissent ainsi : 118 en Yorkshire (centres de Sheffîeld, Leedà, Bradford), 73 en Lancashire et Cheshire (Manchester et Salford, Oldham, Macclesfield etc.), 41 en Ecosse (Glasgow), 29 à Londres, 23 dans les Midlands (Birmingham, Nottingham, Leicester), 18 dans le Nord-Est, 3 en Irlande, 1 en pays de Galles, 13 dans le reste du Royaume-Uni. Ces groupes avaient organisé en 1894-95 plus de 8.000 réunions publiques. Leur caisse centrale avait reçu 217 livres st. et en avait dépensé 216.

Le total des membres dépassait 20.000 personnes. Au congrès annuel d'avril 1897, on en comptait 14.289 ayant contribué tout à fait régulièrement. Le nombre des indépendants favorables à TI. L. P. est plus de deux fois supérieur au chiffre des inscrits. Aux élections parlementaires de juin 1895, le Parti ouvrier indépendant avait présenté 28 candidats qui réunirent 44.594 voix. Aucun d'eux ne fut élu, mais plusieurs auraient pu Têtre si le ballottage et le second tour de scrutin existaient en Angleterre; tels sont MM. Lister à Halifax avec 3.818 voix, Joe Burgess à Leicester (4.011), le D"^ Pankhurst à Manchester (4.261), Preston à Tattersall (4.781). M. Keir Hardie à West Ham a perdu son siège avec 3.975 voix ^ .

Les 44.594 voix de 1895 et les 14.289 membres réguliers font de ri. L. P. le groupe socialiste anglais le plus nombreux et le plus riche en sympathies. La Fédération socialiste démocratique qui seule avec TI. L. P. présentait des candidats indépendants du parti libéral-radical, n'a réun que 3.730 voix sur quatre noms.

IX. Le Programme et TÂction de 1' I. L. P. — Dans le Programme du Parti ouvrier indépendant, la partie doc-

1. Depuis M. Keir Hardie a échoué à East Bradford et M. Tom Mann à Aberdeen (1896) et à Halifax (3 mars 1897).

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trinaire est brève, rénumération des petites réformes provisoires (ce que nos socialistes appellent la partie minimum) est fort étendue. Voici, d'après les rapports des congrès annuels, le résumé des principales revendications du Parti ouvrier indépendant :

Objet : Uue communauté industrielle fondée sur la socialisation du sol et du capital.

Méthode : Instruire la communauté dans les principes du socialisme. — Organisation économique et politique des tra vailleurs. Représentation spéciale des principes socialistes dans toutes les assemblées électives.

Phoghamme : Le parti ouvrier indépendant est favorable à toute proposition d'étendre les droits électoraux aux hommes et aux femmes, et de démocratiser le gouvernement.

Partie agraire : La terre, fournissant tout ce qui est essentiel à la vie, doit être considérée et traitée comme propriété publique et cultivée de manière à fournir la subsistance à tous. (Suivent 9 articles indiquant les mesures à prendre pour arriver graduellement à la nationalisation du sol.)

Partie industrielle : Le véritable objet de l'industrie étant la production des objets nécessaires à la vie, la responsabilité de leur production revient à toute la communauté considérée collectivement ; le travail et la propriété qui en résultent doivent être répartis équitablement à toute la population. (Comme mesures préalables, TI. L. P. réclame la journée de 8 heures, l'interdiction du travail manufaclurier avant Tâge de 15 ans, des retraites fournies par l'État aux ouvriers âgés de 50 ans, aux infirmes, aux veuves, aux orphelins, de l'ouvrage pour les sans-travail, la nationalisation des transports par railways et par eau.)

Partie éducative et sociale : Education gratuite à tous les degrés, contrôle des municipalités sur le trafic des alcools. L'arbitrage et le désarmement.

Partie fiscale : Plus d'impôts indirects. Un impôt progressif sur les revenus supérieurs à 300 l. st. par an. Absorption de la rente par Timpôt.

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Ce programme ressemble beaucoup à ceux des autres partis socialistes anglais. La tactique de l'I. L. P. est imitée de la Fédération socialiste démocratique et des partis politiques socialistes continentaux. Aux dernières élections il avait, imitant la Fédération, enjoint à ses membres de ne voter que pour les candidats investis et de s'abstenir partout où il n'y aurait pas de candidat purement socialiste.

Le Parti ouvrier indépendant affirmait ainsi pour la première fois une intransigeance absolue dans la lutte de classes. Toutefois il ne s'est pas encore résolu à faire figurer dans son titre Tépithète de socialiste. Au congrès de 1895, une motion tendant à changer l'ancien nom en celui de « National Socialist Party » a été repoussée par 64 voix contre 9. Au congrès de Nottingham (1896), M. Brocklehurst proposa le nom de Parti national socialiste {National Socialist Party) ^ M. Pete Curran celui de Parti ouvrier socialiste (Socialist Labour Party), Les deux propositions furent repoussées et le même sort échut à celle de M™® Pankhurst qui voulait mettre sous l'ancien nom conservé le second titre de « Division britannique du mouvement socialiste international » [British Division of the International Socialist Move ment). L'opposition victorieuse est venue des bourgeois philanthropes et des ouvriers encore radicaux pour lequel le mot socialiste est synonyme de révolution et qui se tiennent à l'épithète « Indépendant ». (Maintenue en 1897, par 81 voix contre 57.)

Pourtant le mot qu'ils repoussent ne leur déplaît pas chez les autres. Le congrès de Nottingham, sur la proposition de Tom Mann, a décidé à l'unanimité d'exprimer sa 3ympathie au congrès national du parti socialiste belge réuni à cette époque dans la ville de Charleroi.

Métiw. 17

En Angleterre, le projet d'un parti socialiste unique a été repris et soutenu activement par TI. L. P. ^.

En exécution d'une décision adoptée à l'unanimité par le Congrès de l'I. L. P. en 1895, M. Tom Mann, secrétaire général, a écrit à tous les corps socialistes de Londres et des comtés pour les prier « de correspondre avec lui, dans l'espoir qu'il existe peut-être un désir d'établir un parti socialiste unique pour l'action politique dans le Royaume- Uni. »

La Société socialiste de Hammersmith et plusieurs autres sociétés locales répondirent qu'elles étaient prêtes à soutenir les efforts pour l'unité qui seraient tentés par les trois grandes associations : /. L. P., Fabian Society et Social démocratie Fédération.

Le secrétaire de la Société Fabienne répondit sur un ton de conciliation mélangée de scepticisme.

Le comité exécutif fabien est complètement favorable en principe à runification du parti socialiste pour Faction politique, mais il y voit, quant à présent, de formidables difficultés. Il est prêt d'ailleurs à donner la plus profonde attention à toute proposition de votre comité exécutif.

Le secrétaire de la Fédération socialiste démocratique répondit le 11 septembre que son comité exécutif se réservait d'examiner ultérieurement la question et qu'il donnerait son opinion plus tard. Ne recevant rien, M. Tom Mann écrivit une nouvelle lettre et reçut le 1§ décembre une lettre où le secrétaire de la Fédération déclarait que les socialistes anglais ne devaient combiner

1. Voir Reports of the Annaal Conférence^ 1895, p. 28, 1896, p. 16.

leurs eirorts que pour un objet immédiat et défini. Il ajoutait :

Quant à la fusion ou l'alliance de 17. L. P, et de la S. Z>. F., le comité exécutif est convaincu qu'elle se heurterait à des difficultés... Aucune circonstance ne déterminera la S. D, F. à quitter son nom, à abandonnner une partie de son programme ou à modifier quelque détail de sa politique.

A Tattitude intransigeante des marxistes, le Parti ouvrier indépendant a répondu par l'affirmation de larges principes de tolérance. Au congrès socialiste international de Londres, Tom Mann a plaidé avec éloquence pour l'admission de tous les délégués même anarchistes \ tout en déclarant que TI. L. P. n'est nullement anarchiste. Son parti s'est associé à toutes les manifestations et à toutes les déclarations qui tendaient à ouvrir à toutes les doctrines socialistes le prochain congrès international.

Cette attitude a déplu à plusieurs partis socialistes parlementaires du continent, qui ont, dès lors, affecté de considérer le Parti ouvrier indépendant comme une agglomération sans consistance et la Fédération socialiste démocratique comme le grand parti socialiste d'Outre- Manche. C'est le contre-pied de la réalité. Tolérant, ouvert à tous les principes, à toutes les croyances, sentimental autant que doctrinaire, véritablement ouvrier, mais en même temps assez pourvu d'intellectuels pour ne pas choquer lés habitudes britanniques, 1'/. L, P. est le plus anglais des partis socialistes et son succès relatif s'explique fort bien par là.

1. Plusieurs membres du parti avaient rédigé une protestation collective contre l'attitude prise par Keir Hardie et Tom Mann. Mais ils sont restés membres de 11. L. P.

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