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2. Dans cette conférence les principaux orateurs ont été des étrangers habitant Londres ou délégués du continent. On trouvera le texte des opinions exprimées par la conférence sur la question agraire et sur la question politique dans un des n" des Temps nouveaux de mafrs 1897.
CONCLUSION
L'Angleterre est le pays où révolution économique, qui amène Taccumulation du capital dans un petit nombre de mains, a commencé le plus tôt et s'est étendu le plus loin, puisqu'elle a transformé complètement le régime delà propriété foncière elle-même.
Au début de cette évolution, l'Angleterre a eu, comme tous les pays industriels, une crise de socialisme millénaire et révolutionnaire représentée par l'owenisme.
Après la ruine de l'owenisme et du chartisme, l'Anglegleterre n'a pas subi une réaction aussi forte que celle qui s'est fait sentir aux pays de l'ouest de l'Europe, aprè^ Técrasement des révolutions de 1848. A ce moment se produisent, au milieu de la sympathie d'une grande partie de la nation, des déviations de l'ancien mouvement révolutionnaire, qui aboutissent aux coopératives et aux syndicats ouvriers. C'est une période de prospérité commerciale ; les ouvriers obtiennent facilement des augmentations de salaires, des réductions de la durée du travail ; ils font peu de grèves importantes. C'est le triomphe du vieux trade unionisme, du syndicat-société de secours mutuels, qui se borne aux intérêts de ses membres, aux affaires de son métier, qui ne discute pas les conditions sociales actuelles et ne réclame rien aux pouvoirs publics.
CONCLUSION
Dans les vingt dernières années, nous voyons une période dans laquelle la crise économique générale affecte l'Angleterre. Les ouvriers et une partie des théoriciens et des gens éclairés tendent à passer du self help au socialisme d^État*.
L'autonomie très large accordée récemment aux Mmi~ seils de comtés et de villes fait que ce socialisme tend à Va municipalisaiion. La restriction du suffrage a juïiqu*id empêché les socialistes d'avoir des représentants h la Chambre des communes.
Parmi les influences intellectuelles qui ont pousï^è au socialisme les esprits désorientés par la crise économique, la plus forte semble bien avoir été celle de Henry George que nous avons analysée. Celle de Marx, qui a fondé toutes ses conclusions sur l'interprétation de l'évolution éconnmique anglaise, celle des Fabiens, disciples de Sluart Mill et de Jevons ont été ensuite les plus importantes.
Il en résulte qu'il n'y a ni un seul parti ni une seule doctrine socialiste en Angleterre. Dans ce pays le sociulissme
— réserve faite des leaders marxistes et des leaders fabiens
— est sentimental, et il est tout imprégné de morale chrétienne et de déisme comme chez nous, avant 1818, Itfs doctrines de Pierre Leroux ou de Louis Blanc.
En Angleterre, le socialisme est en période de f^tmuïtion ; l'intérêt que présente son étude, c'est de montrer un changement dans la conscience sociale d'un peuple d'esprît assez honnête pour évoluer continuellement, trop peu souple pour changer brusquement, habitué par l'usaji^e de l'association et par la pratique de la liberté politique h imposer au besoin des réformes. Il est douteux que VAix-