‹ Le socialisme et l'évolution de l'Angleterre contemporaine, 1880-1911Chapitre 34 sur 43 · L'ACTION DES PRODUCTEURS CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

L'ACTION DES PRODUCTEURS CHAPITRE PREMIER

I. — L'évolution économique de l'Angleterre est caractérisée par des réactions spontanées, bien que prenant une forme organique, des grands intérêts sociaux les uns sur les autres 3

II. — Les groupements industriels et la concentration ont leur source dans le désir d'et^cacité. Ils sont, par leurs tendances, une adaptation de l'ancien Indivi dualisme aux conditions de la vie moderne 6

III. — Le nouvel Individualisme, en raison même de son réalisme, n'a pas pris corps en une doctrine. Ses ambitions sont illimitées et, par là, il peut parfois s'opposer à l'œuvre d'équilibre et de coordination qui est celle du Socialisme. Par contre, il engendre, à mesure que son avance se fait sentir, une série de tendances secondaires et contradictoires. Il offre ainsi un démenti à la conception marxiste i^

IV. — La concentration dans Vusntic du capital n'a pas comme corollaire la concentration dans sa possession. Exemples empruntés à l'industrie anglaise. . 16

V. — Les limites de la concentration : petites et moyennes entreprises. L'état présent de l'industrie anglaise ; l'industrie à domicile 19

VI. — Les différentes formes de la concentration en Angleterre. Extrême variété des combinaisons. Les producteurs associés ne semblent point chercher l'extermination des entreprises rivales dont la vitalité s'est suffisamment atïirmée. La situation juridique des coalitions industrielles en Angleterre. Etude d'un certain nombre de combinaisons industrielles. Le mouvement qui pousse l'industrie anglaise vers la concentration n'est ni brusque ni général. Le régime douanier actuel interdit d'ailleurs tout rançonnement des consommateurs. Le Socialisme ne peut donc préconiser sur ce point une politique régressive. En ce qui a trait à l'efficacité, l'industrie anglaise poursuit, dans son intérêt propre, une politique analogue à celle que le Socialisme a pour mission de poursuivre dans l'intérêt général. Les deux positions peuvent donc partiellement et momentanément s'accorder. La concentration développe chez le chef d'entreprise les qualités purement organisatrices et rend inutiles les expédients commerciaux.

Le producteur cherche à procéder à une évaluation directe de la demande et se rapprociie ainsi de l'administrateur socialiste. La concentration fait disparaître la rente différentielle, et le profit, dans un pays libie-échangiste, n'est plus qu'une prime aux capacités de direction. L'évolution spontanée de l'industrie anglaise laisse pourtant intact le problème du travail, que le Socialisme ne peut négliger. En outre, certaines industries d'intérêt général doivent rester sous la haute main de la Collectivité, laquelle doit décider souverainement de la qualité et de la quantité du produit 24.

l'action et la théorie du TKADE UNIONISME DANS LEURS RAPPORTS AVEC LE SOCIALISME

]. — Le inouvement Trade Unioniste doit être considéré comme un mouvement d'ensemble. Ses méthodes ne s'excluent pas mutuellement, mais chacune d'entre elles prédomine ou rentre dans l'ombre selon les opportunités que la politique ou l'opinion du temps ouvre aux Associations ouvrières. Nous étudieions donc le Trade Unionisme dans son unité économique, puis dans ses manifestations politiques; enfin nous le ferons rentrer dans l'unité plus large du Socialisme 39

IL — Progrès dans la structure interne du Trade Unionisme. Le passage du Référendum au gouvernement représentatif. Le Parlement des mineurs et des ouvriers du coton. Ce que doit être le leprésentant de l'Union 42

IIL — La théorie des Webb. Le député, mandataire professionnel et spécialisé 49

IV. — Les méthodes. La Méthode de l'Assurance Mutuelle. Les causes de sa défaveur actuelle. La Méthode du Marchandage Collectif. Le contrat règle l'application d'une entente précédente ou pose de nouvelles conditions. Qualités différentes exigées des négociateurs dans chacun de ces cas. La procédure doit être des plus simples dans le premier. Quelques échecs. La solution des mineurs et celle des ouvriers du coton. Le Contrat Collectif et la liberté individuelle. La Méthode de l'Arbitrage. Sens erroné donné à ce mot. Il n'y a de véritable arbitrage que pour l'interprétation d'un contrat. Quand il s'agit de fixer les conditions futures du travail, aucune règle de droit ne s'offre à l'arbitre et celui-ci doit faire œuvre non de juge, mais de législateur. L'arbitrage obligatoire est donc une mesure socialiste applicable lorsque l'État tient à assurer la continuité de la production. La Méthode de l'Obligation Légale. Son succès au XVIII'' siècle. Elle n'a plus cours de 1825 à 1850, mais reparaît avec la franchise électorale. Elle nécessite un immense effort d'entente de la part des Unions. Faveur croissante de cette méthode. C'est la seule dont les effets soient permanents. La politique des mineurs. Le " Comité Parlementaire " 53

V. — Les fins du Trade Unionisme. Le taux normal des salaires. La durée du travail ; sa répercussion sur le taux des salaires : travail aux pièces et travail à l'heure. Modifications dans l'attitude des Unions ; cause 75

VI. — Les rapports du Socialisme et du Syndicalisme. Difiîculté et nécessité pour le premier de réagir sur le second. C'est le Socialisme qui doit assigner une

limite légitime à l'action du Syndicalisme. Mais le Trade Unionisme est une première victoire pour l'idée socialiste, en ce qu'il est la preuve que les volontés associées, et par conséquent la \olonté collective, sont maîtresses des conditions du travail, et peuvent peser sur la répartition du profit 87

VII. — La théorie du Fonds de Salaires et celle du principe de Population. E.xposé et réfutation sommaires. Leur abandon par l'Économie Politique anglaise 91

VIII. — La théorie de la Distribution. C'est l'homme maiginal qui fait loi pour les salaires sur le marché du travail. L'intérêt des travailleurs est donc que la position de l'homme marginal soit fortifiée. Le verdict des économistes anglais 99

IX. — Le Socialisme doctrine de justice sociale. Quel salaire sera juste ? La récompense de l'ouvrier ne peut dépendre de la valeur du produit, laquelle est déterminée socialement. Le sort de l'homme séparé de celui de la chose. Quelle est alors, dans le partage de la plus-value, la prétention des Unions ? . . . 103

X. — Trois politiques. Doctrine des Intérêts Acquis, de l'Offre et de la Demande, du Salaire Vital. Le Socialisme repousse les deux premières et se rallie à la troisième. La première est une doctrine de stagnation sociale ; la seconde aboutit à la coalition des producteurs de toutes classes contre les consommateurs. La troisième seule est vraiment humaine, physiologique et psychologique. Son adoption par les mineurs et, d'autre part, par toutes les catégories d' " unskilled ". Les Unions sont fort bien armées pour déterminer les salaires minima 106

XL — Le Trade Unionisme, s'il peut parvenir à lui seul à assuier dans beaucoup de cas aux travailleurs leur juste part du dividende national, concourt aussi à l'œuvre d'efficacité qui est au premier rang des préoccupations du Socialisme. Il opère un classement automatique des capacités, tant chez les ouvriers que chez les employeurs 113

XII. — Les limites du Trade Unionisme. Il laisse intacte la rente difféientielle. C'est la nation ou une fraction de cette dernière qui doit décider en ce qui concerne l'attribution de la rente. C'est encore elle qui doit avoir le dernier mot en ce qui touche les procédés de fabrication. Enfin la Collectivité doit s'occuper des ouvriers trop faibles pour se grouper ou de ceux dont les coalitions d'entreprises ont rendu le groupement inefficace 117

LE LABOUR }'ARTY

I. — La fondation du Labour Party. Diversité et contradiction des jugements portés sur sa nature. L'opinion Conservatrice. L'opinion gouvernementale . 123

II. — Le Labour Party est la résultante d'une série de réactions, mi-organiques, mi-conscientes, du Trade Unionisme, menacé dans ses régions vives et parvenant à s'exprimer politiquement après avoir réalisé son unité, concrètement — grâce à l'appoint des Unions Nouvelles — et intellectuellement — grâce au ferment d'un Socialisme d'origine indigène, à la fois idéaliste et réaliste, purement ouvrier d'abord, puis plus nettement constructif 125

III. — Première pliase de l'iiistoiie du Labour Party. Les Unions et la Franchise. Leur attitude vis-à-vis des Libéraux. La crise de 1X74. La. Commission d'Enquête de 1868 et la décision du Banc de la Reine. Les Unions n'ont pas de recours contre leurs agents. La Trade Conférence de 1867 et les Congrès des Unions. Premiers essais de représentation directe purement corporative et nullement politique. Le Labour-Libéralisme. Le Gouvernement Libéral est peu favorable aux droits spéciaux que réclament les Unions. Le projet Bruce. Les Unions les plus puissantes n'ont encore aucun programme politique et s'en remettent aux Libéraux pour la défense de la cause démocratique ; mais voyant que ces derniers se soucient peu de leurs intérêts professionnels, elles décident d'envoyer un certain nombre de délégués à Westminster pour veiller à ce que leur constitution et la cause de leurs membres soient, dans tous les cas, respectées. Seules les Unions groupées sur une faible étendue de territoire sont représentées. Le rôle au Parlement des Labour-Libéraux. Leur avenir 132

IV. — Seconde phase. Les grèves de i887-i8()0. Les Unions nouvelles. Leurs tendances. L'importance qu'elles donnent à la méthode de l'Obligation Légale. L'uniformité de leurs intérêts. Elles peuvent dresser un programme du travail 145

V. — Un groupement socialiste, l'Independent Labour Party, vient alors faciliter la fusion des divers éléments trade unionistes. Grâce à la forme qu'il donne à son socialisme, il est, presque aussitôt après sa constitution, en contact avec les organisations ouvrières. Ce socialisme est un appel aux instincts de solidarité et de combat. Il attaque les capitalistes, considérés en tant qu'employeurs, plutôt que le capital lui-même. Il veut être efficace et ne se fie guère à la thèse catastrophique. Il évite surtout de se définir lui-même. Il sait qu'il s'adresse à des hommes qui ont fait l'épreuve de leur force et qui ne sont pas disposés à croire, comme les individualistes, d'une part, comme Marx, de l'autre, à des lois économiques inflexibles. Il va tout de suite s'opposeï- au socialisme dogmatique de la S. D. F 150

VI. — Troisième phase. La crise de 1902. L'évolution du parti Conservateur en matière de législation du travail. Il est envahi par des éléments industriels et financiers. Or, le Trade Unionisme vise maintenant l'Industrialisme aussi bien dans ses droits que dans sa puissance. La campagne du Times. La Free Labour Association. L'Alliance de Birmingham. Le procès du Taff Vale Railway. Le jugement des Lords. Les Unions peuvent être poursuivies en réparation de tous les actes de leurs agents. Le picketing et la plupart des faits de grève sont interdits. Les Unions n'ont plus qu'à chercher un refuge dans le droit commun. Le Labour Party est constitué pour présider à l'élaboration de la nouvelle loi . . . . 160

VII. — La formation du Labour Party a eu pour résultat de mettre le Socialisme anglais en contact avec les faits. Il est forcé de collaborer à l'œuvre législative et doit s'adapter aux formes économiques du présent. Le tour d'esprit réaliste du Labour Party. Il cherche à amender les projets gouvernementaux dans un sens favorable aux intérêts ouvriers. Pour le gros de ses électeurs, il ne se justifie qu'en étant efficace. Mais il doit aussi chercher à se justifier vis-à-vis de lui-même, surtout à l'heure présente, où le Libéralisme semble résolu à poursuivre une politique sociale des plus hardies. Il doit donc avoir un idéal constructif, distinct de l'idéal matériel du Trade Unionisme. Il doit comprendre la politique des

autres partis, ne pas se croire investi du monopole de l'œuvre de reconstruction, donner sa juste valeur à l'influence conservatrice. Il doit dépasser les intérêts limités qu'il représente aux Communes, tout comme le Manchestérisme dépassait dans sa philosophie les intérêts de la classe industrielle, sur laquelle il s'appuyait. L'œuvre de Mr Kamsay Macdonald nous montre combien le Labour Party est déjà éloiijné du socialisme vague et instinctif de 1892 16S

VIII. — L'œuvre de Mr Kamsay Macdonald. La Société, tout organique, distinct des individus, mais subissant leur action et réagissant sur eux. La période politique a fait place à la période économique. De même que l'Etat a discipliné les énergies politiques, de même le Socialisme doit discipliner les énergies industrielles. Le Socialisme n'est que l'éveil de la conscience collective dans l'ordre économique. Il ne dépend donc pas d'une guerre de classes. Il y a, en effet, en présence plus de deux intérêts. Le Socialisme, qui ne peut renoncer à la notion de l'Etat, a besoin d'un nouveau parti, non socialiste, mais socialisant ; un parti politique, en effet, ne fait qu'incarner des idées qui se réalisent en activités immédiates. Il agit, puis il meurt. Mais l'Etat Socialiste lui-même doit être l'incarnation de l'opinion publique, un compromis entre les forces de conservation et celles de changement. Il organisera les forces économiques, préparera l'éclosion des forces sociales ; il aura des activités propres, pour lesquelles il recevra une rétribution qui sera l'impôt. Or, l'Angleterre d'aujourd'hui voit se créer sous ses yeux cet Etat et ce parti nouveaux, bien que l'un et l'autre ne puissent encore se définir. Le Libéralisme, qui a rempli sa destinée dans la sphère politique, fait place au Socialisme ; il se désagrège, et bien qu'il se réfugie dans des formules anciennes, le problème de la fonction fait oublier celui de la forme démocratique. Bientôt de nouvelles harmonies se créeront autour du Labour Party, héritier du Libéralisme 176

IX. — La dernière crise interne du Trade Unionisme. Le jugement Osborne 1H8

X. — L'avenir du Labour Party. Ses rapports futurs avec les autres partis. Conclusion 194

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