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un duel avec l’Union Soviétique, l'Allemagne hitlérienne va se mesurer avec le peuple le plus nombreux de la race blanche, avec un empire mondial, avec la puissance qui possède les plus grandes ressources militaires et économiques du continent, et, enfin, avec un Etat révolutionnaire. Le Troisième Reich est nettement inférieur à l'Union Soviétique en ce qui concerne la population, le territoire. les possibilités militaires et économiques, et, par conséçuent, les possibilités de conduite d’une guerre politique.
La politique anti-russe du Troisième Reich met en danger toutes les frontières de l’Europe Orientale. De 1922 à 1932 la paix à l’Est était un des éléments primordiaux de la stabilisation politique en Europe. L'ancien confit germano-russe semblait définitivement réglé tandis que le différent germano-polonais semblait aplami. Mais à l'heure actuelle le Troisième Reich se dresse dans une attitude de combat contre l’Union Soviétique et il provoque une dangereuse tension même à la frontière russo-polonaise. L'Allemagne hitlérienne, fomentant en Pologne les tendances anti-russes, l’incite à répéter la guerre de 1918-1920 contre l’Union Soviétique. Si la Pologne marchait, le Troisième Reich, après avoir annulé le traité de Versailles, aurait réussi à liquider aussi le traité de Riga qui a tracé, en 1920, les frontières russo-polonaises.
Ces dernières années, l'Union Soviétique a contribué d’une facon considérable à la consolidation politique de l’Europe Orientale et elle était"même prête à conclure avec la Pologne un pacte pour assurer ses frontières occidentales. N'ayant aucun intérêt à la révision des traités, l’Union Soviétique ne poursuivait point de politique révisionniste. elle a même renoncé à l’irrédentisme dans les provinces ukrainiennes de la Pologne, elle ne parlait pas des « frères non libérés » ni des « frontières sanglantes ». Cependant le Troisième Reich détruit cet état de choses, il ébranle les frontières entre trois Etats et apporte un trouble dans cette zone qui était, jusque là, celle de la Paix.
L'offensive contre l'Autriche et la Tchécoslovaquie aurait pour but de préparer le futur empire fasciste pansermanique, tout en frayant au Troisième Reich un chemin vers le Sud-Est. L'Allemagne hitlérienne considère l’Autriche comme un domaine qui lui appartient en vertu du droit naturel et comme une position stratégique de haute importance pour la domination en Europe Centrale. Quen à la Tchécoslovaquie, le Troisième Reich voit en elle, avec haine, le dernier rempart de la dém ocratie en Europe a et le plus grand obstacle à expansion allemande: la Tchécoslovaquie 2 sardant l’ Re “ela signifie que la porte de l'Orient est fermée pour le Troisième Reich. De plus, la Tchécoslovaquie est le plus — ne, le plus fort économiquement et le plus solide politiquement de tous les Eta de Ia Petite Entente dont elle constitue la tête de on et l'arsenal ; la vie ou la mort de la Petite Entente dépend de son sort.
La lutte contre la Tchécoslovaquie fait partie üu plan stratégique d'ensemble du Troisième Reich : il désire la frapper en tant qu’alliée de la France et de l'Union Soviétique et cela explique la violence de la campagne qu'il mène contre elle.
Pour isoler et ne la Tchécoslovaquie, le froni Allemagne-Pologne-Hongrie a été créé; si l’Anschiuss est réalisé, l'Autriche en fera con partie. Le Troisième Reich pousse consciemment la Pologne vers le bassin danubien ou elle pourrait coopérer avec la Hongrie contre la Tchécoslovaquie. La presse allemande parle de « l’intervention méthodique de la Pologne dans la politique danubienne » (5) et « des différents fils qui relient Sn à Budapest » (6). En même temps on réunit des groupes d'irrédentistes anti-tchèques, qu’on met en rapport avec les Etats ennemis. et on avoue ouvertement que la « minorité slovaque de la jeune république entretient des re-
(5) Zeitschrift für Geopoltik Mai 1935, p. 2 (6) Zeitschrift für Politik Mars 1935, p. 156.
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lations avec la Pologne ». « En s'intéressant au sort des slovaques qui habitent la Tehécoslovaquie, la Pologne touche au point de moindre résistance de l'Etat Tchèque» (7) Le fascisme allemand voudrait réduire la Tchécoslovaquie en une Autriche-Hongrie en miniature qui se désagrégerait tout comme la monarchie des Habsbourg. «La situation est exactement la même qu'à la fin de la guerre mondiale : mécontenement à l’intérieur du pays ; forte émigra-
tion politique en dehors de ses frontières, intérêt croissant
pour ce problème dans les milieux politiques des pays voisins » (8). Ainsi parle un Journaliste allemand.
Le Troisième Reich voudrait se servir de la Tchéco- Slovaquie pour son irruption dans le Sud-Est, car il entend étendre son influence militaire et politique sur toute la péninsule balkanique. Or, comme la Turquie est suspecte à Cause de ses rapports amicaux avec la Petite Entente ét l’Union Soviétique et que la Grèce se trouve placée sous l'égide de l'Angleterre, l’Allemagne hitlérienne se voit obligée d’agir dans les Balkans avec des méthodes de combat fort variées. Tout d’abord elle vise à la désagrégation du système d’alliances qui lie entre eux les Etats de Sud- Est; ensuite, on cherchera À provoquer des occupations militaires ou des soulèvements, ou à la rigueur On combinera les deux. Tantôt le Troisième Reich menace les Etats du Sud-Est européen d’un recours à la force, tantôt il tâche
de les décomposer à l’intérieur par divers moyens : il ma-
nœuvre les irrédentistes allemands, il soutient les autres minorités nationales en les poussant vers une politique séparatiste et la lutte contre l'Etat, il s'allie avec les sroupements réactionnaires et germaniques des différents pays, 1} aide les mouvements fascistes qui sympathisent avec l'Allemagne, il exerce aussi bien la Corruption sur une vaste échelle que la pression économique. Tout cela sert à bouleverser entièrement le Sud-Est de l'Europe avant
(7) Osteuropa 1935, bp. 175.
(8) Zeitschrift für Politik, Mars 1936 pb. 156
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onnées, il semblait que ces régions qui ont fe titué le point sensible de la paix européenne, étaient enfin consolidées. Mais ces temps- là sont révolus et aujourd'hui les Etats de Sud-Est doivent reprendre la lutte pour leur existence indépendante, car 1is sont menacés par le fascis-
me allemand.
Ce dernier a besoin de la Roumanie pour des raisons
stratégiques et économiq rues. En effet, la Roumanie occupe une puissante position au flanc Sud-Ouest de l'Union S0v iétique et repr ésente une base d "opérations mhhtaires de premier ordre. « La Roumanie sera fatalement un champ de bataille dans la lutte décisive des conceptions idéolosiques », écrit une revue allemande : « elle occupera une position avancée dans la bataille qui sera un Jour livrée pour décider du sort de la race blanche » .
Un second traité de Bucarest, obtenu soit par l’épée, soit par une alliance forcée, devrait fournir à lPAllemagne en guerre les céréales et le pétrole roumains.
En ce qui concerne la Yougoslavie, le Troisième Reich voudrait luliliser comme facteur pro-allemand dans sa politique extérieure ; elle devrait surtout et d’une facon plus ou moins indépendante, faire le jeu de l'Allemagne dans le Sud-Est. C’est'ici, en Yougoslavie, ( que l’Allemagne espère surtout rompre le front de la Petite Entente et seinder son bloc avec l’Entente Balkanique. L'intervenion dans les affaires intérieures de la Yougoslavie a lieu
SOUS Le formes un peu plus modérées et plus élastiques
ru’'ailleurs : on voudrait la voiler par un accord avec les ne re & la haute finance en leur octroyant rt avantages.
Ainsi, suivant les plans du Troisième Reich, les pays de l’Europe Orientale seront divisés en provinces germaniques, en Etats vassaux, en alliés forcés.
Les projets de l'offensive du Troisième Reich en Europe sont universels et démesurés. Ils deviennent encore plus étendus et plus dangereux à la suite de la politique
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d’alliances poursuivie par lAllemagne hitlérienne. L’axe Rome-Berlin ne fera qu'intensiher l’œuvre de décomposition et que précipiter l’explosion de lFEurope. Sur Île continent, le fascisme italien menace les puissances occidentales et les Etats qui se trouvent sur son chemin, en trois points importants : en Espagne où il dirige l'intervention ; en Europe Centrale où il abandonne l’Autriche à la merci du Troisième Reich et essaie d'isoler la Fchécoslovaquie : dans les Balkans qu'il considère comme son exclusive zone d'influence. L'Italie fasciste élargit la ligne
de feu de la future guerre en créant sur la Méditerranée
le front naval contre les puissances occidentales. La presse militaire italienne n'hésite pas à déclarer que le pays tout entier, des Alpes à la Sieile, formera une base unique pour la guerre navale. En Méditerrannée même l'ftalie construit fiévreusement des points d'appui navals et aériens allant des rives méridionales de l’Espagne jusqu’à la Eybie et au Dodécanèse. La Méditerranée peutexploser chaque jour comme un réservoir d’essence. D'autre part, Fitale est en train d’établir un front en Afrique : elle prépare la guerre pour le nouveau partage du continent noir en se fortifiant dans trois secteurs : Maroc espagnol, Lybie et Abyssinie. Ainsi, grâce à la coalition de l’ftalie avec le Froisième Reich, la guerre européenne sur terre sera doublée d’une guerre navale et d’une guerre coloniale. Le général Ludendorff prévoit déjà que l’Afrique du Nord consttuera un champ de bataille particulièrement important. Depuis l'Empire Romain, les guerres puniques et la destruction de Carthage l'Afrique du Nord n’a jamais été transformée en champ de bataille comme aujourd’hui. Mais que sera la Carthage de notre siècle ? Le Royaume Uni ou l’Empire mussolinien ? Il est fort probable que cette Îois-c1 ce sera Rome.
Le théâtre des opérations militaires se trouve singu- Hérement élargi à la suite de l'alliance germano-japonaise. Les cliques militaires japonaises représentent un danger pour l’Europe, car la guerre européenne pourrait facilement
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