‹ Le socialisme et le fascisme se disputent l'EuropeChapitre 7 sur 28 · JIT LE FACTEUR MILITAIRE · texte numérisé non relu

JIT LE FACTEUR MILITAIRE

La crise européenne n’est qu’une partie du grand bouleversement social de notre temps.

Le socialisme international devrait se rendre compte du dynamisme de notre époque et de ses forces explosives. [1 ne suffit plus de penser aux*augmentations de salaires ou aux bulletins de vote : le socialisme international est forcé aujourd’hui de se préoccuper des organismes SOCIAUX, des Etats, des classes, des mouvements de masses et même des divisions motorisées et des avions de bombardement.

Le fascisme international a mis à l’ordre du jour de sa politique intérieure et extérieure la violence. Dans sa ‘utte il obtient des résultats par la force. Il prévient les ignorants : « Si on se trompe Sur le caractère de la guerre future et sur les préparatifs matériels et politiques qu’elle nécessite, on risque de provoquer des conséquences mortelles, et la mort n’admet point de révision » , écrit une revue militaire allemande.

Puisque la mort n’admet point de révision, les masses travailleuses devraient apprendre toute la vérité sur les préparatifs de guerre fascistes et sur les changements survenus dans la politique européenne. Même la sécurité collective qui devrait garantir la paix repose sur la puissance militaire à laquelle on ajoute les moyens d'intimider l’agresseur et de l’ébranler au point de vue moral.

Engels disait que la politique ne représente qu une économie concentrée ; de nos jours la stratégie n'est que politique concentrée. La politique extérieure n’est plus l’organisation technique de la paix comme elle Pa été ré- “emment; chez les puissances fascistes, elle devient une arme diplomatique pour préparer la guerre tandis que chez leurs

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adversaires elle est le moyen d'empécher la guerre par la supériorité militaire et politique. Le facteur militaire est devenu un facteur politique de première importance.

La grande puissance militaire du fascisme allemand constitue un facteur politique. C'est sous sa pression que le mouvement ouvrier en Autriche lut écrasé. C’est elle qui a rendu possible l'intervention armée en Espagne. elle menace l’Europe Occidentale, pèse à l'Est, de la Mer Baltique jusqu'aux Balkans. et appuie partout la contrerévolution.

La force militaire de l'Union Soviétique est également un facteur politique, car elle augmente son poids en Europe Gù cel Etat révolutionnaire apparaît comme le pays du continent le plus formidablement armé. Ce fait ouvre des perspectives nouvelles à toute la politique européenne.

La faiblesse militaire dc lItalie est un autre facteur politique. Le fascisme italien, du point de vue économique et militaire, a des pieds d’argiles. Toute la politique européenne de 1936 et de 1937 eût été tout à fait changée si on avait reconnu et dénoncé à temps le bluff de Mussolini sur la prétendue puissance militaire de l'Italie. C'est à cause de la faiblesse militaire de ce Pays que sa politique extérieure ainsi que toute la situation politique du fascisme italien sont sans issue.

La faiblesse militaire de la Pologne constitue aussi un facteur politique : il en résulte la faiblesse du régime dictatorial des « colonels » ainsi que l'impuissance de touces sortes de dictatures ou de semi-dictatures réaction-

naiïres en Europe Orientale entre la Mer Baltique et la Mé-

diterranée, dont elle est le point d'appui.

La faiblesse militaire du Japon, qu’il révèle sur terre et dans les airs, vis À vis de l'Union Soviétique en Extrême Orient, est également un facteur politique. Le Japon ne dispose plus de supériorité militaire sur le continent asiatique et, de ce fait, le développement ultérieur des événements en Asie se présente sous un nouveau jour. |

Il ne faut pas perméttre que le fascisme détienne

le monopole de la violence ; ce monopole, d'ailleurs, il ne le possède pas. Mais le socialisme démocratique ne s’en rend pas compte : il n’a pas encore une Juste appéciation des rapports entre les forces en Europe, 1l n’a pas encore élaboré sa propre politique de force. ET pourtant, la crise européenne n'attend point et l’impérialisme fasciste s’arme, prèt à prendre de grandes décisions.

La politique européenne repose à présent sur la force des armes et depuis le réarmement fasciste, l'avenir de l'Europe dépend surtout du jeu des différents facteurs militaires. Le socialisme international doit, par conséquent, connaitre à fond et savoir apprécier les données m1litaires.

La lutte du Troisième Reich pour l’hégémonie mil-

taire a été couronnée de succès en Europe Orientale et Sud-Orientale où la supériorité de ses armes aussi écrasante

qu'incontestable lui permet d’exercer une forte pression. Entre la ligne Maginot et les frontières de la Russie Soviétique, depuis la Mer Baltique et jusqu'à l’Adriatique on ne trouve aucun Etat capable d’opposer une longue résistance à l’Allemagne hitlérienne. Cependant, cette hégémonie du Froisième Reich ne s'exerce que sur un territoire limité ; elle a pour ainsi dire un caractère local et —

ce qui est plus grave — elle n’existe que dans la mesure où l'on fait abstraction du contre-poids militaire de l'Union Soviétique.

Le but du Troisième Reich est d'obtenir également une supériorité militaire sur les puissances occidentales. A l'heure actuelle, leurs forces sont dans une certaine mesure en équilibre. L'Allemagne possède une avance marquée en ce qui concerne le développement de son potentiel technique de guerre, le degré de sa militarisation et, enfin, ses armes offensives. L'Etat Major du Troisième Reich a des conceptions beaucoup plus vastes que celles des puissances occidentales et 1l désire atteindre une double supériorité sur elles en armes offensives. Le

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cependant pas à celui de lAllemagne, la capacité de production de leur industrie aéronautique et automobile est même plus puissante. Grâce à leurs ressources coloniales et aussi aux liens qui les unissent à l’économie mondiale elles peuvent disposer des immenses forces économiques contre l'Allemagne, Elles ont moins à craindre le succès d’une attaque hrusquée dé la part de l’Allemagne hitlérienne, que les énormes pertes en matériel, en richesses et surtout en hommes que devrait leur coûter la défense contre l'invasion germanique. La fleur de la jeunesse française et anglaise risque d’être encore une fois décimée devant quelque « Moulin de la Mort » d’un nouveau Verdun.

La contre-offensive et [a victoire demanderaient des sacrifices énormes, surtout si les puissarices occidentales étaient obligées de combattre contre les forces réunies de l’Allemagne et de l'Italie. Les armes offensives des puissances occidentales sont relativement faibles, la France ne possède que trois divisions légères motorisées et la stratégie irançaise ainsi que l’anglaise ont un caractère nettement défensif. Ce fait impose aux puissances occidentales Ia nécessité de recourir au système des coahtions et des alliances. |

L'’armement anglais représente, bien entendu, un facteur très important, mais 1l ne faut pas le surestimer. Sur mer, l'Angleterre ne pourra pas renforcer ses positions d’une facon décisive avant 1940-42 et ne sera donc pas capable d’opposer, toute seule, une résistance eflicace à la flotte japonaise dans sa zone d'influence dans le Pacifique. Même après l’accomplissement de son dernier programme d'armement l’armée anglaise ne pourra pas jouer un rôle stratégique indépendant. Il est vrai qu'en cas de besoin, la flotte aérienne anglaise renforcée pourrait prêter une assistance importante à la France. mais son développement reste relativement limité et en arrière du programme aérien allemand. Même l’accom.

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phssement du programme aérien anglais, la supériorité numérique dans l'air appartiendra encore aux forces réunies germano-italiennes, en comparaison avec les puissances occidentales.

Considérée sur le plan européen et mondial, la puissance d'attaque des Etats fascistes est assez hmitée. Cela dépend en premier lieu du caractère et des défauts de leur potentiel de guerre. L'Allemagne, l'Italie et le Japon ne possèdent que des ressources restreintes en matières premières, tandis que la guerre moderne en exige beaucoup plus que celle de 1914-1918. Lestentatives del’Italie qui n'a presque pas de matières premières nécessaires à son industrie de guerre, pour combler cette lacune par l’autarchie et les ersatz sont un bluff, car elle ne possède pour cela ni moyens financiers, ni forte industrie chimique. D'autre part, comme Sa métallurgie ne peut couvrir que le tiers ou, au maximum, la moitié de ses besoins de guerre, le gouvernement lasciste n'arrivera pas dans un bref délai à créer une industrie de guerre.

En ce qui concerne les matières premières el l'mdustrie lourde, le Japon se trouve dans une situation un peu meilleure que l'Italie, mais la construction des machines, cette branche si importante dans la fabrication des enins de guerre modernes, en particuher l'industrie aéronautique et automobile, s'y révèlent insuffisantes et arriérées. De tous les grands Etats fascistes, l'Allemagne hitlérièenne seule possède une forte industrie de guerre et de puissants moyens techniques d’oifensive.

Le champ d'action des Etats fascistes et leur relative puissance militaire apparaissent encore plus limités si on les compare à ceux de la coalition adverse ÿ compris l'Union Soviétique. Cette coalition qui comprend les nations pacifiques dispose dans tous les domaines d’une supériorité écrasante : réserves humaines, matières premières, industrie de guerre. L'Union Soviétique est l'Etat économiquement le plus fort de l'Europe sans compter qu'il

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de guerre grâce à la militarisation de son économie et à ses réserves d'hommes. Tout en dépassant le Troisième Reich par la masse de sa population et ses ressources en matières premières, elle le bat également — tout en étant de force égale dans l’industrie lourde — par l'étendue et la capacité de production de ses armements. L'Union Soviétique possède trente fois plus de tracteurs que l’Aliemaene, ce qui indique sa supériorité dans la fabrication des tanks et dans la motorisation de l’armée, et elle fabrique deux ou trois fois plus d'avions de combat que le Reich.

Avec lappui de l’Union Soviétique, la coalition anti-hitlérienne dispose même d’une supériorité nette en armes oflensives en comparaison avec les Etats fascistes. D'autre part, si le Troisième Reich déclenche une offensive, elle se brisera contre la ligne Maginot et contre l’armée de choc russe. Pierre Cot a ainsi défini l’impor tance militaire de l’Union Soviétique : « [i serait IMDPOSSible de vaincre un pays qui aurait l'URSS pour alliée. Nous avons perdu à cause du réarmement allemand). Mais nous avons gagné plus que nous n’avons perdu. Car l’appui que pourraient nous donner les Soviets est infiniment plus important que le danger résultant pour nous du réarmement de l'Allemagne. »

Même toute seule, l'URSS est militairement plus forte qu’une éventuelle coalition de ses ennemis. La déclaration de Litvinov : « Notre potentiel militaire et économique et l’état de notre industrie de guerre nous rendent plus forts que n'importe quel agresseur ou leur caoalition» correspond à la réalité, car l'URSS est non seulement supérieure à l'Allemagne, en Europe, et au Japon, en Extrême Orient, mais elle garde aussi sa supériorité même en face d’une coalition germano-nippone. Ainsi elle assure sa suprématie à la coalition antü-allemande en Europe el à la coalition anti-japonaise en Asie.

La guerre contre la Chine promet d’affaiblir triplement la puissance militaire du Japon. Cette campagne engloutit toutes les réserves de matériel de guerre japo-

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nais qui n'était pas très grand et épuise l’industrie de guerre relativement faible du pays du soleil. Le Japon, obigé de jeter contre la Chine la moitié de ses réserves en hommes, affaiblit beaucoup sa position en Extrême-Orient. vis à vis de l’Union Soviétique. EL finalement, se perdant dans les immenses territoires chinois, le Japon risque d'avoir une ligne de front extrémement défavorable au cas où 1l serait obligé de soutenir une guerre aussi bien contre la Chine que contre l’Union Soviétique : il sera forcé d'opérer sur deux fronts de quelques milliers de kilomètres entre Shanghai et l'Amour, entre la Mongole Extérieure et le Pacifique. En cas de guerre sur deux fronts, le Japon aurait à lutter simultanément contre les énormes masses chinoises et contre la technique supérieure et ultra-moderne de la Russie des Soviets. De ce fait l'alliance de l’Allemagne et du Japon perd toute son eificacité tandis que la prétention du Troisième Reich à S'assurer l’hégémonie militaire en Europe reste vaine.

Dans ces conditions, la guerre & fronts multiples rêvée par le Troisième Reich devient une entreprise désespérée. Le plan de campagne de 1914 et le plan de Schliefien qui en constituait la base ne peuvent plus être appliqués. Le plan de Schleffen reposait sur deux suppositions : sur la possibilité de dégarnir presque complètement le front à l'Est contre la Russie et sur la nécessité de concentrer l’écrasante majorité des forces allemandes à l'Ouest contre la France. Trois chefs de l'Etat-Major allemand Schleffen, Moltke jeune et Falkenhavyn, ont affirmé catégoriquement, l’un après l’autre, qu’il n’était guère possible d'obtenir une victoire rapide contre les Russes qui, à leur avis, possèdaient d'excellentes chances défensives. La Russie, ses énormes étendues et ses réserves humaines, leur inspiraient une véritable inquiétude qui était devenue une tradition de Îa stratégie allemande. Ces grands chefs militaires d'Allemagne ne voulaient pas risquer une offensive de grande envergure contre la Russie. La lente mobiisation de l’ancienne armée russe, sa lourdeur de mouve-

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ment et sa faible capacité offensive ont permis aux Allemands en 1914 de concentrer les sept huitièmes de leurs troupes contre la France. Ce n’est qu'à cette condition là qu’une offensive a été rendue possible à l'Ouest. Mais aujourd'hui, lorsque l’armée rouge est devenue lune des plus fortes d'Europe, prête elle-même aux opératrions offensives, les deux solutions de la stratégie allemande de 1914 ne tiennent plus. Dans une nouvelle guerre à fronts multiples, l'Etat Major allemand ne pourra plus dégarnir ses lignes à l'Est où il aura à faire à l’arméerouge largement motorisée et pourvue d’une aviation puissante, etilne pourra pas non plus, par conséquent, opèrer une concentration de forces massives, à l'Ouest, contre la France. EE pourtant la seule condition pour que le Reich puisse espérer forcer la remarquable position défensive de la France qu'est la ligne Maginot c'est de jeter, comme en 1914, le gros de ses effectifs sur le front occidental. Maïs une offensive contre la France dans le style de 1914 contient à l'heure présente le risque de l'effondrement des positions défensives allemandes à l'Est; ce terrible danger ne pesait pas sur les chefs militaires allemands en 1914. Aujourd’hui, en cas de guerre à fronts multiples, l Allemagne se verra obligée de répartir ses forces d’une manière bien différente de celle de 1914 ; elle aura besoin du gros de ses effectifs à l'Est, sans avoir cependant la certitude de s'assurer, même dans ces conditions, une défense victorieuse ; elle ne pourra réaliser aucune concentration sur le front à l'Ouest sans flancher à l'Est. Le plan de Schlieifen se trouve donc écarté, ainsi que la possibilité d’une offensive victorieuse allemande sur l’un des deux fronts principaux. Par conséquent, le problème de la guerre à fronts multiples est insoluble pour le Troisième Rerch et tout son formidable réarmement n’a pas de perspectives stratégiques.

Le bloc franco-soviétique se révèle plus fort que n'importe quelle autre coalition militaire ; il joue un rôle plus important que l'entente franco-russe ou l’alliance

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des puissances centrales en 1914. La France et FURSS se complètent l’une l’autre : les positions défensives, la tradition et l’expérience militaire françaises se combinent avec la puissance d'attaque, la technique ultra moderne de l’armée rouge, formant un inébranlable ensemble guerrier.

Tout cela comporte des conséquences politiques de la plus haute valeur. Cet énorme appareil militaire se trouve entre les mains des pays qui désirent la paix, et tant que l’aggresseur fasciste n’a pas déchaîné la tempête, il sert au maintien de [a paix.

Or, on peut imposer la paix aux Etats fascistes. Ce n’est pas seulement une question de force, c’est surtout une question de volonté. Les conditions actuelles permettent aux puissances qui défendent la paix d'adopter vis à vis des dictatures fascistes une attitude plus décidée et plus hardie : cela servirait la cause de la paix mieux que ne l’a fait la politique d’atermoiement et de faiblesse suivie de 1933 à 1937.

L'alliance franco-soviétique présente encore un autre aspect : la puissance militaire la plus formidable de notre époque se trouve entre les mains des Etats — si différents que puisse être leur structure politique — où le socialisme représente une force politique décisive. Jamais encore le socialisme n’a disposé d’un pareil pouvoir matériel. Les forces de l’avenir possèdent de ce fait des fondations s0lides car la supériorité militaire en Europe est de leur côté.

fl ne serait nullement paradoxal d'affirmer que Île point faible du fascisme se trouve précisément dans le domäine militaire. Dans leurs propres pays, les dictatures fascistes représentent de formidables appareils d'oppression qui écrasent un adversaire sans défense. A l'extérieur elles profitent du pacifisme passif et des concessions des démocraties bourgeoises ainsi que des tendances pro-fascistes de certains milieux internationaux.

Mais sur le terrain militaire, ces avantages leur font défaut, car les Etats fascistes s’y trouvent en présence d'une indubitable supériorité technique et économique

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de leur adversaire. La diplomatie est changeante et sinueuse, mais les rapports de forces restent bien déterminés et la balance ne pourra pencher dans l'avenir qu'aux dépens des puissances fascistes.

Ces dernières, malgré leur relative faiblesse militaire, poursuivent une politique extérieure agressive et provocatrice ; elles poussent à la guerre mais elles risquent leur tête, car le fascisme peut s'effondrer facilement lors d’un conflit armé. Les membres les plus faibles de la coalition fasciste, l'Italie et le Japon, ne sont pas capables de fournir un effort durable économique, technique et mihtaire.

L’organe de l’Etat-Major allemand « Militaerwochenblatt » a ainsi jugé les perspectives d’une guerre russojaponaise (l’article date de 1934, donc avant la véritable modernisation de l’armée rouge): « Pour le moment, les chances militaires et politiques du Japon lui sont défavorables au plus haut degré. Un conflit armé entre la Russie Soviétique et le Japon aboutirait probablement à l’effondrement de la puissance économique et militaire de ce ce dernier. Le Japon n’a aucun moyen d’assurer par ses propres forces l’approvisionnement de son industrie en général et de celle de guerre en particulier ».

La même vérité s'applique dans une plus large mesure à l'Italie : elle possède encore moins de matières premières, son industrie lourde est très faible et un blocus naval la frappcrait mortellement. Le Troisième Reich non plus ne pourrait pas mener une longue guerre de position et recourir à la « stratégie d’épuisement ».

« Toute l’Europe centrale — l'Allemagne, la Pologne, etc.. — se trouve dans des conditions qui lui interdisent une guerre défensive et de position », déclare le général Svietchine, éminent théoricien soviétique. La relative faiblesse militaire de grandes puissances autoritaires rend inévitable leur effondrement. La guerre doit se terminer par leur défaite comme la défaite doit conduire à la ruine des dictatures fascistes.

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