‹ Le socialisme et le fascisme se disputent l'EuropeChapitre 6 sur 28 · LE 30 D · texte numérisé non relu

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Il existe aussi un paciisme socialiste «ancien style», le pacifisme passif qui n’a pas encore compris combien . situation actuelle a éhangé. Répétant toujours les vielles formules, il ne se rend compte ni de la psychologie, ni

des méthodes du fascisme, ni de sa volonté éffrénée de

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guerre. Ce pacilisme passif, assez répandu dans l’Europe occidentale, continue à croire qu'on peutempêcher la grande

: Suerre par de petits moyens : négociations diplomatiques. . procédures, admonestations, concessions...

Il y a, enfin, un pacifisme pseudo-révolutionnaire, . celui de l’ancienne «Gauche Révolutionnaire » de la S.F.E.0. et de VI.L.P. (Indépendant Labour Party) anplais. Ces superpacilistes ne sont pas de véritables pacrfistes car ils ignorent tout des méthodes à appliquer pour empêcher la guerre ; ces anti-nationalistes ne sont nullemement de vrais internationalistes, car 1ls n’ont aucune idée de la lutte active internationale ee combattre les préparatifs guerriers du fascisme et de la contre-révolution européenne. Ces ultra gauchistes ne sont pas des révolutionnaires car ïls sont incapables d’apprécier à sa juste valeur le rôle de la violence.

Neutralité socialiste, pacifisme socialiste passil ou pseudo-révolutionnaire sont tous aussi incapables d’assurer la paix que de mener, en cas de guerre, une politique internationale ayant pour but le triomphe du socralisme en Europe.

Le pacifisme passif sous toutes ses formes au lieu de renforcer la paix conduit à la guerre. Il est responsable de l’échec des efforts pour barrer la route à la guerre : 11 amollit le prolétariat en le berçant d'illusions sans le préparer aux tâches politiques qui lui incomberaïent au cas où le fascisme déchaînerait la guerre, et ce faisant il ouvre le chemin à l’union sacrée. Les dirigeants socialistes qui, aujourd'hui, n'expliquent pas au prolétariat le caractère particulier de la crise européenne, ne seront pas capables de se placer à la tête des peuples au moment où le fascisme mettra le feu à l’Europe. Cependant le prolétariat n’a ja-

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mais eu autant besoin d’une direction socialiste qui aurait conscience du dynamisme politique de l’Europe bouleversée et divisée. Si la. guerre éclatait, de nouveaux problèmes se dresseraient devant le socialisme européen: la prise du pouvoir, la direction de la nation, la conduite politique, socialiste et révolutionnaire de la guerre, l’édification du socialisme, le reconstruction de l'Europe.

Dans les pays démocratiques la guerre posera à Porgre du jour le problème de la prise du pouvoir, tandis que dans les Etats autoritaires, elle provoquera une crise aigüe des dictatures fascistes et réactionnaires dont le dénouement sera rapide. Le problème de la prise du pouvoir aura alors une envergure européenne.

La crise ouverte par la guerre amènera inévitablement l'effondrement politique des classes possédantes qui, ayant facilité la conflagration par leur politique myope et égosite et s'étant avérées anti-nationales et défaitistes, auront perdu le droit de diriger la nation dans un conflit dont elles seront responsables. La boureoisie ayant fait faillite du point de vue politique et nafional, le socialisme, pendant la guerre, exigera le pouvoir. Cette prise du pouvoir el l'accroissement de sa pulssance ne seront pas, en cas de guerre, conditionnés seulement par l'évolution politique intérieure des démocraties occidentales, ils deviendront aussi une nécessité nationale. Le socialisme est appelé à guider les nations dans Îa crise européenne. |

En arrivant au pouvoir pendant la guerre, les soctalistes devront la conduire, ils auront à réaliser d'énormes tâches d'organisation et d’offensive politique. Cette dernière sera surtout de haute importance car de même que les armes sont devenues un moyen technique de la lutte de classes, les idées politiques et leur force de résistance et d'attaque représentent, aujourd’hui, un puissant potentiel de guerre. Au point de vue politique, la démocratie bourgeoise conservatrice ne peut offrir qu'une faible résistance à l'agression fasciste. Seules les idées de hberté

et de socialisme peuvent animer et entheusiasmer le peuple dans sa déjense contre l'attaque fasciste. L'Espagne de 1937 nous en fournit une = e éclatante que doivent reconnaitre même les représentants de la réaction, en France.

Pour surmonter lhorreur des risques encourus, le œuerrier de 1937 doit avoir, outt e la dis cipline, l’enthousiasme d'un croyant É énétré de la foi. C'est la foi qui fait, en vérité. la force de la Brige de Internationale » écrit RU nee dans « Candide » et Désiré Ferry le ré pète

dans « La Liberté » : Pexemple espagnol a montré qu'il difficile de vaincre les hommes résolus à vendre chèrement leur Hberté.

Ainsi, même Îles droites ap: pr écient Îa prit de hberté socialiste représent te pour ja ple. Le socialisme est capable de mener ü que avec des armes psycholosiques e&b “Hitenee re La puissance dépasse de loin ceux du fascisme.

La direction politique de la guerre par Îles Re diffère également de la défense nationale et de l’un sacrée de 1914-1918. Que peut-il arriver après une défer nationale victorieuse ? En 1914-1918 le prolétariat to

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sous la domination politique des class s po ossédantes, 1l

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fut asservi par l'impérialisme national. Si, dans la guerre future. Îc socialisme renouvelait la politi que € > l'union sacrée, en se Hnitant à = délense e nationale, il: ne - ferait

fit ont de 1914. 191$ : by y aur rait alors un he ème traité de Versailles et une troisième conflagration universelle en perspective.

La guerre nationale Signifie défense nationale et urion sacrée ; la guerre politique & ignifie direction socialiste de la nation en lutie pour une Europe socialiste. Même du point de vue de fa défense nation ale, la guerre politique est plus efficace que la guerre nationa ile, car cette dernière ne peut faire naître un véritable élan d’ enthousiasme chez les peuples qui ont passé par l'effroyable expérience de

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1914-1918, tandis que la guerre politique est capable de mobiliser les masses laborieuses, véritables représentant de la nation, qui se lanceront dans la lutte pour leurs propres idées socialistes.

La guerre nationale est menée contre l'Etat ennemi en tant que nalion homogène ; elle ne fait que consolider sa force de cohésion. Au contraire, dans la guerre politique le socialisme proclame les travailleurs de lPEtat ennemi ses propres alliés, en désagrégeant ainsi l'arrière de l’adversaire eb en réduisant sa capacité de résistance politique.

La guerre nationale serait conduite contre le peuple allemand : la guerre politique serait menée contre la dictature national-socialiste.

La guerre nationale qui est un duel à vie et à mort entre les nations, ruinerait complètement l’Europe et la laisserait sans issue, tandis que la guerre politique entre le socialisme et le fascisme, une guerre, qui dresserait le peuple contre ses opprésseurs fascistes en désagrégeant l'arrière de l’ennemi, pourrait diminuer la durée de cet effroyable conflit destructeur et pourrait libérer les forces politiques qui sauraient reconstruire l’Europe.

Le fascisme est aujourd’hui en état de détruire la paix parce qu’en 1918, à la liquidation de la grande guerre, la classe ouvrière, en Europe, n’a pas su détruire le capitalisme. L'’offensive fasciste oblige le socialisme curopéen à adopter sa propre politique de force. Le pacifisme passif des grands partis ouvriers de l'occident est déjà révisé et liquidé. Le parti socialiste français vote déjà les crédits de guerre. Le Labour Party soutient un vaste prosramme d’armements en Angleterre. En 1937, le socialisme européen occidental a dû reconnaître la force des armes et sa politique extérieure devient plus active. On n’a plus besoin de lui prouver la nécéssité de se défendre contre l’agression fasciste, les armes à la main. Mais il ne suffit pas de reconnaître la force des armes, elles doivent, une fois qu’elles sont en main, devenir un puissant instrument de la politique socialiste. Mais le vote

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des crédits de guerre par les socialistes européens et leur

acceptation des mesures pour la défense nationale ne se-

raient que des actes opportunistes si cette revision n’était bas dans l'esprit de la doctrine de Marx et d'Engels et si,

en cas de guerre, elle n’était pas soutenue par l’inébran-

lable volonté de pouvoir, par la ferme résolution de diri-

er les peuples vers le socialisme et par le désir de combat e pour une Europe socialiste.

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