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tion à caractère exclusivement pacifiste. Apres lexpérience faite et se rendant compte de l’étroit rapport qui existe entre la politique intérieure et extérieure, le Labour Party commence aussi à comprendre qu'une attitude de concilation et de rapprochement vis à vis des dictatures n’est que l'expression de la politique de classe pratiquée par la bourgeoisie réactionnaire. En cas d'agression, la colère et lindignation des pacifistes trompés, doublées de la ténacité anglaise, peuvent renforcer considérablement la résistance à l’agresseur. Ainsi, le Labour Party devient un membre actif et important du front européen de défense anti-fasciste.
Pendant que le fascisme passait à l’offensive, le socialisme a affermi ses positions dans les pays scandinaves où il a pénétré encore plus profondément dans les masses populaires et où 1l a créé de nouvelles formes du bloc ouvrier et paysan, arrivant par cela à la stabilisation de l'administration socialiste dans la démocratie.
En pleine crise européenne, l'Espagne a offert un terrain nouveau à la démocratie socialiste. Elle a prouvé qu’une solution révolutionnaire n’était plus un monopole réservé à l'Europe Orientale et que le mouvement ouvrier de l'Occident ne devait pas inévitablement passer par le réformisme. Un nouveau type de démocratie s’est formé en Espagne au cours de la guerre civile, anti-conservatrice et anticapitaliste, indissolublement liée au mouvement ouvrier et au socialisme. L'Espagne républicaine forme un secteur révolutionnaire dans la démocratie occidentale.
La révolution espagnole a donné un nouvel essor au socialisme occidental et elle a fourni aux partis illégaux de l'Europe Centrale l'exemple d'une lutte révolutionnaire pour la liberté, s’appuÿant sur une large base populaire.
D'autre part, l'Espagne nous présente le modèle de la guerre future : celle qui se déroule sur son sol est une
œuerre pohtique, uñe guerre de classes, et en même temps
une guerre nationale, provoquée par l'intervention fasciste étrangère, guerre qui demontre à quel haut decré de résistance peut s'élever la démocratie socialiste. « Les defenseurs de Madrid donnent une preuve éclatante de leur tenacité et de leur mépris de la mort. [ls rappellent l’héroisme des habitants de Saragosse résistant à Napoléon 1er Encore, les habitants de Saragosse ne connaïssaient-ils pas l’horreur des bombardements par les avions et les ST0S canons, » écrit le général Maurin, ancien ministre de la guerre français. L'expérience de l'Espagne est significative pour toute l'Europe : dans la direction politique de la guerre le socialisme l'emporte sur le fascisme.
Elle est également grosse de conséquences sous un autre rapport : autour de l'Espagne républicaine a été réasé le premier grand rassemblement du front populaire européen, allant du Labour Party à l’Union Soviétique.
Depuis 1933, il est devenu indubitable que l'Union Soviétique progresse à grand pas dans tous les domaines. Le volume de sa production a quadruplé. La révolution russe, après une complète transformation du système de production, a réveillé les forces productrices de l'énorme pays el a mis en valeur les richesses de son sol. Âu cours de ces quatres dernières années, l’Union Soviétique est définitivement devenue. économiquement et militairement, le plus fort Etat de l’Europe.
En même temps, son évolution politique présente deux aspects : d’un côté, la dictature devient plus accentuée, et, de l’autre côté, les jalons pour le développement de la démocratie sont posés.
Chaque pas en avant de l'Union Soviétique sur le chemin de la démocratie socialiste renforce le pays et favorise son alliance avec le socialisme démocratique de l'Occident. Chaque Pas en arrière, chaque altération des réformes démocratiques. chaque vague de terreur affai- Blit politiquement le pays et rend plus difficile l’alliance avec les forces socialistes de l’Europe. La marche vers la démocratie constitue d’aillenrs la tendance principale,
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objective et nécessaire du développement politique de l'URSS, elle est déterminée par le renforcement social du prolétariat-et par l’irrésistible besoin des masses populaires de réaliser la liberté en régime socialiste. Elle coincide donc avec les lignes générales de l’évolution politique européenne. Dans sa politique extérieures l’Union Soviétique, depuis 1933, prend une orientation occidentale £t devient un facteur de premier ordre dans le front europfen de résistance au fascisme. Sa préparation militaire ef son aptitude à conduire une guerre politique lui assurent même une supériorité sur les démocraties occidentales.
Ce revirement a eu pour conséquence la collaboration de l'Union Soviétique avec les Etats démocratiques et l’unité d’action prolétarienne dans beaucoup de pays : le communisme en Europe entra dans le front commun de la défense de la Démocratie. Ce regroupement des forces qui est le plus important depuis le début de Foffensive fasciste fait pencher la balance politique et militaire en faveur de la démocratie et du socialisme.
Des changements considérables ont également eu lieu dans le secteur fasciste et surtout dans le Troisième Reich.
| La dictature national-socialiste réduit à limpuissance et humilie les forces tradionnelles de la réaction allemande, les hobereaux prussiens, les milieux dirigeants capitalisl tes et militaires, les Eglises. L’autarchie et l’économie | de guerre déforment et épuisent le capitalisme allemand qui, enchaîné politiquement à la dictature national-socialiste, ne pourrait survivre en tant que système de domi- | nation sociale, à son effondrement, de même que le capitalisme russe n’a pu jadis survivre à la chute du tsarisme. Le régime actuel n’a nullement contribué à la stabilisation | économique, sociale et politique du capitalisme et n'a | point assuré sa collaboration avec le monde capitahste | extérieur. Les forces capitalistes, les forces de l’ancienne réaction sont liées, pour la vie et pour la mort, à la dictature hitlérienne, mais elles sont en même temps affaiblies par. elle : c’est pourquoi ni la bourgeoisie, ni la réaction ne
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peuvent recueillir la succession du fascisme allemand. Le fascisme ou la démocratie révolutionnaire, tel ést le dilemme qui se pose devant l'Allemagne. Dans sa chute le national-socialisme entrainera avec lui les forces qui l’ont élevé au pouvoir en 1933. | |
D'autre part, la démocratie bourgeoise modérée, le socialisme réformiste et le catholicisme politique dont la coalition a assuré, en 1918, après la guerre, le rétablissement du capitalisme allemand, sont aujourd'hui détruites. De plus, la dictature national-socialiste a subi de profonds changements intérieurs : elle ne jouit plus, comme en 1933, de l'élan des masses : elle a perdu son dynamisme qui réussissait naguère à enthousiasmer et à 1Ilusionner le peuple et elle s’est transformée en un Etat policier qui, bien que disposant d’un formidable appareil d’oppression. des moyens de terreur les plus modernes et des moyens de contrainte morale les plus raffinés, ne peut cependant pas empêcher le mécontentement des masses qui mène à l'opposition. | |
Pour la première fois, les effectifs d’un socialisme démocratique illégal et révolutionnaire ont surgi en Europe Gentrale : l’insurrection de Vienne, en 1934, puis la création d’un parti socialiste-révolutionnaire en Autriche qui devint le successeur de la social démocratie autrichienne el qui: comprend aujourd'hui l'élite socialiste de l’Europe Centrale ont démontré les capacités révolutionnaires du socialisme gérmanique
Le général Franco appelle les éléments contre-révolutionnaires à l'arrière du front républicain «la cinquieme colonne » de son armée.
Or, le socialisme possède également sa «Cintjuième colonne»représentée par les socialistes illégaux de l'Europe Centrale qui opèrent à l'arrière du fascisme et forment le potentiel de la révolution allemande. Elle est plus forte que les éléments fascistes qui agissent au sein des démocraties : le potentiel révolutionnaire des pays des dictatures fascistes surpasse le potentiel contre-révolutionnaire dans les pays
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démocratiques.Le mouvement ouvrier et paysan dans presque tous les pays de l'Europe de lEstet du Sud-Est se développe dans des conditions semblables.De l’Esthonie à laGrèce et de la Lettonie à la Hongrie, il lutte en premier lieu pour la conquête de la démocratie et il demeure démocratique, anti-fasciste et anti-féodal. Dans tous ces pays, le socialisme cherche à conclure une alliance avec le mouvement paysan, à empêcher son isolement politique et à se mettre à la tête d’un large front des masses pour abattre les dictatures réactionnaires. L'Europe Orientale est grosse d’une révolution agraire. En Pologne, en Bulgarie, en Lettonie, en Grèce existent déjà les premiers éléments d'une politique de front populaire. Mais, pour conquérir la hberté, le mouvement ouvrier et paysan dans l'Europe Est et Sud-Est devrait lutter aussi contre les grandes puissances fascistes, car le Troisième Reich et Pltalie y organisent la contre révolution et menacent les masses ouvrières et paysannes de ces régions de l'oppression nationale et de l'esclavage politique et social. La lutte des fronts populaires de Est européen contre Îles orandes puissances fascistes est en même temps un combat pour leur indépendance nationale et pour ieur affranchissement social et politique : en le menant, le paysan de PEst adhère au front de la révolution européenne.
Les dictatures naines et les semi-dictatures de PEst et Sud-est européen forment les éléments les plus faibles de la contre-révolution en Europe, elles maintiennent leurs pays dans une sorte de marasme social et d'instabihté politique. Ces. dictatures bureaucratiques et militaires, parfois couronnées d’un roi, ne sont jamais el nulle part des dictatures totales, s'appuyant sur un mouvement des masses et un parti fasciste centralisé. Elles ne pourraient pas résister aux grands bouleversements européens.
La contre-révolution polonaise v tient une place 1mportante, mais elle se trouve dans une situation internatlionale sans issue. La politique étrangère du colonel Beck a favorisé le réarmement du Troisième Reich et son atti-
tude agressive. À présent, la Pologne qui est aussi faible économiquement que militairement, est coîncée entre le Troisième Reich et l’Union soviétique.
L'expansion allemande, à l'Est, qu'elle soit faite avec, sans, ou contre la Pologne, entraînera fatalement ce pays dans la guerre européenne et le condamnera à servir de lieu
de passage aux puissantes armées étrangères. En se ral-
hant au Troisième Reich les chefs militaires polonais se rendent coupables d’une trahison nationale, car ils transforment leur pays en colonie allemande, en hinterland de l'offensive hitiérienne; maïs, en ce cas, ils risquent de provoquer un soulèvement populaire contre les occupants allemands et leurs complices polonais et contre toute cette œuvre de trahison. D'autre part, seule, lFarmée rouge pourrait protéger la Pologne contre les forces supérieures du Troisième Reich én cas d’agression germano-fasciste. Pour repousser l'attaque allemande, il faut que la Posnanie et la Galicie Occidentale soient défendues par des formations motorisées et l’aviation rouges et que des sous-marins soviétiques protègent Gdynia. Seule, la démocratie révolutionnaire polonaise est capable politiquement de conduire une guerre défensive contre le Troisième Reich. Mais de toute façon, quels que soient les événements, le régime des «colonels » polonais est condamné. Au moment où la crise européenne deviendra plus aigüe, la contrerévolution polonaise s’effondrera en entraînantdans sa chute tous les régimes réactionnaires de l'Est et du Sud-Est. Actuellement le bloc des forces socialistes et démocratiques en Europe est encore renforcé. En 1917-1919, en plein épanouissement du premier cycle des révolutions européennes, les peuples d'Asie restaient immobiles. En 1927, lorsque la révolution chinoise a atteint son sommet, l’époque de la stabilisation capitaliste régnait en Europe. Mais maintenant, pour la première fois, de premier signe d’une situation révolutionnaire en Europe et-1e puissant mouvement de hbération du plus grand peuple semi-colonial coincident. Parallèlement à la lutte pour la liberté