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du: prolétarial® européen, se déroule la guerre nationale et révolutionnaire du peuple chinois. L’aggression japonaise à fait de [a Ghine révolutionnaire et démocratique un allié du grand bloc des forces socialistes et démocratiques de l’Europe, et tous les deux n’ont aujourd’hui qu'un même ennemi : la coalition fasciste et impérialiste de Berlin-Rome-Tokio. Le paysan polonais, yougoslave, roumain a adhéré au iront européen de la liberté et maintenant c'est le coohe chinois qui s’y rallie. Une coalition socialiste et démocratique mondiale est en train de se former, et le colosse chinois y prend sa place.
Ainsi les forces révolutionnaires de l'Europe marchent en quatre colonnes :
le socialisme démocratique occidental,
l'Union Soviétique;
les mouvements révolutionnaires illégaux des pays wermaniques et de l’Italie,
les mouvements ouvriers de l'Est et du Sud-Est.
Le maintien de Ia paix est dans leur intérêt commun et toutes ces forces ayant les mêmes tàches dans le combat où se décidera le sort de l’Europe marcheront comme alliées en cas d’une guerre déclenchée par le fascisme. Les éléments du front populaire européen existent et ils n'ont qu'à réaliser le but qui est devant eux : se rallier et effectuer l'unité de leur stratégie politique.
Les facteurs qui sy opposent sont bien connus c’est la tendance insulaire de la politique extérieure anolaise, la pression de classe qu'exerce sur elle la bourgeoisie : ce sont les illusions et la routine conserv atrice de la ie française qui ne compte qu'avec les gouvernements et qui néglige les forces politiques de paix et de guerre agissant derrière la façade des Etats : ce sont les déficiences de l’anti-fascisme allemand qui n’est pas encore capable de mener à bien une politique et uropéenne d’alliances socialistes et révolutionnaires et qui, à cause de cela.
néglige les grandes tâches nationales de la révolution al.
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lemande : ce sont les tares de la politique de URSS qui n’est pas encore arrivée à un accord général avec le socialisme démocratique.
[1 faut vaincre ces obstacles. Il s’agit maimtenant d'une politique d’alliances et de coalitions de forme nouvelle. Le point mort de l’histoire européenne est dépassé, toutes les conditions préalables, militaires, matérielles et morales. sont favorables à la victoire de la gauche. L'organisation d'une contre-offensive socialiste est à l’ordre du jour. La dépression politique commencée en 1933, les conquêtes successives du fascisme et la menace qu'il faisait peser contre Îa démocratie ont duré tant que les socialistes et les communistes s’obstinaient dans les luttes fratricides et que l'Ouest européen restait complètement séparé de l'Est. C'est dans ces conditions que le fascisme a pu conquérir plusieurs pays.
Trois faits d’une importance universelle ont changé la situation : l'alliance franco-soviétique ; l'unité d'action prolétarienne et l'avènement au pouvoir du front popu- [aire en France ct. finalement, la résistance armée de la République Espagnole contre l'intervention fasciste internationale. Les méthodes de la lutte contre l'expansion fasciste, les méthodes de :a contre-offensive socialiste et démocratique ont subi l'épreuve du feu.
Les difficultés sont d'ordre tactique. Les forces du front populaire européen luttent dans des conditions différentes et inégales. Pour s'aider mutuellement elles sont obligées d'adopter une politique hardie, insolite, qui rompt avec la tradition eb la routine diplomatique. Elles doivent mener une politique d’alliance d'Etat à Etat,
d'Etat à mouvement, de mouvement à mouvement, elles
doivent combiner les moyens de contrainte de l'Etat avec le moyens dont dispose le mouvement ouvrier indépendant. Le gouvernement de front populaire français peut collaborer avec le Labour Party anglais, le socialisme français avec les forces de la révolution allemande, Île socialisme démocratique occidental peut avoir comme alliés, d'une
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part, l'Union Soviétique et, d'autre part, les mouvements ouvriers et paysans du Sud et de l’Est de l'Europe. Jean Zyromski le formule ainsi : « Pas de politique de paix sans politique anti-fasciste. Pour que celle-ci soit efficace, le mouvement ouvrier international doit savoir utiliser à la fois sa puissance et sa capacité d’action de classe autonome, spécifique et aussi les points d'appui territoriaux, nationaux, politiques plus ou moins solides, plus au moins sûrs dans différents pays el dans différents souvernements. Tout doit se conjuguer, s’épauler, se renforcer. Il-y a là encore une fois pour la politique internationale dé la classe ouvrière des aspects nouveaux de lutte, des moyéns d'action plus étendus et plus diversifiés. La sainte alliance fasciste se constitue. Elle veut dominer le monde : en face doit se dresser le mouvement ouvrier, utilisant ses techniques spécifiques de lutte, et s’appuyant pour combattre plus effectivement sur les souverainetés étatiques qu'il peut influencer, qu'il peut conquérir »
La crise européenne met au premier plan les problèmes de la stratégie internationale du socialisme. La révolution socialiste n’est pas seulement la conséquence d’une crise intérieure de la société capitaliste, elle est déterminée dans le témps et dans l’espace par la crise contemporaine, à l’époque de la contre-révolution, des guerres et des révolutions, Dans cette époque, la politique extérieure s0cialiste devient une arme de la révolution socialiste et aussi un moyer pour surmonter la scission du prolétariat et pour arriver à son unité. L'unité prolétarienne ne peut uniquement résulter de la synthèse des idées ou de lunification de la politique dans le cadre national. Elle présuppose avant tout une stratégie politique commune sur le plan européen. La politique extérieure socialiste doit assurer la colaboration socialiste internationale dans les événements révolutionnaires à venir. Le cycle des révolutions europennes de [918 s’est disloqué ; les révolutions en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Fehécoslovaquie ont battu des chemins différents. Les voies de
la révolution russe et allemande ont été complètement opposées. La révolution russe a suivi la route de la dictature, de l'isolement, de la rupture avec l’Occident; la révolution allemande a suivi la route du compromis, de la rupture avec l'Orient, de l'épuisement de ses forces et de
la défaite. La révolution, en Europe centrale, reviendra
à son point de départ de 1918 et révisera son passé : elle se ralliera d’une part, à la révolution russe et, d'autre part, au socialisme démocratique occidental. La politique socialiste extérieure d'aujourd'hui doit cependant préparer la large coalition des forces socialistes européennes de demain. = Au point de vue économique, militaire et politique, les forces du front populaire européen possédent une supériorité en comparaison avec le bloc des états fascistes.
Mais il ne s’agit là que d’une supériorité potentielle car
l’agresseur fasciste a l'initiative entre ses mains. Par conséquent tout optimisme fataliste est extrêmement dangereux. [1 ne faut pas oublier que c’est l'ennemi qui mène le jeu. Pour que cette supériorité se transforme de potentielle en effective, il faut que l’on fasse un énorme eflort, que l’on procède à une mobilisation intérieure ininterrompue; que l’on surmonte les faiblesces, la passivité et le manque
de coordination dans le camp socialiste et démocratique
de l'Europe.
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