‹ Le Socialisme Et Le Principe De PopulationChapitre 24 sur 61 · Louis BLanc. Organisation du travail, 5 édition · texte numérisé non relu

Louis BLanc. Organisation du travail, 5 édition

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Pour la bourgeoisie, elle est une cause sans cesse agissante d’appauvrissement et de ruine. Car, si la concurrence produit le bon marché, cet effet n’est que momentané, « le bon marché, c’est la massue avec laquelle les riches producteurs écrasent les producteurs peu aisés » ; la concurrence a pour essence d'amener le triomphe des plus forts au point de vue économique, le monopole est son terme fatal.

Mais si la concurrence est un mal, une cause de ruine pour les producteurs, pour la bourgeoisie, pour le peuple elle est pire, elle est une cause d’extermination. Qu'’a le pauvre, en effet, à offrir sur le marché en échange des choses qui sont nécessaires à la satisfaction de ses besoins ? Ses bras et son intelligence, sa force travail. À vrai dire cette vente du travail ne serait pas mauvaise en elle-même, si les travailleurs pouvaient aliéner leur travail à un prix élevé, et si par là il leur était possible d’aussi bien vivre que s'ils avaient obtenu le mème prix d’une autre manière quelconque. ;

Mais telle n’est pas la situation: cette force travail qui est mise en vente se trouve elle aussi soumise à la concurrence. Supposons qu’un entrepreneur aitbesoin d’un ouvrier. Trois se présentent. Le premier a une femme et des enfants, 3 francs lui seront nécessaires pour assurer leur entretien journalier. Ee second a une femme, mais pas d'enfants ; 2 fr. 50

lui suffiront, Le troisième est célibataire, il est seul,

ne

il ne demande que 2 francs. A lui la préférence. Et ainsi une partie des ouvriers restera sans occupation et les autres devront se contenter d’un salaire bas.

La baisse continue des salaires, tel est le résultat nécessaire et général de la concurrence. De cette loi inflexible résultera la dissolution de {a famille. Tout mariage est un accroissement de charges.«Pourquoi la pauvreté s’accouplerait-elle avec la pauvreté?» Le mariage disparaîtra et fera place au concubinage. Les enfants qui en naîtront seront abandonnés et recueillis par la charité publique ; « le bénéfice du mystère sera accordé à la maternité ; les séductions du plaisir seront dégagées des charges qu’il impose. »

Que deviendront ces miséreux que la fécondité du pauvre jette dans la société, qui ont besoin de travail et n’en trouvent pas ? Sans doute la pauvreté tue, mais, toutes proportions gardées, la misère fait encore plus de malheureux quelle n’en moissonne. Quelles bornes donc poser à cette invasion de la misère? Faut-il adopter les doctrines de Malthus ? Non ,Malthus à manqué de logique, il n’a pas poussé jusqu’au bout son système. Faut-il s’en tenir aux théories de Marcus qui proposait d’asphyxier tous les nouveau-nés des classes ouvrières, passé le troisième? La société doit-elle nourrir gratuitement ses pauvres ? Atrocité ou folie. Le remède est ail-

site leurs ! il faut faire disparaître la concurrence qui est la cause première de tous ces maux, il faut organiser le travail (1). | Sans doute, comme le dit Louis Blanc, celui qui vit au jour le jour marche sous le joug d’un sombre destin auquel il voue sa famille. La pauvreté est féconde d’une manière effrayante et on ne peut raisonnablement songer à demander à celui quine possède rien de se priver de la seule jouissance qui lui soit permise : la satisfaction du besoin sensuel. Pourtant une partie de la classe ouvrière, — la plus grande, — n'est-elle pas moins misérable que Louis Blanc ne le pense? Cette partie, ne peut-on pas l’augmenter par des réformes dans notre organisation économique ? Et, dès lors, est-il vraiment impossible de désirer plus de prévoyance de la part des travailleurs? Quoi qu’il en soit, pour Louis Blanc, la concurrence est pour les pauvres un système d’extermination. Quel remède propose-t-il donc, puisqu'il refuse de s’en tenir à la théorie de Marcus et qu’il repousse également la doctrine de Malthus ? Il faut organiser le travail.

Le gouvernement serait le régulateur de la production, et pour cela il serait investi d’une grande force. Il lèverait un emprunt dont le produit serait

affecté à la création d'ateliers sociaux. La loi établi-

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