Anrox Mexcer. Le droit au produit intégral du travail
Trad. Bonnet, op. cit. p., 99.
LAB naturellement bon; ce sont les institutions humaines les vices et l’incurie des gouvernements qui produisent la misère. Dans un état de société où tous les hommes participeraient également aux bienfaits de la nature, le principe étroit de l’égoïsme disparaitrait. Nul n'étant réduit à garder soigneusement sa petite portion de biens, ou à pourvoir avec anxiété à ses besoins, chacun perdrait de vue son intérêt individuel pour ne s’occuper que du bien commun. L'État autoritaire doit donc disparaître; il faut abolir toute autorité centrale exécutive ou législative; la fortune doit être répartie d’une manière égale entre les membres de la communauté (1).
Après avoir ainsi esquissé le plan de la société qu'il préconise, et l’avoir dépeinte sous des couleurs brillantes, Godwin s'arrête à une objection qui pourrait lui être faite. L’excès de population ne seraitil pas à craindre dans une telle société ? Car le mariage est une fraude et un monopole, et le commerce entre les sexes serait établi sur le principe de la plus parfaite liberté. Ce danger, Godwin le déclare très anticipé, il ne vaut pas de s’y arrêter. Les trois quarts du globe habitable, en effet, ne sont pas encore en culture, et les parties déjà cultivées sont susceptibles d’incalculables améliorations. Pendant des milliers de siècles la population peut croître constamment,