‹ Le Socialisme Et Le Principe De PopulationChapitre 6 sur 61 · Gonwix. Enquiry concerning political justice · texte numérisé non relu

Gonwix. Enquiry concerning political justice

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sans qu'il y ait lieu d'appréhender que la terre né puisse suffire à lui assurer les moyens de subsistance.

Le principe de la perfectibilité humaine ne semblait pas à l’époque être une utopie, et aux yeux de beaucoup, il paraissait qu'il suffisait d'accomplir des réformes politiques pour que cette perfectibilité n’eût plus de bornes. L’Æssai sur la justice politique rencontra donc un grand nombre d’admirateurs et dans ce nombre se trouvait le propre père de Malthus, Daniel Malthus. ;

Mais la crise aiguë que traversaient alors l'agriculture et l’industrie anglaises, jointe aux appréhensions suscitées chez les classes possédantes par les désordres qui sévissaient en France, ne devaient pas tarder à provoquer une réaction pessimiste. Thomas-Robert Malthus se fit l’interprète de cette réaction, et en 1798, parut un opuscule intitulé « An essay on the principle of population as it affects the future improvement of society with remarks on the speculations of Godwin, Condorcet, and other writers. Malthus exposait que la cause principale de la misère se trouvait, non pas dans la forme des gouvernements, mais dans la tendance naturelle de chaque peuple à se multiplier d’une manière trop rapide par rapport à ses subsistances. Il montrait que les seuls obstacles à l’accroissement de la population consistaient dans le vice et le malheur. Il attaquait franchement tous les systèmes d'égalité et posait en

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mises principe qu’un « homme qui naît dans un monde déjà occupé, si sa famille ne peut pas le nourrir, ou si la société ne peut utiliser son travail, n’a pas le moindre droit à réclamer une portion quelconque de nourriture, il est réellement de trop sur la terre. Au out banquet de: la nature, il n’y a point de couvert mis pour lui. La nature lui commande de s’en aller, et elle ne tarde pas à mettre elle-mème cet ordre à exécution » (1).

Les classes privilégiées de la société anglaise acceptèrent avec enthousiasme la nouvelle doctrine, et le succès de l’£ssai fut énorme.

Quant Malthus vit le bruit fait par son ouvrage, il comprit qu'il lui fallait le contrôler et en vérifier soigneusement les assises pour en faire une œuvre vraiment scientifique, dépouillée de son caractère occasionel et politique. Il entreprit done une vaste enquête à travers l’histoire et les divers pays, rassembla des statistiques, et en 1803, publia une seconde édition de son Æssai sur le principe de population. Le principe posé dans l'édition de 1798 restait le même, mais Malthus introduisait dans sa théorie de la population un élément nouveau, d’une importance capitale : l'obstacle préventif, ou la contrainte

morale. Dès lors sa théorie n'avait plus le caractère

l. Ce passage qui se trouve dans la première édition de l'Essar à été supprimé par l’auteur dans les éditions suivantes.

fataliste et pessimiste qu’il était difficile de lui contes: ter sous sa forme primitive. S'il dépend de l’homme, en effet, d’opposer un frein à la passion qui le pousse à se multiplier, sa destinée est entre ses mains. L’obstacle préventif peut faire la besogne nécessaire de l'obstacle répressif et le remplac:r, en épargnant à l’espèce humaine les maux et les souffrances qu’implique la mise en œuvre de ce dernier. Il suffit de contenir et de régler la puissance: formidable du principe de population.

Malgré l’enthousiasme avec lequel fut accueillie la nouvelle édition del’ Essaisur le Principe de Population, la théorie de la perfectibilité humaine trouva encore des défenseurs, et en 1820, Godwin publia l’Inquiry on Population.

Dès les premières pages del’ouvrage, Godwin expose clairement le but qu’il poursuit : L'expérience nous apprend que l’espèce humaine ne s’est point accrue depuis les temps les plus reculés ; dans notre vieux monde, elle est dès à présent stationnaire, et il n’est pas douteux qu’en Amérique, depuis sa découverte, la race indigène a considérablement diminué. Contre tout cela, Malthus allègue une exception : aux États-Unis d'Amérique, dit-il, depuis cent cinquante ans, la population, par le seul fait de la procréation, a plus que doublé tous les vingt-cinq ans; et cette exception, il la convertit en règle : puisque la population double tous les vingt-cinq ans aux États-Unis,

m2) — il faut que cette tendance soit inhérente à l'espèce humaine. Il devrait donc en ètre de même dans le monde entier, si certaines causes ne venaient pas faire obstacle à cet accroissement. La théorie de Malthus ne repose ainsi sur rien. il est temps de renverser ce château de cartes. Et à son tour, Godwin se livre à une enquête sur les conditions matérielles de l’accroissement de l’espèce humaine.

Tout d’abord Godwin commence par déterminer la période pendant laquelle les femmes sont aptes à la procréation. Il pose comme principe général qu’elles cessent d’y être propres après leur quarante-cinquième année, et que l’âge où commence la faculté d’engender, variable suivant les climats, suivant les mœurs est de vingt ans. La période pendant laquelle la procréation reste possible est donc de vingt-cinq ans : elle commence à l’âge de vingt ans, et prend fin à quarante-cinq. Sans doute, cette précision n'a rien d'une rigueur mathématique, c’est une moyenne. Mais il est reconnu que les mariages précoces ne sont pas favorables à une nombreuse progéniture. Et d'autre part, il est certain que le nombre des femmes qui cessent de pouvoir engendrer avant quarante-cinq ans est au moins aussi grand que celui des femmes qui deviennent mères avant

d’avoir atteint leur vingtième année (1).

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