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CONTRE LES ROUGES

« Tout à l'heure, au double point de vue du syndicalisme et des organisations coopératives, nous préciserons notre pensée dans les Commissions. Mais syndicats, fédérations ou coopératives vivent ou dépérissent, prospèrent ou meurent, selon l'atmosphère sociale qui les enveloppe et, pour être clairs, pour faciliter à ceux qui m'écoutent la tâche de me comprendre, je dois donc dire, au point de vue social, quelle est notre pensée.

En attaquant le socialisme, nous nous sommes demandé longtemps, avec angoisse, si nous ne faisions pas fausse route, si nous n'étions pas les victimes de nos propres rancunes ou de nos ambitions, et c'est l'âme rassérénée que nous poursuivons notre tâche, et de plus en plus nous nous affermissons dans cette

conviction qu'il ne suffit pas d'essayer de modifier une doctrine fausse en elle-même pour la rendre meilleure. Nous pensons que le socialisme, e/i/an^ que socialisme, même opéré de ses fistules qui se nomment la grève, l'internationalisme, l'antireligion et l'expropriation serait encore une doctrine de mort.

Pris dans son expression philosophique, le socialisme est peut-être généreux. Pris dans le sens économique, avec son aboutissement social, toutes ses définitions : communisme, collectivisme ou étatisme, hurlent contre la science, contre la liberté individuelle des hommes, contre l'histoire de la civilisation tout entière.

Ainsi que mon ami Poizat l'écrivait l'autre jour dans le Jaune, si l'on devine, à la rigueur, les pourquoi de cette singulière aberration qui pousse le capitalisme, quelques intellectuels et beaucoup de riches, vers le socialisme politique, comment s'expliquer que les déshérités de ce monde, les travailleurs, ceux qui forment déjà l'immense troupeau humain, au service de l'argent anonyme, aient pu souscrire à une doctrine sauvage qui les courberait dans un esclavage éternel?

Les socialistes disent aux travailleurs :

o Vous êtes en trop grand nombre à ne rien poste séder, nous allons tous vous priver de la propriété. « En adhérant à notre doctrine, vous signez pourtou- « jours votre renoncement à la propriété individuelle, « à la liberté individuelle. Vous serez le troupeau, « nous serons les bergers. »

Oui, en vérité, je me le demande, par quelle incroyable naïveté, le peuple a-t-il pu acclamer ces théories d'esclavagistes? Mais il n'est pas l'heure d'insister. »

LES DEUX SYNDICALISMES

« En effet, si le socialisme est salutaire, comme doctrine philosophique, et nécessaire dans ses applications économiques, nous n'avons pas, de bonne foi, le droit de le combattre, et alors le syndicalisme socialiste, le syndicalisme « rouge », non seulement n'est pas périlleux et néfaste pour la classe ouvrière, mais il représente l'effort nécessaire et généreux qu'il faut seconder.

Si, au contraire, le socialisme est une expression de deuil et une épithète de misère sociale, il le faut combattre par tous les moyens, il faut immédiatement se garer de lui, s'en défendre comme d'une bête malfaisante, et alors nous devons lui arracher ses victimes, éclairer les travailleurs, déchaîner ses troupeaux déjà domestiqués et dresser enfin, contre les bandes d'esclavagistes, les organisations solides d'hommes libres, marchant avec lucidité et méthode vers les solutions difficiles des redoutables problèmes sociaux. »

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