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LES TRAVAUX DES COMMISSIONS

Il n'est pas encore neuf heures que la plupart des membres du Congrès sont déjà réunis à la salle de la rue d'Athènes et que les Commissions commencent à fonctionner. Rien qu'à l'aspect delà salle, on comprend qu'on est dans une atmosphère de travail sérieux et fécond. Partout, les discussions sont animées, passionnées même, elles restent toujours courtoises. Dans tous les yeux, sur toutes les physionomies ne se reflètent que des sentiments de cordialité et de sympathie, en même temps que la foi absolue dans l'avenir des syndicats jaunes et de leur œuvre.

A la l'^ Commission qui s'occupe de VŒuvre corporative professionnelle, voici le camarade Massa, de Marseille, qui, avec Tassent le plus pur qui ait jamais été entendu de la Cannebière à la Joliette, parle du droit de grève et du régime syndical. La parole un peu traînante d'un Cherbourgeois lui succède.

Wayss est là aussi avec sa grande compétence et sa haute autorité dans tout ce qui touche à l'organisation des syndicats, des conseils de prud'hommes, des conseils du travail. Tout à l'heure ce sera Faron qui parlera de la réglementation des heures du travail.

A la il', qui traite des Coopératives de production.

et de consommation, Jooris, de Lille, donne lecture de son rapport qu'il a intitulé : Du syndicat à la coopération.

Il y étudie de quelle façon s'opère la propagande collectiviste, là où les collectivistes sont les plus forts et les mieux organisés, c'est-à-dire dans le Nord.

Elle peut, dit Jooris, se résumer par ces trois mots : syndicat, coopération et politique.

On peut dire que le rapport de Jooris est une des preuves les plus tangibles de ce que peuvent faire pour l'ouvrier l'intelligence, l'énergie, l'honnêteté d'un de ces «Jaunes» que les socialistes outragent tous les jours.

C'est, après lui, Henri Danel, le représentant de la plus grande coopérative de France, le président du Syndicat mixte de Roubaix, 11 porte, comme plusieurs autres congressistes, à la boutonnière, la médaille du travail. Avec ses camarades Lambert, Deguesselle, il est là le représentant de 18.000 travailleurs authentiques, inscrits à « l'Union des syndicats indépendants du Nord de la France » et y payant régulièrement leurs cotisations.

Au nom des travailleurs de l'industrie textile, il présente un rapport qui est un véritable monument de précision, de netteté, de documentation formidable.

Lui-même et Deguesselle ont condensé les réponses des organisations ouvrières et patronales de France à toutes les questions, coopération, droit de grève, réglementation du travail, apprentissage, réorganisation des syndicats, groupements corporatifs, etc., qui préoccupent à l'heure actuelle le monde ouvrier.

Devant l'Assemblée plénière du Congrès, ce rapport produirait une impression profonde et laisserait une trace lumineuse.

Dans un instant, ce sera le D'' Graveline, soutenant les conclusions de ses communications sur les maladies et les accidents professionnels.

A la IIP Commission, qui s'occupe de la participation aux bénéfices, des représentants des plus grandes industries françaises, comme MM. Japy, Laroche Joubert, Ogier, de Bellaigue discutent avec les camarades Noël Gaulois, Eudes, Rath, Robart les conclusions de la proposition déposée par M. Ballande, député de la Gironde.

Ils entendent M. Laroche-Joubert exposer l'admirable système qui fonctionne dans ses usines, et M. Japy leur développe son projet d'achat par les ouvriers des établissements industriels où ils travaillent.

/oilà l'admirable spectacle que, toute la matinée, donna la réunion des « Jaunes » de France.

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