‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 37 sur 143 · SOCIALISTES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SOCIALISTES FRANÇAIS

Voilà que, de nouveau, le mot socialiste était adopté par les dissidents du socialisme, et aussitôt les difficultés commencent. Ils doivent s'expliquer, faire la différence entre leur socialisme et celui des autres, rester socialistes en reniant la tactique et la doctrine. Dès les premiers jours, nous sentîmes l'équivoque qui allait peser sur nos actes.

Aussi, quand, un mois plus tard, le 10 février 1903, parut le premier numéro de notre nouvel organe, celui-ci se nomma « le travail libre », et dans sa déclaration de principes nous relevons le passage suivant qui creusait encore plus profondément le fossé entre les nouveaux groupements et les anciennes associations socialistes. Nous citons in extenso la fin :

« A vous, le socialisme basé sur le monopole des crimes contre la nation et des attentats contre la production nationale, au profit de la spéculation internationale.

A nous, le socialisme fécond; nous sèmerons ici le froment qui germera sous le soleil de France et que nous moissonnerons en blondes moissons pacifiques.

Parce que les uns sont dépossédés, vous aviez fait le rêve criminel de déposséder ceux qui ne le sont point!?

Nous rêvons, nous, de donner à ceux qui n'ont rien.

Il faut que tout le monde possède ?

L'expropriation? C'est pour vous! c'est votre théorie

fondamentale.

La nôtre c'est : à chacun une parcelle de propriété'.

Nos camarades des mines, des usines, des champs et de la mer choisiront entre vos cliquetis d'épées et le bruit de nos charrues. »

RUE PIBRRE-LESCOT

La nouvelle organisation du Parti socialiste national avait son siège social, rue Pierre-Lescot, 5 ; il donnait du côté du petit square des Innocents où viennent, sur les hauts marronniers, se percher des ramiers gros comme des poules, dontla basse-cour serait aux Halles, à côté.

Le logis était modeste, une table ronde en sapin,, quelques chaises. Demougeot, qui faisait la permanence, ne recevait que très irrégulièrement de maigresappointements. Les secrétaires de syndicats exerçaient chacun de leur côté leurs métiers manuels respectifs, ne venant au bureau que le soir. Avec Lionne qui, pendant deux mois, se donna beaucoup de peine, nous courions Paris et la banlieue, dans les meetings, dans les ateliers, faisant des visites à domicile, et plus d'un jour, plus d'une semaine, plusieurs mois, pendant plus de deuxannées, consécutives à cettepropagande, l'an tour de cet ouvrage n'a pas mangé tous les jours, et cela à' l'époque où, le mouvement grandissant, on accusait les Jaunes d'être, à prix d'or, les agents des patrons et des capitalistes.

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