CRÉATION DU - JAUNE . H
Le « Jaune », c'était Vanti gréviste^ Vantirévolutionnaire, etc., etc. Mais le « Jaune » ainsi compris n'était qu'un négateur. Les meilleurs, les plus dévoués travailleurs veulent bien se grouper et faire bloc contre le collectivisme, qui ruine indistinctement la patrie, les usines et les ouvriers; mais on ne se groupe pas seulement pour nier, surtout dans le monde du travail; il faut affirmer quelque chose.
Quand on songera à la ténacité dont nous avons fait preuve pour maintenir intégralement wo^re programme, on nous rendra cette justice que nous avons, nous, dans la mesure du possible, toujours exposé, non seulement la partie critique et négative, mais aussi la partie positive, celle qui contient les revendications légitimes, y compris la participation aux bénéfices.
Nous n'avons pas un système à nous de participation. Les propagateurs d'un système sont trop souvent des fous ou des ambitieux, mais nous disons à nos camarades ouvriers:
« Il est faux que la société et le patronat pèsent sur les salariés comme la pierre et la croix sur le tombeau.
Il est faux que les salariés soient condamnés éternellement à ne jamais posséder le produit de leur travail.
Pour les bons, pour les travailleurs conscients, des lueurs magnifiques montent à l'horizon.
La collaboration, la coopération surgissent de milliers de points avec des formes et des couleurs multiples, mais convergent, en réalité, vers un même but, finissent par ne plus former qu'une seule gerbe lumineuse, étincelante : la participation de tous les facteurs de la production aux mêmes risques et aux bénéfices en proportion des risques courus.
Nous pourrions insister sur ce point si délicat, mais l'ensemble de notre organisation, les sentiments exprimés par nos collaborateurs, les résultats déjà obtenus par des efforts soutenus disent mieux que nos phrases l'œuvre accomplie et Toeuvre à accomplir.
Que chacun songe, en recevant le premier numéro du Jaune, qu'il y a en France 400 journaux ouvriers syndicalistes révolutionnaires, et qu'avant nous notre prolétariat national était livré sans défense aux entreprises de la démagogie socialiste.
Nos adversaires émargent en subventions annuelles et officielles près de deux millions par an; ils ont les Bourses du Travail officielles gratuites, à la disposition des naïfs qui s'embarquent dans la galère révolutionnaire.
Le problème posé par le Jaune est donc celui-ci :
Oui ou non ! aidera-t-on le peuple à se libérer luimême en libérant la France ? »
Le Jaune.
Le même numéro contenait un parallèle entre « Rouffes et Jaunes ».
Le Rouge veut Texpropriation.
Le Ronge, c'est le fanatique et le violent.
Le Ronge veut détruire la propriété.
Le Rouge fait alliance avec les politiciens révolutionnaires contre les patrons et contre l'usine.
Le Jaune veut la participation.
Le Jaune, c'est le travailleur conscient et libre.
Le Jaune revendique pour les ouvriers les moyens d'accéder à la propriété.
Le Jaune préconise l'union avec les patrons pour chasser les politiciens et les meneurs qui exploitent le inonde du travail en ruinant les usines.