‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 46 sur 143 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Création du Jaune. — Résurrection de la Fédération nationale

des Jaunes de France.

Cartes d'adhérents. — Les Indépendants.

Le i" janvier 1904, parut le premier numéro du Jaune. Son siège social était : 85, rue de la Victoire. C'en était fini désormais de toute hésitation vis-à-vis de l'épithète Jaune; la doctrine, de son côté, prenait une allure de conquête en se précisant.

Le Jaune portait en exergue le résumé du programme que voici :

« Les révolutionnaires et, en général, tous les socialistes exploitent l'anarchie économique qui découle du salariat moderne pour l'assouvissement de leurs desseins, qui sont notamment:

La suppression de la propriété individuelle. Dans cet ordre d'idées, les radicaux-socialistes, qui véhiculent le socialisme d'État, sont aussi dangereux que les collectivistes.

Nous revendiquons, nous, travailleurs, lk droit a LA PROPRIÉTÉ. Nous voulons modifier et transformer le salariat, non dans le sens du collectivisme, mais dans le sens de la propriété individuelle.

Les revendications légitimes du prolétariat reposent sur la participation aux bénéfices, dont le point de départ est \ achat, par les travailleurs, d'une parcelle du capital industriel.

Quand, dans une usine qui compte, par exemple, 5.000 ouvriers, 500 d'entre eux posséderont seulement chacun une action de 100 francs, il y aura quelque chose de changé : d'abord, 500 propriétaires nouveaux, c'est-à-dire 500 hommes qui, dorénavant, auront quelque chose à « conserver»; ensuite, certainement,, 500 antigrévistes. Généralisez et développez l'expérience. C'est la fin de la démagogie socialiste.

Voici en quels termes le Jaune exposait son programme:

« Il y a aujourd'hui trois années exactement que, réunis dans une mansarde, les délégués des premiers syndicats jaunes parisiens rédigèrent le manifeste que nous publions en quatrième page et qui, dans l'Ouvrier indépendant^ dans le Travail libre, dans les centaines de conférences que nos militants firent entendre par toute la France, fut maintenu, développé et défendu, comme dans le Jaune nous nous proposons de le maintenir, de le développer et de le défendre.

Les « Jaunes » ! Chacun aujourd'hui sait l'origine de ce mot dont nous avons fait un drapeau. Sur les instances de nos groupements les plus importants, nous essayâmes, pendant quelques mois, de le laisser dans l'oubli pour prendre le titre qui nous convenait mieux d'« ouvriers libres ». Mais nos adversaires ayant interprété cette tactique comme une reculade, nous arborons définitivement notre drapeau. Aussi bien, nous savons que, sous l'impulsion de personnes étrangères au monde ouvrier, les politiciens faillirent faire tomber le mot « Jaune » so\ib l'indiiTérense générale et le mépris des prolétaires.

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