‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 63 sur 143 · LES RENÉGATS · texte numérisé non relu

LES RENÉGATS

On a reproché aux anciens Rouges d'avoir été socialistes, révolutionnaires, anticléricaux. Voici comment nous répondîmes à ces attaques :

« C'est un reproche puéril et mal fondé, celui qui consiste à dire de tel ou tel militant : Cest un ancien Rouge.

Sans exception aucune, tous les /awnes d'aujourd'hui sont d'anciens Rouges, à moins qu'ils ne se soient mêlés à l'action syndicale que depuis la création des syndicats indépendants.

De 1884 à 1901, je le répète, il n'y avait en France qu'un syndicalisme unique, tous les militants étaient sous la même bannière. Ce sont les excès des meneurs de ce mouvement initial, qui, par leurs excès, provoquèrent parmi nous une protestation et une épuration.

Ceux qui désiraient faire de la politique, vivre aux crochets des contribuables, préparer la grève générale

et la révolution sont restés dans les anciens cadres. Les autres formèrent la nouvelle armée que nous dirigeons et qui s'augmente, chaque jour, d'un puissant bataillon.

Le Rouge qui abandonne son syndicat révolutionnaire pour s'affilier dans une organisation jaune n'est pas un renégat ni un transfuge, il est, au contraire, le citoyen éclairé, méthodique, passant d'une doctrine surannée et dangereuse à la pratique d'idées nouvelles et fécondes.

Les « Rouges » sont les retardataires de l'armée prolétarienne. Ils en sont encore aux cris d'animaux, à la Carmagnole^ aux boniments charlatanesques et à la grève politique. Les « Jaunes » sont les travailleurs instruits qui veulent s'émanciper et travailler fortement à l'amélioration de leur condition. Nous savons que nous avons perdu du temps à ruiner nos usines, à nous ruiner nous-mêmes, à nous organiser pour notre de'jpoS" session. Nous en avons des remords et nous changeons de tactique.

Nous savons que des politiciens faméliques ont abusé de notre ignorance, de notre bonne foi, de notre confiance, et qu'ils se sont enrichis grâce à notre concours, mais à notre détriment et à celui delà Nation.

Nous voulons châtier ceux qui nous ont trompés.

Le « Rouge » qui devient « Jaune » est : au point de vue du savoir, comparable à l'enfant qui, hier, ignorant, serait aujourd'hui érudit ; au point de vue de la bonne foi, aussi noble que celui qui, ayant trempé, sans le savoir, dans une mauvaise action, la répare avec éclat.

Le « Rouge », enfin, c'est la nuit d'une doctrine imbécile. Le « Jaune », c'est, avec un progrès immédiat:

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