LES MILITANTS
la clarté dans les revendications, la probité dans les agissements... »
LBS MILITANTS
De tous les points de l'horizon arrivent enfin au programme jaune des hommes que l'on aurait cru destinés à ne se jamais connaître ni comprendre. C'est d'abord un patron, M. Gaston Japy^ dont la haute intelligence et la valeur personnelle firent un des premiers industriels de ce temps. Ancien élève de Polytechnique, élevé à la rude école des Japy, qui sont des travailleurs acharnés, M. Gaston Japy fut d'abord réfractaire au syndicalisme. Biétry, son ancien ouvrier, le combattit vio' lemment. L'un et l'autre modifièrent au contact de la bataille des idées erronées de part et d'autre, et, alors que l'ouvrier Biétry éliminait du syndicalisme les scories politiques révolutionnaires et antinationales, M. Gaston Japy faisait un pas de géant vers la classe ouvrière au milieu de laquelle il venait prendre place pour l'aider dans son organisation.
Nous devons citer aussi, parmi les premiers militants ouvriers, Czulowski, Wayss, Seineville, Abraham, de Cherbourg, qui, peu à peu, avec les Claudon^ les Gautherotf les Trayin, vinrent coudoyer d'autres patrons à l'esprit large et d'intelligence nette comme M. S. de Bellaigue, Raphaël Toutain, qui, prenant exemple sur l'admirable exemple des Laroche-Joubert, se mettaient avec toute leur sincérité à l'étude loyale et profonde de la réorganisation du travail et d'une évolution sociale scientifique et pratique.
Animant de leur affection et de leur art ces ouvriers et ces patrons, des poètes, des écrivains, des nobles et
des humbles, vinrent apporter leur concours de tous les instants, et les Jaunes comptèrent des hommes et des dévouements qui s'appellent Poizat, Paul Harel, Méric, Vallaray, des collaborations pleines de sacrifices avec les W. de Veldeg g ^Albert de Guigné^ etc., etc. Tous, les uns et les autres, par la plume ou par la parole, parles démarches ouïe travail matériel assidu, se dépensèrent et se dépensent sans compter au service de la grande Cause, dont la beauté souveraine apparaissait à tous. Dès le début, Théophile avait apporté ses Cahiers de l'ouvrier en même temps qu'une collaboration de tous les instants. Et il est remarquable de noter que c'est 'pour ainsi dire par tous ces hommes réunis, et non par un seul, que la doctrine se pre'cisa.
Rien n'est plus instructif, à ce point de vue, que de prendre dans le Jaune, sous la signature des uns et des autres, les explications et affirmations émises tant sur les points généraux du programme des Jaunes^ que sur les conflits particuliers qui divisent les hommes et les partis.