‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 66 sur 143 · LES JAUNES ET LES PATRONS · texte numérisé non relu

LES JAUNES ET LES PATRONS

vrier français aux théories esclavagistes et rétrogrades des socialistes, d'en faire des hommes libres, discutant honnêtement et loyalement leurs intérêts avec leurs patrons, dont ils doivent devenir les associés.

Les socialistes disent : « A bas les patrons ! » et ne rêvent qu'à devenir eux-mêmes patrons irresponsables et tout-puissants, sous le nom de fonctionnaires. 11 est indispensable, dans notre société moderne, d'avoir des patrons, des ingénieurs, des chimistes, des dessinateurs ; il est impossible de concevoir l'industrie moderne d'une autre façon, si l'on veut être honnête et non charlatan.

Les socialistes ne suppriment pas le patronat, ils le transforment en mandarinat, ils dupent donc les ouvriers; nous. Jaunes, leur dirons la vérité; tôt ou tard la vérité triomphera de l'obscurantisme et du bluff socialistes. Le patronat, dans presque toutes les industries, étant nécessaire, nous disons : « Ouvriers et patrons, vous êtes obligés, par la force des choses, de vivre côte à côte ; vivez donc en amis au lieu de vivre en ennemis. »

Patrons et ouvriers peuvent-ils vivre en amis au lieu de vivre en ennemis? Je réponds oui.

Que le patron s'occupe non exclusivement de ses intérêts, mais de ceux de ses ouvriers; qu'il ne soit pas seulement un acheteur de main-d'œuvre qu'il cherche à payer le meilleur marché possible, mais un camarade de ses ouvriers, dont il doit surveiller les intérêts, en même temps que les siens.

Il est tout naturel que l'industriel soit payé de ses peines, de son travail, de ses risques industriels et que ses capitaux aient leur salaire ; mais il est juste, aussi, que ses ouvriers soient, non pas des machines en chair,

souvent moins soignées que ses machines en acier, mais des collaborateurs intéressés au succès de l'entreprise.

L'avenir de la société est, nous l'avons démontré, dans la division de la propriété, non dans les théories antiques du collectivisme de Karl Marx, qui se croit encore aux temps primitifs d'Abraham, étrange retard de la mentalité de cet Israélite !

Puisque l'humanité s'achemine vers la division de plus en plus grande de la propriété individuelle, l'ouvrier doit devenir, par divers moyens, propriétaire d'actions de l'usine où il travaille. Patrons et ouvriers doivent s'aider d'une façon constante, matériellement et moralement : voilà les théories que nous voulons propager en France ; pourquoi donc les patrons qui les partagent se cacheraient-ils ?

Les socialistes prêchent l'égalité, mais ne la pratiquent pas, car Jaurès, Vaillant habitent des hôtels très confortables, et leurs électeurs couchent quelquefois sous les ponts, sans que les pontifes Jaurès, Vaillant, etc., leur offrent l'hospitalité.

Nous, nous disons : l'égalité doit exister devant la loi. Ce genre d'égalité n'existe guère en France en temps de Bloc. L'égalité absolue entre citoyens est une blague socialiste ; elle n'existera jamais, car l'un est fort, l'autre faible, celui-ci intelligent, celui-là sot, un autre travailleur, son voisin paresseux. Si donc il fallait l'égalité complète entre hommes, il faudrait ramener toutes choses au niveau du plus faible, du plus sot, du plus paresseux; il serait joli le progrès socialiste, et tous les hommes deviendraient des miséreux et des incapables.

L'égalité absolue n'étant pas possible, il faut que chaque travailleur honnête arrive, dans sa mesure, à

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