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AUX TRAVAILLEURS, AUX PATRONS, A TOUS LES FRANÇAIS

« La campagne par laquelle le socialisme et les influences politiques dont il est le véhicule espèrent mettre définitivement la main sur la classe ouvrière, entre en ce moment dans une période nouvelle.

Si nous ne nous hâtons pas d'organiser complètement les bureaux de placement dans Paris, les travailleurs seront livrés pieds et poings liés aux syndicats « rouges » et aux fonctionnaires des mairies, c'est-àdire à la vindicte des meneurs révolutionnaires et aux agents électoraux des divers gouvernements qui se succéderont.

Le problème du placement gratuit étant à nos yeux une question exclusivement corporative, il pouvait et devait se réaliser d'un commun accord entre patrons et ouvriers, par corporations, régions et métiers.

Les « Jaunes », sans bluff, ni tapages inutiles, s'étaient jusqu'ici appliqués de leur mieux au placement de leurs adhérents par le moyen de leurs syndicats professionnels.

Les révolutionnaires, eux, ne purent jamais organiser ce service, les patrons étant menacés des pires

catastrophes quand ils introduisent des énergumènes dans leurs chantiers, et la clientèle des syndicats rouges étant notoirement composée de gréviculteurs déterminés.

Prévoyant le moment oij, grâce à notre méthode, nous aurions monopolisé le placement dans Paris, pour le plus grand bien de la classe ouvrière et de la tranquillité publique, les politiciens révolutionnaires au service d'influences occultes ont précipité par l'émeute, la menace et les violences répétées, V organisation politique et Rectorale du placement.

Disposant seuls ! des locaux municipaux [Bourses du Travail, annexes, mairies, etc.) dont les « Jaunes » sont exclus, nos adversaires espèrent que nous manquerons des ressources nécessaires pour la location des locaux indispensables, leur entretien et leur fonctionnement.

C'est le dernier anneau de la chaîne rivée aux pieds du prolétariat français par les politiciens.

Le 24 janvier 1901, commence l'élimination brutale de nos éléments par l'exclusion de la Bourse du Travail de tous les syndicats non révolutionnaires. Depuis cette date, le plan s'est poursuivi, et par des manœuvres déloyales, sinon frauduleuses, les syndicats politiques « rouges » se sont emparés de tous les rouages qui assurent la justice et la vie régulière au monde du travail. Conseil supérieur du travail, Conseil des prud'hommes, etc., etc.

A l'aide des subventions municipales, gouvernementales et départementales, qui s'élèvent, pour Paris seulement, à plus de 500.000 francs par an, les « Rouges » tiennent en tutelle et en servage la classe ouvrière de la grande cité ; de là, ils dirigent les sou-

lèvements révolutionnaires dans nos centres industriels.

L'accaparement des bureaux de placement dans les conditions actuelles est la mainmise du Gouvernement et du socialisme sur tout le marché du travail à Paris, et ce dans ses plus secrets replis.

L'exploitation électorale, les chantages de toutes sortes qui vont découler de ce nouveau régime sont aussi abominables, sinon plus, que ceux des bureaux payants.

Les « Jaunes », en criant casse-cou, en essayant de parer au plus vite le danger qui menace leurs frères les travailleurs, ont conscience de remplir leur devoir.

L'article 2 de la nouvelle loi du 14 mars 1904 est ainsi conçu :

« Les bureaux de placement gratuit créés par les « municipalités, par les syndicats professionnels « ouvriers, patronaux et mixtes, les Bourses du Trao vail, les compagnonnages, les sociétés de secours « mutuels et toutes autres associations légalement « constituées, ne sont soumis à aucune autorisation. »

C'est le champ libre pour nous tous, et, si nous nous laissons ligotter, c'est que nous l'aurons voulu.

D'un commun accord, nos syndicats « jaunes » peuvent donc, dès maintenant, organiser le placement.

Pour les y aider, ils font appel au concours de tous.

Un affichage de circulaires au public et des communiqués à la presse donneront sous peu les renseignements et adresses concernant les bureaux que nous allons ouvrir sur plusieurs points de Paris.

La léd&ation nationale

des Jaunes de France. »

Les résultats ne se firent pas attendre.

« Ce mouvement attira l'attention des élus de Paris, et M. Georges Berry convoqua, en sa qualité de président, le groupe des députés de Paris. En même temps, il faisait adresser au secrétaire général, fondateur delà Fédération nationale des Jaunes de France^ la communication ci-dessous :

Chambre des députés

— Paris, le 8 juin 1904.

« Monsieur,

M. Georges Berry, député, président du Groupe des députés de Paris, me charge de vous rappeler que le Groupe vous entendra demain jeudi 9 juin, à quatre heures, au Palais Bourbon, local du 4' bureau, au sujet des bureaux de placement.

Veuillez agréer, etc.

Le Secrétaire du Groupe. »

En conséquence, Biétry se rendit, le jeudi 9 juin après-midi, à la Chambre des députés.

Voici le résumé de ses déclarations :

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