‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 94 sur 143 · CONSEQUENCES · texte numérisé non relu

CONSEQUENCES

« Pour préciser la situation qui nous est faite par la

suppression des bureaux de placement, nous constatons que les 284 bureaux autorisés du département de la Seine recevaient annuellement 889.000 demandes d'emplois et seulement 524.000 offres d'emplois. D'où l'on peut conclure qu'il y a journellement une moyenne de 300.000 chômeurs dans le département. Aucun système politique ou syndicaliste ne remédiera à cela; mais, si aucun organisme nouveau n'est créé pour canaliser et diriger ce flot de chômeurs et de travailleurs, c'est un nombre de 889.000 solliciteurs qui va refluer vers les mairies ou vers les syndicats officiels, c'est-à-dire, dans l'ensemble, vers des organisations qui sont dirigées, subventionnées et fonctionnarisées par l'Etat. Au point de vue ouvrier, nous sommes épouvantés des servitudes qui vont découler ainsi de cette dépendance constante d'un million de nos camarades vis-à-vis de l'État, régulateur et maître du marché du travail.

Nous ne commettons aucune exagération en affirmant que la suppression des bureaux de placement faite dans ces conditions, nous livre pieds et poings liés à la fantaisie des fonctionnaires ou à la servitude d'organisations syndicalistes révolutionnaires particulièrement armées, puisqu'elles bénéficient des locaux gratuits, dans les Bourses du Travail, et que, d'autre part, elles sont alimentées par les subventions municipales, départementales et gouvernementales. »

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