‹ Le socialisme expliqué aux enfants du peupleChapitre 1 sur 13 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Lecteurs dévoués des écrits démocratiques, vous tous qui croyez à la sainteté de leur œuvre, ne faiblissez pas dans la propagation de votre foi politique. Nous sommes tourmentés; la terreur royaliste, comme un violent orage, passe sur la léte des républicains ; partout où elle éclate, ce sont des visites domiciliaires, des mandats d'amener, des arrestations préventives, des destitutions, des procès de presse, et même pis. Mais les premiers chrétiens n*ont-ils pas eu leur martyrologe ? Avez-vous oublié les Albigeois no)^s dans le sang, les Vaudois si persécutés, les massacres de Bohème, Jean Hus et Jérôme de Prague brûlés par ordre d*un concile ? Ne 8ommes*nôus pas leurs fils, leurs successeurs? N*avons-uous pas les mêmes convictions? Pour-* quoi n'aurions-nous pas le même courage?

Loin de vous ralentir, prêchez donc, prêchez plus que jamais les doctrines démocratiques!

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Dites aux élndiants, que le Socialisme est la science dies intérêts communs, Fétude de leur réglementation , Tapplicalion des lois de la Nature à l'organisation des Sociélés, la physiologie -substituée à Tempirisme gouvernemental des Nations européennes.

Dites aux malheureux, dites aux pauvres, que nous voulons pour tous l'éducation dans Fenfance, dans Tâge de force le travail qui moralise, la retraite pour les infirmes et les vieillards.

Dites aux hommes politiques que nos moyens sont surtout l'organisation et le développement» selon la science, la philosophie et l'industrie si perfectionnée de notre époque, des corporations, des associations et des franchises communales^/Elles ont, jadis, brisé la chrysalide féodale et donné naissance à nos libertés actuelles.

Faites comprendre aux hommes religieux que notre croyance est une Religion ; qu'elle est à la fois le lien des hommes les uns avec les autres, elle lien des hommes avec la Nature entière, avec l'infini , avec cet impénétrable mystère appelé Dieu. Qu'ils arrivent à sentir que nous ne voulons pas détruire le Christianisme, mais le développer et retendre aux choses matérielles. Ce n'est aujourd'hui que la vie des âmes, que le banquet de l'égalité àla table mystique des esprits; il doit devenir la vie universelle et

7 accès de tous les travailleurs au banquet éga- U taire de la vie sociale.

Répétez aux femoies que nous voulons pour

elles, comme pour les hommes, la Liberté,

rÉgalilé , la Fraternité; que nous savons toutes

les douleurs de la femme du manouvrier des

çhafiips, de la femme de Touvrier des villes ,

des petites bourgeoises et des grandes daines;

dites- leur que nous avons le ferme vouloir

d'arriver au mieux , sans jamais déroger à ce

qu'il y a de moral et d'idéal dans les traditions

gauloises de nos pères , et dans les traditions

chrétiennes pqr rapport à la famille et au ma*

riage,

^e craignes pas d*avancerque nous concevons un système nouveau d*éducalion, par lequel l^s enfants de quatorze ans en sauraient aulaqt que nos hommes.de vingt.

Que les artistes comprennent que nous ne voulons pas supprimer la grande poésie des fêtes nationales, mais au contraire la développer; que nous avons le sentiment des pieuses cérémonies destinées à consacrer l'entrée dans la vie , rentrée dans Tadolescence , le mariage et la mort.

Citoyens , nous vous avons donné l'exemple du courage civil, de ce courage bien plus rare^ que celui des camps, qui consiste à connaîlre

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son droit, à le faire respecter, à se défier de ses désirs personnels et de ses espérances; à ne point conspirer en secret pour arriver au bat, mais à propager toujours et, sans cesse les doctrines qui doivent étendre^ réaliser et développer la Religion sociale de nos pères. Comptez sur nous, mais que votre cœur réponde au nôtre, que vos espérances répondent à nos espérances, votre foi vive à nos prédications, votre calme à celui qui nous anime. Point de haine pour ceiii qui nous persécutent; point de fiel contre l'aristocratie, mais un juste sentiment de fierté pour les croyances que nous professons, et surtout une confiance absolue dans les droits éternels et souverains de la Raison humaine.

Pardonnons à nos ennemis , mais guerre à mort à rignorance et à la misère !

Nantes , le 30 mars 1851.

A. GUEPIN ,

Ex-professeur à FEcole de médecine de tfantei.

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