‹ Le socialisme expliqué aux enfants du peupleChapitre 2 sur 13 · AUX ENFANTS DU PEUPLB · texte numérisé non relu

AUX ENFANTS DU PEUPLB

Ce q«e c'est que le Soelalieme.

L'expression socialisme, désigne un état social, rien le plus, rien de moins. Cependant notre époque y iltache Vidée de progrès, d'amélioration. Il en résulte {u'on entend habituellement par sociAUSME Tétat ocial amélioré qui devra succéder à l'état actuel. L'on ntend aussi très souvent par cette expression, la science néme de V économie sociale: de telle sorte que le ociALiSME est tout à la fois, pour la plupart des lororoes , l'avenir prochain de l'humanité et la science [ui doit y conduire : le but et le moyen.

La physiologie ou soîence de la nature est aujour- 'hui assez avancée pour comprendre ce que c'est que 3 plan providentiel des choses, le rôle qu'y remplissent homme et l'humanité , et pour décrire la mission ssignée sur le globe à l'espèce humaine. Il lui est donc tennis de prévoir et de formuler le socialisme qui uccédera à l'état social, ou mieux à l'état de dissolution ociale au sein duquel nous vivons.

L'étude nous enseigne que l'homme a un idéal , et

que cet idéal c*esl de développer de plus en plus, par l'éducation, les facuUésqui lui sont spéciales. Ces facultés sont représentées au cerveau, selon les docteurs Gall et Broussais, parla portion antérieure et supérieure ; elles distinguent |*bomine des animaux et en font uq être tellement à part, qu'on peut classer avec Moïse, en quatre règnes, tout ce qui existe à la surface du globe, à savoir : règne minéral , règne végétal , règne animal , règne liominal ou social. Ces facultés, que Ton peut appeler cardinales , sont au nombre de quatre : la tendance à vénérer, ou religiosité; la tendance à former des sociétés , à aimer ses frères , ou sociabilité ; la tendance à rechercher le pourquoi et le comment des choses , ou causalité , qui est la source de la science et de la philosophie ; enfin la tendance artistique, qui veut voir el créer Tidéal.

L'homme fera donc de nouveaux progrès en croyances religieuses , en organisation sociale , en science et en philosophie.

Ces progrès seront caractérisés politiquement :

Par l'organisation définitive de la famille égalitaire, base de tout ordre social ;

Par les progrès des institutions de la commune, ou famille des familles ;

Par les progrès de l'organisation de la patrie, ou commune des communes ;

Par les progrès de l'organisation des sept grandes circonscriptions terrestres, l'Europe, l'Asie occidentale, l'Asie orientale, l'Afrique, l'Océanie, l'Amérique du nord et l'Amérique du sud ;

Par la formation d'un peuple unique appelé humanité ^ être nouveau, être collectif, encore rudimentaire, que notre époque pressent, mais dont très peu d'hommes ont une conscience nette.

Il résulte de ce qui précède, que le Socialisme ne sacrifiera point l'individu aux iutérêts communs, ui les

intérêts commuos aax individus ; qu'il sera individualiste, voulant la liberté de Tindividu , de la commune, de la pairie, au sein de rhumanité; qu*il sera communiste» c'est-à-dire voulant l'association appelée mariage, pour créer la famille ; Tassociation des familles, pour former la commune ; l'association des communes, pour former la patrie ; l'association des patries, pour former l'humanité.

Le socialisme sera donc cejlte conciliation si désirée par tous les bons esprits en^re la liberté et l'autorité, les droits individuels et les droits collectifs, qui constituera un état définitif pour les associations humaines.

Arbre généalogique des Croyances sociales.

L'Inde et l'Egypte, voilà les deux plus anciens foyers des connaissances humaines ; elles ont commencé à s'y développer dans la nuit des âges.

L'Iode s'est manifestée par Brahma^et par les livres sacrés appelés Vedas (la Science).

Dix mille cinq cents ans avant notre ère, l'Egypte, au dire de Platon, possédait des temples ornés de peintures sacrées, où les prêtres s'initiaient aux sciences les plus élevées.

De Brahma sont issus intellectuellement , à l'occident, Zoroastre, plus de six mille ans avant Jésus-Christ; et à l'orient , Bouddab , huit à douze cents ans avant notre ère.

Zoroastre a produit les Mages de la Bactriaune, de l'Assyrie et de la Perse ; les Patriarches, pères du peuple Hébreu, et les Druides les chefs religieux de nos ancêtres les Gaulois. Les livres sacrés de Zoroastre s'appellent les Nakas (les Préceptes). Ils renferment une morale très élevée, qui diffère peu de la morale chrétienne. La religion de Zoroastre admettait un Dieu

souverain ordonnateur des choses. Unis à lui , les hommes, lés saints et les anges devaient se proposer pour mission d'embellir le globe et d'eu faire un séjour de bonheur. Zoroastre admettait une seconde vie et la punition des méchants, mais il ne croyait pas que la bonté divine pût infliger aux plus mauvais esprits des peines éternelles. De plus, en élevant la femme aa sacerdoce, il lui.faisait une position plus égale à celle de rhomme, plus digne que celle qu'elle a eue depuis dans la plupart des cultes. On doit encore à Zoroastre l'institution des sacrements ; il est aussi le premier qui ait consacré, par une communion, l'union des hommes avec le souverain ordonnateur de l'univers.

Les prêtres des sanctuaires de Tbèbes et de Memphis faisaient remonter à vingt-quatre mille ans leur civilisation. Les plus grands hommes de l'antiquité, Moïse, Orphée, Pytbagore et Platon avaient puisé dans leurs temples les doctrines qu'ils ont enseignées aux |)euples, et, par suite, l'Egypte a été le lieu où toutes les doctrines scientifiques, religieuses et philosophiques de l'antiquité, se sont trouvées en un perpétuel contact.

Dans notre opinion. Moïse doit être considéré comme la pensée des Patriarches, fécondée en Egypte, et se reproduisant dans le monde dix-huit cents ans avant le Christ. Les rapports que la Bible établit entre les coutumes des Patriarches et celles des Gaulois, entre, leur culte et celui des Druides, prouvent leur parenté et leur commune origine. Le livre religieux de Mofse s'appelle le Sépher, C'est l'un des plus beaux monuments de la science et de la sagesse des anciens.

Orphée représente la pensée fécondée en Egypte, et se produisant au nord de la Grèce dix-huit cents ans avant le Christ. Il était probablement contemporain de Moïse. Ses préceptes étaient écrits en vers, que Ton appelait Eumolpides.

Py ihagore, le philosophe de Saroos, a été, sept cents ans

avant ]e Christ, le résumé vivantdescroyancesreiigieiues de la science et de la philosophie la pins élevée de son époque. Les vers dorés de son disciple Lysis renferment les préceptes de sa doctrine. Il professait » sur notre système solaire, Topinion que la science a démontrée. Il y a moins de quatre siècles, il eût encore été le savant le plus éminent de son époque. Il divisait la nature en deux substances : celle qui est pondérable et celle qui ne Test pas, Téther, dont nos âmes seraient formées. Il enseignait encore que les lois universelles de la nature doivent être appliquées à Thqmanité. ' Socrate, Platon et Aristote ont renouvelé Pythagore» mais ils sont restés au-dessous de lui.

Odin a été au druidlsme ce que plus tard Mahomet sera pour le christianisme et le judaïsme. De loi surtout datent le respect des femmes et les idées chevaleresques qui vivent au .sein de nos civilisations européennes.

Les Juifs, dans leurs exils, donnèrent beaucoup aux peuples d*oiient, mais, à leur contact, ils se modifièrent aussi. Avant la venue du Christ, ils se divisaient en trois grandes sectes : les Juifs conservateurs de Tancienne loi, ou Sadducéens, qui ne voulaient rien innover à la. lettre ou au sens littéral du livre de Moïse ; le$ Jui/s pharisiens, qui paraissent avoir beaucoup emprunté aux mages de la Chaldée et de TAssyric ; enfin, les Juifs esséniens. Ces derniers ont passé longtemps pour être les seuls à comprendre le sens caché et mystique de la Bible.

Le Christ a été la parole de liberté , d*égalité et de fraternité, révélant au monde les espérances de l'avenir.

Le pharisien S. Paul a établi le lien qui relie le christianisme aux croyances passées.

Les Templiers considèrent S. Jean comme le père des joannites et des chrétiens, qui leur ont succédé. Ils donnent à la doctrine religieuse du Christ un sens

q«i s'écarte do catholreisme pour se confondre presque entièrement avec les croyances de Pythagore et de nos phik>sophe$» modernes.

Pendant trois siècles> une cororaunanté religiease aux mille nuances, et souvent des communautés matérielles travaillent et modifient profondément Tempire romain.

Au cinquième siècle, Tédit d'Honorius, de 409, re- * met au clergé chrétien la puissance civile. C'était un grand acte politique de Taristocratie, destiné à séparer les intérêts du haut clergé de ceux du peuple et du bas clergé. Mais aussitôt la pensée des anciens reparait dans des libres penseurs appelés Pelage et Nestorius.

Au sixième siècle, Mahomet organise un christianisme spécial pour les populations oriei\tales. Il autorise la polygamie, qui n'était que tolérée par Moïse. Mais il en fait o» moyen d'émancipation pour les race:» inférieures, et par lui l'esclavage est transformé en une simple domesticité.

Vers le même temps, la pensée d'émancipation du Christ reparaît dans les Bagaudes, qui veulent organiser des communes, indépendantes des chefs militaires et des évêqucs.

Au dixième et au onzième siècle, les manants, les paysans et les bourgeois s'associent, forment des réunions nommées Communautés, deviennent ce que l'on appelait alors des communiers, et bientôt ils achètent, des barons et des évêques, le droit de se gouverner euxmêmes par des hommes choisis par eux et parmi eux. Ces communes, filles de la tradition et de l'esprit de sociabilité, deviennent aussitôt la source des plus grands progrès. Toutes s'empressent de consacrer leur nouvelle position par la création de propriétés communales, que souvent les nobles seigneurs agrandissent spontanément par des dons volontaires.

Au douzième siècle, les Albigeois, et quelques pen*

seors, se croyant 1e& vrais contiauatears du Christ, se révoltent contre TEglise. Ils sont continués, au treizième siècle, par les Manichéens -,^au quatorzième, par le communiste Dulcin ; au quinzième, par Jean H us et Jérôme de Prague ; au seizième, par Thomas Morus, Campanelia, Luther, Mélaiicthon , Calvin, Munzer, Storck, et les autres réformateurs religieux et politiques qui ont créé le protestantisme.

Au dix-septième siècle, Tarbre des croyances sociales se développe sous les noms de Descartes , de Galiiée, de Spinosa, de Penn, de Kœpler, de Locke, de Gà»'^ sendi, de Pascal* de Corneille» etc.

Au dix- huitième siècle, Morelly, sous le titre de Code de la Nature, prépare les voies à Saint-Simon, à Fourrier, à Cabet, et i tous les com.munalistes modernes. Mably, Voltaire, Diderot, Rousseau, Helvétius, d*Holbach, Montesquieu, Fontenelle, Boêrhave, Bulîon, Condillac, Newton, Leibnitz, LawsdeLauriston, Maupertuis, d'Alembert, voilà les chefs de la grande série des penseurs de cette époque terminée avant notre siècle, c'est-à-dire à la Révolution.

Depuis la Révolution , Condorcet , Robespierre , Saint' Just, Babeuf, Buonarotti, Saint-Simon, Laplace, Fahre d'OIivet , Bazard, Enfantin et son école , Pierre Leroux et ses disciples , George Sand, Jean Reynaud, Comte , Daniel Stem (M°'' d'Agoult) , Littré et tous les positivistes, Vidal, Emile dcGirardin, Cabet et les rédacteurs actuels du Populaire, Louis Blanc, Alexis Dumesnil, Charrassin, Villegardel, Pecqueur, Fourrier et ses nombreux adeptes , Raspail , Proudhon , Ramon de la Sagra et beaucoup d'autres, ont été au milieu de nous les rameaux de cet arbre dont les deux premières racines sont l'Inde et TEgypte. Il n'y a donc dans rbumanité aucune doctrine, aucune pensée entièrement nouvelle. Dans le monde des intelligeûce», conamedans un monde plus matériel, tout ce qui existe

n'estquele développement, la transformation véritable de ce qui a existé. Ainsi se vérifie le titre de ce chapitre : « Les croyances sociales sont, en réalité, un grand arbre qui s*est développé dans la série des âges. »

Éeoles Soel»lUi€es.

Il n*y a plus que deux grandes écoles de socialisme : Tune catholique, l'autre physiologique. La première est placée sous l'influence des traditions , la seconde ne veut accepter que ce qui lui est scientifiquement démontré.

Persuadé , comme Saint-Simon l'avait enseigné en 1802 et 1808 , que nous devons considérer nos relations sociales comme des phénomènes physiologiques, puisque nous sommes des êtres organisés soumis aux lois de la physiologie , c'est-k-dire de la nature , j'ai

f>ub1ié en 1850 la Philosophie du socialisme^ dans ebut de ramener à l'unité tous les groupes de la série physiologique.

La nature , voilà notre guide ; ses règles sont immuables. Plus nous l'étudierons , plus nous arriverons à nous mettre d'accord.

Malheureusement, quoique l'homme soit certainement sur la terre depuis bien des mille ans, la science est encore dans l'enfance.

Le galvanisme ne date que de cinquante et un ans.

Les belles études chimiques de Lavoisier ne sont pas vieilles de quatre-vingts ans.

La chimie organique a été créée presque tout entière depuis environ trente ans.

La géologie véritable, celle qui nous permet de comprendre quelque chose aux révolutions du globe , n'est pas plus ancienne.

Le sysiètne do monde de Laplace n*a précédé que de peu d'années notre première révolution ; il n*e8t devenu populaire que dans Tan iv.

On peut en dire autant de Tanalomie végétale et animale , de la physiologie des animaux et des végétaux. (;^es parties si importantes de la science qui nous rappellent Lamarck, Gall, Bichat, Broassais, les Geoffroy Saint-Hilaire et une foule d'autres savants de premier ordre , ont accompli dans ce siècle leurs progrès les plus importants. Ce n'est encore qu'en 1820, que pour la première fois, mon maître et ami le docteur Bertrand a rapproché , pour les classer dans une même série, les phénomènes de l'extase religieuse, du magnétisme animal , de la sorcellerie , de la lycanthropie, des possédés du diable, ouvrant à la science une voie nouvelle dans laquelle nos doctes académies n'ont pas osé pénétrer jusqu'à ce jour.

Le socialisme ne saurait avoir la prétention de remplacer ce qui existe, qu'à la condition d'apporter aux hommes du siècle une science plus complète, une philosophie ifin» élevée, plus rationnelle, plus physiologique ; une croyance religieuse plus réellement chrétienne et plus- rapprochée de ce qui constitue le lien^ LA RELIGION de la grande universalité des êtres.

Nous avons exposé dans notre Philosophie du socia» lisme la science générale, ou physiologie de l'univers, et la philosophie qui en découle ; nous l'avons successivement étudiée dans les espaces célestes , sur notre globe et au sein de l'humanité. Nous avons même fait pressentir la croyance synthétique qui s'y rattache; nous compléterons notre œuvre. Déjà nous avons trouvé dans nos laborieuses habitudes et dans les loisirs que nous a créés la persécution , le temps d'écrire sur ce grave sujet des pages qui sont le fruit de vingt années de méditation.

Destiné à tous les lecleors pauvres et richest ignorants

ou savants, ce p^t livre est comme la préface de ces deux ouvrages, par lesquels nous nous sommes proposé d'initier nos amis, les deshérités de la fortune, et les jeunes gens des écoles au cœur si ardent et si dévoué, à la grande synthèse qui couronnera les efforts des persécutés du siècle,

d peuple ! que t'importent les hommes et les individualités I ce qu'il te faut , c'est le savoir, c'est la vé< rite. Laisse de côté les insupportables amours-propres des chefs de sectes ; deviens physiologiste , étudie la nature , et les maîtres de la grande science , s'ils ont quelque vertu, seront assez récompensés de leurs peines lorsqu'ils auront la conscience d'avoir coolribuc à te mettre dans la route du juste et du vrai.

Les limites du K»onheur.

Le bonheur des hommes a deux limites : l'une , inférieure, qui correspond à l'état de barbarie de quelques tribus sauvages de laPapouasie et de la Nouvelle- Hollande, et à l'état de misère du prolétariat dans nos contrées les plus civilisées ; l'autre, supérieui^ : c'est l'état idéal rêvé par des philosophes. Sans toucher ici aux utopies philanthropiques, nous pouvons affirmerque les divers états de l'humanité forment une progression ascendante depuis l'état de sauvagerie et de misère jusqu'au bonheur parfait. Au-dessus du tei*me auquel nous sommes parvenus , il en est d'autres que nous pouvons facilement atteindre et dont la description ne présente aucune difficulté. Nous concevons , en effet, que les arts, les sciences et l'industrie, réunissant leurs efforts , puissent faire jouir promptement notre globe entier des bienfaits des découvertes modernes. Il n'est pas impossible de peupler l'Amérique , l'Afrique i et rocéanie ; de couper les isthmes de Suez et de Pa-

nama ; de lier les villes priocipales des cinq parties du monde p^r des bateaux à vapeur, des cheofiins de fer» de canaux, des télégraphes électriques, et d*immenses tunnels passant sous les plus hautes de nos montagnes.

Ce résultat obtenu , la fusion des peuples et la paix universelle en seraient la conséquence immédiate et nécessaire. Aussitôt tomberaient les barrières qui nous emprisonnent. L'industrie suivrait partout sa pente naturelle ; chaque pays pourrait échanger contre les produits exotiques ceux que sa position et le génie spécial de ses habitants permettent de fournir à bas prix ou de qualité supérieure. Le commerce et les autres indus* tries seraient énormément facilités par Tamélioration des moyens de transport. Les préjugés et les mœurs routinières de chaque peuple seraient rapidement usée par le contaa journalier de voyageurs de toutes les contrées. Bientôt un grand congrès central viendrait présider au gouvernement de notre monde, et se superposer à tous les petits gouvernements de la grande fédération. Ses ordres seraient facilement reçus aux extrémités de la terre , puisqu'il leur faudrait bien moins de temps ix)ur y paiveoir, que les courriers de Tautocrate russe n'en mettent à traverser son vaste empire.

Le monde entier ne formerait donc plus qu'une seule famille de peuples associés pour rexploitation commune du globe. Dès lors les langues se modifieraient ; trois ou quatre d'entre elles deviendraient générales, et l'on fmirait bientôt par adopter une langue universelle. Ainsi ferait-on pour les mesures et les monnaies de toute espèce.

Et maintenant, si nous descendons aux détails, comment comprendre une civilisation matérielle si avancée, un gouvernement si unitaire et si parfait, sans admettre, comme conséquence immédiate, une répartition équitable des produits agricoles et manufacturés entre les travailleurs qui auraient concouru à leur production ?

Gomment admettre encore qae la science et les arts pourraient rester stationnaîres, au lieu de faire de nouveaux progrès , et d'étendre leurs jouissances à toutes les classes de la société? Gomment admettre» enfia, la hideuse misère, lorsqu'une providence sociale, image i de Dieu sur la terre , veillerait au sort de tous les hommes tout en restant dans la direction morale assignée par la Providence à leur destinée, en assurant à chacun , par la plus gigantesque des assurances mutuelles :

1» Dans l'enfance, l'éducation la plus propre à développer les facultés ;

2^ Dans l'âge viril , un travail en rapport avec sa capacité, un salaire proportionnel à ce travail» et des secours quand il faiblirait à la fatigue ;

3» Dans la vieillesse , une retraite, un asile contre l'indigence.

Pour passer du terme actuel de cette progression que parcourt l'humanité , à celui que nous venons de faire connaître par quelques rapides indications , il est nécessaire de savoir comment se produisent , se distribuent et se consomment les richesses ; de quelle manière il faut organiser la société pour tirer le meilleur parti de ses forces physiques, intellectuelles et morales, c'est-k-dire qu'il faut connaître. Yéconomie des sociétés. Nous allons l'étudier dans les chapitres suivants.

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