CHARLES FOURIER ET ROBERT OWEN
moins que Fourier à l'efficacité des moyens pacifiques. Après avoir vainement fait appel aux souverains réunis à Aix-la-Chapelle, en 1818, il inventa, pour arriver au but communiste final, l'association de production et de consommation entre travailleurs et c'est ainsi que la Coopération, depuis si célèbre et si répandue dans les milieux industriels d'Europe et d'Amérique, fit son entrée dans le monde, sous les auspices du grand communiste que Torrens avait nommé le patriarche de la raison (1).
On s'est abstenu de critiquer méthodiquement les données utopiques qui viennent d'être exposées. Elles relèvent presque exclusivement de l'art social, et toute leur valeur gît dans d'importantes trouvailles instructives, dans de nombreuses observations neuves et sagaces, dans la haute générosité du but. On ne peut qu'approuver, en se bornant à déplorer les défectuosités qui déparent.
Comment agir autremeut ? On ne ratiocine pas sur la valeur morale des héros d'Homère, de Valmiki, de Virgile, de Firdoussi, du Tasse ou de l'Arioste, si ce n'est pour faire des constatations historiques ; on admire plus ou moins le poète, voilà tout.
La même règle sera appliquée aux épigones dont il va être parlé; à leur sujet aussi, on se bornera à quelques observations générales, moins dans un but de critique que dans un but de classification .
(1) Les principaux disciples d'Owen et notamment Wansittart-Néale, Booth, Alger, Flessing, Hanhart, Roume, Baxter, Haslin, Combe, Allen Thompson, Holyoake, Rodrigue, etc., se jetèrent avec zélé dans l'activité coopérative nouvelle. L'idée fit la fortune que l'on sait, mais elle fut bientôt décapitée du but socialiste que lui avait assigné Owen et déclarée un but elle-même. On en revient, les coopérateurs socialistes du Parti ouvrier belge (Anseele, Louis Bertrand, etc.), dont on connaît les belles réalisations coopératives de Gand et de Bruxelles, de même que MM. Charles Gide et de Boyve, le premier éminent économiste, tous deux très méritants coopérateurs français, reprennent la tradition owénienne et envisagent la coopération, non comme étant un but elle-même, mais comme un moyen d'arriver à l'abolition du salariat. Voir sur ce sujet le premier chapitre (Les Coopérations Ouvrières) du deuxième volume du présent ouvrage.