‹ Le socialisme intégralChapitre 72 sur 108 · V. La Morale philosophique dans les temps modernes · texte numérisé non relu

V. La Morale philosophique dans les temps modernes

Le plus justement illustre des moralistes modernes, Emmanuel Kant, a relevé, il y a un siècle, en l'ornant de sublimes devises, le drapeau glorieux du stoïcisme.

Comme les stoïciens, Kant veut que la vertu soit désintéressée ; « autrement on est au marché et non dans la maison de Jupiter. »

(1) Dans un livre trop peu connu : Uchronie, histoire de la civilisation européenne, comme elle aurait pu être et comme elle n'a pas été, Ch. Renouvier fait vivement ressortir ce défaut du stoïcisme. Il suppose que Marc-Aurèle, se reconnaissant meilleur philosophe que sage empereur, a cédé l'empire, à certaines conditions, à son lieutenant Varus. Celui-ci ferme les cirques, abolit graduellement l'esclavage, reconstitue les libertés communales, réforme l'impôt et établit la République. Une Europe nouvelle >naît et se développe. Lorsque les Barbares du nord tentent leurs invasions du cinquième siècle, ils se trouvent devant d'innombrables légions de libres citoyens fortement attachés à leur sol natal en vertu d'un système agraire plus radical que celui des Gracques, et ils sont facilement vaincus et refoulés en Orient. Là, sous l'influence des évêques et des fanatiques chrétiens, les hordes germaniques adhèrent au christianisme qu'elles

Page 1