V. Le Mariage d'après le Code civil
Arrivés à l'époque contemporaine, nous pouvons certes constater — répercussions bienfaisantes du progrès général — d'importantes améliorations dans la situation morale, familiale et sociale des femmes ; mais que d'iniquités, que de servitudes encore dans le mariage, tel que le règle le Code civil !
L'homme funeste de Brumaire qui, malheureusement pour la France et pour l'Europe, présida à l'œuvre législative, qui, sous un tel patronage, ne pouvait que mutiler la pensée généreuse de la Révolution, disait cyniquement devant les serviles robins dont il avait fait ses conseillers d'Etat :
« Un mari doit avoir un empire absolu sur les actions de sa « femme, il a le droit de lui dire : Madame, vous ne sortirez « pas ; madame, vous n'irez pas à la comédie ; madame, vous « ne verrez pas telle ou telle personne, c'est-à-dire, madame, « vous m'appartiendrez corps et âme (i). »
(i) Thibaudeau : Mémoires sur le Consulat.