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CONSIDERATIONS GENERALES

Dans ces conditions, le socialisme, cruellement blessé depuis Juin 1848, dut quitter les voies fleuries du subjectivisme ailé, rayonnant d'espérance et de foi, pour s'acheminer, sous le vent âpre d'inexorables réalités, dans les sentiers obscurs et difficiles de la philosophie de l'histoire et de la science économique.

Certes, il ne s'agissait plus de la conquête merveilleuse des Terres promises, vantées par les nouveaux prophètes ; mais bien plutôt de l'étude des lois qui régissent les phénomènes historiques et économiques, lois qu'il faut connaître, pour agir fortement dans la lutte cruelle et longue pour l'émancipation, pour préparer les victoires prochaines.

Là devait commencer te rôle des philosophes socialistes allemands, qni, après avoir doté la philosophie de l'histoire de fécondes puissances dynamiques, en étaient arrivés au classement dialectique des forces sociales qui déterminent les révolutions politiques et les transformations économiques.

Karl Marx a attaché son nom à cette phase réaliste du socialisme que nous allons tout d'abord caractériser sommairement.

Dans son acception générale et abstraction faite des hétérodoxies qui seront succinctement indiquées dans la dernière partie de ce chapitre, le socialisme contemporain, marqué de la forte empreinte marxiste, repose théoriquement sur l'acceptation de cinq points principaux que l'on peut ainsi formuler :

1'' Le fond tragique de Thistoire est rempli par les mouvements manifestes ou latents, mais incessants, de la lutte des classes.

2® L'organisation technique de la production et ses modifications dominent exclusivement l'organisation et les transformations économiques et, par ricochet, l'organisation et les transformations politiques.

y Le mode capitaliste de production qui a succédé aux formes productives précédentes dites des (Métiers^ et de la (Manufacture, a pour caractéristique vis-à-vis des travailleurs :

a) Séparation opérée entre les producteurs et les moyens de production ;

b) Intensification du travail, rendu en outre plus long.

plus uniforme et plus asservi, sous un directorat anonyme, dans la plupart des cas< toujours inexorable ;

c) Raréfaction, par les perfectionnements incessants du machinisme, par la prise dans la fabrique de la femme et de l'enfant, de la demande des bras sur les marchés du travail, d'où réduction du salaire au strict nécessaire et souvent au-dessous ; insécurité accrue, crises pléthoriques meurtrières, chômages plus longs et plus fréquents :

d) Accroissement incessant de la prélibation capitaliste, ou part de travail non payé, que s'approprie le capitaliste, et transformation de ce nouveau capital en instrument d'exploitation ;

e) Absorption des petits capitaux par les grands et constitution d'une féodalité industrielle de moins en moins nombreuse, disposant arbitrairement de tous les moyens de production.

4*» De cette action dépressive et violente de la production capitaliste résulte un antagonisme aigu entre capitalistes et producteurs directs. Ces derniers, que le mode de production capitaliste a nécessairement agglomérés, favorisant ainsi leur organisation et discipline nécessaires, ne peuvent résister d'abord ; ils ne pourront vaincre finalement qu'en se plaçant sur le terrain de la lutte des classes et en visant premièrement la conquête des pouvoirs publics.

y Le prolétariat victorieux ne pourra remplir sa mission historique (abolition des classes et organisation du travail), qu'en procédant, graduellement ou révolutionnairement, selon les circonstances, a la socialisation des forces productives.

D'après cette donnée, la justice, la fraternité « et autres entités métaphysiques » n'ont rien à voir ave^: le conflit contemporain. 11 s'agit simplement de savoir si la transformation sociale désirée estnécessitée par le développement historique et si elle est rendue

possible par les conditions économiques de la société actuelle. La réponse affirmative est basée sur le fait que nous sommes à un moment cyclique de la guerre des classes. Les temps sont venus pour le prolétariat, quatrième état et dernière classe, de faire son entrée, en souverain, sur la scène du monde, avec mission de mettre fin à la lutte des classes, à l'exploitation de l'homme par l'homme et à toutes les dépressions, iniquités ei souffrances qui en dérivent.

Seulement, pour hâter cet avènement du prolétariat chargé d'instaurer une civilisation supérieure, il faut quitter les sentiers enchanteurs, mais pleins de mirages trompeurs, du sentimentalisme humanitaire ; il convient de se défaire du simplisme métaphysique, qui prend la partie pour le tout, sans nul souci de devenir tendanciel des choses. D'après cela, il tombe sous le sens que le socialisme moderne ne doit chercher ses arguments que dans la science, dans l'histoire et dans une pénétrante analyse du processus économique .

Dans cet esprit, consultée, l'histoire (i) montre au novateur la civilisation oscillant ou se développant sous l'action toute puissante de successives dominations de classes ; la caste théocratique et la caste millitaire se disputent le pouvoir et la richesse, pendant de longs siècles. Puis en Grèce et à Rome, les plébéiens entrent en ligne, arrachent quelques avantages aux praticiens tout-puissants; mais tout s'effrondre après l'instauration du christianisme, suivie des invasions barbares. Prêtres de la religion nouvelle et seigneurs frais émoulus des pillardes hordes germaniques s'entendent pour rapiner en grand ; ils se partagent la domination et l'exploitation des masses populaires asservies, spoliées» et martyrisées, et ils le font avec un inconcevable mépris pour les gens qu'ils pillent et torturent et rejettent en quelque sorte hors de l'humanité (2), comme il fut fait pour l'esclave antique.

(i) Dans la démonstration qui suit, on n'a emprunté au marxisme que l'idée générale ; Tauteur est seul responsable du choix des faits historiques invoqués.

(2) L'évéque Adalbéron, dans un poème latin adressé au roi Robert, ne connaît que deux classes dans la société : les clercs qui prient, les nobles qui combattent. Au-dessous, bien loin, s^nt les serfs et manants qui travaillent, mais ne comptent pas.

Goo

Le nouveau règne des deux classes dominantes dura légalement près de quinze siècles, c'est-à-dire jusqu'à la Révolution française ; il n'en avait pas moins reçu bien des atteintes et subi bien des diminutions dans l'intervalle.

La bourgeoisie ou troisième classe, ou mieux encore le Tiers- Etat, s'était, dès le XI® siècle, par la fondation des premières communes, affirmé comme classe d'opposition et de progrès. Bientôt (i 176) elle fut assez forte pour battre dans les plaines de la Lombardie Frédéric Barberousse, le chef suprême de la caste noble, et pour mettre hors d'atteinte les puissantes Républiques ou Communes souveraines de Venise, de Gênes, de Pise, de Gand, de Bruges, de Brème, de Hambourg, de Lubeck, d'Amalfi, etc., au fureta mesure de leur formation. Assez influente encore fut la bourgeoisie pour arracher de nombreuses chartes communières, soit aux seigneurs, soit aux rois mêmes, en France, en Allemagne, en Angleterre.

En Suisse, les plébéiens héroïques fondèrent contre la féodalité allemande une République si forte par le courage de ses citoyens, que les plus grands royaumes durent rechercher son appui et que c'est elle qui eut l'honneur, en abattant le malfaisant et féroce Charles-le-Téméraire, de porter le coup de mort à la féodalité européenne, déjà lourdement frappée, il est vrai, par les victoires remportées sur les Anglais par Charles Vil, avec le concours de la bourgeoisie française, — concours autrement efficace que celui de l'illuminée de Donrémy, si étrangement surfaite (i).

D'autres triomphes attendent la bourgeoisie, classe ascendante; tous les progrès lui profitent, il n'en saurait être autrement, puisqu'elle est elle-même la personnification du progrès et de la révolution civile, politique et économique qui sera l'aboutissant de révolution commencée.

Au futur avènement de la bourgeoisie participèrent ainsi :

L'invention de Vimprimerie, qui allait briser le pouvoir clérical et émanciper la pensée ;

La découverte de r<i/lmériqiie, par Christophe Colomb ;

La découverte de la route maritime des Indes-Orientales par le

(i) Voir sur ce sujet l'irréfragable version historique d'Ernest Lesigne : La vie de Jeanne d'Arc,

doublement du Cap de "Bonne-Espérance y dû k Vasco de Gama et à Magellan (auparavant tout le commerce de l'Extrême-Orient et des Indes devait prendre la route de Suez, par terre) ;

La découverte de la boussole, qui donna au commerce maritime une sécurité, une promptitude qu'il n'avait pas connues encore ;

La découverte de la poudre à canon, qui mit fin à la prédominance militaire de la noblesse.

Par voie de conséquence, on eut ensuite :

Une plus grande sécurité de la propriété roturière; la destruction des vieux châteaux-forts (ce qui consomma la ruine militaire de la noblesse indépendante) ;

La suppression des lansquenets et des bonimes d* armes, auxquels il ne resta d'autre ressource que de chercher du travail dans les ateliers de la bourgeoisie.

D'ordre plus strictement économique sont les initiatives suivantes également agissantes :

La canalisation des fleuves, le creusement de nombreux canaux, la cottstructioft des grandes routes de communication ;

Les premières applications du système colonial .

Enfin l'accroissement continu de la production industrielle, qui aurait suffi à elle seule a rendre inévitable la révolution politique et sociale future (i).

De tout ce renouvellement, la production et réchange reçurent une impulsion inouïe. L'ancien mode de production (ère des métiers) ne put suffire aux besoins croissants. Par suite donc des nouveaux débouchés et du changement de vie, le métier entouré de privilèges féodaux fit graduellement place à la manufacture ; la bourgeoisie, déjà riche et puissante, s'achemina à la prépondérance, marquée au point de vue écononfiique par lavènement du capitalisme (2).

Les premiers succès furent tels, que dans les républiques

(i) Voyez sur ce dernier point Topinion de deux économistes non suspects de tendances socialistes, H. Pigeonneau : Histoire du commerce de la France ; Th. Funck- Brentano : L'Economie politique patronale,

(2) Comparez K. Marx et Engels : Le manifeste des communistes, Ferdinand de Lassalic : Le programme des travailleurs .

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industrielles, c'est le travail qui fut anobli et l'on alla jusqu'à dégrader la noblesse (i).

Dans les monarchies les plus absolues, la bourgeoisie contraignit le souverain à compter avec elle .

Même mouvement ascensionnel au point de vue intellectuel. Plus hardi que le clergé, comprimé par le dogme; plus studieuse que la noblesse, amollie et domestiquée par la royauté, la bourgeoisie devint bientôt la dépositaire de la science naissante et la propagatrice des idées nouvelles d'émancipation civile et politique.

Ce fut rage héroïque de la bourgeoisie militante, qui venaitde fonder en Hollande un asile inexpugnable de la liberté, — mise en péril par le renouveau de fanatisme et de férocité qui avait suivi les guerres de religion et corrélativement par l'apogée du monarchisme en France. — Aussi bien, lorsque, glorieusement, après l'incomparable XVllI* siècle, la bourgeoisie française, devenue la première du monde, présida à la Révolution de 1789, on put croire qu'elle portait toutes les justices dans les plis de son drapeau tricolore. Et c'est pourquoi les nations acclamèrent la Révolution, c'est pourquoi le peuple français s'y jeta d'un tel élan, qu'avec lui le Tiers-Etat put briser, comme verre, les résistances monarchiques de toute l'Europe. Le résultat fut de livrer, en droit et en fait cette fois, le gouvernement du monde à la classe bourgeoise d'Occident et, par voiede conséquence, d'ouvrir toute grande l'ère du capitalisme.

Mais si elle apportait la liberté politique et l'émancipation civile, la nouvelle classe dominante ne voulait rien moins que la justice économique. Maîtresse du marché mondial, souveraine de l'industrie, détentrice du pouvoir politique, elle n'eut rien de plus pressé que de s'octroyer des privilèges de classe et de faire, c'était dans la logique des choses, de \2i propriété capitaliste \t pivot de la nouvelle organisation sociale, comme la propriété féodale avait été le pivot de la société du Moyen-Age » (2).

(1) A Florence, le titre de noble ou de grand fut un moment réputé infiamant et il entraînait la perte des droits politiques. On l'infligeait comme punition aux délinquants. En 1795. dans plusieurs districts de la République, on imita les procédés florentins, et certains paysans, traîtres à la cause de la Révolution, furent, par punition et en signe d'infamie, déclarés nobles par les sections révolutionnaires, jugeant en dernière instance.

(2) Ferdinand de Lassalle : Op, citata.

Daiis la lutte révolutionnaire, le Prolétariat ou Quatrième Etat s'était affirmé, ce qui ne pouvait surprendre personne. Classe nouvelle, mais déjà forte cependant, le Quatrième Etat avait donné signe de vie, depuis le XV« siècle, par les organisations compagr^oniques opposées aux jurandes patronales et par des grèves significatives, à partir de la même époque. Au XYIII® siècle, les grèves furent si fréquentes et si importantes que, fait peu connu, on crut, en 1750, que le siècle des Encyclopédistes et du philosophisme s'appellerait le siècle des revendications ouvrières,

Qiiand vint la grande bataille pour l'affranchissement civil et politique, les deux classes montantes s'unirent spontanément contre l'oppresseur et contre le spoliateur.

Nous voyons même que le prolétariat naissant accepta si bien le rôle de soldat de la bourgeoisie que, pour délivrer celle<i de toute crainte de la part du roi, il prit et rasa la Bastille, dans un admirable élan d'héroïsme.

Mais que peu de gré lui en sut la bourgeoisie triomphante et bénéficiaire ! Le 24 juillet 1789, dix jours après la prise de la formidable citadelle du despotisme royal, les représentants de la municipalité de Paris publièrent un arrêté prescrivant que l'imprimeur serait responsable lorsque les brochures et les feuilles volantes seraient rédigées par des écrivains sans moyens d'existence connus.

Aux yeux de ces étranges bénéficiaires de l'héroïsme populaire du 14 juillet, « les écrivains ayant des moyens d existence notoirement connus devaient jouir seuls de la liberté de la presse si récemment conquise ! La propriété apparaît ici comme condition à la liberté de la presse, elle est de même chargée de répondre de la moralité d'un écrivain (i). Affirmation éloquente des tendances exdusivistes de la nouvelle classe dominante . « Le Tiers-Etat doit être tout» avait ditSieyès. On s'empressait de réaliser le programme.

A ce fait s'en ajoutèrent d'autres, tels que la loi Chapelier de 1791 contre les associations ouvrières, prohibant formellement aux ouvriers de « s'unir sous quelque forme que ce soit pour la défense de leurs prétendus intérêts communs ».

(1) Lassalle : Op, citata.

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Un moment, en 1793, le quatrième Etat eut la haute main sur le gouvernement. Ce ne fut qu'une heure de rêve ; après la défaite qui suivit les excès de la Terreur, la bourgeoisie reprit le pouvoir et la violence de la réaction fut soulignée par le heurt sombre et tragique de Prairial.

Sous le Consulat et sous l'Empire, profitant habilement des instincts rétrogrades de Bonaparte, la bourgeoisie se fit octroyer la Baftqtie de France et les (Mines gages superbes de sa future royauté économique. Obéissant aux mêmes préoccupations, par ses Portalis, ses Cambacérès, ses Treilhard, elle fit glisser dans le Code civil l'article 1781 (le patron cru sur sa simple affirmation contre l'ouvrier dans les questions de salaires) ; dans le Code pénal, les articles 414, 415, 416 contre la coalition ; d'autres prescriptions du même genre, telles que la destruction du suffrage quasi universel de 1793 et de l'établissement du cens électoral, si bien que, les vexations policières concernant le livret, « cette mise en carte de la classe ouvrière » (i), aidant, le prolétariat se trouva légalement subordonné à la bourgeoisie sur le terrain politique comme sur le terrain économique et, de la sorte, il fut livré sans recours à l'exploitation capitaliste la plus arbitraire et la plus dépressive.

Le caractère agressif, contre la classe ouvrière, des lois susindiquées, est si manifeste que même Jules Simon, qui mêle tant de fiel réactionnaire et tant de sophistique bourgeoise à l'exquis miel attique qu'il a rapporté de ses fréquentations platoniciennes, a confessé ici l'évidence et avoué que les dispositions légales précitées eurent pour conséquence « de remplacer Varistocratie par la ploutocratie ». « Personne, dit-il, n'eut la conscience bien nette d'une pareille usurpation ». (2)

Nous ne croyons pas à tant d'innocence.

En 1830, victorieuse, grâce encore à l'héroïsme populaire, la bourgeoisie s'admira dans un roi, homme d'affaires, avare, rapace, étroit, ennemi des traditions révolutionnaires, hostile au progrès, réfractaire même à tout ce que la tradition monarchique

(i) Expression de Jules Guesde.

(2) Jules Simon : ia Liberté civile.

avait pu garder de chevaleresque ; en somme, véritable roi propriétaire : la bourgeoisie capitaliste faite homme.

Sous, un tel chef, ce qu*ily avait encore d'honnête dans la classe bourgeoise fut écarté avec les LafFitte, les Lafayette, les Dupont (de l'Eure), fut persécuté avec l'héroïque parti républicain qui allait, au prix de son sang, tenter d'arracher la France aux harpagons. Alors vinrent, tour à tour, les Casimir Périer, les Guizot, les Thiers, les Mole, les Dupin, ks Dufaure, les Pasquier, les Soult, les Duchâtel, les Gisquet, les Delessert, tous les loups-cerviers de la caste .

Le cens fut maintenu, le cautionnement des journaux porté de 48,000 à 200,000 fr., parce que, avoua cyniquement Guizot, on aurait ainsi une <c garantie destinée à prouver que les hommes « qui entreprennent un journal font partie d'une certaine classe « de la société.» (i) On n'est pas plus impudent.

Les prolétaires répondirent par l'insurrection ouvrière, un moment triomphante, de Lyon (novembre 1831), et les révolutionnaires, par les nombreuses insurrections successives de 1832 a 1839.

Enfin le moment vint où le prolétariat parisien ouvrit par la conquête de l'égalité politique, matérialisée dans le suffrage universel, des voies libératrices jusque là inconnues à la classe ouvrière de toute l'Europe (2).

Pour être moins politique, moins révolutionnaire, la guerre entre Bourgeoisie et Prolétariat ne fut pas moins vive en Anglegleterre; elle y était à l'état aigu en 18 10. On le vit bien en 181 1, lors des émeutes luddites de Nottingham ainsi que des principaux centres manufacturiers et miniers du Royaume-Uni. La lutte aboutit k la conquête, en 1824, du droit d'association sur la bourgeoisie dirigeante.

Celle-ci vota, par représailles, la dure loi de 1834 contre les pauvres. Triomphe de Malthus qui fit mourir de désespoir le vieux Godwin, le glorieux auteur de la Justice politique. A son

(i) Louis Blanc : Histoire de dix ans,

(2) «La ]>ério<le historique du Quatrième Etat a été ouverte le 24 février 1848, jour de la proclamation du^ suffrage universel par le gouvernement de la deuxième république française.» (Ferdinand Lassalle: Le programme des travailleurs).

Goosle

tour le prolétariat anglais répondit par l'agitation victorieuse pour les lois de fabrique et par le formidable mouvement chartiste, qui fut inauguré sous le patronage de l'illustre Robert Owen et ne disparut que pour faire place à la période des grandes grèves — véritables luttes économiques de classes — qui, sous le directorat des Traders Unions, dure encore. Depuis le grand Congrès International de Paris en 1 889 et la célébration annuelle qui y fut décidée du i®»" mai, ce mouvement, affirmation irrésistible du Quatrième Etat, tejid à devenir international.

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