SE LA PORTÉE DU SYSTÈME ALÉATOIRE
Il est nécessaire à peine d’insister sur les conséquences inhérentes au principe de notre système.
Ces conséquences se déduisent d’elles seules, du moins pour les esprits qui s’arrêteront à l’examen du jeu de nos contre-poids.
Depuis un temps immémorial, parmi nous, le crédit n’était guère autre chose que la faculté de s’endetter, et rien de plus. Les générations antérieures, en se succédant, ne
sont que trop entrées à tour de rôle dans cette voie qui les conduisait par l’expropriation au morcellement et à la famine.
A ce triste système quelques familles en opposaient un autre non moins déplorable , celui de l’accumulation mystérieuse des économies , lesquelles , entre leurs mains et presque toujours dans l’ombre, servaient tant bien que mal à des spéculations timides, entachées généralement du reproche d’usure.
Le vrai crédit, que nous ne connaissions plus, et l’économie normale qui devient un de ses auxiliaires, se reconcilient dans l’établissement de notre système.
L économie, en face des bases que nous proposons, rentre dans le champ des spéculations franches.
Le crédit redevient par la même occasion la faculté certaine pour chaque père de famille d’amortir intégralement sa dette.
L’équilibre de la circulation se rétablit.
Deux négations se rapprochent et se détruisent à la fois dans une affirmation logique.
L’usure, trop élevée, s’abaisse, et le travail , trop déprimé, se relève.
Il s’ensuit que l’agriculture, aidée par le privilège de sa position à se servir tout d’abord de l’instrument du crédit aléatoire, prend aussitôt les devants sur l’industrie , qui, désormais, ne marche plus qu'au second rang.
Et, ce qui n’est pas moins nécessaire, de .
l’aveu commun, il s’ensuit qu’à l’avenir l’industrie règle son pas sur les pas de son chef de file naturel.
En dehors de la prépondérance politique du chef de famille on chercherait vainement une solution équivalente, et nous avons été les témoins de mille efforts dépensés à lapoursuite de cette victoire.
Dans nos vues, le père (de famille devient le pivot, le régulateur de la société.
Trente millions de voix dont on faisait pleinement abstraction dans le régime censitaire forment l'appoint vigoureux de sa prépondérance au scrutin , dans l’intérêt delà Republique et de sa longévité.
A l'avenir; la prudence paternelle mesure
Dès lors le père de famille est mis en mesure de faire lui-même crédit à l'avenir , c est-à-dire de se rassurer, de reprendre courageusement ses opérations et ses entreprises, d’oser en6n tout ce qui lui sera loisible
ou favorable aux siens, à la faveur des garanties de fait dont le sentiment incontesté de sa prépondérance le rendra plus librement dépositaire.
Un nouvel horizon s’ouvre pour lui et les
Le remboursement aléatoire,
C’est la reconstitution du patrimoine.
Comme la préoccupation du sort des enfants est l’âme de nos entreprises,
Comme c’est à l’exaltation sérieuse du sentiment paternel que s’adresse la banque du crédit territorial,
Nous verrons bientôt le travail se déchaîner de toutes parts,
Et chaque point du territoire devenir le centre d’une spéculation nouvelle.
Le remboursement aléatoire est le plus vigoureux des stimulants :
Il relève le courage abattu ;
Il nous mène à laconquêteintégraledu sol;
Il abouties terres incultes;
Il défriche les landes et bat monnaie' de toutes parts J
Il fait disparaître l’expropriation, cette plaie de nos civilisations modernes;
Il rétablit l’équilibre entre la population des villes et des campagnes ;
11 organise le travail, qui se partage dès lors entre l’agriculture et l’industrie;
En un mot.
Par lui nous sortons de l’anarchie pour entrer dans l'ordre.
Et nos enfants diront, après nous, de nos moindres contrées, ce que l’on disait autrefois du bassin de la Loire.
Trois points de vue résument cet aperçu.