Sous nous en servons par-analogie
C’est-à-dire que unVsérieTe
Sus dTve^uL" quivoques en France depuis que
capitaliste, comme contre -maître, et du manœuvre, comme.assembleur, à titre d’intermédiaire commun et de foyer de rapports entre l'un et l’autre- .
Mais l’abstraction pure n’est qu’une méthode de l’esprit pour l’éclaircissement des apparences.
l’hïpo'.hèquc el l’usure, la dépréciation et l’expropriation forcée sont à la porte de tant de propriétaires, dont le litre se trouve à peu prés üctif par ce fait.
Le locataire, le fermier, le contre-maître, l’entrepreneur, rentrent dans la catégorie du tenancier.
Le mot de tenancier résume et réfléchit pour nous la condition intermédiaire que nous rencontrons incessamment entre la condition du capilaliste et la condition du manœuvre.
Par cet avertissement, nous répondons aux critiques des gens scrupuleux.
3». Nous avions besoin d’une formule dont la précision servît de type pour tout le reste.
Entre deux extrêmes, il est de rigueur que l’on se serve d’un terme moyen.
Dans le menu détail de la vie pratique, tous, tant que nous sommes, nous participons plus ou moins de deux de ces conditions spéciales et distinctes. En fait, les nuances paraissent très rarement aussi tranchées; la plupart du temps, elles se mêlent dans des proportions quelconques, et forment des mixtes où les tons contigus pactisent plus ou moins entre eux, discordent ou s’accordent, sont plus ou moins fondamentaux ou dominants.
Le capital et le travail, que chacun se propose aujourd’hui d’associer, ne peuvent,—ni plus ni moins que le feu (par eiemple) et l’eau, moteurs obligés de l’industrie moderne, — se rapprocher entre eui qu’iilafa • venr d’un moyen de rapport, qui, dans notre comparaison , ne serait autre que ia machine.
La machine, ici, joue le rôle du tenancier.
Entre ces deux éléments, qui se détruiraient par leur contact et dont l’association est cependant indispensable , la machine sert d’intermédiaire et de diviseur commun. Elle oppose un obstacle aux conflits et sert de trait d'union dans un avantage réciproque.
C’est là ce que notre mot de-tenancier caractérise.
Disons-ie, par précaution oratoire : il ne faut pas non plus se faire d’équivoques sur la nature de la propriété capitaliste. La tra- . duction de ce mot de propriété est multiple.
Ce mot comprend des catégories de valéurs:.
fort diverses.
Quoi qu’il en soit des valeurs qui s’énumèrent sous le même chef et dans la même accolade, le capitaliste (en dehors du domaine de l’abstraction) peut toujours être tenancier; mais il n’est jamais manœuvre. Le manœuvre n’est qu’exceptionnellement tenancier.
Le tenancier seul est quelquefois capitaliste, quelquefois manœuvre.
Sur ce pied, chez chacun de nous, dans, tel ou tel temps donné, telle ou telle nuance domine telle autre. Les voies qui mènent aux diverses conditions sociales ne sont sans doute, ferméesà personne; chacun peutailerplus ou moins aisément de tel à tel degré, et, tour à tour, en effet, des individus les escaladent etdans tous les sens, mais les uns à leur détriment, les,autres. à leur avantage, et. tout
le monde ne peut pas être à la fois capitaliste, manœuvre et tenancier.
Cette impossibilité constitue le fait social.
Sans cette solidarité providentielle entre les trois conditions indéfectibles dont le tenancier est l’axe, dont le capitaliste et le manœuvre sont tes pôles extrêmes, la société tomberait en poussière. Leur union reste forcée pour leurulilité réciproque, quoique leurs rôles soient différents. La société seule en est la récapitulation intégrale.
C’est en cela que l’on a pu dire avec une haute raison que le capital, le travail et le talent sont associés virtuellement depuis le commencement du monde, quoiqu’ils ne fassent pas toujours bon ménage.
Rêver l’uniformisation de ces trois forces, travailler à la solidarisation de ces trois conditions sociales au seul profit et pour le compte particulier de chaque individu, c’est
fout simplement vouloir créer autant de Ro* binsons et d’îles désertes.
On ne réfute pas une telle conclusion, il suffit de l’exprimer.
Déterminons maintenant le rôle personnel de chacune de ces trois conditions sociales dans leur rapport avec le crédit.
Bien n’est plus simple :
Le capitaliste dispose des valeurs qui sont l’objet même du crédit, et le manœuvre n’en profite que par l’intermédiaire du tenancier qui en a besoin.
' Cette harmonie ne peut être changée.
On substituerait, comme on le propose aujourd’hui, l’Etat au capitaliste, et l’association au tenancier', que la règle ne varierait pas vis-à-vis du manoeuvre.
Ce serait jouer sur les mots, déménager-
pour déménager, passer par le différent pour arriver au même.
Les trois personnalités que dégage notre thèse ne changeraient dans leurs, apparences qu’aux yeux des gens qui se laisseraient séduire, par la prestidigilatiqn des, mo.ts, et qui s.e. garderaient bien d’aller au fond des choses.
L’association, à proprement parler, est dans le tenancier, que tour à tour,—au point de vue de l’accident,—on appellera propriétehe, petit, propriétaire, fermier, chef d’a-, telier ou contre-maître. La dénomination n’y fait rien. C’est à la personne du tenancier qu’en dernière analyse le crédit s’adresse indivisiblement, soit que , pour des. motifs à juger en dehors de la thèse, le tenancier, de- Vçn,u responsable du capital, admette le mapœ.uyre.en participation, soit que cette participation s’escompte à la faveur de la, convention du salaire ; double façon d’agir, indifférente aux yeux de la liberté d’action, lacultalive a priori, et dont tout au moins,
selon les temps, les inconvénients et les avantages se balancent.
Dans sa pins simple expression, l’ordro général entre les relations communes n’ofifre ni rien de plus, ni rien de moins, quelque métamorphose que l’on prétende lui faire subir. On n’en retranchera pas un terme. Il est également impossible d’en imaginer un autre au delà.
Le quatrième terme de cette règle de proportion sociale ne saurait en être que l’unité.
Où eette analyse nous conduit-elle ?
Au dégagement de la condition du tenancier, responsable du crédit qui le concerne essentiellement, par exclusion (sous ce dernier point de vue ) du capitaliste, qui dispose des objets du crédit, et par exclusion du manœuvre, qui n’en dispose pas, et qui n’en est pas responsable quoiqu’il en soit passible.
ÎY
BC TENANriER VIS-A-VIS DU CRÉDIT,
‘ Nous avons exclu , — dans nos dernières' considérations,—le capitaliste qui peut faire' l’offre des valeurs qui forment la substance du crédit, et le manœuvre, qui, dans les limites spéciales de sa condition, ne peut en faire la demande.
Ces exclusions simultanées nous ont raison face du tenancier, dégagé momentanément de ces deux extrêmes.
Nous avons, de plus, affirmé précédemment que le crédit n’était que le résultat d’une'
situation donnée, publique ou particulière, politique ou domestique , et qu’il ne saurait en être autre chose que l’expression tarifée, l'étalon d’estime.
Essayons de faire l’application de ces axio-
Examinoiis d'abord le rôle du tenancier pris en lui-même,élémentairement en quelque sorte.
Ensuite nous le jugerons dans telle ou telle situation donnée, accidentelle, en France, par exemple, à l’heure qu’il est,
. Le rôle essentiel du tenancier, en quelque Ken que ce puisse être de notre mappemonrde, tient la place que l’on assigne communément dans les théories modernes à l’organisation du travail. Le tenancier en est le pivot, la cheville ouvrière et l’âme , n’importe l’industrie spéciale à mettre en cause, mais en cédant toutefois les honneurs du pas à l'industrie de la terre, qui fournit les matières premières en tout genre (minéraux, vé-
gètàux, animaux). La tenancier, économiquement parlant, é’est l’exploitation même én personne, c’est la terre à mettre eii friche, le chantier vivënt, l’indispensable àlblier de la production.
Faites abstraction du tenancier, l’organisation entière du travail disparaît.
Atteint dans la personne du tenancier, l’ènsemble du champ social se métamorphose en champ de guerre. Tout h ta fois le capitaliste et la théorie restent stériles; le manœuvre et la pratique sont paralysés. Si le tenancier ne les rallie, leur division persiste et s’exagère. Plus d’entente dès qu’on le supprime, ou s’il en règne une elle est mensongère, ou s’il en arrive une, c’est pour des conflits et des collisions. Son chaos est le leur; son équilibre est leur salut, son foyer leur lien de rapprtfchement et d’entente cordiale.
• La question, ainsi dégagée et mise en liimière autour du tenancier, seréduità savoir ce qu’il est par lui-mêmé en France maintenant vis-à-vis de l’état et vis-à-vis dè la
population, non moins que dans sa situation domestique et privée , où , logiquement, les dissensions et les accords extérieurs tendent à se reproduire, puisque (ainsi que nous l’avons dit), il en est la résolution et l’intermédiaire.
Au total, la situation de ses relations sous ces divers aspects sera l’expression même et le résumé de son crédit.
Tant vaudront ses rapports, tant il vaudra lui-même sur ce point.
Nous avons rais en relief la double importance du tenancier entre le capitaliste et le manœuvre.
11 est à peu près superflu de nous suivre dans cette lecture, si nos prémisses ne sont pas admises.
Fidèle à notre point de départ, nous considérerons le tenancier tant vis-à-vis de la constitution politique de la France que visà-vis des dispositions actuelles de la multi-
lude, et, surtout, vis-à-vis de sa propre situation intérieure, car c'est ou ce doit être dans sa famille que se trouvent ses premières charges et ses auxiliaires naturels, et si ses auxiliaires le renient, il sera bien près de renier ses charges.
Nous nous demanderons enfin ce que le passé lui a légué, soit en bien, soit en mal; ce qu’il doit et ce qu’il peut sérieusement se proposer pour l’avenir, et ce qui compose actuellement l’inventaire de ses forces positives pour seconder ses plans, s’il en a.
De cette triple situation, neltemont établie, peut-être nous-même dégagerons-nous l’œuvre à laquelle il importe, tant aux capitalistes qu’aux manœuvres , c’est-à-dire à l’état, au pays et à sa propre famille enfin, que le tenancier se voue avec résolution.
Cetteœuvre enfin devra nous donner, avec la notion de ses ressources et la formule claire de sa portée, ses stimulants personnels et ses moyens particuliers d’exécution.
DE U SITUATION Dü TENAKOER EN im.
Quoique providentielle à tous égards, com* me nous nous réservons d’en donner la preuve, la révolution de 1848 ne paraît pas encore avoir eu jusqu'à présent la conscienee claire de sa tâche.
Nous ne révoquons nullement en doute sa légitimité, car nous croirions commettre un blasphème.
Nous ne jugeons que les actes, et nous voulons la devancer dans les vues qu’elle doii
poursuivre; c’est à ses instincts que nous empruntons volontiers des lumières.
Avant 1848 , depuis le moyen âge, grâce à la centralisation administrative, le capitaliste s’était progressivement emparé de la prépondérance politique, et faisait loi.
L’histoire de nos derniers siècles témoigne de ce fait, contre lequel on a protesté par trois révolutions.
Depuis 1848, te manœuvre, incertain dans son action, que rien ne rallie et qui ne saurait prendre corps, l’emporte manifestement au scrutin par ses nombres.
Mais le morcellement de ces nombres entre mille et une théories fait sa faiblesse relative.
A son tour, le manœuvre tient l’essor industriel et le crédit en état de siège.
- €e qu’il y a de plus sensiblement énergi- •
que dans la pression que le manœuvre exerce en ce moment sur la respiration sociale est précisément, à la vérité, ce qui nous garantit la fin la plus prochaine de la crise.
La situation est trop tendue pour se prolonger indéfiniment.
La raison a plus vite raison dans les temps d’extrême nécessité : l'adversité réduit les hommes au hon sens.
Dégagé de l’arbitraire excessif du capitaliste, le tenancier se trouve aujourd’hui sous l’arbitraire excessif du manœuvre.
Et cependant le tenancier, tant à leur profit qu’au sien, a besoin que pas un d’eux ne s’écarte du niveau dont il est le foyer régulateur.
C’est à son propre niveau qu’il doit les ramener simultanément.
L’égalité, qui fait, k bon droit, le.fond
des postulations les plus nombreuses, ne rè* gne pas plus aujourd’hui qu’elle ne régnait hie^eDt^0 ces trois éléments; et,tour à tour, les deux extrêmes se sont compromis en compromettant l’un après l’autre la position de leur intermédiaire commun.
Tel est le vice de la situation du jour.
Il se résume en deux contrastes, dont le premier terme ne pouvait se corriger que par des révolutions, dont le second ne demande absolument que de la logique.
Nous avons passé de l’individualisme du cens, où la propriété tenait lieu de principes, au cens de l’individualisme, tenté de ne demander ses inspirations qu'à la force.
Il importe ici de mettre en lumière que l’élément de la famille, porté jusqu’aox nues par ceux qui le tiennent en échec depuis plus de deux cents ans, et mis ea suspicion à ce titre par leurs adversaires, qui devraient s’ea faire sérieusement une arme, ne.figure
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que comme une lacune immense, dans l'in- Tenlaire du suffrage universel, base politir que du pays.
Suffrage universel., sait! Voilà le moti Quand reyendiquerons-=nous la chose ?
11 s’agit, en y regardant à fond, de vingtcinq millions de voix de moins dans l’apppint de nos destinées républicaines.
Mineurs, femmes et absents comptent dans la réalité, sinon, dans le scrutin.
N’en fait-on pas trop bon marché de part et d’autre dans les camps extrêmes ?
Il faut le dire , c'est, par cet élément, qui stim.ule avec un,e égale énergie le capitaliste sérieux et le manœuvre; sincère, que, en France et dans les civilisations modernes, to.us , tant que nous sommes,, nous participons du tenancier.
Le capital et le. travail, pris dans lairéali-
té de leurs tendances réciproques, n’ont souci de s’alimenter, en effet, qu’en vue de satisfaire aux besoins de la famille, dont le groupe, socialement considéré, se résume tout entier dans son chef, chargé nécessairement d’être le soutien de la vieillesse et de l’enfance.
En tant qu’il est dans l’obligation permanente d’agir au profit des siens, et d’agir par le capital sur le travail, —