‹ Le socialisme & le congrès de LondresChapitre 14 sur 15 · UNION FÉDÉRATIVB DU CENTRE · texte numérisé non relu

UNION FÉDÉRATIVB DU CENTRE

A nos camarades syndiqués, Citoyens, Nous prenons la liberté d'appeler votre attention sur le Con-

grès international de Londres qui est proche, parce que, selon nous, il comporte, pour les Syndicats ouvriers, une question primordiale : la Grève générale.

Les professionnels de la politique ne cachent pas leur intention de s'emparer de ce Congres pour le faire tourner au profit du parlementarisme.

Aujourd'hui, l'on veut opposer aux Congrès ouvriers, des Congrès de députés qui donneraient, en directeurs, la marche à suivre au Prolétariat tout entier, et qui subordonneraient l'émancipation des travailleurs à l'action purement politique, en laissant de côté la question économique qui seule peut captiver l'attention du monde du travail.

Vous ne vous laisserez pas égarer par des citoyens dont la situation particulière est au-dessus de l'intérêt général. II appartient aux Chambres syndicales, aux groupes corporatifs, de ne pas faire le jeu des politiciens, et de discuter froidement quels sont les moyens les meilleurs, les plus prompts, pouvant amener des résultats en notre faveur dans le système économique qui nous étreint.

La conquête des pouvoirs publics ne donnera jamais que des résultats inefficaces et n'est pas le seul but à atteindre.

Camarades,

Réfléchissez aux Congrès corporatifs futurs; envisagez la situation que veulent vous créer les politiciens qui ont la prétention de diriger le mouvement ouvrier.

Vous prendrez garde au danger que nous vous signalons, et vous affirmerez de nouveau que la Grève générale est le seul moyen pour arriver à une transformation économique pour le bien-être de l'humanité tout entière.

Du reste, les incidents qui résultent des conflits économiques indiquent que, malgré l'opposition, parfois violente, qui lui est faite, la Grève générale se présente comme la seule arme à laquelle le prolétariat, une fois organisé, puisse demander son émancipation. Les défaites éprouvées par les grèves partielles, les u lock-out » patronaux, en forçant les ouvriers à agir sur un plus vaste champ, indiquent aussi que l'heure de la « guerre des bras croisés » ne tardera pas à sonner, et que le monde du travail doit faire appel à toute son énergie.

Nous n'insistons pas, car vous avez certainement compris que

votre devoir est de vous faire représenter au Congrès de Londres, soit effectivement, soit par le délégué d'un autre groupement, pour signifier par votre vote l'idée nette d'écarter à jamais les « divisionnistes » du prolétariat en venant vous prononcer pour la Grève générale, qui sera le facteur de la vraie Révolution sociale.

Vive l'émancipation des travailleurs par les travailleurs euxmêmes!

Recevez, camarades, nos fraternels saluts.

Le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire.

Note 33. — Le comité fédéral décida que la journée de 8 heures ne devait être acceptée et soutenue qu'à titre de formule. Il se prononça pour la suppression des armées permanentes et la grève des socialistes. Au lieu de préconiser l'interdiction des immigrations, le congrès doit recommander le développem.ent des associations professionnelles et l'entente entre elles pour que leurs membres ne travaillent qu'au tarif syndical du pays où ils se rendent. Le comité refusa d'examiner la politique coloniale. Au sujet des conflits entre le capital et le travail, il préconisa les grèves et aussi « le mauvais travail », la résistance à la mauvaise volonté ouvrière... Le comité estima qu'il n'est permis à personne d'imposer un credo. . . « Le citoyen Ferdinand Guérard, représentant la Bourse d'Amiens, flétrit la campagne d'ostracisme que Liebknecht avait faite à Londres contre les communistes libertaires ». Il demanda l'admission sans distinction d'école, ce qui fut voté. Le comité fédéral prit ces décisions dans les séances des 8, 22 mai et 5 juin 1896.

Note 24. — A titre documentaire et comme spécimen nous donnons in extenso le rapport de la commission executive de la Bourse du travail de Nantes au sujet du congrès de Londres.

Citoyens,

Ne voyant nullement la nécessité de refaire à nouveau l'historique des congrès, votre commission executive vient vous demander purement et simplement l'adhésion de la Bourse du travail au congrès de Londres.

Certains bruits ayant couru que les organisateurs du congrès entendaient y faire de l'exclusivisme en n'admettant que les délégués d'une certaine école socialiste, nous demandons que vous affirmiez une fois de plus vos sentiments d'union et de solidarité en repoussant les discussions de personnes et d'écoles qui nuisent à l'unité d'action des militants, de ne point reconnaître parmi ceux-ci les individualistes qui obéissent à des intérêts égoïstes et bourgeois, défendent l'intérêt particulier au détriment de l'intérêt général et de l'humanité, sont hostiles aussi bien à l'action économique qu'à l'action politique et s'opposent à tous les mouvements d'ensemble qui seuls peuvent faire triompher notre cause.

De repousser également tous les perturbateurs ou agents de désorganisation à quelque parti qu'ils appartiennent ou prétendent appartenir, leur seul but étant de faire échouer les congrès et de stériliser les etforis des militants.

De n'admettre la discussion au congrès que sur le terrain économique, en y écartant la politique qui a toujours jeté la division dans les rangs du Parti Ouvrier.

Ceci dit, nous aborderons les questions à l'ordre du jour.

1° Guerre et arbitrage.

Sur cette question, la Bourse du travail de Nantes se déclare contre toute guerre offensive, qui n'a pour but que la lutte des intérêts de capitalistes qui n'ont qu'une patrie, celle qui leur rapporte les plus gros dividendes.

Se déclare partisan de conseils d'arbitrage pour régler toutes les questions économiques qui peuvent être soulevées dans le régime actuel.

Affirme son principe de l'union internationale des travailleurs et proteste contre les massacres continuels de Malgaches, d'Indiens, de Dahométans, de Tonkinois, etc.

2° La journée de huit heures.

Cette question a été assez traité» pour que nous n'ayons pas besoin d'y revenir de nouveau.

Nous maintenons la résolution suivante : Journée de huit heures : minimum de salaire.

So Le travail des enfants.

S'en rapporter entièrement aux décisions des congrès corporatifs qui demandent l'interdiction du travail aux enfants avant l'âge de seize ans et afin d'éviter les réclamations qui, à première vue, paraissent entièrement justes, la Bourse du Travail demande comme corollaire que les veuves et orphelins soient mis à la charge de la commune.

4° La question agraire.

La Bourse du Travail ne saurait s'en désintéresser, mais elle laisse le champ libre à la plus large discussion à cette question qui intéresse un nombre considérable de travailleurs, mais elle affirme que l'union des travailleurs des villes et des campagnes est une chose absolument faite par les nécessités de la lutte pour l'existence et par les besoins de lutter contre l'exploitation capitaliste.

b^ Le travail aux pièces.

Suppression totale dans toutes les branches de l'industrie.

6° La politique coloniale.

Cette question est entièrement rattachée à la première.

7° Les conflits entre le capital et le travail.

Ces conflits ne disparaîtront que par la suppression complète, non ptiS des hommes, mais du capital argent, par son remplacement par le capital travail, et, comme corollaire, la socialisation des moyens de production et de consommation, qui supprimeront les luttes entre exploiteurs et exploités.

Il est une question que nous regrettons de ne pas voir traiter au congrès, c'est celle de la grève générale: mais comme, certes, elle sera certainement soulevée par quelques délégués, nous vous demandons également d'affirmer à nouveau votre entière conviction de la nécessité de la révolution des bras croisés, la seule arme à laquelle le prolétariat, une fois organisé, puisse demander son émancipation.

Le citoyen Hamon, de Paris, qui est connu d'un grand nombre d'entre nous, nous ayant offert de représenter la Bourse du Travail au congrès de Londres, et avec un mandat impératif, nous croyons devoir vous proposer d'accepter cette offre, toute de désintéressement.

ET LE CONGRÈS DE LONDRES 2l3

Nous vous demandons donc, citoyens, de bien vouloir sanctionner, par un vote, les de'claraiions ci-dessus, et à désigner le citoyen Hamon comme délégué de la Bourse du Travail de Nantes au congrès de Londres.

Nantes, le i3 juillet 1896.

Les Membres de la Sous- Commission, Denis, Isambart, Colombe, Lebreton,

TULÈVE.

Note 25. — Voici cette résolution :

La Fédération du bâtiment, ayant pris connaissance de la circulaire du comité d'organisation du congrès international ouvrier de Londres, notamment du paragraphe annonçant que les délégués n'y seraient admis qu'autant qu'ils représenteraient des organisations préconisant l'action politique et parlementaire pour la conquête du pouvoir politique ;

Considérant qu'il n'y a rien à attendre des pouvoirs publics, quelle qu'en soit la composition, le propre du pouvoir étant d'avoir des intérêts opposés à ceux des travailleurs;

Que l'action des traxsailleurs organisés économiquement ne peut être que révolutionnaire et avoir pour but,-,non la conquête du pouvoir au béiiétice d'un parti, mais l'émancipation intégrale des travailleurs de tous pays:

Que laissant les partisans de la conquête des pouvoirs publics libres de suivre telle tactique qu'il leur plaît, elle entend qu'il en soit fait de même à son égard ;

Que l'ostracisme est la négation du but auquel doivent tendre les congrès internationaux, lesquels doivent être l'émanation, non de partisans, mais de travailleurs libres ;

Regrette que les organisateurs du congrès de Londres ou leurs mandants aient cru devoir recourir à des mesures d'exclusivisme contraires aux intérêts véritables du prolétariat universel ;

Et émet le vœu que le congrès, maître de statuer sur les admissions, prononce indistinctement celle de tous les délégués régulièrement mandatés par des organisations ouvrières réelles, sans acception d'école.

Pour la Fédération du bâtiment et par ordre : L'un des secrétaires, L. RioM.

Note 26. — Au sujet de cette somme votée par le conseil municipal, il y eut des incidents suggestifs et peu connus. La demande avait été faite d'abord par un groupement à tendances sociales-démocrates. Il demandait 1 5,000 francs, paraît-il, et pour envoyer huit délégués. D'autres syndicats, à tendances du P. O. S. R. craignant, dit la rumeur publique, qu'il ne se servît de cet argent pour permettre à des groupes du P. O. F. d'envoyer des délégués, firent à leur tour, au nom de 66 syndicats (Union des syndicats du département de la Seine) une demande de io,ooo francs pour 5o délégués. La Commission du travail du conseil municipal perçut l'antagonisme des groupements et sans doute aussi la tentative d'accaparement du premier groupe. Aussi il vota 10,000 francs qui devaient être remis à la Bourse du Travail de Paris et partagés entre les syndicats légaux ou illégaux, adhérents ou non à ladite Bourse. La décision du conseil était fort large. Les syndicats se réunirent à la Bourse et ne s'entendirent pas, d'abord, chaque adversaire craignant d'être trompé. Enfin le tirage au sort, sur une liste dressée d'accord de 80 syndicats, croyonsnous, fut décidé. Il n'y eut pas besoin d'y procéder, l'argent n'ayant pas été versé.

Note 27. — On trouve l'écho de ces plaintes dans la Libre Parole, i3 juillet, Clarion, iS juillet, etc. Le comité de même invita à parler M. Polak, Hollandais représentant le parti social-démocrate, et non un représentant du Socialistenbond, vingt fois plus nombreux.

Note 28. — V Ordre du jour est une brochure, petit in-8 de 40 pages. Il y avait une édition anglaise, une française et une allemande. Il y avait huit rubriques : I. Amendements aux règlements. II. Questions agraires. III. Action politique. IV. Action économique et industrielle. V. Guerre. VI. Education et développement physique. VII. Organisation. VIII. Divers.

Dans la rubrique I, nous remarquons que le Socialistenbond, la Chambre des coupeurs de bouchons (Amsterdam), rindépendant tailors, Machinists and pressers Union (London), la Social démocratie Fédération Reading Branch demandaient une modification du règlement dans le sens de l'acceptation des antiparlementaires. Par contre, VI. L. P., Maidstone Branch, demandait le maintien de la résolution de Zurich et la Gasworker Union, Sydenham Branch l'aggravait en demandant que « Tac tion parlementaire soit considérée comme la forme ;;^remière et la plus essentielle » de Taction politique. Nous devons noter que le délégué de l'I. L. P. Maidstone Branch était le docteur Aveling, mari de Eleonor Marx et que lors des incidents du congrès, plusieurs membres de ri. L. P. écrivirent que M. Edward Aveling avait été chassé de ri. L. P. il y avait quelques années (E. Aveling is not a member of the I. L. P. he having been expelled from our organisation several years ago) Extrait de the Conférence Record, 3o juillet, the Justice, 3o juillet. Dans la rubrique IIIv nous notons : que le comité révolutionnaire central (France) donne comme but aux efforts du prolétariat la conquête du pouvoir politique, qui est le moyen par excellence de l'émancipation des travailleurs. La S. D. F , branche de Glerkenwell, réclame le suffrage universel, ainsi que la Padiham Weawers Association (tisserands). La Fabian Society demandait que le congrès s'oppose au référendum, à l'initiative po -ulaire, à l'élection des fonctionnaires par le suffrage universel, parce que la minorité intelligente et socialiste pourrait être mise à la merci des masses inconscientes routinières et non organisées. IV. La F. S. demandait au congrès de voter en faveur de la nationalisation immédiate des mines, chemins de fer, canaux, télégraphes, etc. ; de la municipalisation des services d'eau, gaz, omnibus, etc.; de l'entreprise immédiate de. la fabrication et vente du pain, construction de maisons ouvrières,

2 l8 LE SOCIALISME

etc. La Federated trades and Labour councilof Yorkshire demandait la nationalisation de la terre, des chemins de fer et des mines seulement. La Branche de Maidstone de l'L L. P. réclamait du congrès le vote suivant : « Ce que l'on appelle la grève générale est une illusion à la fois inutile et dangereuse ». L'Union générale des charpentiers hollandais désirait la législation fixant un minimum de salaire et un maximum de travail (8 heures). La Gaswork?rs Union faisait la même réclamation, en ce qui concernait la journée de huit heures. L'L L. P. était d'un avis semblable et proposait des mesures pour réaliser cette réforme. Il réclamait la prohibition du travail des enfants âgés de moins de seize ans, la nationalisation des terres non cultivées ou vagues, etc. La F. S. faisait sensiblement les mêmes vœux. Au sujet des femmes, la S. D. F., executive Council demande interdiction du travail six semaines avant les couches et un mois après. A travail égal, salaire égal est proposé par la F. S. et par la S. D. F. Battersea Branch. Relativement à l'immigration des ouvriers étrangers, le Leicester Trades Council, l'L L. P.. Maidstone Branch, désapprouvent toutes mesures contre. V. Le conseil exécutif de la S. D. F. demande le référendum pour déclarer la guerre, le Leicester Trades Council préconise l'arbitrage; le P. O. français se borne à demander « la réduction simultanée et graduelle du service militaire dans les armées européennes par voie de convention internationale ». Le Socialistenbond et la Fédération des coupeurs de bouchons (Amsterdam) conseillaient la grève générale et la grève militaire. VL L'L L. P., branche de Peckham, était favorable à un système d'éducation technique, laïque, obligatoire et gratuite à tous les degrés ; l'entretien des enfants et jeunes gens à charge aux pouvoirs publics. L'L L. P. se bornait à réclamer cet enseignement technique jusqu'à l'âge de seize ans, etc.

ET LE CO.NGRES DE L0NDRL8 219

Note 29. — La carte préliminaire de délégué portait les nom et prénoms du délégué, son adresse, sa profession, le nom de la société locale représentée, l'adresse, le nombre de membres, le nom de Torganisation nationale à laquelle cette société est affiliée, les signatures du secrétaire et président de la société locale.

La carte provisoire avait seulement le nom du délégué, la ville, le pays, la société.

Sur la troisième carte on lisait « International socialist and Trade Union Congress. Queen's Hall Langham Place, Régent Street, London july 27, 1896. Delegate's card of membership. Delegate's name... Town... Country... Society... gênerai secretary : William Thorne ». Cette carte définitive était ornée d'un dessin dû à Walter Crâne. Elle était tirée en rouge sur jaune.

Note 30. — Les membres de Tanarchist socialist and antiparliamentary committee étaient MM. H. Stenzleit, J.Caplan, E. Malatesîa, W. Wess, F. Kitz, Nettlow et le secrétaire J. Perry.

Les orateurs du mass meeting du 28 étaient MM. F. Pelloutier, Elisée Reclus, Piei-re Kropotkine, F. Domela Nieuwenhuis, Keir Hardie, Tom Mann, Bernard Lazare, Amilcare Cipriani, Morrison Davidson,!. C. Kenworthy, A. Hamon, Pietro Gori, Louise Michel, Gustave Landauer, Jean Allemane.

Note 31. — Voici les passages les plus saillants de ce manifeste paru dans le Parti ouvrier du 17 juillet :

En attendant ce congrès, qui nîarquera, peut-être, dans l'histoire de l'émancipation des travailleurs, nous pensons qu'il est Utile de bien expliquer quelle est la position des anarchistes vis à-vis le mouvement ouvrier en général et vis-à-^is ce congrès en particulier.

Dans le but de nous mettre en suspicion auprès des ouvriers et d'avoir la haute main sur le mouvement, les social-démocrates affirment que les anarchistes ne sont pas des socialistes...

2 20 LE SOCIA.LISME

Eh bien! s'il y a des anarchistes qui aiment à s'appeler ainr,', et qui ne veulent pas être socialistes, ils n'ont certainement ruri à faire dans un congrès socialiste et ils seront les premiers à ir^ pas vouloir s'en mêler.

Mais nous, les anarchistes communistes ou collectivistes nois voulons l'abolition complète des classes et de toute exploitatun et domination de l'homme sur l'homme.

Nous voulons que le sol et tous les instruments de productloii et d'échange, ainsi que toute la richesse accumulée par le travarl des générations passées, deviennent, par l'expropriation d.s détenteurs actuels, la propriété commune de tous les hommes, pour que tous, en travaillant puissent jouir des produits du travail, en plein communisme.

Nous voulons substituer la concurrence et la lutte entre les hommes par la fraternité et la solidarité dans le travail po-ar !.; bonheur de tous. Et les anarchistes ont propagé cet idéal, o ..t lutté et souffert pour sa réalisation depuis de longues années et, dans certains pays, comme l'Italie et l'Espagne, bien avant la naissance du socialisme parlementaire.

Quel homme de bonne foi et bien renseigné, oserait soulen r que nous ne sommes pas des socialistes.''

Ne serions -nous pas socialistes parce que nous voulons c\->ù les travailleurs conquièrent leurs droits par les efforts organiser il parce que nous désirons qu'ils ne s'en remettent pas à l'espr» r. chimérique selon nous, de les obtenir par les concessions d';i:i gouvernement quelconque? parce que nous croyons que le pn. lementarisme, non seulement est une arme impuissante pouri:3 prolétaires, mais encore doit, étant incapable, même sans !a résistance de la bourgeoisie et cela de par sa nature même, d î représenter les intérêts et la volonté de tous, toujours resi.r l'instrument de domination d'iine classe ou d'un parti? pa •,;.; que nous croyons que la nouvelle société do t être organisé^' avec le concours direct de tous les intéressés, de la périphéri;; ai centre, librement, spontanément, sous l'inspiration du sentin;r!-fr de solidarité et sous la pression des nécessités naturelles et sociales? parce que nous croyons que si au contraire, cette réor^inisation était faite à force de décrets par un corps central, ci ; ou s'imposant lui-même, elle commencerait par être une or;.a nisation artiticielle, violentant et mécontentant tout le mo.. b, et aboutirait à la création d'une nouvelle classe de politici ri

F.T LE CONGRKS DE EONDRl.S 22 1

f .ofessionnels, qui accaparerait pour elle-même toutes sortes de p. vilcges et de monopoles?

<\vec bien plus de raison, on pourrait soutenir que nous somircs les socialistes les plus logiques et les plus complets puisque n;us re'clamons pour chacun non seulement sa part entière dans Ji: richesse sociale, mais encore sa part dans le pouvoir social, c'ts,t à-dire la faculté réelle de faire sentir, comme tous les autres, son influence dans l'administration des affaires publiques.

iNous sommes donc des socialistes. Par suite, il est clair qu'un c'ngrès dont nous serions exclus ne pourrait pas s'appeler, honi."lement. Congrès international socialiste des travailleurs. Il iLvrait alors prendre le titre particulier du ou des partis qui y s "raient admis. Ainsi, aucun de nous n'aurait pensé à se mêler d'un congrès qui se serait nommé congrès social-démocrate ou congrès des socialistes parlementaires.

Il est de l'intérêt de tous les ennemis de la société capitaliste q:e les ouvriers soient unis et solidaires dans la lutte contre le rppitalisme. Cette lutte est nécessairement de caractère éconor..ique. Ce n'est pas que nous méconnaissions l'importance des «■jucstions politiques. Nous croyons non seulement que le gouvernement, l'Etat, est un mal par lui-même; mais aussi nous sommes convaincus qu'.il est le défenseur armé du capitalisme, l'^ous pensons que le peuple ne pourra pas mettre les mains sur la propriété sans passer sur le corps du gendarme — au sens propre ou au figuré, selon les circonstances. Donc, nous devons n 'cessairement nous préoccuper de la latte politique contre les gouvernements.

Mais la politique est naturellement une grande cause de division. Sans doute, il en est ainsi à cause des différences des conditions et des tempéraments dans les divers pays, par le fait que Ls rapports entre la constitution politique d'un pays et les conditions de son peuple sont très complexes, moins saisissables, r. oins susceptibles d'être traités d'une façon qui semble bonne à tout le monde. De fait, les ouvriers conscients des divers pays, que la lutte économique pourrait facilement réunir et solidariser, sont divisés en maintes fractions à cause de la politique.

Par conséquent, une entente entre tous les ouvriers, qui luttent pour leur émancipation, ne peut avoir lieu que sur le terrien économique. C'est d'ailleurs ce qui importe le plus, puisque l'action politique, parlementaire ou révolutionnaire du proléta-

riat, est également impuissante tant que celui-ci ne constitue pas une puissance économique organisée et consciente.

Toute tentative pour imposer une opinion politique unique au mouvement ouvrier aboutirait à la désagrégation du mouvement et empêcherait les progrès de l'organisation économique.

Les social-démocrates vise, t évidemment à imposer aux ouvriers leur programme spécial. On dirait qu'ils veulent interdire à ceux qui n'acceptent pas les décisions de leur parti de combattre pour l'émancipation humaine...

Nous ne demandons pas — bien loin de là — que les différents partis et écoles renoncent à leur programme et à leur tactique. Nous tenons à nos idées et nous comprenons que les autres tiennent aux leurs.

Nous demandons seulement qu'on ne porte pas la division sur un terrain où elle n'a pas de raison d'être; nous demandons le droit pour tout travailleur de combattre contre la bourgeoisie, la main dans la main de ses frères, sans distinctions d'idées politiques. Nous demandons que chacun lutte comme il l'entend, d'accord avec ceux qui l'entendent comme lui, mais que tous soient solidaires dans la lutte économique.

Que, si les social-démocrates veulent persister dans leur tentative d'embrigadement et semer ainsi la division entre les travailleurs, puissent ceux-ci comprendre et faire triompher la grande parole de Marx ; Travailleurs du monde, unissez-vous!

E. Malatesta et A. Hamon.

Note 32. — Jusqu'aux mots « pour la défense... » cette proposition était la même que celle faite par le Socialistenbond (Hollande) et la Chambre syndicale des coupeurs de bouchons (Amsterdam).

Note 33. — Programme and map of London était une brochure in-8 de i6 pages, avec un plan, couverture rouge. Il y avait : un comité pour la démonstration d'Hyde-Park, un de réception et pour les hôtels, un des fêtes, un d'imprimerie. Il y avait encore de nombreux interprètes.

Note 34. — Ainsi à Barking Broadway le rendez-vous

était à neuf heures ; à Ganning Town dix heures ; à Stratford Church neuf heures trente, etc.

Note 35. — Chaque plateforme était simplement une voiture, un grand break dételé. Elles étaient à Hyde- Park établies sur les pelouses, formant un grand fer à cheval. Chaque plateforme a son président et ses orateurs. En voilà la liste :

I. — Président : Ben Cooper, L.CC. (Président London Trades Council). Orateurs : J. Jenkins (Operative Bakers' Union) (union des Boulangers), J. Huntçr Watts (S.D.F.), D. Hennessey (Plasterers' (mouleurs), W. G. Pearson (Dockers), D. F. Ferrer (Espagne), Dr. Adler (député autrichien).

II. — Président : P. Gurran (Gas Workers' Union). Orateurs : G. A. Gibson[(Brass Workers), H. A. Barker (House Decorators and Painters), Arthur Harris (Labour Protection League), E. Me Leod (Tailiors), E. Vandervelde (député belge).

III. — Président : Herbert Burrows (S.D.F.). Orateurs W. Gaiger (Gigar Makers), Mary Gray (S.D.F.), Fred Brocklehurst, B.A. (I.L.P.). Ben Tillett, L.G.G. (Dockers), A. Bebel (député allemand), IVks. Stetson (Gah'fornian Socialists).

IV. - Président : James Macdonald (Secretary London Trades Gouncil). Orateurs : W. Parnell (Cabinet Makers) (ébénistes), F. Rogers (Vellum Binders) (relieurs), J. Verdon (Secretary London Building Trades Fédération) (Fédération du bâtiment), J. Murray (Barnsley, Yorkshire Miners' Association), H. Polak (Hollande).

V. —Président : J. E. Williams (S.D.F.). Orateurs: E. Gathery (Seamen and Firemen's Union) (union des marins et chauffeurs), Mrs. Thornton Smith (S. D. F ). J. H. Barnes (Woolwich Trades Gouncil), I. Sexton (National Union and Dock Labourers, Liverpool), F. Volkhovsky (Russie).

VI. — Président : W. G. Steadman, L.G.G. (Bargebuiider) (constructeur de bateaux). Orateurs : E. J. Neville (I.L.P.), John Groh (secretary Cabdrivers' Union) (union des cochers). Miss Barry (Women's Trade Union League), W. Small (Scottish Miners' Fédération), G. Plechanolï (Russie).

VII. — Président : H. M. Hyndman (S.D.F.). Orateurs : W. Arnold (London Trades Gouncil), Amy Morant (I.L.P.),

2 24 ^^' SOCIALlSMi-:

Rev. Stewart D. Headlam (London School Board), J. R. Olynes (Oldham Trades Council), A. Millerand (député français), M. Maguire (Nord Amérique).

VIII. — Président : A. Quelch (S.D.F.). Orateurs H. Orbeil (Dockers'), T. Shore (English Land Restoration 'League), W. Stevenson (Buildcrs' Labourers' Union, secrctary), T. Sharp (Scotish Miners' Fédération), K. M. Klausen (Danemark).

IX. — Président : Tom Mann (Secretary I.L.P.). Orateur : W. Geard (United Builders' Labourers) (Travailleurs du bâtiment,) G. Bernard Shaw (Fabian Society), J. Holmes (Leicester Hosiery Fédération) (F. des ouvriers bonnetiers, A. L. Purcell (Amalgamated Society ot French Polishers), Paul Lafargue (France).

X. — Président : E. M. Aveling (Gasworkers). Orateurs : W. Crooks, L.C.C. (Poplar Labour League), M. Shayer (S.D.F.), J. G. Gorden (Tin and Iron Plate Workers' Union) (union des ouvriers en fer blanc). J. Finn (Mantlemakers), Jules Guesde (député français). H. Greulich (Suisse).

XI. — Président:T. Macarthy(Dockers). [Orateurs :T. Naynor (I.L.P.); A. Humphrey, L.C.C. (Nawies and Bricklayers' Union); G. Hobson (Shelïield Trades Council); Enid Stacey, B.A. (S.D.F ); I. Daszynsky (Pologne).

XII. — Président : Edward Aveling (Zurich Committee). Orateurs : J. H. Wilson, M. P. (Seamen and Firemen); H. Picard (Gasworkers) ; Edith Lanchester (S. D .F.) ; Dr . Pankhurst (I. L.P.) ; Will Thorne (secretary Gasworkers' Union and secretary to the International Congress Committee); W. Liebknecht (député allemand); J. Jaurès (député français).

Note 36. — Un incident au cours de cette manifestation. Dans la voiture de M. Guesde, il fut jeté des exemplaires d'une brochure : Variations guesdistes, recueillies et annotées par Emile Pouget. Cet opuscule de trente-six pages à dix centimes venait de paraître à Paris. C'est un recueil d'extraits d'opinions émises par M. Jules Guesde autrefois il y a seize à vingt ans

M. E. Guérard se présenta, paraît-il, à une plateforme pour parler au nom des syndicats de France. La parole

lui fut refusée, parce que seuls devaient parler les orateurs désignés.

A en croire la Petite République du 28 juillet et la Justice (Londres), M. le député E, Vaillant aurait discouru sur la plateforme, numéro 1 1. Le programme officiel publié dans le Conférence Record, dans Rey-nold^s Newspapers, en feuille volante, etc., ne porte pas le nom de M. Vaillant comme orateur. Si cela est, le comité d'orcanisation a modifié les décisions en ce qui concernait M. Vaillant, député et a refusé de le faire en ce qui concernait M. E. Guérard, délégué des syndicats. Keir Hardie dans le Labour Leader du 8 août nous apprit que }:our cette manifestation, Tom Mann dut lutter dans le cein du comité pour être inscrit comme un des orateurs; Keir Hardie fut impitoyablement rejeté.

Note 37. — Il y avait 475 délégués anglais se répartisrant ainsi : Trades unionist i85 ; S.D.F, 120 ; LL.P. 1 1 5 ; Fabian Society 20; diverses sociétés socialistes 3o; Labour Church 3. — -11 faut noter que 120 délégués de la S.D.F. représentaient au plus 4 à 5ooo membres; que les 1 [5 de TL L. P. représentaient environ 40.000 membres et que les i85 trade unionistes étaient les représentants de près d'un million d'ouvriers.

Note 38. — La relation de cette séance de la section anglaise est rédigée d'après Labour Leader (i^^^ août), Justice (26 juillet), Dailj- chronicle ^28 juillet). Le vote de la section anglaise au sujet de Zurich étant étudié on voit qu'en dehors des 120 délégués de la S.D.F., il y eut ic3 partisans de la résolution. C'étaient des délégués de trade union et une quinzaine de l'I. L. P.

Note 39. — Il importe de remarquer que M. J. Guesde qui voulait faire voter le principe de la délégation permanente des élus, sans mandat, est lui-même un élu, député et qu'il était mandaté et avait déposé son man-

dat. Nous devons noter encore que 3 députés avaient inscrit sur leurs cartes préliminaires : MM. Viviani et Millerand groupe socialiste de la chambre, M. Jaurès Parti ouvrier français. Ces députés étaient donc mandatés. D'ailleurs, ils dirent qu'ils avaient sur eux des mandats réguliers et M. G. Renard l'enregistre dans la Revue socialiste (n° d'août, p. igS). Des délégués de groupes corporatifs, dont des anarchistes ayant mandat de ne repousser que les perturbateurs et les individualistes votèrent pour l'admission de ces citoyens et formèrent la majorité en se séparant pour ce vote des autres délégués corporatifs.

Note 39 bis, — Sources : Réveil des Travailleurs de la voie ferrée, Rapport de M. F. Pelloutier au comité Fédéral de la Fédération des bourses du Travail de France, mes notes, la Sociale, Matin, Parti ouvrier, les Débats y le Temps.

Note 40. — Les autres personnes anglaises présentes sur la plateforme étaient MM. James Maudsley, W. G. Steadman, David Holmes, Edward Harford, S. Woods, Tom Mann, le docteur et madame Aveling. Ils y étaient sans doute pour le comité d'organisation ou en vertu de leur propre volonté, car la section anglaise ne les avait pas désignés. Il y avait aussi des traducteurs, madame Clara Zetkin, M. Adolphe Smith, Bouillon, etc. Il se peut que madame Marx Aveling y fut comme traductrice. Tous les discours prononcés en une langue étaient traduits, résumés en les deux autres langues. Les trois langues admises étaient l'anglais, l'allemand et le français. M. Cowey qui présidait ne prononça pas le mot de socialisme dans son discours ainsi que l'observa M. Bourdeau, le coi-respondant du Journal des Débats. Au dire du Labour Leader, ce speech ne fut pas très heureux car M. Cowey avait dit que « les partis politiques sont souvent mus par l'ambition et l'esprit d'hostilité. » M. Cowey n'est

pas socialiste depuis longtemps et son socialisme pourrait bien se résumer en la journée légale de huit heures et autres mesures semblables.

Note 41. — Cette explication est erronée en ce qui concerne l'envoi des résolutions du P.O.S.R. de France. Le comité les reçut avant le i^"^ mai, imprimées; elles lui furent confirmées par lettre le 5 mai. Il paraît probable qu'il y eut plutôt mauvaise volonté parce que le P.O.S.R. protestait contre la résolution de Zurich.

Note 42. — Dans le Reyyiold's Nervspapers du 2 août, M. J. Maudsley rendant compte de l'incident écrivit que l'opinion de M. Frank Smith « n'était pas dans les vues de ceux qui étaient à l'entour car l'ex-leader de l'armée du salut fut bousculé et repoussé. » Sans doute, il y a des questions de personne en jeu, car M. Maudsley erre absolument lorsqu'il écrit cela. M. F. Smith fut approuvé et tous ceux qui étaiefrt près lors de l'incident trouvèrent lâche et brutal l'assaut de M. Bouillon. Celui-ci reconnut d'ailleurs ses torts et à la sortie de la séance et l'aprèsmidi dans la réunion de la section française. Les faits exposés d'une façon partiale, faussés par M. James Maudsley ont été rectifiés par moi dans le Reynold's Nervspapers du y août. Nous ajouterons qu'il est regrettable que M. J. Maudsley membre du comité parlementaire des Trade unions, oublie à ce point les règles du parlementarisme le plus élémentaire, pour approuver la brutalité de M. Bouillon. Il est libre à chacun d'approuver et de défendre l'action parlementaire, mais cela ne vous autorise pas à donner des comptes-rendus inexacts, ce qui, hélas, est le cas de celui de M. J. Maudsley.

Note 43. — Cette omnipotence du bureau creva littéralement les yeux de tous. Nul homme de bonne foi n'osera nous contredire. M. Eugène Guérard écrivit à ce

sujet dans le Réveil des Travailleurs de la voie Jt: ce (17 août) :

«J'eus ainsi l'avantage (étant du Bureau) de voir de très près les intrigues et les procédés employés par les dirigeants du parti social démocrate pour faire adopter leurs vues. J'aurai dans ce compte rendu à en faire mention plusieurs fois »... (la séance de lundi est levée sans qu'une décision soit prise), ce qui permet aux leaders du parti social-démocrate de s'aboucher avec les leaders de chaque nationalité pour que, à la prochaine séance qui aura lieu le lendemain matin l'article i i soit enlevé sans difficulté. C'est ainsi qu'on procédait chaque fois que, dans le congrès, une résistance se manifestait contre les vues des organisateurs. Tout va bien du côté de la plupart des nationalités, mais la délégation française n'a pas de leader, car il n'entre pas dans notre tempérament de nous laisser , conduire en laisse; aussi rencontrera-t-on un obstacle de notre côté, mais on avisera... »

Note 44. — Pour la liste des commissions , voir note 28, les commissaires élus furent :

I Pete Curran (I.L.P.), Herbert Burrrows (S.lJ.F.); 11 Dr Watts (I.L.P.), Pearson (S.D.F.); III Lansbury (S.D.F.), Glasier (I.L.P.); IV Hyndman (S.D.F.), Tom Mann (I.L.P.); V Barwick (S.D.F.), Mrs Pankhurst (I.L.P.); VI Sidney Webb (F. S.), Miss E. Stacy (I.L.P.); VII Murray (I.L.P.), Gibson (S.D.F.); VIII Bruce Glasier et Frank Smith de l'I.L.P.

On remarquera que pas un seul commissaire était du vieil trade unionisme. Quelques-uns délégués deTI.L.P. et aussi de la S.D.F. étaient encore représentants du nouveau trade unionisme. — Consulter /M5//ce (26 juillet), Labour Leader (if^"" août), Reynold's Neyvspapers (2 août).

Note 45. — En 1882 au congrès de Saint-Etionne, M. Rouânet était communiste révolutionnaire; il votait toujours avec le Dr Ferroul son ami qui s'affirmait lu^ anarchiste. MM. Rouanet, Allemane, Tortelier, qui étaient encore au congrès de 1896, assistaient comme

délégués au congrès national du Parti ouvrier en 1882 à Saint-Etienne. Il y avait aus> i là MM. Lafargue, Guesde, Dormoy, Pedron. MM. Rc .:anet, Tortelicr, Allemane votèrent un ordre du jour -- après que 2 3 dissidents se furent retirés — qui déclarait : ces dissid nts avaient essayé d'imposer au Parti la domination marxiste qui désorganisa Tinternationale ; ils voulaient imposer le mode d'action d'une coterie c*: pour celr, ils n'avaient pas hésité à calomnier les gioupes et ks hommes, en conséquence MM. Guesde, lafargue, D ville, Dormoy, etc., sont expulsés du Par;i ouvrier s jj'aliste révolutionnaire français. Cela fut w-îé le 20 Lj;itembre 18S2au congrès de Sai:it-Etiennc (voir le C(,: ipte-ren . u officiel).

Note 46. — M. G. Dcvilli a E. ]\1 late^ la faisaient I a tie d'un même groupe pari ijn, le fî laeiix groupe ù i v tn 1879. M. Malatesta était i.lors ai; ;rchiste commu ni:.rc, comme maintenant; M. G. Devil'e jtail lui socialiste révolutionnaire très arde.^t. Entre l.''. deux, il n'y ava't pas à cette époque grande -lifférence, , on seulement sur îj but mais encore sur les moyens piur y arriver.

Ne G 47. — M. Bourdeau dans les Dél ,'/..' fit observer que 1 .irgumentation de M. Guesde fut i.!::iiblie par ce fait qu'il avait lui-même soutenu la thés.- contraire autrefois. On en trouvait la preuve dans Vc nations giiesdistes. — En séance, pour ne pas soulevjr d'incidents personnels les adversaires de l'actio.i polit: |ue s'abstin rent de combattre M. J. Guesde eu lisant M. J. Guesde- Note 48. — Quelques-uns des m mbres de la commission de vérification des mandats ct;.ient montés sur l'estrade, au bureau, pour pointer les noms sur leurs listes. M. PéJron et -it secrétaire de la section.

Note 49, Inscrits, i23. Votants, 112. Majorité, 57.

Abstentions, 3. Absents, 8. Une nouvelle vérification avec un pointage strict donna 57 no7t, 35 oui. M. Herminot avait voté deux foisll! La majorité réelle était 2 voix. Dans les 5/, nous relevons les noms de 43 délégués de groupes corporatifs. En voici les noms : MM. Banham, Bouanchaud, Bourdet, Braun, Broca, Darène, Delesalle, Delurier, Dubois, Dupac, Faberot, Gallau, Girard, Goursaud, Gros, Eugène Guérard, Ferdinand Guérard, Guérineau, Paul Guyon, A. Hamon, Keufer, Lorcin, Malatesta, Charles Martin, Louis Meyer, Montagard, Parsons, Pascal, F. Pelloutier, Emile Pouget, Léon Rémy, Paul Robin, Rozier, Simon (de Lyon), Steens, Terrioux, Thierrart, Tortelier, Toussaint, Vaquette, madame Meynet, mesdem.oiselles Corn et CoUot. Les 14 délégués de groupes politiques étaient : MM. Jean Allemane, L. Boicervoise, Bouillon, Chaughi, Dejeante, Fagnot, Ferrer, L. Jerrold, J. B. Lavaud, Marchand, Maréchal, Museux, Pierrot, Thomas. MM. Argyriadès. Faillet et Groussier s'abstinrent. On remarquera que MM. Dejeante, Faberot, Toussaint, sont membres de la Chambre des députés. M. Ferrer, qui vota contre l'article II, représentait un groupe du P. O. F. (Guesdiste par conséquent). M. Thierrart est adhérent au P. O. F , mais il se sépara de ce parti dans le vote. Il a répété à divers délégués des paroles que M. J. Guesde aurait prononcées à un déjeuner à l'hôtel des Vrais Amis, à Londres, déjeuner auquel assistait M. Thierrart. Elles sont les suivantes, en substance : « Nous avons obtenu des résultats considérables aux élections. Il faut encore mieux et pour cela nous devons supprimer le mot révolutionnaire, ne plus nous en servir. Nous n'en avons pas besoin, on sait que nous le sommes. Nous aurons plus de voix. » M. Thierrart aurait alors brusquement déposé sa serviette et serait parti en disant que « c'était indigne ». Le délégué des Bourses de Lyon et Grenoble, M. Guiat, vota poiir l'article 1 1, bien qu'il eût man-

dat (Bourse de Lyon) de voter contre l'exclusion. Les délégués des Bourses du Travail qui votèrent contre sont ceux de : Amiens, Perpignan, Le Mans, Cognac, Angouléme, Nantes, Boulogne-sur-Mer, Issy-les-Moulineaux, Niort, Clichy, Marseille, Béziers. La Bourse de Limoges (M. Lavigne, délégué), vota pour.

En se reportant à la liste complète des délégués, avec les organisations qu'ils représentaient, on pourra juger de l'importance des groupes corporatifs qui votèrent contre l'article 1 1.

Note 50. — En 1894, au congrès corporatif de Nantes, la minorité guesdiste se retira; elle se composait des mêmes personnes. (Voir le compte-rendu officiel de ce congrès). En 1882, à Saint-Etienne, le même fait se passa, ainsi qu'on le voit dans cet extrait d'un compterendu officiel : « Le président consulte l'assemblée sur le point de savoir si elle veut entendre la lecture immédiate du rapport du comité national. La grande majorité des délégués se prononce pour la lecture immédiate. Les membres des groupes dissidents se lèvent en protestant et contestent la valeur du vote Le président rétablit l'ordre et consulte l'assemblée une seconde fois, quoique le résultat du premier vote n'ait pas été douteux. A ce moment les délégués des groupes dissidents, voyant que la majorité ratifiait son vote et que l'on allait procéder à la lecture du rapport, quittent bruyamment la salle ». C'étaient MM. J. Guesde, P. Lafargue, Dormoy, etc.

Note 51. — Parmi eux étaient MM. Cougny, Degay, Dubreuilh, Létang, Turot, Vaillant; pujs MM. Senîbat, V. Dalle. Quant à M. Brousse, s'il se retira avec la minorité, il ne siégea pas avec elle, pas plus qu'avec la majorité, d'ailleurs.

Au sujet de cette séance, M. Eugène Guérard écrit : « Cet incident, qui était à coup sûr prémédité, met en relief l'incorrection absolue des politiciens qui se récla-

ment du parlementarisme. La bonne foi exige lorsqu'on accepte de participer à. un vote, de s'incliner devant la majorité. »

Madame Meynet dans le Parti ouvrier (3 i juillet) écrit : « Le président Vaillant a montré un sang-froid et une impartialité qui ont mérité l'approbation générale. ». C'était là l'expression de l'opinion de toute la majorité.

Note 52. — « Ce procédé brutal (celui de M. Dormoy), indique bien, au dire de M. E. Guérard, qu'à ce moment déjà la décision de la minorité était prise et qu'elle se retirait, non pour aviser, mais pour se séparer définitivement de l'élément syndical... »

Note 53. — Sont nommés : MM. L A. Hamon, Simon, madame Meynet; IL Allemane, Guesde, Turot; IIL Tortelier, Vaillant, Sembat ; IV. Lavaud, Jaurès. Eugène Guérard. V. Boicervoise, Longuet fils, P'erdmand Guérard; VI. Paul Robin, G. Deville, Argyriadès ; VIL Keufer, Raymond Lavigne, F. Pelloutier ; VIII. Toussaint, P. Brousse, V. Dalle. Le troisième nom pour chaque commission était celui du suppléant qui siégea, ainsi que la suite le montra.

Note 53 bis. — Sources : Réveil des travailleurs de la Voie Ferrée, Echo des Travailleurs Municipaux, Matin, Parti ouvrier, les Débats, le Temps, la Sociale, la Revue Bleue, Rapport de M. F. Pelloutier, mes notes.

Note 54. — Voici, d'après la Petite République du 3i juillet, le compte-rendu de cette réunion :

« M. Jaurès a la parole. Il explique les raisons impérieuses qui ordonnent aux socialistes de n'accepter, même une heure, aucun contact avec les anarchistes. Aucune collaboration n'est possible entre les socialistes et les anarchistes, qui n'ont même pas l'excuse de la sincérité dans l'aberration, et qui sont venus désorganiser le congrès comme ils désorganisent les syndicats, au

grand profit de la réaction bourgeoise. M. Vaillant déclare qu'il a, lui r. jssi, la haine de l'aiî.-.rchie. Il est prêt, pour la combattre, à einployer tous les moyens ; mais il n'y a pas à se retirer. I)'aillc;irs, on peut faire appel du vote de la section française au congrus. M. Jaurès réplique qu'il ne veut rien demamlcr de pareil au C(;ngrès. Cohabitei- avec les an? ....'^ics qui ont usurpé par la frauiit: des mandats syndicaux, c'e.-t reconnaître 41.' ^^ peuvent être déléi:ués, à un titre quelconqu . des syndicats ; o. ne peut leur laisser prendre ce titre. La déclaration que nous donnons ci-après fut adoptée à l'unanimité; les bl-.mquistes s'étaient retirés. On décide en outre de réclamer du congrès la formation d'une autre section française, la section socia;;s:e qui ne peutct ne veut avoir aucun contact, même physique, avec les hommes de l'anarchie. « — Nous ne pensons pas que M. Jaurès ait dit q?.e « fes anarchistes avaient usurpé par la fraude des mandats syndicaux , car alors il aurait proféré un mensonge, explicable par ce lait qu'il ignorait les noms des mandants. Quelques exemples pour illustrer ces contre-vérités : M. Deksalle, collaborateur des Temps Nouveaux, anarchiste communiste notoire, est ouvrier en instruments de précision, et c'est son propre syndicat qui le délègue. Ce syndicat l'a aussi délégué au comité d'action de la Verrerie ouvrière et là M. Jaurès a contact physique avec cet anarchist; quand il va audit comité. MM. Jean Grave etE. Malatcsta éta- int délégués du syndicat des métallurgistes d'Amiens ; on avouera cu'il est difficile à ces anarchistes communistes de cacher 'eiM- opinion, et si le syndicat les a choisis, c'est qu'il vou- Ivt bien 1. s avoir, quoique ou parce que anarchistes. M. Gros, (".é égué lV' l'Union des chambres syndicales ouvrières des Bouches-du-R'r.ône (Bourse du trava.lj, est un anarchiste socialiste notoire à ^N arseille et la Bourse, dont il est un des administrateurs, l'a délégué! M. A. Hamon est aussi fort connu comme socialiste anarchisie, il est collaborateur des Temps Nouveaux et la Bourse du travail Ta délégué, sachant qui elle déléguait; ]M. Hamon, étant de Nantes, y est très connu. M. F. Pelloutier collabore aux Temps Nouveaux, et la fédération des Bourses, dont il est secrétaire, le délégua ; il est probable qu'elle le connaît, de même que la Verrerie ouvrière, dont il est aussi secrétaire. M. Kmile Pouget, directeur de la Sociale, autrefois Père Peinard, est célèbre comme anarchiste, et pourtant trois syndicats le déî.guèrent et l'un d'eux avait soin de mettre sur le

mandat u Emile Pouget, directeur de la Sociale «; il est difficile de voir là de la fraude. M. Simon est si peu connu comme anarchiste socialiste que tous les journaux en parlèrent lors de son voyage en Amérique aux frais du gouvernement français, comme délégué de syndicats. Il est cordonnier, réside à Lyon, et son syndicat le délégua à Londres, à Zurich. De M. Tortelier, je puis dire la même chose, car il est connu comme anarchiste et c'est son propre syndicat qui le délégua. Etc., etc. Ces anarchistes étaient des délégués dûment mandatés de syndicats et c'est mentir que d'affirmer le contraire.

M. Raymond Lavigne a donné de cette réunion, dans le Réveil social du 23 août, un compte rendu détaillé que nous résumons ci-après. '

Les 56 étaient au grand complet ; il y avait même des délégués étrangers. M. Millerand préside, M. Pedron est secrétaire.

« M. Jaurès rappelle, écrit M. R. Lavigne, que tantôt nous » nous sommes trouvés en face d'une coalition fort naturelle : » d'un côté l'esprit de réaction avec ceux qui ne veulent pas de » la solution socialiste, de l'autre les anarchistes introduits liy- » pocritement sous la forme de mandats quelconques; entre eux » une autre fraction qui, reniant ce qui est Vessence même du » socialisme, voudraient faire renoncer la France Ouvrière à » l'action politique, instrument nécessaire de son émancipation. » Nous avons le devoir de protester par un manifeste.

» M.Jaurès donne lecture d'un projet et M. Vaillant explique » sa conduite et celle de ses amis.

» En restant, dit-il, nous n'avons pas entendu renier l'action » politique qui est pour nous supérieure à l'action corporative. » Nous pensions que vous quittiez la salle pour délibérer, non » pour rompre.

« Du reste, si la majorité française a pris cette décision, je suis » convaincu que le congrès la cassera. Nous devons le lui de- )> mander.

» Je pense que nous dc?vons rester à la section française et au » congrès, pour y faire prévaloir nos idées.

» M. Millerand dit que Vaillant et ses amis font partie de la

» minorité des 56 qui ont soutenu le principe de l'action politi- » que. 11 les engage donc à rester solidaires avec nous.

» M. Delory. — Si le congrès se déclare pour les anarchistes » contre nous, nous devrons nous retirer. Je me retirerai quant » à moi.

» M. Rouanet. — Les anarchistes se sont efforcés de dissimu- » 1er leurs théories pour pouvoir mieux pénétrer parmi nous, » en obtenant des mandats syndicaux; mais nous savons que » s'ils restaient avec nous, dès le lendemain leur campagne de » haine et d'injures recommencerait. Rien de bon ne sortirait de » la concession que nous leur ferions. Mais par contre nous » permettrions à la presse bourgeoise d'exploiter contre nous » ce rapprochement. Il faut faire savoir si oui ou non, nous au- » rons avec les anarchistes aucune communauté d'idées ou de )) tactique. Socialistes nous sommes, socialistes nous devons » rester.

» M. Jaurès répondant à Vaillant, dit : Nous n'avons pas à » faire une pareille demande au congrès. Le socialisme doit » être largement international, mais il ne peut pas être l'étouf- )) fement des tactiques nationales. Ce n'est pas en l'implorant » du congrès international, c'est ce soir, par nous-mêmes, que » le socialisme français doit être délivré des mains anarchistes » par les mains socialistes. Je regretterai que Vaillant et les siens » ne puissent pas nous suivre. Nous voilà donc réduits, par son » obstination, à risquer de nous brouiller avec des amis anciens, » parce que nous avons voulu définir et sauvegarder le socia- » lisme? Comment pourrons-nous collaborer sérieusement avec » les Pelloutier et les Collot, avec les Tortelier et les Malatesta i » (Applaudissements).

» M. Vaillant se défend du reproche de vouloir humilier la » section française devant le congrès. En appeler à lui est la » seule méthode régulière de trancher les différends entre dé- » légués.

» J'aurais préféré que nous restions tous au congrès. Mais, » quoi qu'en ait dit Jaurès, si vous partez, je le déclare, nous » ne vous suivrons pas Je demande qu'on attende à demain n pour prendre une décision.

» Ceux qui ont quitté la section française semblent avoir fait )) scission avec les syndicats... (Cette insinuation soulève des » protestations dans toute l'assemblée). Nous ne pouvons pas

» faire cause commune dans cette manifestation, notre tactique » otanl (îi lie rente.

» MM. Delory, Delon, Lavigne, Dormoy, déclarent que si » nous avions le moindre contact avec les anarchistes, la propa- » gande en province deviendrait impossible. M VI. Gérault-Ri- » chard, Millerand, Rouanet, insistent auprts de M. Vaillant.

i> MM. Paul Brousse, Jourde, affirment la nécessité d'exposer » les faits qui motivent leur départ. Si le congrès, dit ce dernier, » déclarait que les anarchistes sont admis, nous ne pourrions w pas y rester. Je n'admettrais pas cette promiscuité générale. »

» M. Jaurès donne lecture du manifeste rectifii pour que M. \'aillant le signe.

» M. Vaillant. — Nous ne pouvons pas signer ce manifeste. Nous ne sommes pas pour les anarchistes, mais nous voulons respecter la liberté des syndicats, sans examiner l'opinion de leurs délégués.

i) M. Rouanet s'étonne de l'attitude de Vaillant. Nous avons protesté ensemble contre la bombe et contre le vol. Les docteurs de l'anarchie n'ont pas désavoué ces théories abominables. Malgré toutes nos protestations on nous a solidarisés avec eux. Nous avons trop soufl^rt de ces assimilations pour nous y exposer à nouveau. Je vous en supplie, sortons énergiquement de cette fausse situation.

» M. Jaurès. — Le socialisme français est dans une s'tuation toute particulière. Il faut un acte éclatant de rupture. C'est déjà trop que cette promiscuité de quelques heures!

» M. Turot veut examiner s'il n'y aurait pas moyen de trouver un joint... (Ses amis le font taire aussitôt. 11 se tient coi).

» M. Guesde. — 11 ne peut pas y avoir la moindre erreur. Tout le monde savait que la résolution de Zurich fermait la porte du congrès aux anarchistes. Lorsqu'on a refusé de poser la question préalable avant de valider les mandats, on a rouvert la porte à l'anarchie. Tous ceux qui ont voté cela ont pris une gri.ve responsabilité. Vous l'avez, gardez-la!

» M. Millerand résume les débats et il conclut qu'à son avis il faut faire voter le congrès sur l'exclusion catégorique des anarchistes. Et alors, s'ils restent au congrès en vertu de la subtilité de leurs mandats syndicaux, ils n'en auront pas moins été exclus moralement.

» On passe au vote par appel nominal pour savoir ceux qui veulent signer le manifeste.

» Les citoyens Cougny, Dalle, Degay, Dubreuilh, Léiang, Renaud, Turot, \'aillant, Sembat, répondent non. Tous les autres ont re'pondu oui. M. Vaillnnt et ses amis quittent la salle.

» M. Guesde propose que la déclaration soit remise dès demain matin au bureau du congrès, en lui demandant de reconnaître comme étant la véritable section socialiste française^ la minorité qui s'est séparée des anarchistes. Et que l'on constitue d'ores et déjà la section en désignant les deux membres qui iront la représenter au sein du bureau général, de même qu'en nommant les délégués aux diverses commissions. Cette proposition est adoptée et les choix sont faits. Ce sont MM. Millerand et Pédron qui sont délégués au bureau général. La séance est levée à onze heures et demie. »

Nous ferons remarquer les déclarations nettes de MM. Delory, Jourde, Jaurès, qui parlent de se retirer du congrès si la thèse de M. Vaillant était acceptée. Notons qu'elle le fut par le congrès et que ces messieurs ne se retirèrent point. -^

Note 54 bis. — Son titre est :

AUX SOCIAL.'STES.

MANIFESTE DES DÉLÉGUÉS SOCIALISTES Au Congrès de Londres.

Citoyens, hier, dans la réunion préparatoire de la section française au congrès de Londres, les socialistes ont été mis en échec par b-j voix contre 56. Une coalition de conservateurs comme Keufer et d'anarchistes comme Malatesta a déclaré que le pro'étariat devait et pouvait renoncer à l'action politique. Ce serait l'abdication de la P'rance socialiste, le suicide de la classe ouvrière : et dès aujourd'hui nous vous dénonçons la manœuvre réactionnaire et le péril.

Certes, nous sommes partisans énergiques de l'action syndi- <:ale et corporative. 11 faut que partout les travailleurs se groupent pour défendre leurs intérêts économiques immédiats ; et toutes les foio que le régime capitaliste a suscité des conflits

entre les ouvriers et les patrons, nous avons fait tout notre devoir. Mais si les travailleurs renonçaient à conquérir le pouvoir, s'ils n'arrachaient pas à la bourgeoisie capitaliste le bouclier gouvernemental dont elle couvre ses privilèges e'conomiques, s'ils ne l'expropriaient pas politiquement pour l'exproprier économiquement, ils se trouveraient à jamais dans l'impuissance, voués à la servitude, sous la risée de leurs maîtres.

Que les gouvernementaux détournent les travailleurs de l'action politique, c'est leur rôle; que les anarchistes, sous le couvert de quelques mandats syndicaux, tentent de désorganiser le socialisme et de rejeter le prolétariat en plein chaos, c'est encore leur rôle ; mais nous, nous serions coupables si, par notre silence, nous paraissions accepter même un moment le désarmement de la France ouvrière.

C'est pourquoi nous sommes sortis de la section française en rompant avec sa pseudo-majorité, comme nous sortirions maintenant du congrès si, par impossible, en ne maintenant pas l'act"on politique nécessaire, il livrait le socialisme à l'ennemi.

Tel était ce manifeste signé par 46 délégués dont MM.

Chauvin, G. Deville, Gérault-Richard, Jules Guesde, Jaurès, Jourde, Millerand, Sauvanet, Rouanet, Viviani, députés.

Bertrand, Carré, madame Clerc-Carré, Delcluze, conseiller municipal; Delory, maire, Dr Delon, Dormoy, maire et conseiller général; Gil Dard, Decock, adjoint; Henri Ghesquière, conseiller général ; Guiat, Hemery, Hellime, Paul Lafargue, Raymond Lavigne, Alex. Lavigne, Lecoq, Longuet, Mahieu, conseiller d'arrondissement ; Miguet, Pedron, G. Renard, Salembier, maire, Roussel, maire, Sicaud, Dr Moret, R. Simon, etc.

Ce manifeste renferme des contre-vérités. Lors de la rédaction de ce manifeste, on voulait mettre au lieu de « conservateurs » le terme « gouvernementaux». M. Millerand s'y opposa formellement. Un membre du conseil supérieur du travail n'est pas à cause de sa fonction, gouvernemental, puisque lui, Millerand, est de ce conseil;on ne pouvait donc dire cela de M. Keufer. Il n'y avait pas coalition d'anarchistes et de conservateurs, mais coalition de délégués de syndicats avec des délégués du P.O.

S.R. (voir la note 49), tous ou presque tous ayant des mandats impératifs. La majorité n'avait pas déclaré que le prolétariat devait renoncer à l'action politique. Elle avait déclaré qu'elle ne voulait pas l'exclusion de ceux qui renoncent à l'action parlementaire. Nous ne relevons pas les appréciations, seulement les assertions de fait. Plus loin le mot « gouvernementaux » remplace les « conservateurs » de tout à l'heure. Cette fois le nom de M. Keufer n'y est pas accolé, on peut l'employer sans crainte. Les anarchistes sous le couvert de quelques mandats syndicaux ne tentaient pas de désorganiser le socialisme. Ils votaient conformément à leurs mandats, et, si désorganisation il y avait, c'étaient les groupes corporatifs qui en étaient les auteurs ainsi que les membres du P.O. S.R. dont le manifeste ne soufflait mot. Il n'y avait pas une pseudo-majorité, mais une majorité réelle, dont les 4/3 étaient des syndicaux : 20 sur ces 48 syndicaux étaient des anarchistes notoires, désignés par les bourses et les syndicats quoique ou parce que anarchistes.

Note 55. — Les dix signataires (Vaillant, Sembat, Turot, etc.), de ce nouveau manifeste déclarent :

qu'après avoir affirmé la nécessité de l'action politique, leur énergique réprobation de l'anarchie et l'antagonisme absolu qui oppose les hommes de la Révolution sociale à l'individualisme anarchiste, ils sont restés dans la salle de la délégation française après le vote, parce que toute participation à un vote implique forcément la possibilité d'être mis en minorité, ainsi que la validité du vote auquel on a collaboré.

Il leur a paru parfaitement injuste et dangereux déconsidérer, par leur retraite, les organisations corporatives les plus importantes du prolétariat français comme solidaires d'une douzaine au plus d'anarchistes. Ces organisations syndicales ont simplement voulu, par leur vote, maintenir contre toute ingérence des groupes politiques le droit absolu des syndicats ouvriers, que ne limite jusqu'ici aucune décision du congrès international.

Los signataires affifiTient qu'au lieu d'ar indre 1. j anarcliist>;s' par un ricochet qui frappe d'abord les or; misati ms ouvrière.-., il faut les rejeter hautement par un texte fo-mel qui len excl je. 11 termine en disant :

«1 Ain i le propose la section suisse, appuyée par "es sections anglais', et allemande. Ainsi nous voterons, nous qui sommes restés l- i poste pour y défendre nos idées, convaincus que dans un cop rès socialist , l'anarchie ne doit pas pénétrer et que 1^ congre.', loit affirm i- avec une f jrce nouvelle la nécessité de l'action ] olitique, l'I ctorale ou révolutionnaire, pour l'émanci pation li'.s travailL;. -s par i.i conquête du pouvoir politiqueque nous linons p'-^r le oioyen essentiel de la victoire de la Révolution. »

Nous ajouterons que l'individualisme anarchiste n'.;vait aucun reprëseniant dans le sein de la délégativ.n française. Il ne pouvait d'ailleurs en avoir puisque ). s principes de l'individualisme anarchique s'opposcu'. à toute délégatioiî.

Note 56. — i-.'n vertu de quel droit le bureau en avaitil décidé ainsi. ^ TJul ne le sut. Il agissait en maître. Cela est quia nomi i .r Lco. M. E. Guérard signale là une incorrection : K C'est au nom de la délégatio.i française que M Jaurès paraissait prendre la parole, alors que la inajo' ité de la France était d'un avis opposé à celui qu'i.exprimait. » Je fus certainement l'interprète de toute la délé;'.;; tion régulière française quand j'écrivis dans L- Rej-;:- Id's newspaper (8 aotit) : « La délégation française a été grossièrement insultée par le bureau du congrès. C'est une règle parlementaire que lorsqu'un orateu' parle au. nom de son pays, il exprime au moins l'opinior. de la majorité de ses concitoyens. Mais quand M. Jaurè.s parla il représentait seulement la minorité des sécession nistes. Dans cette discussion aussi importante, aucui: représentant de la majorité française ne put prendre part , c'est là un complet manque d'égards pour les syndicatfrançais. »

Note 57. — M. Tom Mann est un grand orateur, un vrai tribun comme l'écrivit M. De Seillac dans la Revue Bleue (8 août 1896, p. 184). Il souleva l'enthousiasme même de ceux qui ignoraient la langue dans laquelle il parlait (l'anglais). Sa parole vibre, ses gestes sont violents, entraînants, son émotion déborde et il émeut ses auditeurs rien que par sa mimique. Jamais encore il ne nous avait été donné d'entendre un tribun si puissant, un orateur si chaleureux. M. Tom Mann qui a quarante ans fut apprenti mineur, puis fondeur, il est maintenant secrétaire général de VI. L. P., etc.

Note 58. — Il est très important de remarquer cette décision du bureau du congrès composé en majeure par. tie de social démocrates. Elle était en contradiction absolue avec la thèse soutenue par MM. Guesde, Deville, etc., dans le sein de la nationalité française. Elle était conforme avec l'interprétation de MM. Vaillant, Sembat, Turot et des anarchistes qui, pour éviter toute discussion sur leur pet^sonnalité, avaient eu soin de n'être mandatés que par des syndicats. La restriction du bureau fit que comme Tavait dit Domela, on n'excluait pas ceux que Ton voulait exclure. Pourquoi le bureau a-t-il pris cette décision? Il est à présumer que l'attitude de la France y est pour quelque chose. Si la théorie de M. Deville avait été endossée par le congrès, la quasi totalité des syndicats français fussent sortis du congrès ; les syndicats hollandais aussi, ainsi que d'autres d'Italie, d'Espagne et beaucoup de trade unions anglaises. C'était mettre à la porte du congrès une centaine de délégués. Il ne fallait pas songer à cela d'autant plus que d'autres délégués avaient mandat de se retirer en cas d'expulsion

Note 59. — Vingt -six membres de l'I.L.P. entre autres MM. Arthur Field, Aveling, J. Burgess, Shaw Maxvell, F. Brocklehurst, J. R. Macdonald, L. M. Bylcs, F. Lessner. Miss Enid Stacy, etc., protestèrent contre l'attitude

et les discours de MM. Keir Hardie et Tom Mann. <( Ils n'ont pas de sens officiel comme représentant la politique générale de l'I.L.P., la question n'ayant pas été soumise aux branches. Un grand nombre de délégués de ri.L.P. sont opposés à la politique défendue par Keir Hardie et Tom Mann. » Cette protestation en amena une autre de MM. J. Connell, W. Parker, Tom Me Carthy, madame P. Campbell, etc. : « L'attitude et les discours de Keir Hardie et Tom Mann, au sujet de l'admission des anarchistes sont en conformité avec la décision prise par notre national administrative council et approuvée par les délégués de TI.L.P. au meeting de dimanche soir. Nous affirmons que plusieurs de ceux dont les noms figurent au bas de la protestation (ci-dessus) assistaient à ce meeting et ils savent que l'assertion du caractère non officiel des discours de nos camarades n'est pas vraie. Nous ajouterons qu'un des signataires le Dr Aveling a été chassé de l'I. L. P. il y a déjà quelques ans, » M. A. Field (I.L.P.) secrétaire de la branche de Maidstone écrivit que M. Aveling est bien de l'I.L.P. et que la branche de Maidstone dont M. Connell est délégué est pour la résolution de Zurich, M. Keir Hardie s'explique dans le Labour Leader (8 août), maintenant que son attitude était conforme aux résolutions prises par le N.A.C; il disait que la question serait discutée à la conférence prochaine de l'I.L.P. Quelques membres peuvent quitter l'I.L.P. et ils feraient une bonne chose pour l'I.L.P. Dans le Parti ouvrier du 20 août Tom Mann écrivit que la protestation de quelques membres de l'I.L.P. ne le ferait changer ni de principes, ni d'attitude.

Note 60. — Les nations qui votèrent pour l'article 1 1 sont : Grande-Bretagne, Belgique, Etats-Unis du Nord Amérique, Australie, Allemagne, Roumanie, Bulgarie, Pologne, Autriche, Norwège, Bohême, Suède, Espagne,

Portugal, Danemark, Russie, soit seize nations \ dans plusieurs il y avait une minorité contre. L'Italie étant également partagée était neutre. La Hongrie n'était pas représentée. La France et la Hollande se prononcèrent contre. En somme il y a i6 pour et 2 contre; mais le bureau considéra la Hongrie et l'Italie comme ayant voté pour, car il annonça 18 pour.

On a tout le temps du congrès parlé de M. Aveling comme représentant de l'Australie. C'était une erreur, il était représentant d'un groupe de Nouvelle Zélande. C'est ce qui le constituait en nationalité!! M. Bruce Glasier dans le Labour Leader^ M. Bernard Shaw dans le Star, s'en amusèrent fort ainsi que la plupart des assistants, à rexception toutefois des intransigeants de la sociale démocratie. Beaucoup aussi se demandaient quelles étaient ces nationalités : Pologne, Bohème, Hongrie? D'autres' plaisantaient l'importance socialiste de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Suède-Norwège. Jusqu'à la fin du congrès ce furent des quolibets sur la géographie sociale démocrate.

Notre compte-rendu de la séance du matin (mardi 28 juillet) a été fait d'après nos notes, Justice (29 juillet), Conférence Record (29 juillet), complété à l'aide du Labour Leader, Temps, Débats, Revue Bleue, la Sociale, et le Daily Chronicle.

Note 61. — La remise des cartes permanentes à la nationalité française fut la cause d'un incident comique. M. Eugène Guérard, comme représentant la France au bureau, M. Lavaud, comme secrétaire delà nationalité, se rendent au secrétariat réclamer les cartes. Ils sont accompagnés de M. A. Hamon. Au secrétariat, personne ne parle français. En un mauvais anglais on s'explique mal et M. W. Thorne refuse de délivrer ks cartes. Enfin arrive un interprète, M. A. Smith. Il déclare que M. Thorne ne veut donner à la majorité française que

57 cartes. M. Lavaud refuse et veut toutes les cartes. M. Guérard proteste contre cette prétention et M. Smith traduit. M. Thorne refuse toujours, un peu ébranlé, cependant. Alors M. Hamon, s'exprimant dans un mauvais anglais, dit que c'est ridicule, qu'on est dans un congrès parlementaire et que, par suite, les règles du parlementarisme doivent être suivies. Or, la règle est que ce soit le secrétaire de la nationalité qui reçoive toutes les cartes. xM. Lavaud est le secrétaire, donc il faut les lui donner. Le secrétariat du congrès n'a pas à s'occuper s'il y a, dans la section française, une minorité et une majorité. Cela existe dans toutes les sections. M. Thorne, concevant la justesse du raisonnement, va céder, il y a seulement quelque discussion sur le nombre des cartes, quand arrivent MM. Jaurès et Millerand. Tout change, car M. Millerand déclare qu'il vient chercher les cartes de la section française, 56 cartes. Il y a une légère discussion entre les Français présents. M. E. Guérard dit : « Alors, c'est la scission que vous cherchez, » et en vain il tente de modifier leurs sentiments. Rien n'y fait et M. Millerand déclare qu'il ne veut rien avoir de commun avec notre délégation. Pour lui, elle n'existe pas ; les dissidents seuls forment la vraie délégation française^ Il refuse de recevoir les cartes de la main de M. Lavaud. Enfin, par condescendance, MM. E. Guérard et Lavaud cèdent; M. Millerand emporte ces 56 cartes et M. Lavaud les bj. Il en reçut d'autres, ultérieurement.

Note QZ — L'incorrection des traductions de madame Aveling fut publique. Lorsqu'elle traduisit le discours de M. Domela Nieuwenhuis, elle le falsifia {Labour Leader^ I*-"'' août). Elle fit de même lors de la traduction de celui de M. Landauer. Elle traduisait fort bien les discours des social-démocrates. Madame Marx Aveling a d'étranges façons de comprendre la mission d'un traducteur, à moins qu'elle n ignore les langues qu'elle traduit.

En tou: cas, selon M. J. Rruce Glasier, c'étaient des manières qui n'étaient pas pour honorer le congrès. Un autre traducteur, M. A. Smith, aussi très social démocrate, se bornait à atténuer lorsqu'il traduisait, il adoucissait les angles ; enfin, il n'altérait pas. Madame Zetkin non plus, mais elle résumait beaucoup ce qui était contraire à la sociale démocratie. M. J. Sigg, qui ne traduisit que dans les derniers jours, le fit beaucoup plus nettement. Ces procédés ne s'expliquent guère que par l'emportement des passions. En effet, dans l'assistance, il y avait toujours beaucoup de personnes qui parlaient ou deux des langues ou les trois. Il en résultait donc qu'on savait nécessairement les falsifications des discours. Alors à quoi bon?

Note 63. — Les altérations voulues ou non des traductions, le vague, le plus souvent, qu'elles revêtaient, font que les délégués votaient beaucoup sans savoir ce qu'ils votaient. Le Labour Leader le constate pour les Anglais et nous pouvons l'assurer pour les Français. Les Allemands, eux, savaient très bien ce qu'ils votaient, car ils regardaient leurs chefs, MM Singer, Bebel, et suivant les signes faits ils votaient. Tout le monde put le constater M. Bernard Lazare (Echo de Paris, i août) a écrit justement que les trade unionistes anglais ont toujours voté l'expulsion, croyant qu'il s'agissait d'anarchistes individualistes. La plupart d'eux ignorait et ignore ce que désiraient les socialistes antiparlementaires et anarchistes. Le Daily Chronicle (29 juillet) a dit faussement que le rapport des S. D. allemands avait été accepté unanimement.

Note 64. — Ils se répartissaient comme on le voit note 37. Les trente sociétés socialistes se divisaient : Par liamentary committee, i3, Organisation committee, 12, diverses sociétés, 6.

Note 65. — Il représentait un groupe de quatre membres qui avait délégué deux membres. Un fut accepté, l'autre rejeté.

Note 66. — Parmi les délégués citons : MM, E. Vandervelde, E. Hardijns, L. Bertrand, Oscar Gilbert, Oscar Fay, E. Vinck, etc.

Note 67. — Le rapporteur de la France attendait sur la plate-forme que le président Singer lui donnât la parole pour son rapport. Dans la section française, on s'étonnait puis s'amusait de ce retard voulu, car des conciliabules avaient lieu publiquement sur la plate-forme. Aussi M. Sembat, à l'appel d'une nouvelle nationalité, par manière de plaisanterie, cria : Le Dahomey 1 C'étaient parmi les Français, des rires, des brocarts continuels. Là-bas, derrière la table présidentielle, sur les gradins de l'estrade, MM. Millerand, Deville, Liebknecht, conférenciaient. M. Vandervelde venait se joindre au groupe, puis M. Adler, après M. Ferri. Nous apercevons d'aucuns, parmi eux, qui viennent parler à l'oreille de M. Singer, le président. Que se passe-t-il donc? La majorité française le soupçonne, mais Tignore, car nous voyons seulement. Ecoutons donc M. Eugène Guérard qui, au bureau, à côté de M. Vaillant, voit tout et entend, aidé par M. Vaillant, qui parle anglais et allemand : « Le tour de la France est déjà passé, écrit M. E. Guérard, cependant le président Singer est informé qu'elle est prête à donner son compte-rendu^ mais madame Marx Aveling se penche à son oreille et lui dit en allemand de s'arranger pour que le rapport vienne tout à la fin de la séance pour éviter une discussion. Par deux fois, je rappelle au président que la France est prête, mais il me répond que l'on épuise d'abord les petites nationalités... Nous assistons à des conciliabules... M. Liekbnecht vient alors nous demander de ne pas soulever d'incidents : il serait déplorable, dit-il, que nos amis Millerand et Jau-

rès ne soient pas admis et il ne faut pas que votre rapport entraîne un débat. Je l'informe que le rapporteur de la France se bornera à dire que tous les mandats sans exception ont été validés au nombre de i23, même ceux qui n'avaient pas de mandats. Nouveaux conciliabules, on est inquiet .. » Les social-démocrates craignaient un incident et voulaient gagner du temps. M. Singer dit : « Vous n'aurez pas le temps de lire votre rapport w, mais M. E. Guérard insiste. Le président dit : « Alors, ils sont acceptés. » « Mais oui, répond M. Guérard, la section les a acceptés tous. » Un peu rassuré, M. Singer donna la parole au rapporteur français.

Note 68. — Le congrès ne comprit pas du tout ce qu'il votait lors du rapport de M. Plekhanov. En effet les comptes-rendus de The Conférence Record, The Justice, The Daily Chronicle, pour la séance du 28 juillet après-midi, ne disent pas la même chose. Justice, Conférence Record, confirmées par mes notes disent 7 délégués reçus, un refusé parce qu'il s'agit d'un petit groupe de réfugiés russes à Berne. Il s'agit de M. Rappoport, ce que confirme M. Bernard Lazare dans VEcho de Paris. D'autre part le rapport de M. F. Pelloutier confirmé par le Daily Chronicle, VEcho des Travailleurs municipaux dit 8 délégués reçus, un refusé; celui-là venait de Paris. Il ne s'agit peut-être plus de M. Rappoport, mais de M. Serebryakov; cependant M. Rappoport habite Paris aussi.

On voit que c'est passablement confus, et le congrès a voté sans comprendre quoi que ce soit à ce qu'il votait. Dans le Labour Leader du 8 août nous trouvons une très intéressante lettre de M. F. Volkhovsky sur ce sujet. M. Volkhovsky est un réfugié russe habitant Londres, rédacteur en chef de Free Riissia, l'organe de la Société anglaise des amis de la liberté russe. M. Volkhovsky occupe donc dans la société russe de Londres une si-

tuation très importante. C'est un socialiste, je crois même un social démocrate. Ceci dit, voici des extrai's de sa lettre. Il a été heureux des applaudissements unanimes qui ont accueilli l'annonce du réveil du prolétariat russe qui réjouissait tous les socialistes. « Les moins contents ont été les Russes, car ils ont eu conscience que le speech du camarade Plekhanov, comme orateur de la section, était loin d'avoir le même caractère large, impartial, pur. L'esprit de parti conduisait ses actes qui, nous en sommes sûrs, seront désapprouves p r ses propres disciples. Nous Russes qui avons au cœur la cause de la liberté russe et de la justice et qui avons travaillé pour cela, savons parfaitement bien que toutes les fractions du socialisme russe, et même tous ceux qui quoique avancés ne s'appellent pas socialistes, ont également travaillé à produire le réveil du prolétariat russe dont les grèves de Saint-Pétersbourg sont le résultat. Or l'orateur de la section russe a parlé des social démocrates, comme les seuls qui étaient sur le champ de bataille. Il décrit le camarade Serebr3^akov comme représentant seulement les revenants de la vieille organisation du parti de la Narodnaiya Volya, ne mentionnant pas que son mandat lui était aussi donné par divers groupes, de Saint-Pétersbourg et de Moscou,^ du même parti, aussi actif que la S. D. Il parla de ce parti comme un du passé, pendant qu'en fait il était celui qui fraternellement aidait les S.D. de Saint-Pétersbourg en imprimant, dans leur imprimerie secrète, quelques-unes des publications sociales démocrates. Une autre injustice était le traitement du camarade Rappoport rejeté parce que son mandat avait seulement cinq signatures, alors que c'était en /ait les signatures d'un comité agissant pour un groupe important de socialistes russes résidant à l'étranger (leur nom est socialistes révolutionnaires russes) , publiant une feuille pour les ouvriers et ayant des amis et cotravailleurs en Russie... En introduisant l'intolérance et l'esprit

de parti dans la question de la représentation et de la relation des affaires russes, le camarade Plekhanov crée de très graves causes de difficultés. Je suis sûr que ses partisans n'endosseront pas sa politique. Ils aiment trop la cause pour cela. » M. Serebriakoff écrivit une lettre : u Malgré mes instances reitérées d'avoir la parole pour protester contre les assertions de M. Plekhanov, le président me l'a refusée. Etant ainsi p-ivé de la possibilité d'exercer mon... devoir, je trouve ma présence au congrès comme leur délégué (russe) parfaitement inutile. » Comme délégué français, à cause de la division, il estime de même et se démet de ses pouvoirs.

Note 69. — La délégation française se composait à ce moment de i23 délégués. Six vinrent se joindre plus tard à la délégation qui eut un total de 129 membres. Nous donnons ci-après la liste complète de cette délégation avec l'indication de ceux qui votèrent contre l'article II (A) et de ceux qui votèrent pour (B). La lettre (AI) indique les membres de la délégation régulière pendant que (N) indique les membres de la délégation dite de Navarre. Nous avons joint la liste des organisations adhérentes.

Agresti, cercle du travail de Morez affilié au P.O.S.R. (M). — Jean Allemane. P.O.S.R, Fédération du centre, groupe central du XXe arrondissement de Paris, groupe du XX« arr., groupe de Saint-Denis (Seine), groupe de l'Ecole de Propagande, groupe de Chambon-sur-Vorieize (A. M^. — Argvriadès, Comité central du C.R.C., groupe du XVle arr., groupe d'Etudes sociales de la Qiiestion sociale (M). — Banham, Bourse du travail d'Angou- Lme, (A. M.). — Bertrand, agglomération parisienne, maison du peuple du XVIl« arr. P.O. F. (B. N.). — Boicervoise, ligue intransigeante socialiste. Comité républicain socialiste révisionniste de Saint-Oden (Seine) (A. M.). -- Bonnier, P.O. F., agglomération toulousaine, fédération du Nord, groupe de Vanves (Seine) (B. N.). — Bouanchaud, union des syndicats du département de la Seine, union fJderative des syndicats ouvriers de la

4e catégorie des tissus, Bourse du travail de Niort, société générale des ouvriers chapeliers de France (A. M.). — Bouillon, ligue démocratique des Ecoles (Paris) (A. M.). — Bourdet, Chambre syndicale ouvrière de l'Industrie Florale (Paris), syndicat des ouvriers fleuristes, feuillagistes et plumassiers de Paris (A. M.). — Braun, fédération nationale des ouvriers métallurgistes de France, Chambre syndicale des tourneurs en optique (Jumelles) (A. M.). — Broca, groupe corporatif des ouvriers menuisiers de Lyon (A. M.). — Paul Brousse. F. T.. S. Comité fédéral, groupe la Goutte d'or (Paris) (B.). — Emile Carré, P.O. F. groupe du ir arr. (B.N.). — Madame Carré, P.O. F.' groupe La Couture (Paris) (B. N.). — Chaughi, bibliothèque sociologique du XIl^ arr. (A. M.). — René Chauvin, Conseil Nationaldu P. O. F., fédération des ouvriers mégissiers de France, (B. N.), — Mademoiselle Collot, Chambre syndicale des ouvrières tapissières 'de Paris (A. M.). — Mademoiselle Corn, Bourse du travail d'Issy-les-Moulineaux (Seine) (A. M.). — Cougny, C.R.C. fédération du centre (Commentry) (B.M.). — Victor Dalle, Comité fédéral de la F. T. S. de France, fédération nationale des employés, chambre syndicale des employés de Paris, fédération des ouvriers et ouvrières des manufactures des tabacs de France, cercle des originaires de la Vienne, groupe la Sentinelle du XII« arr. (B.M.). — Dard P.O. F., agglomération parisienne (B. N.}. — Darène, syndicat des travailleurs du gaz de Paris, (A. M.). — Degay, Comité central du C.R.C. (B. M.). ~ V. Dejeante, groupe socialiste révolutionnaire du XX^ arr. (A. M.).

— Dekock, P.O. F. section Roubaisienne (B. N.). — Delcluze, P.O. F. agglomération Cambrésienne, union socialiste Dunkerquoise, groupe la Bataille de Calais, syndicat des ouvriers tailleurs de Calais (B. N.). — Delesalle, Chanibre syndicale des ouvriers en instruments de précision (Paris), union syndicale des ouvriers et ouvrières en cuirs d'Amiens, (A. M.). — D"" De- LO.N, P.O. F. cercle de l'union socialiste d'Anduze, cercle socialiste d'^l'ais, groupes d'études sociales de Serres, d'Avèze, de Vauvert, de Pompignan, groupe socialiste de Clarensac, les agriculteurs socialistes de Saint-Hilaire de Brethmas (B. N.).

— Delory, P.O. F., section Lilloise (B. N.). — Delurier, l'Avenir de Plaisance, l'Union des travailleurs d'Arcueil Cachan, l'Utilité sociale (trois coopératives de consommation) (A. M.). — G. Deville, fédération républicaine socialiste de la Seine (B. N.).

— DoRMOY, conseil municipal de Cerilly, id. d'Archignat, id. de Chamberat, La Chapelande, Désertines, Estivareilles, Huriel, Lignerolle, Meaulue, Saint-Victor, Urcay, Viplaix (Allier) et de Roanne (Loire) (en tout 14 mandats de conseils municipaux), P. O.P. cercle républicain des ouvriers de Montluçon, union républicaine, socialiste des ouvriers de Commentry, comité socialiste d'Ainay-le-Chàteau, fédération républicaine socialiste de Montluçon, chambre syndicale de la Métallurgie de Montluçon, idem des employés de bureau de Montluçon, idem des ouvriers verriers de Montluçon, idem des ouvriers de la ville de Montluçon, idem des ouvriers mineurs de Bézenet, section de Montluçon des ouvriers du livre, union des chambres syndicales ouvrières de Montluçon, groupe de Montluçon du syndicat national des chemins de fer français, idem groupe de Cosne-surl'Œil, (B. N.). — Dubois, fédération nationale des corporations ouvrières du bâtiment, chambre syndicale des tailleurs et scieurs de pierre (Seine) (A. M.). — Dubreuilh, C.R.C. comité central, groupe d'action révolutionnaire du XX" arr., idem du XV», idem des Ternes, groupe de Boulogne-sur-Seine, groupe des originaires de l'Allier (Paris), ligue de la révision par le peuple, chambre syndicale ouvrière de la cordonnerie de France, (B, M.). — DuPAC, fédér^on des travailleurs municipaux de Paris (A. M.). — Dupied, chambre syndicale ouvrière de l'Industrie textile de Lille (B. N,). — Fabérot, chambre syndicale des ouvriers et ouvrières en chapellerie de Paris, idem des ouvriers mouleurs de Nouzon, idem de l'Industrie lainière de Daigny, idem des ouvriers mouleurs de Charleville, P.O.S.R. groupe de Balan (A. M.). — Fagnot, cercle des prolétaires positivistes de Paris (A. M.). — Faillei, groupe socialiste révolutionnaire central du X« arr. (M.). — Ferrer, P.O. F., groupe du IV^ arr. de Paris (A. M.), — Fontaine, comité socialiste indépendant des ouvriers tailleurs de la Seine (B. M.). — Fucho-Fafln, P.O. P., section calaisienne, union des chambres syndicales ouvrières de Calais (B. N.). — Gallau, Bourse du travail de Cognac (A. M.).

— Genty, secrétariat national du travail de France, union syndicale des ouvriers menuisiers de la Seine (M.). — Gérault-Richard, groupe central socialiste du Mans (B. N.). — Ghesquière, P.O. F. section lilloise (B. N.). — Girard, union syndicale des ouvriers du bronze de Paris, chambre syndicale des ouvriers ferblantiers de la Seine, chambre syndicale des coupeurs che-

misiers de Paris'(A. M.\ — Goursaud, chambre syndicale des bûcherons d'Indre-et-Loire, F. T. S. de France, région de l'Ouest (A. M.). — Jean Grave, syndicat des ouvriers métallurgistes d'Amiens (M.). — Gros, union des chambres syndicales ouvrières des [Bouches-du-Rhône (A M,). — Groussier, groupe socialiste révolutionnaire central du X» arr. (M.). — Eugène Guépard, syndicat national des travailleurs des chemins de fer français, chambre syndicale des cochers de Paris et de la Seine, union syndicale des ouvriers menuisiers de la Seine, fédération des ouvriers mouleurs de France, verrerie ouvrière d'Albi (Tarn), confédération générale du travail, Chevaliers du travail français (A. M). — Ferdinand Guérard, Bourse du travail d'Amiens, Bourse du travail de Montpellier, Bourse du travail de Béziers, syndicat des employés du déparlemjnt de la Seine, chambre syndicale des ouvriers tapissiers d'Amiens, groupe les Pionniers du IV» arr., Paris. (A. M.). — Guérineau, chambre syndicale des ouvriers polisseurs sur métaux, de Paris (A. M.).

— Jules Guesde, P. O. F., Conseil national, arr. de Rochefort (B. N.) — GuiAT, Bourse du travail de Lyon, idem de Grenoble (B. N.). — P. GuvoN, comité d'organisation de la grève générale (Paris) (A. M.). — A Hamon, Bourse du travail de Nantes, groupe les Pionniers du travail du IV^ arr., Paris (A. M.). — Hémerv, P. O. F., agglomération parisienne (B. N.). — Herminot, chambre syndicale des ouvriers tullistes de Calais (B. N.). — L. Jerrold, groupe VAri social de Paris (A. M.). — Jaurès, (B. N.).

— JouRDE, P. O. F., fédération girondine (B. N.). — Keufer, Fédération des travailleurs du Livre, union des chambres syndicales de Boulogne-sur-mer (A. M.). — Paul Lafargue, P. O. F., conseil national, union syndicale des colons et agriculteurs de la Loire Inférieure (B. N.). — J. B. Lavaud, P. O. S. R., secrétariat général, groupe les Egalitaires deClichy, idem des Ternes (Paris), groupes corporatifs de Clichy, idem du canton de Sèvres, chambre syndicale des ouvriers passementiers à la barre (Paris) (A. M.). — Alexandre Lavigne, P. O. F., fédération girondine (B. N.). — Raymond Lavignk, P. O. F., Association des républicains socialistes de Libourne, union républicaine socialiste de Limoges, Bourse du travail de Limoges (B. N.). — Lecoq, p. o. F., cercle de la Santé (Paris) (B. N.). — Letailleur, p. o. F., section Caudrésienne (Nord), chambre syndidicale des ouvriers tullistes de Caudry (Nord) (N.). — Lêtang,

C. R. C , fédération de Commentry, (B. M.). — Jean Longuet, P. O. F., fédération socialiste Bas-Normande (B. N.J.

— LoRCHE, P. O. F.. Maison du peuple de Lyon et Villeurbanne (B. N.). — l-ORCiN, Bourse du travail de Perpignan (A. M.). — Mathieu, P. O. F., fédération socialiste Bas-Normande (B. N.).

— E. Malatesta, syndicat des ouvriers métallurgistes d'Amiens (A. M.). — Marchand, P. O. S. R., groupe de l'hôpital Saint- Louis (Paris) (A. M.). — Maréchal, ligue intransigeante socialiste (A. M.). — Mariettûn, p. o. F., agglomération lyonnaise (N ). — Charles Martin, chambre syndicale des ouvriers boulangers de la Seine (A. M.)- — Jules Martin, chambre syndicale des ouvriers tullistes de Calais (N.). — Meyer, comité de vigilance des conseillers prud'hommes ouvriers de l'alimentation (Paris), chambre syndicale des pâtissiers de la Seine, fédération ouvrière des cuisiniers, pâtissiers et confiseurs de France, chambre syndicale ouvrière des limonadiers restaurateurs de Paris, association mutuelle des boulangers du département de la Seine, ligue pour la suppression des bureaux de placement (Paris) (A. M.). — Madame Mevnet, P. O. S. R., groupe les chaisières de Tarbes (A. M.). — A. Millerand, (B.N.). — Millet, fédération des organisations ouvrières de l'Aube, fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs de France (B. N.). MoNTAGARD, union des chambres syndicales ouvrières des Bouches-du -Rhône (A. M.). — Museux, union socialiste révolutionnaire du Vie arr. de Paris (A. M.). — Pacini, P. O. S. R., groupe de Septmoncel (Jura) (M.). — Parsons, fédération des chambres syndicales et groupes corporatifs de Clichy (A. M.). — Pascal, chambre syndicale ouvrière du cartonnage de Paris (A. M.). — Etienne Pédron, fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs de France, fédération des organisations ouvrières de l'Aube, fédération du P. O. F. socialiste de la Marne (B. N.). — Paul Pédron, fédération des organisations ouvrières de l'Aube (N.). — Pelletier, chambre syndicale des ouvriers tailleurs de Paris, idem de Grenoble (B. N.). — Fer- NAND Pelloutier, fédération des Bourses du travail de France et des colonies, syndicat des ouvriers teinturiers et apprêteurs d'Amiens, Bourse du travail du Mans(Sarthe), verrerie ouvrière d'Albi (Tarn) (A. M.). — Docteur Piérot, P. O. S. R., groupe de Sens (Yonne) (A. M.). — Emile Pouget, chambre syndicale ouvrière de la métallurgie de Beauvais, chambre syndicale des

ouvriers ardoisiers d'Angers. — Trelazé, chambre syndicale des ouvriers maçons et tailleurs de pierre de Cognac (A. M.). — Reece, p. O. s. R., union socialiste de la Charente (section d'Angouléme) (M.). — L. Remy, chambre syndicale des ouvriers et ouvrières tisseurs d'Amiens; P. O. S. R., groupe le Réveil Amienois ; groupe du V" arr., Paris (A. M.). — Georges Renard, C. R. C, comité électoral socialiste révolutionnaire du XX'* arr., Paris (B. N.). — Renaud, chambre syndicale des ouvriers jardiniers de la Ville de Paris; C. R. C, comité du XVIIIe arr. (B. M.). — Rieussec, p. O- S. R., groupe de Plaisance, Paris (M.). — Rivière, P. O. F., groupe du XIlIc arr., Paris, groupe des étudiants collectivistes, Paris (B. N.). — Paul Robin, société de propagande socialiste par la scienee et l'art, Paris, l'union sociale, coopérative de consommation, Paris (A. M.). — Gustave Rouanet, comité républicain socialiste de Clignancourt (B. N.). — Roussel, P. O. F., groupe d'Ivry-sur-Seine (N.). — Rozier, chambre syndicale des ouvriers estampeurs et découp'eurs sur métaux de la Seine (A. M.). — Salembier, P. O. F., section calaisienne ; union des chambres syndicales ouvrières de Calais (B. N.). — Sauvanet, conseil municipal d'Huriel (Allier), P. O. F., cercle républicain des ouvriers de Montluçon; chambre syndicale de la métallurgie de Montluçon, idem des employés de bureaux de Montluçon ; idem des ouvriers verriers de Montluçon ; idem des ouvriers de la ville de Montluçon ; section de Montluçon des ouvriers du livre ; union des chambres syndicales ouvrières de Montluçon (B. N.). — Séchaud, P. O. F., groupe La Couture, Paris (B. N.). — Marcel Sembat, fédération des syndicats ouvriers d'Indre-et-Loire, fédération des socialistes indépendants, Paris (B. M.). — Sérébriakoff, syndicat des journalistes socialistes de Paris. — Sicaud, P. O. F. de Grenoble (B. N.). — Simon, chambre syndicale des ouvriers cordonniers de Lyon, groupement des ouvriers en cuirs et peaux de Lyon (A. M.). — Rodolphe Simon, fédération des conseillers municipaux socialistes de France, Maison du Peuple de Paris (B. N.). — Steens, chambre syndicale ouvrière textile d'Amiens (A. M.). — Terrioux, chambre syndicale des cantonniers de la Ville de Paris (A. M.). — Thierrart, chambre syndicale ouvrière de l'industrie textile de Reims, syndicat des ouvriers menuisiers-ébénistes de Reims, groupe républicain socialiste de la Suippe (Marne) (A. M.). — Thomas, comité central socialiste du

XVIII» arr. de Paris (A. M.). — Tocatti, P. O. S. R., groupe la Lumière de Maromme (Seine-Inférieure) (M.)- — Tortelier, chambre syndicale des ouvriers menuisiers en bâtiment de la Seine (A. M.). — Toussaint, P. O. S. R., groupe central du Xle arr., chambre syndicale des courtiers, receveurs et employe's d'abonnement de la Seine (A. M.). — Henri Turot, C. R. C, comité central, fédération républicaine socialiste de Saint-Quentin et de l'Aisne, chambre syndicale des ouvriers bûcherons de Vierzon-Village (B. N.). — Edouard Vaillant, C. R. C, comité central, groupe du XX^ arr. 2« circonscription, groupe de Belleville, groupe des Lilas, chambre syndicale des ouvriers métallurgistes réunis de Vierzon, cercle de l'union républicaine socialiste de Toulouse (B. N.). — Valat, P. O. F., Maison du Peuple de Lyon et de Villeurbanne (N.). — Vaquette, société de résistance des ouvriers imprimeurs-lithographes de la Seine, chambre syndicale ouvrière des relieurs doreurs (Paris) (A. M.).

— VouRET, fédération socialiste révolutionnaire de la 5e circonscription de Saint-Denis (B. N.). — René Viviani, (B. N.).

— Warnanski, union des socialistes révolutionnaires d'Issy-les- Moulineaux (B. N.).

La délégation régulière française (M) se composait de 57 A, 10 B, 7 absents au moment du vote, 3 abstentionnistes, en tout 'j'] délégués représentant à peu près i5o organisations, dont 62 groupements politiques, et 88 groupements syndicaux.

La délégation N, dite navarraise, se composait de 45 B, de 6 absents, au moment du vote, soit 5i délégués représentant environ 90 organisations, dont Çi'j groupements politiques et 23 groupements syndicaux. Après la scission, il vint divers délégués se joindre à la délégation N; ils étaient au nombre de 4 ou 5. Nous ignorons et leur nom et les organisations qu'ils représentaient. MM. Jaurès, Millerand, Viviani, ayant remis leurs mandats à la section N. il s'ensuit que nous ignorons quelles organisations les déléguaient. Sur leurs cartes préliminaires envoyées au comité d'organisation, il y avait pour M. Jaurès, P. O. F., et pour MM. Millerand et Viviani, groupe socialiste de la Chambre des députés. Dans le

relevé ci-dessus des organisations, nous n'en tînmes pas compte. M. G. Renard est le seul délégué d'un groupement affilié au G. R. G. qui soit resté avec la minorité. Sur la carte préliminaire, M. Renard est porté comme délégué du groupe d'études sociales de la Revue Socialiste.

Dans la série des mandats de conseils municipaux, (MM. Dormoy et Sauvanet délégués), il y en a de curieux. Presque tous sont au polycopie, avec la formule « Nous soussigné... de la commune de... conférons nos pouvoirs et déléguons le citoyen... pour nous représenter au congrès... national, qui se tiendra à... » L'un d'eux est rempli par le maire de Gérilly, qui, à lui tout seul probablement, délègue M. Dormoy. Un autre, d'Huriel, est ainsi fait : « Nous soussignés, maire, adjoints et conseillers municipaux de la commune... » déléguons MM. Dormoy et Sauvanet. Le mandat porte 5 signatures, dont l'une est celle du maire, M. Sauvanet. Il semblerait que MM. Dormoy et Sauvanet sont, de ce chef, délégués par 4 personnes! ! ! Beaucoup de mandats du P. O. F. ont cette formule finale « pour prendre toutes décisions qu'il croira utiles au développement du parti ». — M. Serebriakoff résilia ses pouvoirs et ne fut d'aucune section (Voir note 68).

Note 70. — G'est là l'affirmation d'une contre-vérité. Il suffit de se reporter à la relation de la séance de lundi matin, nationalité française. Les orateurs furent contre l'admission, MM. .E. Guérard, J. AUemane, Faberot, Dalle; pas un anarchiste.

Note 71. — A ce sujet M. E. Guérard écrit : « On espère pouvoir dans la soirée gagner quelques leaders et obtenir le lendemain un vote favorable. »

Note 72. — La raison pour laquelle le congres fut remis au mercredi après-midi, en violation du règlement

que le congrès avait fixé lors du vote de Tarticle i i, est que MM. Singer et Liebknecht avaient des engagements qui les retenaient ce matin-là hors du congrès! {Labour Leader, article de Keir Hardie, 8 août).

Note 73. — Sources : Justice, Conférence Record, Labour Leader, Journal des Débats ^ Réveil des travailleurs de la voie ferrée. Sociale, Echo de Paris, Daily Chronide, Rapport de M. Pelloutier, mes notes. La partialité du bureau est signalée dans la Revue Bleue au sujet de cette discussion. Toute la partie relative aux trois députés français sans mandats est passée presque sous silence par Justice et Conférence Record.

Note 74. — L'assistance remarqua que le tour de présidence était à un Français, mais le bureau désigna de sa propre autorité un Anglais, un social démocrate très autoritaire. Les Anglais se demandèrent pourquoi M. Hyndman et pas Tom Mann ou Keir Hardie ou un trade unioniste. Dans^ VEcho de Paris, M. B. Lazare observa que « la sociale démocratie sait choisir ses présidents. ))

Note 75. — Au sujet de l'admission des trois délégués sans mandats, « les Anglais se sont montrés intraitables ; il parait même qu'ils ont déclaré que si les députés français étaient admis sans mandat, toute la délégation anglaise se retirerait pour protester contre une semblable irrégularité. » (E. Guérard, Réveil des travailleurs de la voie ferrée).

Note 76. — La Petite République du 3o juillet dit : « La majorité prononce l'admission des citoyens Jaurès, Viviani, Millerand, Rouanet et Gérault-Richard, « qui ont reçu de leurs électeurs un mandat supérieur à tout autre. » L. D. — Il y a là affirmation de contre-vérités. M. Rouanet avait déposé de suite un mandat; M. Gérault-

Richard avait déposé le sien après la séance du lundi matin de la nationalité française. MM. Jaurès, Millerand, Viviani vinrent seuls devant le congrès. Celui-ci les obligea à déposer un mandat. — On peut juger quelle créance on peut accorder à la Petite République pour le compte-rendu du congrès de Londres. Primitivement, M. Dubreuilh en était chargé mais après le lundi soir, M. Millerand l'avisa que cette fonction lui était retirée. M. Dubreuilh était resté avec la majorité.

Note 77. — Il était dans la minorité de la délégation française. M. Michalkowsky est un social démocrate. Le lendemain, dans le congrès, on distribuait en français et en anglais la Défense de ce délégué; c'était l'extrait de la lettre de M. Lavroff que M. Vaillant n'avait pu lire. Cette défense était signée : La minorité social démocrate de la délégation polonaise.

Ci-après, une partie du rapport de M. P. Lavroff:

« La réunion des démocrates socialistes polonais et russes, tenue à Zurich, le 27 août 1893, s'est adressée à moi avec prière d'examiner et de résoudre la question si la déclaration faite, au dire des membres de cette réunion — par la délégation polonaise au bureau du congrès de Zurich — visant le citoyen Michalkowski et consistant en ce que : 1° il était employé d'une société russe', 2° qu'il aurait joué un rôle compromettant dans l'affaire Handelsmann-Sawitzki — avait un bien fondé et que, par conséquent, le mandat signé par lui ne peut pas être validé. Le citoyen Michalkowski s'est également adressé à moi avec la même prière.

J'ai accepté cette mission en écartant consciemment toute autre question et j'ai réuni des renseignements détaillés sur la personnalité du citoyen Michalkowski, sur son passé, sur sa réputation dans le milieu socialiste, sur la Société Russe, son emploi dans celle-ci paraissant quelque chose de compromettant aux yeux des auteurs de la déclaration, et enfin sur sa participation dans l'affaire Handelsmann-Sawitzki.

Je m'adressai avec mes questions surtout à des socialistes polonais, à des personnes présentant toutes les garanties d'une

ET LE CONGRES DE LONDRES 2Dg

attitude impartiale, et compétentes dans l'affaire, à des personnes n'appartenant pas à la même nuance socialiste que le citoyen Michalkowski, et enfin à des personnes jouissant, grâce à leur caractère et à leur passé, de l'estime générale dans les groupes socialistes polonais et russes.

Toutes les opinions que j'ai reçues caractérisent le citoyen Michalkowski comme un homme d'une honnêteté sans tache, comme « l'un des organisateurs du parti social démocrate polonais », comme « l'un des personnages les plus influents dans le milieu ouvrier de Lodz et de Varsovie », comme un homme qui « avait joué un rôle important dans l'organisation VUnion des travailleurs polonais, et jouissait de l'estime générale, qui avait passé onze mois en forteresse et qui y montra toute son inflexibilité et son honnêteté. »

Les renseignements constatent le fait qu'il jouissait de la « meilleure réputation » dans le milieu socialiste, on le considérait comme un bon militant socialiste. Les renseignements, fournis par les amis de feu Sawitzki constatant c les termes respectueux » que Sawitzki employait en parlant du citoyen Michalkowski et que leur connaissance personnelle n'a fait que renforcer cette bonne opinion, fondée auparavant sur ce que lui avaient conté des amis communs.

En me basant sur tous mes renseignements, je crois avec la plus grande conviction avoir le droit de déclarer que, non seulement, il n'y a dans le passé du citoyen Michalkowski aucune donnée qui puisse permettre de se méfier de lui, mais que, au contraire pour évoquer un soupçon, il aurait fallu présenter des preuves très fortes et ne permettant aucun doute.

En ce qui concerne les renseignements sur la société russe dans laquelle son emploi paraissait suspect aux yeux des auteurs de la déclaration, je crois devoir affirmer que cette société avait et a un caractère purement commercial ; que l'emploi dans cette société ayant pour but de se procurer par son travail des moyens d'existence ne peut être un reproche pour personne au nom de ses convictions et que par conséquent, on ne peut que regretter que les paroles de la déclaration « ein Beamter einer russischen gesellschaft » peuvent être considérées comme quelque chose de suspect.

Signé : P. Lavroff-

Note 78. — Ce délégué était M. Fernand Pelloutier, mandaté par la Federazione italiana délie Camere del Lavoro, Le congrès ne se prononça pas sur la mise en demeure de Tltalie et M. Pelloutier siégea aux deux nations. M. Aveling votait comme anglais et comme représentant l'Australie. M. Malatesta était délégué français et délégué espagnol. La question de principe a donc été résolue en fait : un délégué peut être à la fois dans plusieurs nationalités.

Note 79. — L'exclusion des socialistes anarchistes, en dehors de l'opposition de la majorité française et hollandaise, motiva deux protestations. L'une est signée de MM. Gabriel et J. R. Littler (Lithographie artit's Society, London), W, Wess (Hebrew compositors association, London; International cigarette makers-union de Glasgow), W. K. Hall (Harness and sadlers union Edinburgh), J. Presburg (international Journeyman's Upper machinist union)» J. Connel (Deptford LL.P.), Nellie Campbell (East Dulwich LL.P.), Amy G.x\Iorant(LL.P.)- J. Sexton (Ashton Branch LL.P.), E. Halford (Labour Church union), W. Parnell (alliance cabinet makers), Tom Me Carthy (Dock, Wharf, Riverside and G. L. U. London), W. Arnold (Shop assistants' union), W. F. Kean (Plymouth Branch LL.P.), Paul Campbell (executive London fédération LL.P.), H. Roland (international Branch amalgameted society of Tailors). Cette protestation émanant de trade unionistes et socialistes anglais disait : « Nous protestons... contre la violation du principe originel de la vieille association internationale des travailleurs formulé... en i866... ainsi conçu : « L'assujettissement des ouvriers au capital est la source de toute servitude...; le premier but à atteindre est donc l'émancipation économique à laquelle le mouvement politique doit être subordonné. » Selon les'circonstances les ouvriers de chaque pays jugent par eux-mêmes des moyens et de la tactique à employer... Nous répétons

notre protestation contre l'exclusion de ceux qui... s'appellent anarchistes communistes ou communistes antiparlementaires et qui néanmoins croient en l'action directe des organisations ouvrières pour l'émancipation économique du travail. Par cette exclusion... ce congrès a enlevé au mouvement socialiste sa grande pureté et son non sectarisme qui était sa caractéristique. Il a établi un type autocratique de socialisme qui nécessairement convertira le parti socialiste en un parti parlementaire, réformiste dépourvu de toute activité révolutionnaire. » Cette protestation imprimée en trois langues fut largement distribuée dans le congrès. La moitié des italiens en fit une autre adressée « au congrès international social démocrate et des Trade unions ». Elle disait : « ... protestent énergiquement contre cette tentative de monopolisation du mouvement ouvrier international essayé par les... social démocrates et se réservent d'agiter la classe ouvrière... contre ce courant réactionnaire... » Les signataires étaient F. Cini, Pietro Gori, E. Malatesta, F. Pelloutier (Bourses du travail d'Italie).

Note 80. — Dans le Journal des Débats M. Bourdeau écrit : « Les social démocrates allemands ne cachaient pas leur intention de suivre les guesdistes français dans leur retraite. »

Note 81. — Sources : The Daily Chronicle^ The Justice, The Conférence Record, The Star, Journal des Débats, la Sociale, la Libre Parole, la Petite République, Labour Leader, le Réveil des travailleurs de la voie ferrée, Weekly times and Echo, VEcho des travailleurs municipaux, le rapport de M. F. Pelloutier, mes notes. — Dans cette séance, M. Millerand put parler plus de cinq minutes sans être interrompu par la cloche du président ; M. Vandervelde, les cinq minutes terminées, dut clore son discours au son de la cloche! — M. Jaurès interviewé aussitôt après la séance dit :

« La séance de ce soir me remplit de satisfaction... Quand l'anarchisme se montrera à découvert, nous discuterons avec lui. S'il évolue; si, par l'acceptation des syndicats et des congrès, il s'achemine à compter avec l'action politique en reniant ainsi son passé et sa doctrine et son nom, il est possible que nous soyons appelés à prendre acte de sa conversion. Mais s'il essaie de se glisser dans les congrès socialistes et qu'il prétende, sous un déguisement, à y faire la loi, c'est une comédie à laquelle nous n'avons pas le droit de nous prêter.

» Je sais bien qu'on dira qu'en répudiant les anarchistes du congrès, nous répudions aussi les syndicats qui leur ont donné mandat. Nous sommes des partisans très décidés de l'action politique et syndicale ; nous l'avons prouvé chaque fois qu'il s'est agi de défendre les droits syndicaux, mais il ne peut dépendre de quelques syndicats de fausser ou d'arrêter le mouvement socialiste par le fait qu'ils auront choisi leurs délégués hors du socialisme. »

M. Jaurès montrait, par ces assertions erronées, son ignorance de l'histoire du socialisme en France. Les socialistes anarchistes ont toujours accepté les congrès et les syndicats (voir les conférences anarchistes de 1871» 1881, 1892, 1893, les congrès socialistes de 1882, 1888 (Londres), 1889, 1891, 1893 et 1896). Le socialisme anarchique ne renie pour cela ni son nom ni sa doctrine. Les syndicats qui avaient choisi des délégués communistes anarchistes ne les avaient pas pris en dehors du socialisme. — Les polonais étaient contre la division mais ils votèrent pour afin d'éviter le départ de la minorité française et par discipline. L'un d'eux me le dit nettement le samedi à Crystal Palace.

Note 82. — Le jeudi, M. Keir Hardie ne motionna pas ; il préféra laisser s'achever la farce , comme il le dit.

Note 83. — Sources : Libre Parole, la Sociale. Rapport de M. Pelloutier, mes notes.

ET LE CONGRÈS Dl<: LONDRES 263

Note 84. — Voici cette « déclaration de la section française régulière aux camarades du congrès ».

« Camarades, nous tenons à vous exposer brièvement, comme membres, au nombre de 72, de la délégation française régulière, les faits exacts qui se sont passés dans l'intérieur de notre délégation. Vous ne connaissez pas ces faits, car c'est en adversaire partial que le citoyen Millerand les a exposés. Le citoyen Vandervelde ne pouvait parler que de la question de principe. Au début, lundi, c'est à l'unanimité que furent désignés les membres du bureau provisoire, les citoyens Vaillant et Pédron et les membres de la commission de vérification des mandats. De même, à l'unanimité, furent désignés ultérieurement, pour siéger'au bureau du congrès, les citoyens Vaillant et Eugène Guérard.

Une première discussion eut lieu sur la proposition du citoyen Gabriel Deville, demandant que tout délégué, même mandaté par une organisation corporative, fût interrogé sur son adhésion à l'action politique, avant toute validation. La majorité se prononça contre la proposition Deville : personne ne se retira. Dans l'après-midi, la même discussion fut reprise sur l'initiative du citoyen Delory. Il fut proposé que la France votât au congrès pow Varticle 11, et les décisions de Zurich qu'il entraînait.

Mais ici, camarades, nous signalons à votre attention le fait capital du débat. Le citoyen Gabriel Deville, le citoyen Jules Guesde affirmèrent de la façon la plus formelle que la décision du congrès de Zurich impliquait l'exclusion du congrès de tout délégué, même mandaté par une organisation corporative, qui refuserait d'adhérer à la conquête des pouvoirs publics. C'est sur cette affirmation que le vote eut lieu contre l'article 11. Il signifiait uniquement que la majorité de la section française entendait garantir l'entière liberté des organisations ouvrières.

Or, le lendemain, au nom du bureau du congrès, le président Singer, appuyé par le citoyen Vandervelde, déclara officiellement que le congrès de Zurich n'avait jamais entendu atteindre les mandats syndicaux et que tout représentant d'une organisation ouvrière régulièrement mandaté, serait admis au congrès. Ainsi donc, le congrès confirmait le vœu réel de la section française, qui n'avait jamais demandé autre chose. Ainsi donc, le vote de

notre section avait été vicié dans sa forme par l'interprétation erronée contre laquelle on avait voté.

Après le vote de notre section, le lundi, une partie delà minorité se retira, déclarant rompre avec la majorité ; le secrétaire se retirant fut remplacé par le citoyen Lavaud. Un délégué de la minorité essaya même d'enlever violemment le dossier des mandats.

En présence de la déclaration officielle au sujet du congrès de Zurich qui détruisait la prétention de la minorité, que commandait la bonne foi ? De reconnaître qu'on avait induit en erreur la section française et de rentrer au milieu d'elle. Au lieu de cela, la minorité, persistant dans son attitude de révolte contre la majorité, sollicita du congrès la scission en deux fractions de la délégation française, malgré le vote de l'article 1 1, qui ne permettait plus aucune modification au règlement. Le congrès a voté sans connaître la, tromperie dont la majorité avait été victime, sans avoir entendu un seul représentant de cette majorité.

Le vote préparé par des conciliabules entre les représentants de la minorité et les leaders du parti social-démocrate allemand, fut enlevé par ces derniers. Et l'on vit des nationalités telles que la Bulgarie, la Roumanie, la Bohême, etc., faire échec aux nations où le mouvement socialiste est le plus développé, l'Angleterre, la France, l'Italie, la Belgique, la Hollande, représentées non pas par quelques délégués, mais par des centaines. Voilà les faits.

Camarades, on a fait perdre le temps du congrès par une discussion qui a commencé par une tromperie et s'est continuée par amour-propre blessé ou par calcul.

Nous affirmons :

Que la délégation française n'a jamais voulu qu'une chose, le maintien absolu du droit des organisations ouvrières, contre toute, pression politicienne ;

Que lors de la délivrance des cartes définitives, le secrétaire de la délégation, le citoyen Lavaud a déclaré qu'aucune carte ne serait remise à un délégué d'un groupe anarchiste.

On veut accréditer cette opinion que la majorité de la délégation française est composée d'anarchistes ou d'alliés anarchistes: c'est faux.

Cette majorité est composée de délégués de groupes politiques socialistes et de groupements corporatifs qui, les uns et k

les autres, ont déclaré qu'ils se conformeraient strictement au mandat qui leur a été donné par leur organisation. Camarades, vous jugerez !

Pour l'unanimité de la délégation française régulière.

Ed. Vaillant, Eugène Guérard.

Note 85. — Sources : mes notes.

Note 86. — Conférence Record^ Justice.

Note 86 bis, — M. Vaillant confirma ces machinations et ces tromperies dans une lettre que M. de Seillac publia dans la Revue Bleue du 29 août.

Note 87. — Voici les résolutions votées. J'ai mis entre parenthèses les additions faites sur la proposition de M. Paul Lafargue.

a Les maux toujours croissants que (la monopolisation de laterre et) l'exploitation capitaliste de l'agriculture entraînent pour le cultivateur du sol er pour la société tout entière ne disparaîtront complètement que dans une société où le sol aussi bien que les autres moyens de production appartiendront à la collectivité, qui les fera exploiter dans l'intérêt commun en employant les procédés de culture les plus perfectionnés.

» Le mode de possession de la propriété foncière et la division en catégories ((^) delà population agricole dans les différents pays présentent une diversité trop grande pour qu'il soit possible d'adopter une formule générale qui s'imposerait à tout le parti ouvrier et qui serait applicable à toutes les classes qui ont intérêt à la réalisation de l'idéal commun.

» Mais il y a pour chaque parti ouvrier une tâche essentielle et primordiale : l'organisation du prolétariat rural contre ceux qui l'exploitent.

» En conséquence, le congrès déclare qu'il y a lieu de laisser aux différentes nationalités le soin de déterminer les moyens d'action les mieux adaptés à la situation de chaque pays ; d'éta-

(a). Le texte de la commission portait : « La condition économique et la division en classes de... »

blir des relations internationales entre les commissions d'études créées ou à créer dans les différents pays, afin de centraliser les documents statistiques et autres travaux se rapportant à la question agraire. »

Note 88. — Sources : Justice, le Congrès de Londres^ par E. Guérard, et surtout le rapport de M. Pelloutier, reproduit presque en entier.

Note 89. — Sources : Justice, Conférence Record, Report of the proceedings of the workers congress {Labour Leader), Star. — M. David Holmes, délégué de tisserands (environ 9,000) exprime cette opinion que les trade unions ne seraient plus représentées dans ces sortes de congrès. L'œuvre du congrès avait sans doute été entravée par la querelle des délégués rivaux. Mais les trade unions étaient venues pour travailler, et non pour entendre parler de ces éternelles rivalités socialistes. A propos du droit accordé à la minorité de la délégation française, il disait que la délégation anglaise était virtuellement divisée en sections infinies. Il prédisait la faillite matérielle du congrès. En conclusion le congrès international n'était qu'une farce internationale, et l'était devenu par les stupidités socialistes.

Note 90. — Sources : Conférence Record, Daily Chronicle, Justice, Labour Leader, Star, Teynps Nouveaux, le Matin, le Journal des Débats, rapport de M. F. Pelloutier, le Congrès de Londres, par Eugène Guérard.

Note 91. — Sources : Conférence Record, Labour Lea" der.

Note 92. — Justice, Labour Leader.

Note 93. — Le Z)^//)/' CAro/z/c/e critique ces assertions. Il demande si le délégué de l'Australie représentait un groupe militant; le leader .du Parti du travail dans le.

parlement de Victoria. M. Trenwith était là comme spectateur, mais il n'a pas éclairé la question. En tout cas, son vote pèse autant que celui des 475 délégués anglais. Il cite la déclaration de la section régulière française (distribuée à cette séance) comme preuve de divisions et parle de la démission de M. Maudsley dans la section anglaise.

Note 94. — Le Star nous apprend que le discours de M. Webb, ayant été mal traduit en français, la Fabian Society protesta au bureau et les passages enlevés au discours de M. Webb furent remis dans la traduction du discours de M. Keir Hardie. M. Bernard Shaw ajoute : « Il y aurait un article à écrire sur les traductions — sans parler des points oubliés, enlevés, des contresens, des erreurs, des modifications de toute sorte — au sujet du parti pris des traducteurs dont l'un, au lieu de : Le délégué dit..., disait une fois : « Le délégué à\X justement. »

Note 95. — Sources : Daily Chronicle, Conférence Record^ le Congrès de Londres, par E. Guérard, le Temps, le Star, le rapport de M. F. Pelloutier.

Note 96. — Sources : Star, mes notes.

Note 97. — Voici le texte de ce rapport .*

i» Dans l'opinion de ce congrès, on doit s'efforcer de créer un comité international permanent avec un secrétaire responsasable, comité qui siégerait dans une des parties de l'Europe les plus propres à son action ;

2° Un comité restreint doit être nommé par le congrès pour rédiger des propositions dans le but d'amener la résiliation du vœu présenté au 1°, et d'en faire un rapport au congrès;

30 Le comité en question doit avoir le pouvoir d'agir comme comité provisoire, pour le mouvement qui aura lieu entre la date actuelle et le prochain congrès ; toute nationalité qui n'est pas représentée dans ce congrès, peut envoyer au comité, par

voie élective, un représentant pour agii- jusqu'à la réunion du prochain congrès ;

40 Ce congrès reconnaît la nécessité de plus en plus grande d'informations sur le mouvement économique international, et invite toutes les nationalités à faire tous leurs efforts pour réaliser les résolutions de Bruxelles et de Zurich, au sujet des bureaux internationaux d'informations ;

5° En raison des grandes émigrations d'Europe en Amérique et autres continents, ce qui donne à un capitalisme extrêmement concentré le moyen de réduire les salaires du travail, et de triompher des résistances des oa^Tiers à l'oppression et à la dégradation ;

En vue aussi du fait que beaucoup des émigrants qui étaient, auparavant, attachés aux partis ouvriers et aux organisations des pays d'où ils venaient, n'arrivent généralement pas (surtout à cause de leur ignorance de la langue anglaise), à entrer en relations avec des groupes ouvriers de leur pays d'adoption, de sorte que les forces perdues pour le mouvement européen par l'émigration sont de même complètement perdues pour le mouvement international ;

Le congrès recommande que l'on s'arrange entre l'Europe et l'Amérique, et les continents transocéaniques, pour distribuer parmi les émigrants, dans les ports européens et à bord des bateaux d'émigrants, des bulletins contenant les indications nécessaires.

Note 98. — Suit le rapport, tel qu'il fut adopté :

En période capitaliste, les causes principales des guerres ne sont pas les différences religieuses ou nationales, mais les antagonismes économiques auxquels les classes dirigeantes des divers pays sont poussées par le mode de production.

De même qu'elles sacrifient sans cesse la vie et la santé des travailleurs sur le champ de bataille du travail, elles n'éprouvent aucun scrupule à faire couler leur sang, en vue Je nouveaux profits à obtenir par la conquête de nouveaux débouchés.

La classe laborieuse de tous les pays a donc le devoir de s'élever contre l'oppression militaire au même titre quel^contre toutes les autres formes d'exploitation dont elle est victime de la part de la classe possédante.

Dans ce but, elle doit conquérir la puissance politique pour abolir le mode de production capitaliste, et retuser, simultanément dans tous les pays, aux gouvernements, instruments de la classe capitaliste, les moyens de maintenir l'ordre de choses actuel.

Les armées permanentes, dont l'entretien épuise déjà les nations en temps de paix et dont les frais sont supportés par la classe ouvrière, accroissent le danger de guerre entre les nations et favorisent surtout l'oppression toujours plus brutale de la classe ouvrière de chaque pays. C'est pourquoi le cri de : « Bas les armes! » n'est pas plus entendu que les autres appels aux sentiments humanitaires des classes capitalistes.

La classe prolétarienne seule peut avoir la volonté sérieuse et le pouvoir de réaliser la paix du monde; elle réclame :

i^ La suppression 5/j72îJ^£7»(?e des armées permanentes et Varmement général du peuple.

2° L'institution d'un tribunal arbitral nommé par le peuple, chargé de régler pacifiquement et sans appel les conflits entre nations :

3° La décision définitive sur la question de guerre ou de paix laissée directement au peuple pour le cas où les gouvernements n'accepteraient pas la sentence arbitrale ;

4" Et elle proteste contre le système des traités secrets.

Mais la classe prolétarienne ne pourra en cette matière, comme en n'importe quelle autre revendication ouvrière, arriver réel lement à son but qu'en conquérant une action maîtresse sur la législation et en s'alliant au socialisme international seul à même d'assurer la paix et d'amener la véritable fraternité des peuples.

Nous avons mis en italique les modifications provenant de l'adoption des amendements.

Note 99. — Voici ce rapport :

I. Dans l'opinion de ce congrès, les ouvriers de toutes les nations doivent faire des efforts continus, comme classe, pour la socialisation de tous les moyens de production, de transport, de distribution et d'échange; le tout devant être contrôlé par une organisation complètement démocratique dans l'intérêt de la communauté tout entière, de manière à émanciper la classe ou-

vrîère et le peuple tout entier de la domination du capitalisme. Ce congrès considère que l'action nationale et internationale dans ce sens de socialisme complet devient de jour en jour plus nécessaire, vu la disparition de la concurrence libre et la croissance rapide de monopoles nationaux et internationaux contrôlés par des organisations vastes de la classe capitaliste. L'huile de pétrole, le coton à coudre, certains minéraux, la fonte des métaux en grandes pièces, etc., sont aujourd'hui déjà contrôlés par des combinaisons de capitalistes qui aspirent à fixer les prix et les salaires en ce qui touche ces articles. Des organisations tellement puissantes ne peuvent être utilement combattues par des syndicats ordinaires de travailleurs ni par une action politique isolée. Une organisation plus complète des ouvriers est indispensable pour résister avec succès aux manœuvres de ces grandes compagnies ; et ce congrès recommande que des mesures soient prises pour organiser une agence internationale chargée d'appeler l'attention sur les agissements de ces corporations, qui souvent ont recours à des intrigues politiques pour arriver à leurs fins, et insiste sur la nécessité d'amener la socialisation de ces entreprises par décrets nationaux et internationaux.

Dans d'autres directions, la puissance sans cesse augmentant de l'humanité dans la production des denrées, au lieu d'être utilisée pour le bien de la communauté, se montre la cause de rengorgements de denrées, de crises commerciales nationales et internationales. Les travailleurs en charbons, en fer, en cuir, en coton et dans d'autres industries sont dans tous les pays jetés sur le pavé et privés de leur emploi par l'opération de causes économiques qu'ils ont jusqu'à présent été dans l'impuissance de contrôler. Dans tous les pays civilisés, la nécessité absolue de la substitution de la propriété publique à un système tellement désordonné vient à être reconnue ; et les grandes mines houillères, les grandes fonderies et les usines chimiques, les chemins de fer et les usines principales sont tous arrivés à un état où leur socialisation et leur nationalisation ne présentent aucune difficulté au point de vue économique.

Ce congrès appelle donc les travailleurs du monde à se mettre immédiatement à appuyer des mesures bien définies de socialisation, de nationalisation et de communisation dans leur pays, ayant soin dans chaque pays de tenir au courant de leurs

actions chacun des autres pays, afin que la tactique adoptée soit poursuivie autant que possible simultanément partout.

II, La lutte économique et syndicale des ouvriers est indispensable pour combattre la toute-puissance du capital et améliorer la situation des ouvriers dans la société actuelle. Pas de syndicats ouvriers, pas de salaires suffisants, pas de réduction des heures de travail. Mais cette lutte économique ne peut pas supprimer l'exploitation capitaliste ; elle ne fait que l'adoucir. L'exploitation des ouvriers ne prendra fin que lorsque la société elle-même aura pris possession de tous les moyens de production, y compris le sol et les moyens de transport. Cette socialisation des moyens de production a comme condition sine qua non tout un système de mesures législatives. Ces mesures ne seront réalisées que si la classe ouvrière possède le pouvoir politique. Mais ce pouvoir politique ne peut être conquis qu'au fur et à mesure que la classe ouvrière sera organisée. Les syndicats constituent la classe ouvrière en puissance politique en organisant les ouvriers. L'organisation de la classe ouvrière est incomplète et insuffisante tant qu'elle n'est organisée que politiquement.

Mais la lutte syndicale des ouvriers exige aussi l'action politique de la classe ouvrière. Ce que les ouvriers ont conquis par la lutte syndicale contre Jeurs exploiteurs, ils doivent toujours l'assurer par des mesures législatives pour le maintenir définitivement. Dans d'autres cas, les réformes législatives conquises évitent des conflits économiques. Une entente et une action communes internationales de la classe ouvrière de tous les pays quant à la lutte économique et syndicale et quanta la législation protectrice du travail devient d'autant plus une nécessité, que les relations économiques du marché international capitaliste se développent de plus en plus, et avec elles en même temps les conflits des industries des pays différents.

Dans l'avenir, une action internationale du prolétariat dans le sens suivant est de toute nécessité :

1» Suppression des droits douaniers et des octrois, des impôts sur les vivres et des primes d'exportation ;

2» Mise en vigueur d'une législation internationale protectrice du travail. En maintenant les résolutions respectives du congrès international de Paris, le congrès recommande de concentrer l'action tout d'abord sur la conquête des réformes suivantes :

a) La fixation légale de la journée de huit heures ;

b) La suppression du sweating-system et la création d'une législation protectrice efficace en faveur des ouvriers et ouvrières de l'industrie domestique ;

c) L'interdiction du travail de la femme au moment de ses couches et son entretien par l'Etat six semaines avant et six semaines après.

d) Le droit de coalition, d'association et de réunion absolument libre pour les deux sexes.

!.a réalisation de ces réformes rend indispensable le concours de l'action syndicale et de l'action politique du prolétariat.

Ln conséquence, le congrès, en maintenant les résolutions du congrès de Bruxelles et de Zurich sur la question, déclare :

L'organisation des ouvriers en des syndicats est de première nécessité pour la lutte émancipatrice du prolétariat. Il considère comme un devoir de tous les ouvriers voulant l'émancipation du travail du joug capitaliste, qu'ils appartiennent au syndicat de leurs camarades de profession.

Pour rendre possible et pour faciliter une action économique efficace, les organisations syndicales doivent se réunir en des fédérations s'étendant sur tous les pays. Tout éparpillement des forces par de petites organisations particulières est à rejeter. Dans la lutte économique, la conviction politique des ouvriers ne doit pas constituer une raison de séparation ; mais il est du devoir des organisations ouvrières — devoir résultant de la lutte de classes prolétariennes — de faire de leurs membres des socialistes convaincus. De plus, c'est un devoir des syndicats d'accepter comme membres le§ femmes travaillant avec des hommes dans une même industrie, de constituer les apyrentis en groupes distincts et d'aspirer à réaliser le principe du salaire égal à travail égal pour les deux sexes.

A côté de la lutte pour des meilleures conditions de travail et pour la hausse des salaires les syndicats doivent surveiller l'application des lois protectrices du travail ; ils doivent s'efforcer à amener la suppression des méthodes industrielles nuisibles à la santé, du marchandage {sweating) et du truck-system. Dans les fabriques^ la femme ne pourra être occupée qu'à 16 ans et non 14.

Le congrès considère que la grève et leboykott sont des moyens nécessaires à la réalisation des fins syndicales. Mais il ne voit pas la possibilité d'une grève générale internationale. La

nécessité la plus urgente est l'organisation syndicale des masses ouvrières, car c'est de l'étendue de l'organisation que dépend l'étendue des grèves dans des industries entières et dans des pays entiers.

Pour rendre possible une action syndicale internationale il est à créer dans chaque pays un comité syndical central. Ces comités doivent dresser dans la mesure du possible des statistiques concernant le marché du travail. Ils doivent se communiquer mutuellement ces statistiques, de même que des rapports réguliers et de tous les événements importants de leur pays pour la vie syndicale.

C'est surtout un devoir des syndicats de tous les pays de s'occuper de ce que les ouvriers étrangers immigrants adhèrent au syndicat du pays où ils travaillent, et qu'ils ne travaillent pas à un salaire plus bas que les ouvriers indigènes.

L'Etat aura l'obligation d'occuper les sans travail ou de leur procurer de la besogne.

En cas de grève, de lock-out ou de boykott, les syndicats de tous les pays ont le devoir de se soutenir mutuellement dans la mesure de leurs forces.

in. Le développement économique et industriel avance avec une telle rapidité qu'une crise peut avoir lieu dans un temps relativement court. Le congrès insiste donc auprès du prolétariat de tous les pays sur la nécessité d'apprendre, en citoyens conscients de leur classe, à administrer leur pays respectif dans l'intérêt commun.

La résolution (c) et les passages en italique constituent les amendements votés par le congrès. Le dernier (travail des femmes) est en contradiction avec l'article 5 des résolutions de la commission d'éducation.

Note 100. — Considérant qu'en France, dans plusieurs congrès nationaux : à Marseille (1892), Paris (iSgj), Nantes (1894) et Limoges (i8q5), les travailleurs syndiqués se sont prononcés en faveur de la grève générale de tous les métiers, comme étant un moyen d'atTranchissement ;

Qu'en Belgique une grève générale, même imparfaitement organisée, a beaucoup aidé à arracher le droit du vote à la bourgeoisie ,

Que la Suède et l'Autriche, luttant pour obtenir ce même droit, ont préconisé le même moyen ;

Que si, a priori, la grève générale internationale ne paraît pas possible, il en est différemment d'une grève générale nationale ;

Mais que, actuellement, la question de la grève générale n'a pas été, dans tous les pays, l'objet d'une étude suffisante;

Le congrès invite les travailleurs de toutes les nations, et en particulier les syndicats, à étudier cette importante question, qui pourra être résolue dans un prochain congrès international.

Note 101. — Le congrès affirme le droit imprescriptible de la liberté de conscience, d'opinion et de presse, ainsi que le droit d'association et de manifestation publique dans tous les pays, pour tous les travailleurs et toutes les sections de la communauté ;

Le congrès engage les travailleurs de tous les pays à user des efforts les plus énergiques, pour obtenir l'amnistie des prisonniers politiques.

11 exprime son mépris pour le système de provocation policière, souvent employé dans le but d'arriver à la répression de mouvements avancés et engage les travailleurs à faire tout leur possible pour découvrir et exposer publiquement tous les actes de provocation de ce genre.

Le fait de mettre en rapport les salariés avec les employeurs ne saurait faire l'objet d'aucune spéculation ni d'aucun commerce; c'est un service public qui doit être organisé par les travailleurs, et à leur profit.

Considérant, en outre que les bureaux de placement, dirigés par des particuliers, donnent lieu à des abus et à une incessante corruption, le congrès demande que ces bureaux cessent d'être libres et qu'ils soient, à l'avenir, des institutions gratuites et placées sous la direction des municipalités ou des institutions syndicales.

Vu que les sections allemande, autrichienne, espagnole et autres n'ont pas nommé de délégués à la commission instituée pour la question de la langue internationale, la commission a jugé inutile de présenter un rapport, mais elle demande que le président fasse voter au congrès, par nationalités, sur la question de savoir laquelle des trois langues, allemande, anglaise

OU française, il serait désirable de voir adopter, mais en décidant que les délégués des trois nationalités ne votent pas lorsque l'emploi de leur langue respective sera soumis au vote.

Note 102. — Le bureau du congrès est chargé de rédiger l'invitation au prochain congrès en faisant exclusivement appel:

1° Aux représentants des groupements qui poursuivent la substitution de la propriété et de la production socialiste à la propriété et à la production capitaliste, et qui considèrent l'action législative et parlementaire, comme l'un des moyens nécessaires pour arriver à ce but.

2° Aux organisations purement corporatives qui, bien que ne faisant pas de politique militante, déclarent reconnaître la nécessité de l'action législative et parlementaire. En conséquence , les anarchistes seront exclus.

La vérification du mandat des délégués sera faite par leurs nationalités respectives, sauf recours devant une commission spéciale, élue par toutes les nationalités représentées au congrès.

Les mandats de toutes nationalités représentées par moins de cinq délégués seront soumis au comité de vérification des mandats ainsi que les mandats douteux.

Le congrès décide que te prochain congrès aura lieu en Allemagne pendant le courant de Tannée 1899. En cas d'empêchement à la tenue du congrès en Allemagne, il est résolu que le congrès se réunira à Paris en 1900.

M. E. Guérard, dans sa brochure, dit que cette proposition fut rédigée par M. Vandervelde et amendée par M. Millerand. Elle remplaçait, écrit-il, a une autre résolution que les parlementaires^ au dernier moment, n'osèrent pas faire connaître au congrès, mais dont je possède cependant un exemplaire » ; en voici le texte :

«Le congrès décide : Le prochain congrès international socialiste aura lieu en l'année 1900. Y auront accès, les représentants des partis socialistes et des organisations ouvrières, qui se tiennent sur le terrain de la lutte de classes, reconnaissent la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière comme nécessaire à leur libération. Pour arriver à ce but, ils considèrent comme un des moyens essentiels, l'action législative et parle-

mentaire. Ceux qui ne possèdent pas le suffrage universel doivent faire tous leurs efforts pour le conquérir.

Les anarchistes et leurs alliés, même s'ils s'appellent communistes antiparlementaires ne peuvent prendre part à ce congrès, à quelque organisation qu'ils appartiennent. »

Tel était le texte français, mais les textes allemand et anglais disaient : « Même s'ils s'appellent communistes antiparlementaires, ou toute autre dénomination. »

Voici, à titre documentaire, les noms des signataires de cette proposition :

Bebel, Fischer, W. Liebknecht, Singer, Schonlank (Allemagne). Adler, K. Kautsky, T. Resef (Autriche). Sigr. Olden, Spensen (Danemark). Josef Hybes (Bohême). Aloys Fauquez, Herman Greulich, P. Brandt, Karl Bûrkli (Suisse). P. T. Troelstra, H. van Kol (Hollande). Joan Aucel (Hongrie). Chas. F. Berthold, Mathew Maguire, Lucien Sanial, Arthur Keep (Amérique). Witoid Todko, Ignar Dassynskiy (Pologne). Hjalmar Branting (Suède). GeorgPlechanotf (Russie). Charlotte Perkins, Slecson, Emile Zein et Peourlo Soldi (Italie). L. Bertrand (Belgique).

Note 103. — Sources : le Temps, le Congrès de Londres., par E. Guérard, Matin, Rapport de M. Pelloutier, mes notes.

Note 104. — Voici la traduction de cette lettre :

« Permettez-moi de dire, en mon nom et en celui des collaborateurs du Clarion, que nous considérons le traitement des anarchistes au congrès comme mesquin et injuste. Nous pensons que... le congrès en les expulsant, a chassé plusieurs des meilleurs socialistes d'Europe. Si j'avais pu parler français, j'aurais exprimé ma sympathie verbalement avec les amis français et hollandais. Comme je ne pouvais pas leur parler au congrès, lisez-leur, je vous prie, cette protestation contre la mesquinerie et l'intolérance si malheureusement manifestées par le congrès.

)) R. Blatchford. n

Note 105. — Sources : Labour Leader, Justice, Conférence Record.

ET LE CONGRl^S DE LONDRES 2/7

Note 106. — Voici les points les plus saillants de cette proposition :

« Considérant que tous les anarchistes socialistes agre'ent que l'e'mancipation des classes ouvrières par la lutte organisée contre le capital au moyen de la grève générale est absolument impossible sans une lutte systématique contre l'Etat monopolisé : cette conférence décide d'étudier un plan pratique de campagne permanente contre l'Etat; considérant que la source du pouvoir politique repose... dans les droits politiques de chacun (tout adulte composant la population d'un pays); que les électeurs se privent de leur propre droit de contrôle sur la machine corrompue de l'Etat ; que le gouvernement ne peut user des pouvoirs politiques sans l'argent qu'il reçoit de la population, la conférence recommande : i° Tous les citoyens adultes doivent réclamer du gouvernement, et par tous les moyens d'agitation et de répression, le référendum obligatoire pour... les budgets annuels, les crédits de guerre, toutes les mesures d'impôts. 2'^ De persuader aux électeurs de limiter les mandats de leurs députés (s'ils en nomment) en les privant du droit de voter finalement sur les lois économiques. 3° De refuser de payer les impôts qu'ils ne sont pas moralement obligés de payer, par leur approbation préalable. 40 D'organiser tous les combattants contre le capital pour une grève générale politique contre l'Etat, monopolisé par la classe capitaliste, jusqu'à ce que le peuple reçoive le droit de direct et plein contrôle sur les fonctions économiques de l'Etat.»

Note 107. — Sources : Report of the Proceedings oj the workers congress held in London, july i8g6, — Sociale.

Note 108. — Sources : Conférence Record^ Justice, les notes de M. Toussaint.

Note 109. — Sources : Conférence Record, Justice.

Page 1